{"id":3191,"date":"2012-10-01T16:06:00","date_gmt":"2012-10-01T15:06:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/la-peinture-le-temps\/"},"modified":"2013-09-10T20:42:31","modified_gmt":"2013-09-10T19:42:31","slug":"la-peinture-le-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/la-peinture-le-temps\/","title":{"rendered":"La peinture &amp; le temps"},"content":{"rendered":"<p><i>Une histoire cursive en vue d&rsquo;une pr\u00e9face pour le catalogue d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.martinbruneau.net\/\">ami peintre<\/a>. Peinture d&rsquo;histoire\/peinture de l&rsquo;histoire. Il y aurait \u00e0 ajouter, les commentaires sont l\u00e0 pour \u00e7a.<\/i><\/p>\n<p>Les premiers <i>ready made<\/i>, que l\u2019on tient parfois comme le mod\u00e8le d\u2019une radicalit\u00e9 d\u2019avant-garde en art, ont d\u00e9j\u00e0 un si\u00e8cle.<!--more--> Il en est \u00e0 peu pr\u00e8s de m\u00eame pour la vid\u00e9o et on peut remonter de quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es encore en ce qui concerne l\u2019irruption de la photographie dans un paysage de l\u2019art jusqu\u2019alors majoritairement pictural. Pourtant, seule la peinture appara\u00eet a un tel point encombr\u00e9e par son histoire qu\u2019on lui demande r\u00e9guli\u00e8rement de se justifier d\u2019\u00eatre encore de la partie, encore actuelle et non encore rel\u00e9gu\u00e9e au rang des curiosit\u00e9s antiques qui nous parlent d\u2019une voix \u00e9touff\u00e9e d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue. <br \/>Jamais de la photographie on a entendu pr\u00e9dire la mort avec tant d&rsquo;imp\u00e9rialit\u00e9, quand bien m\u00eame l\u2019image anim\u00e9e, bient\u00f4t enrichie d\u2019une piste audio, aurait paru la p\u00e9rimer dans sa mani\u00e8re imitative d\u2019approcher le r\u00e9el. <br \/>Il faut convenir que l\u2019histoire de la peinture est longue et la place aux confins toujours recul\u00e9s des origines de l\u2019aventure humaine, en faisant la manifestation originelle et fondatrice de l\u2019image\u00a0; que l\u2019on pourrait la croire soumise \u00e0 l\u2019obsolescence des objets du progr\u00e8s succ\u00e9dant les uns aux autres, comme le CD a remplac\u00e9 vinyles et cassettes avant qu\u2019on lui pr\u00e9f\u00e8re majoritairement le MP3. Et que l\u2019histoire serait comme un fleuve, un long \u00e9coulement, une succession continue. Suivant cette logique progressiste, le si\u00e8cle serait davantage celui de la photographie et de la vid\u00e9o que celui de la peinture. Constat qui aura incit\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es deux artistes, Douglas Gordon et Philippe Parreno, \u00e0 r\u00e9aliser un film sur une ic\u00f4ne du football revendiqu\u00e9 comme \u00ab\u00a0un portrait du XXI\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb ; mise \u00e0 jour contemporaine des portraits peints des figures royales ou religieuses. Pourtant, \u00e9trang\u00e8re finalement \u00e0 cette vision lin\u00e9aire (mais int\u00e9grant le propos), la peinture continue d\u2019exister au pr\u00e9sent, dans des formes renouvel\u00e9es, irr\u00e9solue \u00e0 se voir r\u00e9duire \u00e0 une invention technique d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019enregistrement servile d\u2019une physionomie ou \u00e0 l\u2019illustration d\u2019une histoire. La photographie, dont Baudelaire pr\u00e9venait des s\u00e9ductions et des facilit\u00e9s, n\u2019a pas suffi, comme invention technique, \u00e0 la renvoyer aux parois vout\u00e9es des grottes et des plafonds Renaissance, \u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9volu &#8211; car elle ajoute au regard, pas \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<br \/> Tout simplement et quoi que l\u2019on veuille th\u00e9oriser, il se trouve des gens pour continuer d\u2019avoir envie d\u2019en faire et d\u2019autres pour avoir envie d\u2019en regarder. C\u2019est \u00e0 dire quelques uns qui continuent d\u2019y voir un outil pour questionner notre rapport au monde et des amateurs en retour qui y per\u00e7oivent ce pouvoir<br \/>\nexpressif et questionnant. Il faut que l&rsquo;on ait besoin de ces objets qui supportent ces singuli\u00e8res mani\u00e8res d&rsquo;images pour leur conc\u00e9der une place dans le tumulte de l&rsquo;actualit\u00e9!