{"id":3213,"date":"2012-03-05T13:33:00","date_gmt":"2012-03-05T12:33:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/au-quotidien\/"},"modified":"2014-05-04T21:24:33","modified_gmt":"2014-05-04T20:24:33","slug":"au-quotidien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/au-quotidien\/","title":{"rendered":"au quotidien"},"content":{"rendered":"<p>On l\u2019a dit souvent, quelle tournure de vie que \u00e7a fait d\u2019\u00eatre artiste\u00a0: pas pouvoir s\u00e9parer radicalement ce qui est boulot de ce qui ne l\u2019est pas et se laisser surprendre souvent en milieu de nuit par une image, un bout de phrase, une id\u00e9e qu\u2019on perd<br \/>\nde ne pas l\u2019avoir not\u00e9e sur l\u2019instant ou qui nous obs\u00e8de si bien qu\u2019elle nous oblige<!--more--> \u00e0 nous y jeter tout vif, en oubliant le reste, des heures, des jours durant. Toujours du mal \u00e0 r\u00e9pondre lorsqu\u2019on me demande, fa\u00e7on statistique, combien de temps pour peindre un tableau. On sait jamais vraiment quand on commence \u00e0 y bosser, \u00e0 un tableau. On ne sait pas toujours d&rsquo;o\u00f9 \u00e7a vient. Parfois plusieurs ann\u00e9es entre une photo prise avec l\u2019intention vague et le geste d\u2019empoigner le ch\u00e2ssis. Parfois y aller sur l\u2019instant (m\u00eame si d\u2019exp\u00e9rience les images les meilleures sont celles qu\u2019on a rumin\u00e9 longtemps, dont on a v\u00e9rifi\u00e9 l\u2019insistance en quelque sorte). Et ces longues minutes, ces heures avachi dans le fauteuil trouv\u00e9 dans la rue, est-ce que c\u2019\u00e9tait vraiment ne rien faire\u00a0? C\u2019est que le monde travaille en nous continuellement. Que la question n\u2019est jamais r\u00e9gl\u00e9e. On doit y revenir continuellement \u00e0 l\u2019ordinaire qui se donne \u00e0 voir, \u00e9chappe dans son \u00e9vidence. Aux \u00e9chos, \u00e0 soi. Aucune image, aucun livre, aucun po\u00e8me n\u2019ach\u00e8ve rien. On en est, comme le vieil homme d\u2019Hemingway, \u00e0 ferrer quelque chose d\u2019immense, on doit donner du fil pour ne pas que la ligne casse\u00a0: du laisser aller et de la vigilance. \u00a0Il s\u2019agit toujours de veiller \u00e0 ne pas laisser passer ce \u00ab\u00a0je ne sais quoi qui s\u2019atteint d\u2019aventure\u00a0\u00bb. Etre patient. Doucement la chose nous emm\u00e8ne au large pour d\u00e9battre, on s\u2019y \u00e9puise, on se perd ( on pourrait en devenir fou ). A lire les carnets d\u2019Antoine Emaz, de Pierre Bergounioux on retrouve cette usure des heures \u00e0 courber, ces longs mois ou plus rien ne vient, l\u2019angoisse de l\u2019ass\u00e8chement chez le po\u00e8te ( la malchance pour le vieux p\u00e9cheur ). Le r\u00e9pugnant du papier qu\u2019on avale, des heures de cours que l\u2019on dispense sans plus y croire, de la vie qu\u2019on se fait \u00e0 s\u2019obliger de d\u00e9m\u00ealer les choses quel qu\u2019en soit le prix chez Bergounioux. J\u2019ai des jours ou<br \/>\ntout me p\u00e8se\u00a0: tout ce qui m\u2019emp\u00eache de disposer de moi et combien je suis insuffisant \u00e0 la t\u00e2che, m\u00e9diocre. Bien s\u00fbr que \u00e7a nous \u00e9chappe toujours en fin de compte, ne nous reste de la b\u00eate sombre qu\u2019on a remont\u00e9 que la carcasse \u00e9puis\u00e9e, comme la notre. Y retourner. Jour apr\u00e8s jour. Qui pourra dire si s\u2019\u00e9tait l\u00e0 p\u00e9cher pour vivre de sa p\u00e8che ou se retrouver engag\u00e9 dans quelque chose du monde\u00a0?<\/p>\n<p><i>Lectures\u00a0:<i>Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway (traduction de Fran\u00e7ois Bon)<\/i><\/p>\n<p><i>Antoine Emaz, cuisine. Editions publie.net<\/i>&lt;<\/p>\n<p><i>Pierre Bergounioux, carnet de notes T. 3. Editions Verdier<\/i><\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On l\u2019a dit souvent, quelle tournure de vie que \u00e7a fait d\u2019\u00eatre artiste\u00a0: pas pouvoir s\u00e9parer radicalement ce qui est boulot de ce qui ne l\u2019est pas et se laisser surprendre souvent en milieu de nuit par une image, un bout de phrase, une id\u00e9e qu\u2019on perd de ne pas l\u2019avoir not\u00e9e sur l\u2019instant ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3213","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3213"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3213\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6402,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3213\/revisions\/6402"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}