{"id":3168,"date":"2012-12-11T22:14:00","date_gmt":"2012-12-11T21:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/et-les-images-en-sont-des-bouts-de-reel-abrupts\/"},"modified":"2013-08-28T21:55:26","modified_gmt":"2013-08-28T20:55:26","slug":"et-les-images-en-sont-des-bouts-de-reel-abrupts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/et-les-images-en-sont-des-bouts-de-reel-abrupts\/","title":{"rendered":"Et les images en sont, des bouts de r\u00e9el abruptes"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est le monde, dans ses multiples \u00e9paisseurs et ses plis qui vous hante. Pour certains, une exp\u00e9rience marquante, fondatrice, et ses traces laiss\u00e9es. Pour d\u2019autres quelques musiques ent\u00eatantes, notes, rythmes, texture sonore, phrases tournant en t\u00eate. Souvent des images parmi celles que l\u2019on re\u00e7oit en rafale, ou davantage m\u00eame des d\u00e9tails qui font comme une seconde, une tierce image dans l\u2019image. Un accord, une \u00e9tranget\u00e9, une forme de geste avec sa musique que l\u2019on retrouvera apr\u00e8s souvent dans tout ce que l\u2019on regarde comme une tournure imprim\u00e9e dans l\u2019\u0153il, une r\u00e9manence subliminale.<!--more--> Jean Rustin disait n\u2019avoir peint qu\u2019un tableau appel\u00e9 par une exp\u00e9rience en h\u00f4pital psychiatrique alors qu\u2019il s\u2019y \u00e9tait retrouv\u00e9 peintre en b\u00e2timent. Exp\u00e9rience fondatrice et d\u00e9terminante qui lui fit insister sur le regard et les tabous m\u00eal\u00e9s du handicap et du sexe une vie durant. Claude Viallat reteint pour son \u0153uvre enti\u00e8re la forme d\u2019une \u00e9ponge quand on la presse dans la main pour tamponner une surface. Motif obsessionnel qui le poursuit et le qualifie aux yeux de tous, lui vient sans doute au devant des yeux lorsqu\u2019il approche d\u2019une b\u00e2che ou toile cir\u00e9e. Giacometti, sur toile ou modelant n\u2019aura fait que dessiner. Dessiner les volumes d\u2019une t\u00eate, l\u2019impossible de l\u2019arroche du nez et de l\u2019\u0153il, tout \u00e7a jet\u00e9 dans l\u2019espace creux en arri\u00e8re. Pierre Soulages depuis cinquante ans et plus s\u2019obs\u00e8de de la pr\u00e9sence de la lumi\u00e8re qui \u00e9mane des surfaces de noir selon leurs qualit\u00e9s variables, les ruptures et traces qu\u2019il leur inflige. On pourrait multiplier les exemples, les histoires, chacun fait avec une ou deux obsessions, guerre plus, inlassablement. Et on continue de r\u00e9p\u00e9ter toujours plus ou moins les m\u00eames figures, les m\u00eames phrases parce qu\u2019on ne comprend pas, parc que \u00e7a ne se r\u00e9sout pas. Le r\u00e9el sid\u00e8re, \u00e9chappe \u00e0 se laisser nommer, on y bute et trimbale longtemps ses caillots comme des ak\u00e8nes tourn\u00e9s en bouche. Et les images en sont, des bouts de r\u00e9el abruptes. On pourra \u00eatre envout\u00e9s par Picasso, comme en t\u00e9moigne souvent Eric Corne, par Matisse ou quelques autres monuments encombrants de l\u2019histoire de l\u2019art. La t\u00eate farcie comme un grand gyn\u00e9c\u00e9e d\u2019onduleuses silhouettes glan\u00e9es \u00e0 travers le Louvre. On avance vers la page vierge la t\u00eate farcie et les mains pleines.<\/p>\n<p>Image : exposition Eric Corne \u00e0 l&rsquo;URDLA, Villeurbanne, 2012.<\/p>\n<p><!--EndFragment--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est le monde, dans ses multiples \u00e9paisseurs et ses plis qui vous hante. Pour certains, une exp\u00e9rience marquante, fondatrice, et ses traces laiss\u00e9es. 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