{"id":3148,"date":"2013-08-14T11:50:00","date_gmt":"2013-08-14T10:50:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/lectures-dete\/"},"modified":"2013-09-16T09:13:16","modified_gmt":"2013-09-16T08:13:16","slug":"lectures-dete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/lectures-dete\/","title":{"rendered":"Lectures d&rsquo;\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Finalement, et sans que l\u2019on ait voulu r\u00e9pondre aux sollicitations, aux images de plage avec serviette et \u00ab roman de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb, on aura pris des livres dans les valises et on aura profit\u00e9, hors du temps compact, de ces quelques plages de lecture <!--more-->pour faire baisser la pile de ces livres que l\u2019on se promet de lire depuis des mois ou pLus. D\u2019abord, la pile s\u2019est constitu\u00e9e. Les choses qui de longue date attendent mais que l\u2019on sait passage oblig\u00e9 : Proust, Joyce. Et envies r\u00e9activ\u00e9es derni\u00e8rement encore \u00e0 \u00e9couter la <a href=\"http:\/\/www.ecrivainsenborddemer.fr\/Video\/Video\/bonproust.html\">conf\u00e9rence de Fran\u00e7ois Bon<\/a>, la <a href=\"http:\/\/www.franceinter.fr\/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-ulysse-de-james-joyce\">lecture de Guillaume Gallienne<\/a>. Un essai d\u2019Hannah Arendt, l\u2019id\u00e9e venue sans doute d\u2019une discussion avec Ph. Et actualit\u00e9 d\u2019un film. Des choses crois\u00e9es en librairie et qui rejoignent un int\u00e9r\u00eat quelconque : l\u2019invention de la nature, deux essais de Didi-Huberman dont un trouv\u00e9 en soldes. Les \u0153uvres compl\u00e8tes d\u2019Albert Cossery depuis longtemps et celles de Duras. Quignard apr\u00e8s avoir pas mal tourn\u00e9 autour pour la forme fragment\u00e9e et l\u2019usage que j\u2019en fais moi-m\u00eame. Sebald entam\u00e9, oubli\u00e9, auquel je reviendrais pour son rapport \u00e0 la m\u00e9moire, \u00e0 l\u2019archive, \u00e0 la photographie. Ren\u00e9 Cr\u00e9vel, ses \u00e9crits sur l\u2019art. Cummings et Aiken conseill\u00e9s par Phil. Beckett, parce que je ne me souviens plus si j\u2019ai lu <i>Molloy<\/i> ou toujours pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Tout \u00e7a qui attend encore.<\/p>\n<p>Lu <i>Ellis Island<\/i> de Perec (\u00e9ditions POL, 10\u20ac). Parce que jamais encore lu, parce que livre de m\u00e9moire, de l\u2019errance aussi ou de l\u2019exil, de ce qui se laisse comme trace et se perd dans ce mouvement d\u2019errance ou d\u2019exil. Pour le caract\u00e8re improbable de ce lieu. La dict\u00e9e du Brevet cette ann\u00e9e en reprenait un passage.<\/p>\n<p>Lu <i>G\u00e9ologies<\/i> de Pierre Bergounioux (\u00e9ditions Galil\u00e9e, 11\u20ac). Presqu\u2019une obligation \u00e0 chaque fois de lire le dernier Bergounioux. Savoir que l\u2019on aura l\u2019impression de relire ou \u00e0 peu pr\u00e8s quelque chose d\u00e9j\u00e0 lu dans un livre pr\u00e9c\u00e9dent mais chaque fois l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9plac\u00e9. Les d\u00e9terminismes des lieux, ce que la physionomie des paysages doit au sous-sol et ce que nos penchants d\u2019\u00e2me doivent eux-m\u00eames \u00e0 ces paysages. Pierre Bergounioux est l\u2019image actuelle de cette lutte acharn\u00e9e, positive, d\u2019assujettissement du r\u00e9el, d\u2019objectivation. Il ne s\u2019agit pas de d\u00e9river par-dessus les apparences, mais de comprendre ce qui se cache derri\u00e8re et d\u00e9termine le cheminement de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Lu aussi un certain nombre des articles de Crevel (<i>Ecrits sur l\u2019art<\/i>, \u00e9ditions Ombres, 12\u20ac) et pour r\u00e9pondre \u00e0 ce que me renvoyais Bergounioux dans une lettre j\u2019aurais pu lui copier (mais comme pour taquiner) ces