<br \/>Que la peinture demeure, y compris sous la forme conventionnelle du tableau, en d\u00e9pit de son \u00e9puisement toujours annonc\u00e9, semble devoir la placer parmi les activit\u00e9s fondamentales de l\u2019humanit\u00e9, au m\u00eame titre que la danse et la musique, comme le sont ces pulsions primitives de parure ou d\u2019ordonnancement, de jeu et d&rsquo;imitation, si profond\u00e9ment inscrites en l\u2019homme qu\u2019elles semblent prendre part \u00e0 sa d\u00e9finition. Ainsi, peut-on consid\u00e9rer qu\u2019elle prend en charge une partie de l\u2019\u00e9tranget\u00e9 vertigineuse d\u2019\u00eatre au monde, un peu de la solitude et de l&rsquo;isolement des hommes.<br \/> Qui pour nous dire d&rsquo;ailleurs que l&rsquo;art n&rsquo;aurait absolument rien d&rsquo;une de ces anciennes formes de talismans dont le r\u00f4le serait d&rsquo;accompagner l&rsquo;humanit\u00e9 n\u00e9e \u00e0 elle m\u00eame dans l&rsquo;arrachement douloureux et lib\u00e9rateur \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 confuse du monde? <br \/>On conviendra du fait que le progr\u00e8s en art (si ce n\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral) n\u2019existe pas, qu\u2019il n\u2019existe pas de direction qui l&rsquo;oriente vers une r\u00e9solution, aucun mouvement qui l\u2019approche de sa fin et le d\u00e9noue. Que son histoire, enfin, est cumulative, car associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 sans borne ni projet dont les origines tout autant que le terme, s\u2019il en est, nous \u00e9chappent. Pour autant, quoi que l\u2019art s\u2019inscrive toujours dans le pr\u00e9sent de celui qui l\u2019\u00e9nonce ou le per\u00e7oit, il ne peut se maintenir \u00e9tranger \u00e0 l\u2019histoire dans laquelle il s\u2019inscrit, qui l\u2019informe et de laquelle, finalement, il est une forme particuli\u00e8re. C\u2019est tout cela qui l\u2019encombre en m\u00eame temps qu\u2019il le d\u00e9finit.<br \/>Car l\u2019art est un objet du monde qui, autant qu\u2019il le r\u00e9fl\u00e9chit, a \u00e0 se r\u00e9fl\u00e9chir comme objet particulier de ce monde. Nombreux sont les moments o\u00f9 des peintres ont pris le parti d\u2019engager leur pratique sur un mode purement r\u00e9flexif, d\u00e9montant la grammaire picturale et artistique en une sorte de m\u00e9ta-peinture. Depuis les mythiques raisins de Zeuxis questionnant la mim\u00e9sis, la joute virtuose d\u2019Apelle et Protog\u00e8me tra\u00e7ant trait sur trait, jusqu\u2019au <i>Carr\u00e9 blanc sur fond blanc<\/i> de Malevitch, aux danses de Pollock, aux ch\u00e2ssis nus de Dezeuze, aux touches de Toroni et autres modernit\u00e9s, les artistes et les peintres particuli\u00e8rement se sont montr\u00e9s pr\u00e9occup\u00e9s par la d\u00e9finition de ces formes visuelles qu\u2019ils poursuivaient inlassablement. Sortes de le\u00e7ons d\u2019anatomie publiques o\u00f9 le praticien autopsiait ses propres gestes, il fallait savoir, apr\u00e8s Maurice Denis et sa fameuse d\u00e9finition, ce qui faisait la peinture et jusqu\u2019o\u00f9 son domaine pouvait s\u2019\u00e9tendre\u00a0; que provoquait le fait d\u2019en t\u00e2ter les bornes, d\u2019en tordre les habitudes. Si bien que l\u2019on pourrait lire l\u2019histoire de la peinture comme une suite empirique d\u2019exp\u00e9riences visant a posteriori \u00e0 la d\u00e9finir, en testant ses capacit\u00e9s d\u2019adaptation, sa ductilit\u00e9.