{"id":3218,"date":"2012-02-16T21:28:00","date_gmt":"2012-02-16T20:28:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/pris-dans-la-toile\/"},"modified":"2014-05-04T21:36:43","modified_gmt":"2014-05-04T20:36:43","slug":"pris-dans-la-toile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/pris-dans-la-toile\/","title":{"rendered":"pris dans la toile"},"content":{"rendered":"<p>Il n\u2019y a jamais plus de cinq interm\u00e9diaires entre une personne et une autre.<br \/>\nVariante\u00a0: on serait tous \u00e0 cinq contacts du pr\u00e9sident.\u00a0 Et ce qui me marque souvent c\u2019est en effet ce jeu d\u2019interconnexions qui nous fait dire que, d\u00e9cid\u00e9ment, le monde est petit ou que le milieu de l\u2019art, de la litt\u00e9rature est un petit cercle dans lequel finalement tout le monde se conna\u00eet.<!--more--> Il est toujours curieux de constater que dans notre isolement, notre peu de penchant pour le jeu social des vernissages et soir\u00e9es culturelles on est finalement moins seul qu\u2019il n\u2019y parait. Un calcul scientifique expliquerait \u00e7a tr\u00e8s simplement sans doute et l\u2019\u00e9quation nous paraitrait \u00e9vidente\u00a0: admettons que si chacun conna\u00eet mille personnes qui connaissent mille personnes\u2026\u00a0 on a vite fait d\u2019atteindre la population nationale. Etudiant c\u2019\u00e9tait pour moi me retrouver dans ce vertige de r\u00e9f\u00e9rences en appelant d\u2019autres en cascades, chaque livre sugg\u00e9rant la lecture d\u2019un autre pour se dire pleinement. Je d\u00e9couvrais mon ignorance, l\u2019ampleur de l\u2019\u00e9tendue. Et bien s\u00fbr on n\u2019en sort pas. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on d\u00e9couvre les classiques, les passages oblig\u00e9s, ces \u0153uvres sur lesquelles s\u2019appuient tant de choses\u00a0: noms, titres que l\u2019on recroise<br \/>\nsouvent. Ces livres pour comprendre, ces images pour regarder autrement. Constat que j\u2019ai peut-\u00eatre en partage avec Florence Trocm\u00e9 comme elle le confessait r\u00e9cemment\u00a0: C\u2019est peut-\u00eatre Pierre Bergounioux qui nous aura incit\u00e9 \u00e0 pousser la curiosit\u00e9 vers toute sorte de livres dans cet app\u00e9tit de comprendre. Une part de l\u2019\u00e9clairage nous viendra de ces chantiers auxquels d\u2019autres avant nous se sont coll\u00e9s, c\u2019est autant de temps gagn\u00e9. Florence Trocm\u00e9, c\u2019est <i>poezibao<\/i>, site de r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re de veille sur ce qui se fait en po\u00e9sie. Un de ces liens que j\u2019ai de longue date alors que je d\u00e9butais de m\u2019investir moi m\u00eame sur le web par un blog. Lien trouv\u00e9 chez Fran\u00e7ois Bon via son <i>TiersLivre<\/i> tr\u00e8s probablement. Tous ces sites et blogs sont des ilots que l\u2019on localise sur sa propre carte et dont on conna\u00eet les chemins pour s\u2019y rendre \u00e0 l\u2019occasion comme on sort des routes principales parfois pour se poser<br \/>\nun peu sur un talus en contre-bas. <i>Poezibao,<\/i> j\u2019y allais de temps en temps de mon propre chef ou \u00e0 l\u2019invitation d\u2019un ami qui vous indiquait un lien. Quelques livres de Philippe Blanchon y avaient trouv\u00e9 \u00e9cho. L\u00e0 que je sortais avec Armand Dupuy un petit livre m\u00ealant images, texte th\u00e9orique et po\u00e8mes j\u2019avais eu l\u2019id\u00e9e de lui