{"id":3190,"date":"2012-10-04T19:53:00","date_gmt":"2012-10-04T18:53:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/dolores-marat\/"},"modified":"2014-05-04T21:17:36","modified_gmt":"2014-05-04T20:17:36","slug":"dolores-marat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/dolores-marat\/","title":{"rendered":"Dolores Marat"},"content":{"rendered":"<p>Dans l\u2019apparence ordinaire d\u2019une silhouette arrach\u00e9e \u00e0 la nuit ou \u00e9pingl\u00e9e au mur d\u2019une rue anonyme, la fugacit\u00e9 tactile d\u2019une lumi\u00e8re du soir, dans tous ces gens \u00e0 se frotter \u00e0 la ville et \u00e0 ses d\u00e9serts. Dans l\u2019apparence de b\u00eate perdue qui nous gagne parfois. Dans les images qui en rendent compte, ne se donne \u00e0 voir qu\u2019un regard en retrait. Le recul du regard en amont de lui-m\u00eame. <!--more-->Si bien que regarder ces images, c\u2019est voir la vue m\u00eame, pos\u00e9e au devant d\u2019elle-m\u00eame, surprise dans sa fabrique. On ne dira jamais des photographies de Dolores Marat qu\u2019elles donnent \u00e0 voir des morceaux du monde savamment d\u00e9coup\u00e9s\u00a0; que ce serait dans le choix de ses sujets, dans la justesse de la d\u00e9coupe que se logerait leur charme. Ou alors, disant cela, on aurait toute les chances de tuer les images, de nous les rendre inatteignables, inintelligibles, soumises aux fictions pauvres que l\u2019on tisse \u00e0 la h\u00e2te par dessus le myst\u00e8re que l\u2019on croit percevoir dans chaque silhouette retranch\u00e9e \u00e0 la vie. On ne dirait rien de plus que ce que l\u2019on dit toujours de ces images qui passent et que l\u2019on se croit oblig\u00e9 de commenter.<br \/>\nOn<br \/>\ncommencerait mieux en disant que ces images montrent des photographies, que ce qu\u2019elles s\u2019en vont capturer ou construire, ce sont des photographies\u00a0: non pas le r\u00e9el, mais ce que l\u2019on s\u2019en fait dans l\u2019\u0153il et dans la t\u00eate.<br \/>\nD\u2019o\u00f9 vient, dans la surproduction photographique qui nous submerge \u00e0 longueur de jours, que les photographies de Dolores Marat nous retiennent\u00a0? Qu\u2019elles fassent l\u2019effet de nous parvenir dans l\u2019\u00e9vidence des images premi\u00e8res\u00a0; comme effeuill\u00e9es aux vieux albums de famille dont les silhouettes p\u00e2les et bord\u00e9es de nuit portent quelque chose de vous que vous reconnaissez \u00eatre ce qui depuis toujours vous \u00e9chappe\u00a0?<br \/>\nOn a dit les lumi\u00e8res, la texture si particuli\u00e8re des tirages Fresson, les \u00eatres surpris dans leur solitude, fr\u00e8res de ceux qui peuplent l\u2019Am\u00e9rique de Hopper. On a approch\u00e9 la chose en \u00e9voquant le cin\u00e9ma, les films possibles qui se dessinent dans la suite des images. Elle qui dit\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019identit\u00e9 est \u00e0 mes yeux : les hommes et les femmes qui durant des instants de vie se retrouvent plong\u00e9s au plus profond d\u2019eux-m\u00eames, radicalement coup\u00e9s du monde\u00a0\u00bb. A-t-on dit depuis o\u00f9 venaient ces images et \u00e0 la rencontre de quoi elles se rendaient\u00a0? Leur lien avec l\u2019espace\u00a0? Que peut-\u00eatre elles avaient un lien avec cette interrogation de Saint Augustin se demandant comment il est possible d\u2019\u00eatre au pr\u00e9sent et avoir en m\u00eame temps suffisamment de recul pour s\u2019apercevoir que le temps passe.<\/p>\n<p><i>Quelques images sont visibles en ce moment \u00e0 la galerie Fran\u00e7ois Besson, Lyon, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;exposition &lsquo;sou le soleil exactement&rsquo;. Jusqu&rsquo;au 24 octobre 2012.<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l\u2019apparence ordinaire d\u2019une silhouette arrach\u00e9e \u00e0 la nuit ou \u00e9pingl\u00e9e au mur d\u2019une rue anonyme, la fugacit\u00e9 tactile d\u2019une lumi\u00e8re du soir, dans tous ces gens \u00e0 se frotter \u00e0 la ville et \u00e0 ses d\u00e9serts. Dans l\u2019apparence de b\u00eate perdue qui nous gagne parfois. 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