formules savoureuses : <i>\u00ab En attendant, il importe de dire et redire que le d\u00e9faut de connaissance se trouve en fonction directe du d\u00e9faut de dialectique. Et c\u2019est pourquoi apr\u00e8s avoir tr\u00e8s \u00e9quitablement constat\u00e9 \u00ab la d\u00e9composition de la nature en ses parties int\u00e9grantes, la s\u00e9paration des diff\u00e9rents ph\u00e9nom\u00e8nes et objets naturels en des cat\u00e9gories distinctes, l\u2019\u00e9tude intime des corps organiques, dans la vari\u00e9t\u00e9 de leurs formes anatomiques, telles \u00e9taient les conditions essentielles des progr\u00e8s gigantesques qui, dans les quatre derniers si\u00e8cles, nous ont port\u00e9s si avant dans la connaissance de la nature \u00bb, Engels non moins \u00e9quitablement constatera : \u00ab Mais cette m\u00e9thode nous a l\u00e9gu\u00e9 l\u2019habitude d\u2019\u00e9tudier les objets et les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels dans leur isolement, en dehors des relations r\u00e9ciproques qui les relient en un grand tout, d\u2019envisager les objets, non dans leur mouvement, mais dans leur repos, non comme essentiellement variables, mais comme essentiellement constants, non dans leur vie mais dans leur mort. Et quand il arriva que, gr\u00e2ce \u00e0 Bacon et \u00e0 Locke, cette habitude de travail passa des sciences naturelles dans la philosophie, elle produisit l\u2019\u00e9troitesse sp\u00e9cifique des si\u00e8cles derniers, la m\u00e9thode m\u00e9taphysique \u00bb.<br \/>\n<\/i>Plus loin, il me r\u00e9concilie presque avec le projet de Dali<i> : <i>\u00ab Ainsi Breton nous avait-il convi\u00e9 \u00e0 l\u2019Introduction au discours sur le peu de R\u00e9alit\u00e9. Dali, lui, \u00e9crit, d\u00e8s la premi\u00e8re page de <i>la Femme Visible<\/i> : Je crois que le moment est proche o\u00f9, par un processus de caract\u00e8re parano\u00efaque et actif de la pens\u00e9e, il sera possible (simultan\u00e9ment \u00e0 l\u2019automatisme et autres \u00e9tats passifs) de syst\u00e9matiser la confusion et de contribuer au discr\u00e9dit total du monde de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb.<\/i><\/i><\/p>\n<p>Lu <i>En taxi dans J\u00e9rusalem<\/i> de Sabine Huynh (et Anne Collongues pour les photographies, \u00e9ditions Publie.net, 4,99\u20ac). Suite de dialogues brefs entre la narratrice et les diff\u00e9rents chauffeurs qui la conduisent \u00e0 travers J\u00e9rusalem. Sortes d\u2019esquisses sociales qui finissent par dessiner un portrait de la ville en laissant appara\u00eetre \u00e0 travers l\u2019ordinaire des \u00e9changes des vies, des personnages, des questions sur les rapports humains, les diff\u00e9rences, la complexit\u00e9 de ce que met finalement en relation la ville. En ai profit\u00e9 pour relire d\u2019Anne Collongues (au texte cette fois), <i>Quatri\u00e8me \u00e9tage<\/i> (\u00e9ditions Publie.net, 0,99\u20ac). Bref r\u00e9cit d\u2019impressions coagulant des petits instants de veille o\u00f9 le dehors que l\u2019on observe communique avec le dedans des sensations, des souvenirs, des fant\u00f4mes.<\/p>\n<p>Lu <i>La mer et l\u2019enfant<\/i> de Sabine Huynh (\u00e9dition Galaade, 14\u20ac). Dr\u00f4le d\u2019impression \u00e0 ce que fabriquent les r\u00e9seaux sociaux : Je ne connais pas Sabine Huynh, ne l\u2019ai jamais rencontr\u00e9e physiquement, \u00e0 peine \u00e9chang\u00e9 un commentaire ou deux \u00e0 propos de je ne sais quoi et pourtant l\u2019impression d\u2019un compagnonnage. Disons qu\u2019elle fait parti de ces personnes qui semblent avoir toujours p Lus ou moins \u00e9t\u00e9 l\u00e0, t\u00e9moins des m\u00eames \u00e9changes. Parce qu\u2019on est l\u00e0 derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran \u00e0 suivre un peu de nos vies, qu\u2019on per\u00e7oit nos pr\u00e9sences