{"id":3185,"date":"2012-10-21T21:33:00","date_gmt":"2012-10-21T20:33:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/seulement-le-silence-et-la-nuit\/"},"modified":"2013-08-30T14:08:59","modified_gmt":"2013-08-30T13:08:59","slug":"seulement-le-silence-et-la-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/seulement-le-silence-et-la-nuit\/","title":{"rendered":"seulement le silence et la nuit"},"content":{"rendered":"<p>La route monte dans un virage en une petite corniche. On ne voit pas la mer. Quelques portes percent le mur sur la gauche et laissent deviner des vies tranquilles sous l\u2019ombre d\u2019un grand pin. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 l\u2019asphalte s\u2019estompe en des berges terreuses recouvertes d\u2019aiguilles, bord\u00e9es de buissons secs. Un grillage rouill\u00e9, difforme traverse tout \u00e7a pour pr\u00e9venir de la pente qui descend rapidement sur la route principale, en contre-bas. <!--more--> Une villa se dresse par dessus un mur de pierre, derri\u00e8re deux cypr\u00e8s noirs, des lauriers g\u00e9n\u00e9reux. Des agaves aux \u00e9lans affaiss\u00e9s d\u00e9gringolent en cascade sur les pentes s\u00e8ches en faisant des gestes arrondis, calligraphiques. Un pyl\u00f4ne de b\u00e9ton dont le fer<br \/>\n\u00e9merge par endroit, attaqu\u00e9 par l\u2019air marin. Le goudron de la route transpire la chaleur emmagasin\u00e9e durant la journ\u00e9e et l\u00e8ve des odeurs de r\u00e9sine et de terre. Aucun bruit ne couvre ceux que l\u2019on porte en soi et on se croirait alors comme en retrait du monde, d\u00e9serteur ne percevant des rumeurs du campement de plus en plus lointaines que l\u2019\u00e9cho irr\u00e9el, englouti par la nuit\u00a0: l\u00e0-bas vers les plages des petits groupes\u00a0 \u00e0 manger, \u00e0 rire. On les sait plus qu\u2019on les devine. <br \/>Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 faire quelques pas, tourner les choses sous le regard en qu\u00eate d\u2019un point de vue exact. Essayer de r\u00e9sumer dans le regard. Passant<br \/>\nl\u2019angle du mur, un large portail prolonge le mur v\u00e9g\u00e9tal d\u2019une haie de thuyas. La villa \u00e9merge au dessus, de profil, d\u00e9voilant une loggia sur laquelle flotte une toile tendue \u00e0 rayures bleues et blanches. Les murs qui l\u2019entourent, de pierre, \u00e0 larges joints\u00a0; et puis le broc de b\u00e9ton lisse comme le ciel. Dans la perc\u00e9e g\u00e9om\u00e9trique s\u2019\u00e9teignent les lointains. On n\u2019en verra pas plus. Seulement le silence et la nuit \u00e0 remonter dans le ventre en une bouff\u00e9e euphorisante, le sentiment de saisir l\u2019essentiel en une f\u00e9licit\u00e9 suave alors que tout \u00e9chappe. <br \/>L\u00e0-bas les immeubles blancs dans la p\u00e9nombre. <br \/>Les jambes appellent \u00e0 marcher, la route indique le chemin et quelque part une activit\u00e9 convoque \u00e0 joindre l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. L\u2019avidit\u00e9 des yeux retient l\u2019\u00e9lan des jambes. On voudrait rester voir. La beaut\u00e9 particuli\u00e8re de l\u2019instant ne se laisse pas atteindre, fixer, elle danse avec le regard \u2013ou le fait danser apr\u00e8s elle, fait trainer autour du virage. Sur soi-m\u00eame, en cul-de-sac, \u00e0 t\u00e2ter le volume du regard. C\u2019est le cri pouss\u00e9 par l\u2019enfant que fr\u00f4lent les ailes de l\u2019oiseau dix fois et toujours inatteignable dans le tr\u00e8s grand espace du ciel qui est son domaine r\u00e9serv\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La route monte dans un virage en une petite corniche. On ne voit pas la mer. Quelques portes percent le mur sur la gauche et laissent deviner des vies tranquilles sous l\u2019ombre d\u2019un grand pin. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 l\u2019asphalte s\u2019estompe en des berges terreuses recouvertes d\u2019aiguilles, bord\u00e9es de buissons secs. 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