L'image temps
Dans une boucle, le présent passéisé par la fuite du temps, à rebours redeviens présent. Une saute c'est précisément la syncope durant laquelle l'image est suspendue indéfiniment dans un temps qui tiens à la fois du deuil et du devenir. Une faille dans laquelle le temps se délie, se déploie dans une stagnation. Un temps laché sur son erre puis récupéré. Le moment ou la vitesse fait que la roue tourne à l'envers. Comme Montaigne qui par ses essais peint l'être dans le passage, comme Proust, comme ce que m'évoque la sarabande de Schubert. Toujours, j'y entrevois un qui chemine au crépuscule, assez promptement (déterminé), maladif échevelé d'une mélancolie emportée. Un vent doux souffle du ciel bleu. Le myrte se tait, et le laurier se dresse immobile. (Goethe) L'empereur abandonné avance. Il semble poser le pas sans fin, comme par principe, dans un paysage qui se répète. Certainement artificiel. Un truc de cinéma. Le cheminement de sa disparition ressassée ad lib. Il est l'image temps.

Dire est extrapoler. J'ai vu à la galerie Zürcher, la vidéo « Lance » de Anne Durez, l'expédition polaire dans les fiords norvégiens d'un bateau océanographique, le passage.