{"id":3268,"date":"2011-03-12T17:30:00","date_gmt":"2011-03-12T16:30:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/sean-scully-lawrence-carroll-gotthard-graubner\/"},"modified":"2013-08-16T11:12:36","modified_gmt":"2013-08-16T10:12:36","slug":"sean-scully-lawrence-carroll-gotthard-graubner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/sean-scully-lawrence-carroll-gotthard-graubner\/","title":{"rendered":"Sean Scully, Lawrence Carroll, Gotthard Graubner"},"content":{"rendered":"<div>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/sean%2Bscully.jpg\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sean Scully<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<div>\n<span><br \/><\/span>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/sean%2Bscully1.jpg\"><\/a><\/p>\n<div>\n<\/div>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-nZdKLyshO_Q\/TXuiMgJpaII\/AAAAAAAABnE\/_h7zpYtLGJE\/s1600\/lawrence%2Bcarroll.jpg\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-nZdKLyshO_Q\/TXuiMgJpaII\/AAAAAAAABnE\/_h7zpYtLGJE\/s320\/lawrence%2Bcarroll.jpg\"><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><span>Lawrence Carroll<\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/lorenzo-ghiberti%2Bporte%2Bbaptist%25C3%25A8re1.jpg\"><\/a><span><\/span><\/p>\n<div>\n<\/p>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-A_2wiNqjRT0\/TXuiH5OojzI\/AAAAAAAABm8\/jqLsFDeWFfs\/s1600\/graubner.jpg\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/-A_2wiNqjRT0\/TXuiH5OojzI\/AAAAAAAABm8\/jqLsFDeWFfs\/s320\/graubner.jpg\"><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><span>Gotthard Graubner<\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span><\/span>\n<\/div>\n<div>\n<span><br \/><\/span>\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\nAu fond il s\u2019est toujours agit d\u2019incarnation, de dresser une pr\u00e9sence. De manifester l\u2019\u00e9nigme du monde qui vienne au devant de nous dans ses formes singuli\u00e8res. Les \u0153uvres imposent cette pr\u00e9sence ambig\u00fce, \u00e0 la fois \u00e9vidente et opaque, comme si elles \u00e9taient cach\u00e9es derri\u00e8re elles-m\u00eames, comme si elles \u00e9taient tourn\u00e9es vers leur silence. Chaque fois qu\u2019on y revient, la fascination tient ses secrets dans des replis obscurs : l\u2019\u0153uvre se donne toute, nous pouvons voir, toucher ce qui la compose, en recenser les parties, les mat\u00e9riaux. On comprend \u00e0 peine cette simplicit\u00e9. On pourrait m\u00eame dire que c\u2019est ridiculement \u00e9vident. Des couleurs appliqu\u00e9es sur une toile ou tout autre support, des mat\u00e9riaux assembl\u00e9s, dispos\u00e9s, des trac\u00e9s, des formes, des mati\u00e8res. Mais ce relev\u00e9 anatomique, aussi exhaustif soit-il, ne dit rien : ce qui fait \u0153uvre \u00e9chappe \u00e0 tout regard comptable et peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0 toute d\u00e9nomination. On le v\u00e9rifie parfois quand il s\u2019agit d\u2019en rendre compte : on a beau tenter de raviver pour celui qui ne l\u2019a pas vu la beaut\u00e9 d\u2019un plan dans un film, le caract\u00e8re \u00e9mouvant d\u2019une \u0153uvre, les mots que l\u2019on accumule ne font entrevoir la plus part du temps que de l\u2019ordinaire. Au fond, oui, bien souvent le sublime voisine avec le ridicule. Quelques uns s\u2019arr\u00eateront de mani\u00e8re but\u00e9e \u00e0 ce <i>peu<\/i>, jugeant sans doute de l\u2019\u0153uvre de mani\u00e8re tr\u00e8s prosa\u00efque en termes de qualit\u00e9s rep\u00e9rables : le soin dans l\u2019application des couleurs, la richesse des teintes et des mati\u00e8res, l\u2019ad\u00e9quation visuelle entre l\u2019objet repr\u00e9sent\u00e9 et son r\u00e9f\u00e9rent, son \u00ab adh\u00e9rence \u00bb.  Chez certains il agira \u00e0 l\u2019inverse, comme un gouffre obs\u00e9dant, un insondable myst\u00e8re redoublant la fascination : l\u2019\u0153uvre se dresse comme une figure dans sa v\u00e9rit\u00e9 nue, exc\u00e9dente, presque incompr\u00e9hensible.