respectives. Anne aussi, pas crois\u00e9e physiquement p Lus d\u2019une fois et bien furtivement, mais simplement l\u2019impression parfois de cheminer ensemble (premiers livres publi\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s ensemble et chez le m\u00eame \u00e9diteur, tous les deux \u00e0 sortir des Beaux Arts\u2026). Pour dire qu\u2019\u00e0 priori, la couverture, le tire : pas un livre vers lequel je me serais dirig\u00e9 naturellement (je lis tr\u00e8s peu de fictions, de livres narratifs &#8211; ou davantage allusifs). Et puis j\u2019ai avanc\u00e9. Il y a un fond atroce, un infanticide que l\u2019on devine, que l\u2019on finira par situer dans une sc\u00e8ne de folie sur une plage. Et puis cette question des espaces qui deviennent des lieux \u00e9tanches de la t\u00eate \u00e0 l\u2019appartement et ce Lui lou\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 on a d\u00e9pos\u00e9 ses propres fant\u00f4mes et le lieu ind\u00e9fini o\u00f9 est parti le p\u00e8re et la maison de sant\u00e9 et le lieu \u00e9crit auquel on confie et, propre de l\u2019\u00e9criture, retourne en Lui-m\u00eame les lieux r\u00e9els pour leur donner le statut instable de la fiction.<br \/>\nSabine \u00e0 Lu <i>La Travers\u00e9e<\/i>, fiction que j\u2019ai publi\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re et il m\u2019amuse de trouver entre nos deux livres une m\u00eame pr\u00e9sence de la folie, de la fuite avec pr\u00e9sence (plus discr\u00e8te chez moi puisque renvoy\u00e9e en pr\u00e9face alors qu\u2019ici centrale) de l\u2019enfant ou p Lus exactement de la maternit\u00e9 (ou paternit\u00e9). J\u2019ai \u00e9cout\u00e9 Tanguy Viel \u00e0 propos de son Roman Am\u00e9ricain faire cette distinction entre la litt\u00e9rature de tradition Am\u00e9ricaine g\u00e9ographiquement situ\u00e9e et stable, constamment attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir la caract\u00e8re Am\u00e9ricain et la litt\u00e9rature de tradition Europ\u00e9enne qui se construisant sur le socle plus stable du \u00ab vieux continent \u00bb a sans cesse appel\u00e9 la figure de l\u2019errant, de la marge, de ce Lui qui \u00e9chappe ou d\u00e9rive.<\/p>\n<p>Lu <i>Esp\u00e8ces d\u2019espaces<\/i> de Perec (\u00e9ditions Galil\u00e9e, 24\u20ac). Impossible de le retrouver dans ma biblioth\u00e8que ou de me souvenir \u00e0 qui j\u2019ai bien pu le pr\u00eater qui ne me l\u2019a pas rendu. D\u00fb le racheter. Et l\u00e0 c\u2019est plus directement outil de travail. Il me fallait, comme j\u2019avan\u00e7ais dans la r\u00e9daction de mon propre livre, en faisant de l\u2019espace le lieu central, v\u00e9rifier que je n\u2019avan\u00e7ais pas exactement sur la m\u00eame route. M\u2019a marqu\u00e9 cette fa\u00e7on si simple d\u2019\u00e9crire, d\u2019exp\u00e9rimenter en confiance. Une forme dat\u00e9e qui me semble impossible aujourd\u2019hui. Comme si c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9bauche d\u2019un livre \u00e0 faire, quelques notes jet\u00e9es \u00e0 la h\u00e2te. Le livre semble \u00eatre le projet de Lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Lu <i>Des m\u00e9tamorphoses<\/i> de Marie Cosnay (Cheyne \u00e9diteur, 16\u20ac). L\u2019avais connu avec Dialogues des morts et la pr\u00e9sence pr\u00e9pond\u00e9rante des textes anciens (son travail d\u2019enseignant et traductrice). Contact po\u00e9tique qui m\u2019\u00e9voque parfois Quignard dans le m\u00eame mouvement. Le rapport \u00e0 une langue pure, quelque chose comme un cristal mais compliqu\u00e9 de ce que renvoient les reflets. Ici comme d\u2019\u00e9tirer un long r\u00eave avec sc\u00e8nes et personnages se fondant les uns dans les autres en une coul\u00e9e d\u00e9lirante o\u00f9 toujours les choses vacillent et toujours la recherche de \u00e0 quoi s\u2019appuyer. Tout \u00e7a pr\u00e9cipit\u00e9 dans la course narrative. <span lang=\"FR\">Et m\u00eame chose de ce que je disais de Sabine Huynh : je ne connais pas Marie Cosnay, mais \u00e0 la lire, percevoir \u00e0 l\u2019\u00e9cran sa pr\u00e9sence parmi les \u00ab amis \u00bb fonde une certaine proximit\u00e9 virtuelle. J\u2019ai achet\u00e9 d\u2019elle aussi <i>La bataille d\u2019Anghuiari<\/i>, pensant \u00e0 la fresque perdue de L\u00e9onard. Pas encore Lu.