<br \/>On pourrait, \u00e0 la mani\u00e8re des linguistes, faire une \u00e9tude diachronique de la peinture, relevant les changements structurels qu\u2019elle a connus au fil de son histoire, envisageant l\u2019influence du contexte dans les r\u00e9volutions les plus marqu\u00e9es, comme l\u2019abandon momentan\u00e9 et assez g\u00e9n\u00e9ral de la repr\u00e9sentation dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle en occident pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par une lib\u00e9ration de la touche ou le changement des sujets. Analyser la construction et destruction de l\u2019espace unitaire dans la repr\u00e9sentation en rapport avec les lieux, les id\u00e9ologies, la politique et l\u2019\u00e9poque. Et se pencher sur je ne sais combien encore de puits sans fond. Vaste et ambitieuse d\u00e9marche toujours ajour\u00e9e du fait de l\u2019ampleur du domaine et des territoires concern\u00e9s. Car l\u2019humanit\u00e9 n\u2019a pas chemin\u00e9 d\u2019un bloc et les clart\u00e9s th\u00e9oriques \u00e0 la lumi\u00e8re desquelles certains voudraient juger d\u2019une progression r\u00e9sistent mal aux pas-de-c\u00f4t\u00e9 qui d\u00e9voilent les tr\u00e9sors de l\u2019orient et d\u2019ailleurs. On remarquera tr\u00e8s vite que ce qui est vrai pour ici ne l\u2019est pas pour l\u00e0. Se jouant des<br \/>\nth\u00e9ories et de leurs clart\u00e9s, les peintres n\u2019ont d\u2019ailleurs eu de cesse d\u2019aller voir ailleurs et se frotter \u00e0 ce qui pouvait mettre en crise les habitudes et les acad\u00e9mismes pour d\u00e9ployer encore les possibles de leur m\u00e9dium. Le mouvement, la dynamique naissent d\u2019un d\u00e9centrement. Au tout d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, et m\u00eame \u00e0 la fin du XIX\u00e8me, les \u0153uvres primitives romanes, \u00e9gyptiennes, puis asiatiques, oc\u00e9aniennes et africaines incarn\u00e8rent l\u2019horizon d\u2019une modernit\u00e9 fond\u00e9e dans un retour aux sources et \u00e0 l\u2019essentiel. Il n\u2019\u00e9tait m\u00eame plus question de temps\u00a0: l\u2019art d\u2019Afrique arrivait au Trocad\u00e9ro comme les premiers \u00ab\u00a0sauvages\u00a0\u00bb \u00e9taient arriv\u00e9s des bateaux, dans sa nouveaut\u00e9 absolue, d\u00e9concertante. Simultan\u00e9ment il \u00e9tait question d\u2019autres conqu\u00eates, la musique s\u2019imposait comme mod\u00e8le pour une voie non figurative, la guerre brisait les certitudes, l\u2019exp\u00e9rience de la vitesse et de l\u2019industrie, les avanc\u00e9es scientifiques non plus n\u2019y \u00e9taient pas pour rien dans la mani\u00e8re que l\u2019on avait alors de voir et d\u2019exprimer les choses. On se penchait sur l\u2019esprit, sur les dessins d\u2019enfants, les r\u00eaves, les expressions de ceux qu\u2019on disait \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb, les s\u00e9ductions froides des math\u00e9matiques\u2026 et individuellement se faisaient des r\u00e9volutions. Chaque nouvelle tentative ajoutait \u00e0 la physionomie du monde et donc de l\u2019art au sens large qui en est un des contenus. <br \/>La peinture en tant que m\u00e9dium ou outil a bien peu \u00e9volu\u00e9 depuis sa naissance rupestre. Il s\u2019agit toujours d\u2019un m\u00e9lange de colle et de couleur appos\u00e9 sur un support et qui fait trace. Que cette trace soit plus stable, que l\u2019assiette en carton ait remplac\u00e9 la coquille et la palette et que le pot et le tube, la bombe a\u00e9rosol ou le pinceau en simplifient l\u2019usage, elle demeure dans sa simplicit\u00e9 m\u00eame une forme d\u2019aboutissement, comme l\u2019est la