2014 – Surfaces annonciatrices, par Calyste.

2014 – Surfaces annonciatrices, par Calyste in Potomac.

Lorsque j’ai commencé ma collection d’Annonciations, ce qui m’intéressait, c’était le sujet religieux, l’immensité du symbole que représentait ce moment suspendu entre l’avant et l’après. Bien vite cependant, je me suis davantage intéressé aux détails qu’aux deux personnages principaux, souvent académiques et contraints par les lois de la peinture religieuse de l’époque. L’arrière-plan surtout me fascinait : les artistes, qu’ils soient d’Italie ou des Flandres, y représentaient presque toujours un paysage de campagne ou de ville, tantôt réaliste, tantôt totalement onirique : ce que l’on voyait par la fenêtre.

Quand je me suis mis à la photographie, j’ai vite été attiré par les fenêtres et par les portes, humbles ou massives, ouvragées ou simplissimes. Et par la prise du même lieu, une place, un immeuble, à divers moments de la journée ou de la nuit, en différentes saisons, sous le soleil ou par temps brumeux. Je crois que cet engouement me vient de cette vieille collection d’annonciations qu’il faudrait bien que je mette à jour à un moment donné. 

Et ça, je l’ai compris cet après-midi en visitant l’exposition de l’espace culturel de la Fondation Bullukian, place Bellecour. En ce moment, la salle présente une exposition, Passages, en collaboration avec le Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône. Peu d’œuvres présentées mais de qualité, de six artistes régionaux : Damien Beguet, Fabrice Lauterjung, Jérémy Liron, Aurélie Pétrel, Jean-Antoine Raveyre et Jacques Truphémus.

Pour ma part, je ne connaissais que ce dernier. Mais ce sont les toiles de Jérémy Liron qui m’ont le plus retenu. Une série de sept tableaux, intitulée Tentative d’épuisement, représentant la façade d’un immeuble, toujours le même, d’où sans doute le titre. Un immeuble moderne aux lignes géométriques et rugueuses avec, parfois, invasion du végétal qui, alors, fait peut-être figure de danger. Cela ne pouvait que me plaire.

 D’ailleurs, le prospectus de la Fondation, fait référence, pour présenter Jérémy Liron, à une phrase de Maurice Denis. Or, c’est en découvrant une des Annonciations de ce peintre que j’ai eu, il y a très longtemps, l’idée de commencer ma collection.