{"id":3267,"date":"2011-03-31T09:46:00","date_gmt":"2011-03-31T08:46:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/hans-schabus-nichts-geht-mehr\/"},"modified":"2013-08-16T11:12:35","modified_gmt":"2013-08-16T10:12:35","slug":"hans-schabus-nichts-geht-mehr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/hans-schabus-nichts-geht-mehr\/","title":{"rendered":"Hans Schabus, nichts geht mehr"},"content":{"rendered":"<div>\n\n<\/div>\n<div>\n<a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-r-Vn8czD4Hg\/TZQ-ipWnEAI\/AAAAAAAABsI\/l5qQ6e8Qc7M\/s1600\/janvier%2B2011%2B214.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"320\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-r-Vn8czD4Hg\/TZQ-ipWnEAI\/AAAAAAAABsI\/l5qQ6e8Qc7M\/s320\/janvier%2B2011%2B214.jpg\" width=\"213\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-r-Vn8czD4Hg\/TZQ-ipWnEAI\/AAAAAAAABsI\/l5qQ6e8Qc7M\/s1600\/janvier%2B2011%2B214.jpg\" imageanchor=\"1\"><\/a>\n<\/div>\n<div>\n\n<\/div>\n<div>\n<link href=\"file:\/\/\/C:%5CDOCUME%7E1%5Cjulie%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_filelist.xml\" rel=\"File-List\">\n<link href=\"file:\/\/\/C:%5CDOCUME%7E1%5Cjulie%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_themedata.thmx\" rel=\"themeData\">\n<link href=\"file:\/\/\/C:%5CDOCUME%7E1%5Cjulie%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_colorschememapping.xml\" rel=\"colorSchemeMapping\">\n<\/div>\n<div>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span>C\u2019est une affaire de sculpteur que de consid\u00e9rer les<br \/>\nvolumes par les vides qu\u2019ils creusent et fa\u00e7onnent. Parce qu\u2019au fond chaque<br \/>\nsculpteur s\u2019emploie \u00e0 sculpter l\u2019espace, \u00e0 moduler le vide, \u00e0 l\u2019\u00e9tendre dans un<br \/>\nd\u00e9ploiement baroque ou \u00e0 le ramasser dans le cocon de l\u2019intime par les volumes<br \/>\nqu\u2019il forme. Chaque sculpture s\u2019appuie sur le vide avec lequel elle compose, s\u2019affirme<br \/>\nou qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le. Aussi, les danseurs sculptent. Dans la conjonction du<br \/>\nd\u00e9ploiement et du resserrement sur l\u2019intime se fa\u00e7onnent les r\u00eaves avec leurs<br \/>\n\u00e9pop\u00e9es, leurs tunnels, leurs plis. Les premiers travaux de Hans Schabus que j\u2019ai<br \/>\npu d\u00e9couvrir dans la galerie Anne de Villepoix s\u2019apparentaient \u00e0 une<br \/>\nmat\u00e9rialisation des volumes d\u2019un b\u00e2timent par le n\u00e9gatif de ses circulations.<br \/>\nUn peu comme Rachel Whiterhead r\u00e9alisant l\u2019empreinte d\u2019une pi\u00e8ce ou d\u2019un<br \/>\nescalier ou Marcel Duchamp proposant une \u00ab\u00a0feuille de vigne femelle\u00a0\u00bb<br \/>\nou un \u00ab\u00a0objet dard\u00a0\u00bb, l\u2019artiste mat\u00e9rialisait le vide, le creux, par<br \/>\nsa contre-forme lui donnant alors une pr\u00e9sence sculpturale. Du b\u00e2timent ne<br \/>\ndevaient rester alors qu\u2019une sorte de d\u00e9ploiement dans l\u2019espace qui, de loin,<br \/>\npouvait \u00e9voquer encore cette suggestion de Bellmer de couler du plomb dans les<br \/>\ncreux caus\u00e9s sur une planche par le passage de vers afin de r\u00e9v\u00e9ler, une fois<br \/>\nle bois dissout, \u00ab\u00a0le panorama immobile de son mouvement\u00a0\u00bb, sa<br \/>\nmultiplication. J\u2019avais revu ensuite son travail lors de la biennale de Venise\u00a0en<br \/>\n2005 : il avait inclus le pavillon autrichien dans une sorte de montagne ou de<br \/>\ntas d\u2019o\u00f9 quelques angles \u00e9mergeaient. Dedans c\u2019\u00e9tait comme un \u00e9norme \u00e9chafaudage,<br \/>\nle d\u00e9ploiement orthogonal des structures de bois \u00e0 travers lesquelles on<br \/>\npouvait circuler. Comme dans une cath\u00e9drale baroque, p\u00e9n\u00e9trer au-dedans c\u2019\u00e9tait<br \/>\nouvrir un monde semblant se d\u00e9ployer \u00e0 l\u2019infini en d\u2019infinies variations. C\u2019est<br \/>\ncomme de p\u00e9n\u00e9trer dans ces \u00e9normes sculptures qui montrent alors leur ventre, l\u2019envers<br \/>\ndu d\u00e9cor qui est aussi l\u2019espace depuis lequel s\u2019\u00e9labore la fiction, le repli<br \/>\nobscur de la forme. C\u2019est par Internet ou dans des catalogues que j\u2019avais<br \/>\nappris l\u2019existence de son projet de tunnel ou de puis creus\u00e9 depuis son<br \/>\nappartement. Une sorte d\u2019exp\u00e9dition utopique qu\u2019il d\u00e9veloppera dans d\u2019autres<br \/>\nprojets, embarquant sur un petit bateau pour parcourir les \u00e9gouts de New York,<br \/>\npar exemple. Souvent j\u2019ai confondu ces explorations ordinaires avec le travail<br \/>\nde Gregor Schneider, lui-m\u00eame travaillant sur sa propre maison, les perceptions<br \/>\nde l\u2019espace. Parfois j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Tixador et Poincheval, leurs exp\u00e9ditions<br \/>\nd\u00e9cal\u00e9es, le m\u00e9lange de po\u00e9sie et d\u2019ironie. On lui trouve un go\u00fbt certain pour<br \/>\nles explorations souterraines, dans les profondeurs et les r\u00e9seaux obscurs, un<br \/>\npeu comme on aimait enfant se faire des cabanes et s\u2019y lover, comme au creux du<br \/>\nmonde. Alors je pense au travail des fr\u00e8res Chapuisat, \u00e0 ce d\u00e9sir de terrier,<br \/>\nde faire un lieu \u00e0 sa mesure, de l\u2019habiter comme un mollusque habite sa<br \/>\ncoquille, intimement. Tr\u00e8s vite la simple appropriation de l\u2019espace se double d\u2019un<br \/>\nd\u00e9sir de fiction chaque volume ressemblant \u00e0 ces chambres de m\u00e9moire que se<br \/>\ncr\u00e9aient les orateurs pour fixer leurs discours.\u00a0<\/span>\n<\/div>\n<div>\n<a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-SQaw1cw9LLk\/TZQ8TeRvOAI\/AAAAAAAABrs\/H1TFI55vkE0\/s1600\/janvier%2B2011%2B210.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"320\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-SQaw1cw9LLk\/TZQ8TeRvOAI\/AAAAAAAABrs\/H1TFI55vkE0\/s320\/janvier%2B2011%2B210.jpg\" width=\"213\"><\/a><span> <\/span><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-mR7DWx0m34U\/TZQ9wAUN2GI\/AAAAAAAABsA\/1HGmEk2RFSg\/s1600\/janvier%2B2011%2B209.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"213\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-mR7DWx0m34U\/TZQ9wAUN2GI\/AAAAAAAABsA\/1HGmEk2RFSg\/s320\/janvier%2B2011%2B209.jpg\" width=\"320\"><\/a>\n<\/div>\n<div>\n<span>Dans cette actuelle exposition<br \/>\n\u00e0 l\u2019IAC de Villeurbanne, Hans Schabus encore une fois se saisis des volumes de<br \/>\nmani\u00e8re toute objective, voir conceptuelle, par cette petite plaquette qui<br \/>\nannonce le volume d\u2019air du b\u00e2timent (\u00ab\u00a05972 kilo air IAC\u00a0\u00bb), mais aussi<br \/>\nde mani\u00e8re litt\u00e9rale, une longue chaine embrassant les salles dans une \u00e9treinte<br \/>\nqui cisaille les angles, les cimaises, et po\u00e9tique enfin, installant une narration.