roue, comme l\u2019est le crayon. Seul change l\u2019usage que l\u2019on en fait, et encore\u00a0: relativement. Picasso trace devant le photographe \u00e0 l\u2019aide d\u2019une lampe torche la figure d\u2019un taureau dress\u00e9 comme un homme, David Hockney \u00ab\u00a0peint\u00a0\u00bb sur son Ipad le portrait d\u2019un collectionneur ou d\u2019un de ses amis, Sol Lewitt enchaine<br \/>\ndes motifs g\u00e9om\u00e9triques aux murs, Yves Klein estampe des corps entiers sur des toiles. Il n\u2019y a que l\u2019apparence qui change (et m\u00eame, si peu\u00a0!), le fond demeure. Il est de la peinture comme il en est de la philosophie, aucun objet ne lui est \u00e9tranger qui renvoie tout au fond de lui m\u00eame au vertige d\u2019\u00eatre au monde. Et ces questions existentielles auxquelles nos plus lointains anc\u00eatres buttaient d\u00e9j\u00e0 se posent encore au pr\u00e9sent de celui qui en per\u00e7oit l\u2019ab\u00eeme tenace. Car ce qui demeure n\u2019est pas ce dont on a raison mais ce qui continue de nous poser probl\u00e8me\u00a0; et les peintres sont ceux de ces hommes pour lesquels plus particuli\u00e8rement la peinture s\u2019impose comme insoluble dans le temps, s\u0153ur du monde en ce qu\u2019elle ne se r\u00e9sout pas, ne se d\u00e9lie pas. Butant sur ce dernier mot, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser au n\u0153ud borrom\u00e9en qui sera au c\u0153ur de l\u2019enseignement de Lacan les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de son s\u00e9minaire, entrelacs liant l\u2019imaginaire, le symbolique et le r\u00e9el car \u00e0 vrai dire la peinture<br \/>\nressemble assez \u00e0 ces structures interpr\u00e9tatives mettant en relations les pens\u00e9es et les choses, l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur en une forme m\u00eal\u00e9e. <br \/>On n\u2019a de cesse ces derniers temps de porter plus loin encore les origines de l\u2019art moderne, croisant les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques pour \u00e9tablir 40 000 ans avant notre \u00e8re des populations aurignaciennes et gravettiennes, hommes tout autant que nous sommes, pratiquant d\u00e9j\u00e0 la perspective, la d\u00e9composition du mouvement, l\u2019\u00e9tude attentive des animaux et organisant leurs repr\u00e9sentations en un v\u00e9ritable programme iconographique comme le fera plus tard assez fameusement Giotto \u00e0 Padoue et comme le fait encore quiconque pratique l\u2019installation aujourd\u2019hui. Les ann\u00e9es n\u2019ont pas \u00e9mouss\u00e9 les questions ni chang\u00e9 les pr\u00e9occupations\u00a0; d\u2019ailleurs nous sommes \u00e0 peu de choses pr\u00e8s rest\u00e9s les m\u00eames, Neandertal \u00e9tant comme nous le sommes pourvu d\u2019une sensibilit\u00e9 et de pens\u00e9es, se parant, r\u00e9alisant des s\u00e9pultures, tra\u00e7ant d\u00e9j\u00e0 de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9titive quelques signes plus ou moins g\u00e9om\u00e9triques, peut-\u00eatre id\u00e9ographiques, sur les parois des grottes qui t\u00e9moignent des m\u00eames hantises m\u00e9taphysiques que nous autres. Les peintres ou les chamans, si ce n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 une seule personne qu&rsquo;\u00e9choyait la responsabilit\u00e9 de tracer les figures et celle de les faire parler, auraient pu dire de leurs gestes que <i>la main dessinant touche le monde, comme empoigner une pierre est lever une montagne au visage d&rsquo;homme<\/i>. Il serait pr\u00e9somptueux de nous croire plus avanc\u00e9s sur la question que nous l\u2019\u00e9tions il y a 42 000 ans et c\u2019est un peu avec la gestuelle r\u00e9p\u00e9t\u00e9e d\u2019un rituel que nous continuons de faire des images qui objectivent nos pens\u00e9es et posent inlassablement ces m\u00eames