envoyer, comme \u00e7a, fraternellement, dans une envie de partage qu\u2019on a quand on pense que notre interlocuteur comprendra ce qu\u2019on lui confie. Surprise quand m\u00eame que le livre lui parle et aussi cet autre gliss\u00e9 dans l\u2019enveloppe pour qu\u2019elle y revienne dans ses notes. Oui, j\u2019aurais pu m\u2019amuser que ce second livre ait \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 d\u2019une postface de Philippe Blanchon. La co\u00efncidence la plus dr\u00f4le est qu\u2019elle ait lu le livre en m\u00eame temps que le troisi\u00e8me <i>Carnet de notes<\/i> de Pierre Bergounioux pour qu\u2019elle puisse nous accoler en deux phrases. J\u2019avais moi aussi achet\u00e9 ce dernier tome de son journal qui avait la particularit\u00e9 sur les deux pr\u00e9c\u00e9dents d\u2019\u00e9voquer la p\u00e9riode ou je l\u2019avais moi m\u00eame rencontr\u00e9 lors du s\u00e9minaire litt\u00e9rature qu\u2019il tenait aux Beaux arts. Relation timide avec l\u2019homme\u00a0: je ne m\u2019\u00e9tais entretenu avec lui qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion des cours, bien furtivement et lui avait \u00e9crit par la suite deux ou trois fois avec scrupule, ne voulant pas lui manger ce temps pr\u00e9cieux dont il manquait d\u00e9j\u00e0. Relation plus soutenue avec l\u2019\u0153uvre, achetant depuis,<br \/>\navec une fid\u00e9lit\u00e9 exemplaire chacun de ses livres. La semaine pr\u00e9c\u00e9dente, nous venions d\u2019officialiser la sortie du petit livre que nous avions fait ensemble \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une lecture publique qu\u2019il devait donner en duo avec Fanny Gondran. Je m\u2019\u00e9tais retrouv\u00e9 \u00e0 partager une pizza dans un petit restaurant de quartier avec eux et quelques autres amis de la partie, ne connaissant qu\u2019Armand mais d\u00e9couvrant l\u00e0 encore plein de points communs. Moi qui avait entendu dans la lecture quelques \u00e9chos discrets \u00e0 Ponge ou \u00e0 R\u00e9da, ce dont elle s\u2019\u00e9tonnait. Elle\u00a0: long parcours de po\u00e8te d\u00e9but\u00e9 alors que je n\u2019\u00e9tais pas m\u00eame n\u00e9, moi\u00a0:artiste peintre sortant d\u2019une journ\u00e9e de cours, la trentaine mais en paraissant souvent un peu moins, jamais crois\u00e9 dans le milieu. Je ne sais plus comment on en est arriv\u00e9s \u00e0 parler de Bergounioux avec lequel elle correspond r\u00e9guli\u00e8rement. Et d\u2019autres lectures communes. Moi voisine venait de tourner un film avec et sur Bernard No\u00ebl. Moi\u00a0: tr\u00e8s frapp\u00e9 par les livres de Bernard N\u00f6el, imaginant en secret une collaboration sur un petit livre comme un r\u00eave. Ses \u00e9clats magnifiques sur l\u2019image, le regard. J\u2019ai un recueil de ses po\u00e8mes pr\u00e9fac\u00e9 par Fran\u00e7ois Bon. Armand m\u2019a dit avoir un projet d\u2019\u00e9dition avec lui. Imaginez qu\u2019en fan de Dylan une connaissance en vienne \u00e0 vous dire qu\u2019elle fait une soir\u00e9e demain chez elle et qu\u2019il passera. Hier je passe voir Cyrille Noirjean \u00e0 l\u2019<i>URDLA<\/i>, centre de l\u2019estampe \u00e0 Villeurbanne, n\u2019ayant pas eu l\u2019occasion depuis longtemps. J\u2019en profite pour lui laisser des bouquins. Il m\u2019apprend qu\u2019il a eu \u00e9cho de cette soir\u00e9e lecture avec Armand et Fanny, son mari \u00e0 elle est secr\u00e9taire de l\u2019<i>URDLA<\/i>, bref