<br \/>\nD\u2019abord l\u2019entr\u00e9e de l\u2019exposition est encombr\u00e9e par la carcasse d\u2019une caravane<br \/>\nd\u00e9ploy\u00e9e qui fait comme une palissade et ouvre son ventre au spectateur. \u00a0C\u2019est comme de regarder sur le mur interne d\u2019un<br \/>\nimmeuble en cours de d\u00e9molition les traces de chaque palier, les tapisseries,<br \/>\nles fa\u00efences mises au jour. L\u2019intime du logement individuel s\u2019ouvre litt\u00e9ralement<br \/>\nsur l\u2019espace du mus\u00e9e et l\u2019agr\u00e8ge m\u00eame, comme en t\u00e9moigne une petite table<br \/>\npliante r\u00e9install\u00e9e au mur. Pass\u00e9 ce seuil on d\u00e9couvre qu\u2019une cimaise \u00e0 \u00e9t\u00e9<br \/>\najout\u00e9e en devant d\u2019un mur lat\u00e9ral de la salle, discr\u00e8tement, laissant<br \/>\napparaitre un espace entre, la coulisse. Quelques \u00e9l\u00e9ments y sont visibles, une<br \/>\nveste poussi\u00e9reuse, comme les traces d\u2019une existence cach\u00e9e, \u00e9voquant le<br \/>\ntravail de l\u2019artiste ayant fait du lieu m\u00eame de l\u2019exposition son atelier.\u00a0<\/span>\n<\/div>\n<div>\n<a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-3cj_fYd1_c4\/TZQ9YIH_TyI\/AAAAAAAABr4\/rFlSwKJZpy0\/s1600\/janvier%2B2011%2B222.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"213\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-3cj_fYd1_c4\/TZQ9YIH_TyI\/AAAAAAAABr4\/rFlSwKJZpy0\/s320\/janvier%2B2011%2B222.jpg\" width=\"320\"><\/a><span> <\/span>\n<\/div>\n<div>\n<span>Et tout<br \/>\nle long de l\u2019exposition, \u00e0 travers chaque salle travers\u00e9e par le fil d\u2019Ariane<br \/>\nde la chaine tendue, se m\u00ealeront les espaces symboliques et affectifs, l\u2019exp\u00e9rience<br \/>\nconcr\u00e8te et le cheminement de l\u2019imaginaire. Collection de timbre d\u00e9ployant le<br \/>\ntemps depuis l\u2019enfance, ready-made issus de b\u00e2timents tel une fen\u00eatre ou une<br \/>\nrampe, autoportrait fragment\u00e9 issu de coupures de presse, vid\u00e9o \u00e9voquant l\u2019artiste<br \/>\ncomme un improbable aventurier, jusqu\u2019\u00e0 ces sculptures en r\u00e9sine, arch\u00e9ologies<br \/>\nd\u2019un parc d\u2019attraction d\u00e9di\u00e9 aux grand animaux pr\u00e9historiques. En passant par<br \/>\nla librairie on trouve encore un objet curieux, reliquat d\u2019un moulage manqu\u00e9<br \/>\ndont on voit encore les \u00e9vents, empli d\u2019eau comme une flaque ou comme une<br \/>\nempreinte sur un chemin. Je n\u2019ai pu m\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 un masque mortuaire qui<br \/>\n\u00e9voquerait une ultime fois le seuil et le passage, l\u2019artiste lui-m\u00eame<br \/>\npeut-\u00eatre, \u00e0 travers son empreinte, le vide qu\u2019il laisse dans la mati\u00e8re en s\u2019en<br \/>\nretirant, la mise en pr\u00e9sence d\u2019une absence.<\/span>\n<\/div>\n<div>\n<a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-Ntkk9soXd2s\/TZQ875GTAAI\/AAAAAAAABrw\/CbAeVm7kUYA\/s1600\/janvier%2B2011%2B220.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"213\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-Ntkk9soXd2s\/TZQ875GTAAI\/AAAAAAAABrw\/CbAeVm7kUYA\/s320\/janvier%2B2011%2B220.jpg\" width=\"320\"><\/a><span> <\/span>\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 C\u2019est une affaire de sculpteur que de consid\u00e9rer les volumes par les vides qu\u2019ils creusent et fa\u00e7onnent. Parce qu\u2019au fond chaque sculpteur s\u2019emploie \u00e0 sculpter l\u2019espace, \u00e0 moduler le vide, \u00e0 l\u2019\u00e9tendre dans un d\u00e9ploiement baroque ou \u00e0 le ramasser dans le cocon de l\u2019intime par les volumes qu\u2019il forme. Chaque sculpture s\u2019appuie sur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3267"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3886,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3267\/revisions\/3886"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}