<\/span><\/p>\n<p>Lu <i>Roman-Photo<\/i> d\u2019Hugo Asta (\u00e9dition la Termiti\u00e8re, 4\u20ac). Bref r\u00e9cit po\u00e9tique d\u2019images et bribes accroch\u00e9es qui \u00e9voquent en litt\u00e9rature ce qui se faisait au cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la Nouvelle vague et les montages de Godard plus particuli\u00e8rement. Et peut-\u00eatre est-ce d\u00e9j\u00e0 un film dans sa forme lapidaire.<\/p>\n<p>Lu <i>N<\/i> d\u2019Eric Pessan (et Mika\u00ebl Lafontan pour les photos ; \u00e9dition Les Inaper\u00e7us, 13,5\u20ac). Ici encore pourrais-je dire, suite \u00e0 Tanguy Viel, une exploration de la figure de l\u2019errant, de ce Lui qui s\u2019exile du corps social pour d\u00e9river dans les marges de la sauvagerie, de la folie.<\/p>\n<p>Lu <em>Les SMS de la cloison<\/em>, de Philippe Rhamy (\u00e9ditions Publie.net, 3,49\u20ac). L\u00e0 encore pour moi le paysage Web, ses fa\u00e7ons d\u2019archipel et la familiarit\u00e9 virtuelle qui s\u2019instaure via Remue.net, puis Publie.net et contacts arriv\u00e9s on ne sait plus comment sur Facebook. Bri\u00e8vement \u00e9chang\u00e9 par quelques commentaires d\u2019images avec Philippe Rhamy et aper\u00e7u derni\u00e8rement l\u2019annonce de son prochain livre : \u00ab <em>b\u00e9ton arm\u00e9<\/em> \u00bb, dont le titre me rappelle celui sur lequel je devais improviser vingt minutes d\u2019oral \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation, \u00e9t\u00e9 2007. L\u2019\u00e9criture de Rhamy vient du corps, de la condition souffrante et pr\u00e9caire dans laquelle la maladie l\u2019installe. Et cette forme de retrait au monde qui lui est impos\u00e9 le place d\u00e9j\u00e0 doublement en position d\u2019\u00e9crivain : si la litt\u00e9rature est r\u00e9surgence, \u00e9mergence ponctuelle de soi et si elle est par ailleurs \u00ab mise en miroir du monde par le langage \u00bb, comme l\u2019\u00e9crit synth\u00e9tiquement Fran\u00e7ois Bon. Ici, plong\u00e9e intense, position allong\u00e9e, lit d\u2019h\u00f4pital, lumi\u00e8re que l\u2019on imagine \u00e9gale, seulement la main pour taper sur le t\u00e9l\u00e9phone quelques SMS t\u00e9moignant des sensations, des pens\u00e9es. Parois du corps, de la chambre, du petit \u00e9cran par lequel \u00e9changer avec l\u2019ami qui ailleurs, m\u00eames conditions, c\u00f4toie lui aussi la mort et la douleur.<\/p>\n<p>Lu <i>Anna Livia Plurabelle<\/i> de James Joyce dans l\u2019exercice de traduction de CK Odgen (traduit en Fran\u00e7ais par Ph. Blanchon, \u00e9ditions La Termiti\u00e8re, 4\u20ac). Impression que l\u2019\u00e9tau se resserre. Joyce \u00e0 nouveau, apr\u00e8s la nouvelle traduction de <i>Musique de chambre<\/i> (\u00e9ditions La Nerthe, 12\u20ac) et l\u2019essai de Blanchon paru chez Golias (<i>Joyce, une lecture amoureuse<\/i>).<\/p>\n<p>Lu <i>La victoire de Van Gogh<\/i> de Philippe Blanchon (\u00e9ditions Golias, 9\u20ac). Pas besoin de redire ici l\u2019accompagnement fraternel. Apr\u00e8s la publication en poche des <i>Lettres \u00e0 Emile Bernard<\/i>, ici un bref essai qui tente de restituer l\u2019\u0153uvre de Van Gogh au-del\u00e0 ou par-devant sa ou ses mythologies. Un mouvement que promeut au m\u00eame moment une exposition \u00e0 Amsterdam (et le catalogue qui en t\u00e9moigne : <i>Van Gogh \u00e0 l\u2019\u0153uvre<\/i>,<strong><\/strong>Co\u00e9dition Fonds Mercator\/Van Gogh Museum, 51 \u20ac.