<\/div>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/antonello-da-messina-the-annunciation-1474-75.jpg\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Antonello de Messine<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><\/p>\n<div>\nC\u2019est loin que remonte cette fa\u00e7on des \u0153uvres dans leur sinc\u00e9rit\u00e9 d\u00e9sarmante, leur franchise, de venir au devant de celui qui les regarde sans pour autant se laisser saisir : Antonello de Messine, vers 1470, a peint une annonciation singuli\u00e8re et poignante. Le fond est noir, l\u2019archange est absent, la vierge esquisse un geste en direction de la surface du tableau tandis que son autre main dans un mouvement de pudeur retient ferm\u00e9 son voile. La parole est peut-\u00eatre dans le livre ouvert devant elle. Ou peut-\u00eatre dans le regard que l\u2019on porte sur elle -et qui sait-, qu\u2019elle accuse en retour. Rares sont les \u0153uvres qui mettent en sc\u00e8ne un tel rapport d\u2019intimit\u00e9 avec celui qui regarde, qui devient alors une sorte de confident, t\u00e9moin de la bascule qui s\u2019esquisse en elle. Jusqu\u2019au sentiment de n\u2019exister pleinement que par cette relation. Alors l\u2019image toute enti\u00e8re porte cette ambig\u00fcit\u00e9 du geste de la main qui en m\u00eame temps qu\u2019elle s\u2019avance semble, avec une gr\u00e2ce contenue, toute int\u00e9rioris\u00e9e, retenir \u00e0 distance celui qui voudrait approcher, s\u2019unir. Et on pense, comme l\u2019\u00e9crit Rilke, que, quelle que soit son ampleur, le mouvement d\u2019une \u0153uvre, m\u00eame si cette derni\u00e8re est d\u2019une \u00e9tendue infinie, m\u00eame si sa profondeur est celle du ciel, doit retourner \u00e0 l\u2019\u0153uvre, \u00ab le grand cercle doit se refermer, le cercle de la solitude, o\u00f9 un objet d\u2019art passe ses jours. \u00bb Comme si soudainement s\u2019\u00e9tait interpos\u00e9e une vitre. Il y a comme \u00e7a dans l\u2019histoire de l\u2019art quelques faces, quelques masques dressant, nues, des pr\u00e9sences opaques et seules. <\/div>\n<div>\nDans son intense pr\u00e9sence mat\u00e9rielle, l\u2019\u0153uvre se rassemble, toute attentive \u00e0 sa propre profondeur en m\u00eame temps que, par un mouvement contraire, elle semble s\u2019avancer dans un d\u00e9sir violent de rencontrer le monde, d\u2019\u00e9chapper \u00e0 son retrait de chose. <\/div>\n<div>\nOn pense aussi \u00e0 \u00ab la porte de l\u2019enfer \u00bb de Rodin, aux corps nombreux, comme convuls\u00e9s, se pr\u00e9cipitant l\u2019un sur l\u2019autre avec impatience tel Dante et Virgile les avaient vu dans la cohue des voluptueux. Aux figures de la monumentale \u00ab porte du Paradis \u00bb que Ghiberti r\u00e9alisa pour le baptist\u00e8re de Florence. Des figures \u00ab en bosse presque ronde \u00bb qui \u00e9merveill\u00e8rent Vasari et dont certaines, dans notre souvenir,  semblent tendre le coup jusqu\u2019\u00e0 se d\u00e9crocher de la masse. Aux portraits-reliefs qu\u2019Yves Klein r\u00e9alisa de ses amis Nouveaux R\u00e9alistes, surgissant bleus de \u00ab l\u2019absolu \u00bb dor\u00e9.<\/div>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/lorenzo-ghiberti%2Bporte%2Bbaptist%25C3%25A8re.jpg\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ghiberti, porte du baptist\u00e8re de Florence.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/klein%2Bportrait%2Brelief.jpg\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Yves Klein, portrait relief.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><span><\/span><\/p>\n<div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\nCe qui rassemble les \u0153uvres de Sean Scully, Lawrence Carroll ou Gotthard Graubner, c\u2019est ce d\u00e9collement de l\u2019image dans l\u2019espace. Ce d\u00e9collement, doubl\u00e9 de cette infinie patience dont t\u00e9moignent les objets et qui les fait rejoindre la grande temporalit\u00e9, impose une pr\u00e9sence indicible ; celle-l\u00e0 qui mettait \u00e0 genoux l\u2019homme jet\u00e9 au monde, face aux images peintes comme face au Myst\u00e8re.