myst\u00e8res auxquels il nous semble parfois voir plus clair de les avoir reformul\u00e9s, sans que l\u2019illusion dure bien longtemps. Chaque fois nous connaissons, tel l\u2019ont connu ces autres nous-m\u00eames qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 comme\u00a0 une enfance, ce sentiment de laisser trace de<br \/>\nnotre passage et donc nous continuer au-del\u00e0 de nous m\u00eame, dans l\u2019inconnu\u00a0; passage au travers du temps que Bataille appelle <i>la transgression<\/i>. La peinture, comme les \u0153uvres d\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9chappe au temps pour se porter au devant de celui dont elle retient le regard et l&rsquo;esprit. L\u2019int\u00e9grant comme part d\u2019elle m\u00eame, elle se soustrait \u00e0 sa domination pour y circuler librement. <br \/>Il y a cette image du photoreporter Georges Merillon prise en 1990 \u00e0 Nagafc lors des manifestations pour l\u2019ind\u00e9pendance que l\u2019on conna\u00eet aujourd\u2019hui sous le nom de \u00ab\u00a0piet\u00e0 du Kosovo\u00a0\u00bb, tellement s\u2019imposent par dessus la sc\u00e8ne dont elle veut t\u00e9moigner ces r\u00e9f\u00e9rences historiques dont les lumi\u00e8res et les compositions habitent l\u2019\u0153il. On verra en l\u2019enfant dont le profil \u00e9merge d\u2019une de ces images de guerre le fr\u00e8re de celui qu\u2019a dit Hugo, le fr\u00e8re de celui qu\u2019a peint Delacroix dans les fum\u00e9es de la R\u00e9volution de juillet. Ailleurs un bless\u00e9 port\u00e9 \u00e0 bout de bras endossera le costume d\u2019une d\u00e9position de croix, perp\u00e9tuant l\u2019id\u00e9e de sacrifice.<br \/>\nQue l\u2019on prenne l\u2019\u0153uvre d\u2019un peintre d\u2019aujourd\u2019hui et sonde ses images\u00a0: plusieurs voix se m\u00ealent qui traversent le grande temporalit\u00e9\u00a0 ou parlent depuis la plus proche actualit\u00e9. Il ne s&rsquo;agit pas de poser un \u00e9v\u00e9nement apr\u00e8s l&rsquo;autre en un long collier de perles, les grandes questions habitent toujours le pr\u00e9sent de celui qu&rsquo;elles concernent. Que des images aient \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9es d\u00e9j\u00e0, le peintre le sait qui les porte en arri\u00e8re du regard. Et peut-\u00eatre r\u00eave-t-il au fond de lui de retrouver les sensations de celui qui devait tracer consciemment le premier signe qui le fut. Par le geste revenir \u00e0 ces naissances berc\u00e9es de nuit tout comme l&rsquo;est la sienne. Peindre alors est comme une mani\u00e8re de mettre en perspective, d&rsquo;amener du volume \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 bidimensionnelle du pr\u00e9sent en rappelant tout au fond des images, perceptible \u00e0 qui veut voir, cette nuit qui les borde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une histoire cursive en vue d&rsquo;une pr\u00e9face pour le catalogue d&rsquo;un ami peintre. Peinture d&rsquo;histoire\/peinture de l&rsquo;histoire. Il y aurait \u00e0 ajouter, les commentaires sont l\u00e0 pour \u00e7a. Les premiers ready made, que l\u2019on tient parfois comme le mod\u00e8le d\u2019une radicalit\u00e9 d\u2019avant-garde en art, ont d\u00e9j\u00e0 un si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3191","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3191","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3191"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3191\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6053,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3191\/revisions\/6053"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3191"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3191"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3191"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}