nous sommes tous les deux aux au CA. Au passage\u00a0: c\u2019est dans un catalogue co\u00e9dit\u00e9 par l\u2019<i>URDLA<\/i> qu\u2019\u00e9tait paru pour la premi\u00e8re fois ce texte que j\u2019ai envoy\u00e9 \u00e0 <i>Poezibao<\/i>. Ce soir je lisais sur tablette le dernier livre num\u00e9rique d\u2019Antoine Emaz (nous l\u2019avions \u00e9voqu\u00e9 je crois autour de la pizza). Livre \u00e9dit\u00e9 par <i>Publie.net<\/i>, maison d\u2019\u00e9dition fond\u00e9e par Fran\u00e7ois Bon \u00e0 qui je dois d\u2019avoir \u00e9dit\u00e9 mon premier livre avant qu\u2019il ne m\u2019invite \u00e0 codiriger avec Arnaud Ma\u00efsetti une collection. On retrouvera \u00e9galement chez publie.net plusieurs livres d\u2019Armand Dupuy que j\u2019ai sans doute rencontr\u00e9 par cet interm\u00e9diaire. Emaz d\u00e9couvert aussi gr\u00e2ce \u00e0 Fran\u00e7ois Bon, comme de nombreux autres contemporains. Mais n\u2019avais-je pas d\u00e9couvert Fran\u00e7ois Bon par Pierre Bergounioux\u00a0? Bref, <i>Cuisine<\/i> d\u2019Emaz dans les mains je tombe au d\u00e9tour d\u2019une page sur le nom de Florence Trocm\u00e9, le po\u00e8te \u00e9voquant un \u00e9change. Je venais de voir sur ma boite mail un mail de Florence qui me parlait du livre envoy\u00e9. Curieux cet effet\u00a0: quand les livres, dans leur distance d\u2019objets clos (Emaz dit\u00a0: \u00a0\u00bb un livre c&rsquo;est de l&rsquo;inachev\u00e9 ferm\u00e9 \u00ab\u00a0.) vous renvoient au plus imm\u00e9diat de vous m\u00eame, comme s\u2019ils s\u2019\u00e9crivaient dans le m\u00eame instant du m\u00eame endroit. J\u2019en \u00e9tais l\u00e0 \u00e0 sourire de ces co\u00efncidences lorsque deux pages plus loin, Emaz \u00e9voque Emmanuel Laugier pour un de ses derniers livres. L\u00e0 encore nom crois\u00e9 r\u00e9cemment par plusieurs fois\u00a0: d\u2019abord Philippe Blanchon me disant qu\u2019il lui avait parl\u00e9 de moi apr\u00e8s visite de m&rsquo;on expo \u00e0 Toulon (Philippe avait \u00e9crit dans le catalogue), si je pouvais lui faire parvenir un ou deux catalogues. Puis bref \u00e9change. Peu apr\u00e8s, article d\u2019Emmanuel Laugier sur une anthologie de po\u00e9sie publi\u00e9e par un ami, Dimitri Vazemski. Nous avons publi\u00e9 plusieurs livres ensemble, un en pr\u00e9paration, un avec Armand Dupuy d\u00e9j\u00e0, un autre avec Arnaud Ma\u00efsetti, rencontr\u00e9 via Fran\u00e7ois Bon encore. J\u2019avais accueilli un livre de Dimitri chez <i>Publie.ne<\/i>t et c\u2019\u00e9tait en sa compagnie que j\u2019avais lu \u00e0 <i>la Maison rouge<\/i> \u00e0 Paris le premier chapitre de ce livre envoy\u00e9 \u00e0 Florence Trocm\u00e9 en m\u00eame temps que celui d\u2019Armand. On pourrait en rire. Un dr\u00f4le de rire si on pense \u00e0 Bourdieu (lu \u00e0 l\u2019incitation de Bergounioux) et aux d\u00e9terminismes qui r\u00e9gissent tous nos rapports sociaux. Ces co\u00efncidences amusantes cachant sans doute des \u00e9quations bien math\u00e9matiques. Et je n\u2019ai parl\u00e9 ici que de mes activit\u00e9s \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9crivain\u00a0\u00bb, n&rsquo;ai pas non plus creus\u00e9 les tunnels certainement plus nombreux encore qui nous unissent les uns aux autres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n\u2019y a jamais plus de cinq interm\u00e9diaires entre une personne et une autre. 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