2011 – Jérémy Liron – Par Médiation Hôtel des arts.

2011 – Jérémy Liron, Fiche de visite Hôtel des Arts.

Né en 1980 à Marseille, Jérémy Liron a vécu son enfance et adolescence à Toulon. Fortement attiré par la peinture, il entre à l’Ecole des Beaux Arts de Toulon et obtient le DNAP en 2003. Il poursuit ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris et obtient le DNSEP en 2005. Il finalise son cursus d’études par l’obtention du CAPES et de l’agrégation d’arts plastiques en 2007. Devenu professeur depuis 2008, il enseigne dans un collège de Villeurbanne, proche banlieue de Lyon et développe en parallèle sa pratique de peintre. Au cours des années 2004/2005 sa peinture propose des paysages franchement abstraits. Dans l’œuvre paysage n°9, la matière riche montre les gestes vigoureux qui révèlent l’aisance de la pratique du jeune artiste. Les œuvres réalisées à la peinture à l’huile conservent la spontanéité de la touche malgré la multiplicité des couches qui recouvrent le support en toile. La couleur ocre en sous couche réapparaît à certains endroits ainsi que des bleus, des nuances de vert, une touche rose au milieu de la tonalité très sombre de la végétation. La richesse des vibrations contraste avec le bleu dense et opaque du ciel, apposé en dernier geste, au dessus et en haut de la toile par des coups de brosse énergiques et rapides comme dans la totalité de ses réalisations. Il a pour cette œuvre précisément ajouté à la peinture une autre technique picturale : celle de la sérigraphie. Très rapidement, la figuration s’impose au sein de l’exposition à travers les différents paysages urbains. Le surgissement et la variété des constructions ponctuent les paysages toujours désertés. L’absence de présence humaine laisse le spectateur en véritable confrontation avec l’œuvre. L’artiste, souvent amené à se déplacer en train, a saisi à l’aide de nombreux clichés photographiques la diversité des paysages et des constructions des périphéries des villes. La vitesse des images a probablement provoqué chez l’artiste une envie irrépressible de les fixer. Le fait d’apposer à la surface des œuvres un plexiglas brillant, offre une parfaite analogie à la vue du voyageur derrière les vitres du wagon. Jérémy Liron réalise un tirage papier de ses clichés, y effectue souvent des repères par quadrillage ou diagonales. Il n’hésite pas à transformer la réalité. Bien que fidèle à l’image, il demeure libre. A travers la peinture de l’artiste, la fenêtre demeure omniprésente. L’ajout d’une vitre devant la peinture crée une distance voulue par l’artiste. La vitre reflète l’espace intérieur de l’exposition. Deux réalités se mêlent alors. Le format immense de l’œuvre constitué de 6 tableaux accolés les uns aux autres s’apparente à une fenêtre derrière laquelle chacun peut contempler le paysage. Plus loin, une bâtisse barre l’horizon et s’impose dans une composition en 4 parties. La croix centrale formée par l’agencement de l’(accrochage laisse supposer la vue d’une fenêtre sur rue. En se rapprochant de l’œuvre, l’illusion contemplative fait place à la fascination de la matière. Le regard entre alors en pure peinture. Cet effet demeure vrai pour la totalité des œuvres. L’observateur se trouve parfois en vue frontale d’une balustre de balcon accentuant la sensation de plongée dans la profondeur du paysage. L’artiste ne se préoccupe pas véritablement de la perspective mais joue de la profondeur par divers procédés. Une sensation de calme imprègne les tableaux, accentuée par l’immobilité des paysages figés définitivement sous la couche de peinture. L’artiste laisse visible les coulures de la peinture qu’il tient à ne pas masquer. Il les laisse glisser au bas des œuvres sur le support vierge de la toile qui s’affiche plus ou moins. Le support apparaît également lorsqu’il effectue des réserves au cœur même de la matière, qu’il s’agisse d’une peinture sur toile ou papier. A la manière d’un magicien qui laisserait deviner les trucages de son numéro, le peintre introduit le réel et le mêle subtilement à l’artefact. De cette façon, Jérémy Liron affirme une peinture dans laquelle l’image prévaut sur la réalité.

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