<span lang=\"FR\">) revenant sur les moments de formation de l\u2019artiste, sa recherche, les maladresses qui sont les siennes parfois, les tentatives, les influences et les recherches th\u00e9oriques qui replacent l\u2019\u0153uvre de Van Gogh dans son humanit\u00e9, son travail quand on a souvent voulu n\u2019y voir qu\u2019un fulgurance folle, inexplicable, mystique au sens des \u00ab miracles \u00bb.<\/span><\/p>\n<p>Lu <i>rapt<\/i> de Fran\u00e7ois Rannou (mais peut-\u00eatre devrais-je \u00e9crire fran\u00e7ois rannou comme faisait e.e. cummings, \u00e9ditions La Nerthe\/La Termiti\u00e8re, 14\u20ac). Avec <i>La ch\u00e8vre noire<\/i> (\u00e9ditions publie.net, 3,99\u20ac) je d\u00e9couvrais une fa\u00e7on de faire violemment se lib\u00e9rer des voix autour et dans cette figure du sacrifice. Ici encore, la ligne qui se dessine et s\u2019interromps par moment ressemble \u00e0 ces th\u00e8mes de jazz autour desquels on brode des improvisations, des choses qui se d\u00e9font, prennent leur autonomie puis reviennent jouer dans le fleuve central. Il faudrait plusieurs voix, plusieurs tons pour dire en m\u00eame temps avec parfois des rencontres sur quelques termes communs ; comme les mots s\u2019enchev\u00eatrent, s\u2019adossent les uns aux autres au scrabble. On ouvre les pages et une voix s\u2019\u00e9chappe, horizontale pour tracer une corde de page en page tandis qu\u2019\u00e0 cheval sont piqu\u00e9es d\u2019autres voix. Et au centre se sont des st\u00e8les qui verticalement et avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ponctuent comme des stations une travers\u00e9e du continent par ses capitales pour finir \u00ab ailleurs \u00bb ou en \u00ab Bretagne int\u00e9rieure \u00bb avant qu\u2019\u00e0 nouveau les voix jouant l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre reprennent.<\/p>\n<p>Lu <i>Un temps incertain<\/i> de Bernard No\u00ebl (et estampes de Jean-Marc Brunet, \u00e9ditions Aencrages&amp;co, 21\u20ac). C\u2019est acheter autant un texte qu\u2019un objet : on se surprend \u00e0 caresser le papier, sentir le l\u00e9ger gaufrage des caract\u00e8res. Bien s\u00fbr Bernard No\u00ebl est depuis longtemps une sorte de balise dans le paysage litt\u00e9raire large, que ce soit po\u00e9sie ou essais, romans. L\u00e0 en plus comme un geste amical, fa\u00e7on de donner corps aux pens\u00e9es que j\u2019ai pour lui, nos \u00e9changes derni\u00e8rement et le gouffre qui les veille. Ces questions qu\u2019il formule ou dans sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 nous aide \u00e0 formuler, ce sont aussi les n\u00f4tres : <i>\u00ab les mots en sont-ils une chacun en soi\/ ou bien faut-il qu\u2019\u00e0 rebondir sur les choses\/ ils n\u2019\u00e9prouvent que la vanit\u00e9 d\u2019\u00eatre\/ ce peu de souffle vite tomb\u00e9\/ vite dissout dans le silence (\u2026) \u00bb. <\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Finalement, et sans que l\u2019on ait voulu r\u00e9pondre aux sollicitations, aux images de plage avec serviette et \u00ab roman de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00bb, on aura pris des livres dans les valises et on aura profit\u00e9, hors du temps compact, de ces quelques plages de lecture<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5143,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3148","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3148","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3148"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3148\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3783,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3148\/revisions\/3783"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5143"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}