{"id":3225,"date":"2012-01-19T22:20:00","date_gmt":"2012-01-19T21:20:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/claire-tabouret-lile\/"},"modified":"2018-07-15T13:49:49","modified_gmt":"2018-07-15T12:49:49","slug":"claire-tabouret-lile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/claire-tabouret-lile\/","title":{"rendered":"Claire Tabouret, l\u2019\u00eele"},"content":{"rendered":"<p>On revient toujours \u00e0 la grande solitude des images. Ou est-ce peut-\u00eatre que, les images nous parvenant forc\u00e9ment depuis une forme arr\u00eat\u00e9e, \u00e9chapp\u00e9e, silencieuse, nous renvoient insidieusement \u00e0 notre propre solitude\u00a0?<!--more--> On en est l\u00e0, croisant\u00a0des morceaux ramant dans l\u2019\u00e9paisseur de la nuit, \u00e9mergeant du tumulte, nous percutant net. Claire Tabouret parle \u00e0 ce sujet de \u00ab\u00a0visions\u00a0\u00bb\u00a0: des indices t\u00e9nus comme ceux auxquels les croyants raccrochent leur foi et \u00e0 la faveur desquels ils s\u2019embarquent bient\u00f4t tout entier. Et peut-\u00eatre qu\u2019<i>image<\/i> ne signifie rien d\u2019autre que ce caract\u00e8re percutant d\u2019un d\u00e9tail d\u00e9gag\u00e9 du tout, qui se dresse. Comme une terre \u00e0 laquelle raccrocher dans l\u2019immensit\u00e9 de nos d\u00e9rives\u00a0: On s\u2019accroche aux images comme elles nous accrochent, comme elles s\u2019accrochent en nous. Ainsi peut-on nommer l\u2019\u00eele\u00a0: ce morceau dur \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la coul\u00e9e du monde et sur lequel on \u00e9choue. Qui \u00e9choue en nous, loge sa nuit dans la notre. On aurait tous dans nos ventres ces papiers enfouis, images conscientes et inconscientes, mutiques ou bavardes, refoul\u00e9es. Images qui travaillent. Squames du monde \u00e9chou\u00e9s au dedans. Les peintures de claire Tabouret ont ce quelque chose de cr\u00e9pusculaire qui les renvoit \u00e0 notre int\u00e9riorit\u00e9 ou plus exactement \u00e0 la zone floue o\u00f9 int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur se confondent. C\u2019est en cela qu\u2019elles sont romantiques. Les paysages sont un \u00e9tat d\u2019\u00e2me, les ciels charg\u00e9s, quartiers inond\u00e9s, lumi\u00e8res bleues sur la ville, les cataractes sourdes portent quelque chose d\u2019intime, comme ces spectateurs contemplatifs chez Friedrich font p\u00e9n\u00e9trer en eux l\u2019immensit\u00e9 sublime et terrifiante. Des images s\u2019accrochant, avec notre culpabilit\u00e9 aussi sans doute, notre trouble vis \u00e0 vis de ce qui se passe, se d\u00e9ploient dans des formats monumentaux dans lesquels on est pris ou r\u00e9duisent inversement \u00e0 proportion d\u2019un d\u00e9tail\u00a0: c\u2019est un mouvement l\u00e0 encore, d\u2019un extr\u00eame \u00e0 l\u2019autre. Peindre ces images serait questionner ce qui en elles nous parvient. Ce qui, par elles, se raconte en nous du monde.<\/p>\n<p>\n<span lang=\"FR\"><span>Claire Tabouret, <i>l&rsquo;\u00eele<\/i>, galerie Isabelle Gounod jusqu&rsquo;au 18 f\u00e9vrier 2012. Image : <i>\u00eele de la jeunesse,<\/i> 2009.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On revient toujours \u00e0 la grande solitude des images. Ou est-ce peut-\u00eatre que, les images nous parvenant forc\u00e9ment depuis une forme arr\u00eat\u00e9e, \u00e9chapp\u00e9e, silencieuse, nous renvoient insidieusement \u00e0 notre propre solitude\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3225","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3225"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3225\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7005,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3225\/revisions\/7005"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}