<\/div>\n<div>\n\n<\/div>\n<p><\/p>\n<div>\n<a href=\"https:\/\/lh5.googleusercontent.com\/-UdgnnDxZFDo\/TYXSkT92mcI\/AAAAAAAABp4\/i0LT6f7VWGI\/s1600\/Inukshuk.gif\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"311\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/Inukshuk.gif\" width=\"320\"><\/a>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<div>\n\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\n<\/div>\n<div>\n<span><span>Roger<br \/>\nCaillois d\u00e9veloppe quelque part cette id\u00e9e que les sculptures de pierres que<br \/>\ncertains peuples nordiques ont coutume d\u2019\u00e9difier alentour des villages, \u00e0<br \/>\nl\u2019approche des berges, pourraient avoir cette vocation de soutenir<br \/>\nnum\u00e9riquement les hommes confront\u00e9s aux \u00e9tendues hostiles, soumis \u00e0 un<br \/>\n\u00e9quilibre fragile. D\u2019ailleurs, le nom eskimo qui les d\u00e9signe (<i>inukshuk<\/i>)<br \/>\nse laisse traduire par \u00ab qui agit en qualit\u00e9 d\u2019homme \u00bb, ou \u00e0 peu pr\u00e8s. Elles<br \/>\nsont des \u00eatres en plus qui renforcent leur pr\u00e9sence, les appuient dans le<br \/>\nth\u00e9\u00e2tre du monde les renvoyant tour \u00e0 tour au grand vide, \u00e0 eux-m\u00eames, au grand<br \/>\nvide tapis en eux-m\u00eames et qu\u2019ils entrevoient parfois par un regard rentr\u00e9.<br \/>\nSans doute est-ce le r\u00f4le que tient silencieusement toute \u0153uvre. Celles de<br \/>\nScully, de Carroll et de Graubner se dressent chacune \u00e0 leur fa\u00e7on comme des<br \/>\nfigures, comme se dressent des menhirs\u00a0; les toiles de Scully \u00e9voquant par<br \/>\nles rayures une sorte de masque ou de costume habit\u00e9 d\u2019une musique primitive \u00e0<br \/>\nla fois brute et \u00e9l\u00e9gante tandis que les bas reliefs de Carroll ont la pr\u00e9sence<br \/>\nconcr\u00e8te des \u0153uvres de l\u2019arte povera, de Kounellis, de Zorio, de<br \/>\nCalzolari.\u00a0\u00a0 Quand aux vues des grands<br \/>\nformats matelass\u00e9s de Gotthard Graubner on pense \u00e0 l\u2019\u00e9cran arrondi des<br \/>\nt\u00e9l\u00e9viseurs cathodiques lorsque la neige appelait quelque voyage hypnotique,<br \/>\naux monochromes bleus d\u2019Yves Klein, aux \u00ab\u00a0paysages\u00a0\u00bb de Fr\u00e9d\u00e9ric<br \/>\nBenrath, au teintes sourdes de Rothko et \u00e0 ces sensations que l\u2019on cherchait,<br \/>\ns\u2019\u00e9crasant les paupi\u00e8res pour voyager au travers le vortex des phosph\u00e8nes. Car<br \/>\nici encore l\u2019\u0153uvre s\u2019\u00e9chappe, son autorit\u00e9 mat\u00e9rielle, concr\u00e8te, objectile,<br \/>\nservant une creus\u00e9e du monde au-dedans de soi.<\/span><\/span>\n<\/div>\n<table align=\"center\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/lh4.googleusercontent.com\/-tafS0WKJPoQ\/TYXSiyn7iTI\/AAAAAAAABpw\/-D0OUzqsDcQ\/s1600\/Suvee-dibutade.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"320\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/Suvee-dibutade.jpg\" width=\"241\"><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le mythe de Dibutade par Suv\u00e9e.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div>\n<span><span><\/span><\/span>\n<\/div>\n<div>\nPline avait \u00e9voqu\u00e9 la naissance<br \/>\ndu portrait par le mythe de Dibutade\u00a0: c\u2019est la fille du potier Butad\u00e8s de<br \/>\nSicyone qui, voulant garder souvenir de son fianc\u00e9, celui-ci devant partir pour<br \/>\nl\u2019\u00e9tranger, l\u2019avait plac\u00e9 devant le mur de sa chambre, une chandelle \u00e0 la main,<br \/>\nde mani\u00e8re \u00e0 ce que sa silhouette s\u2019y projette distinctement. Tra\u00e7ant alors le<br \/>\ncontour de l\u2019ombre, elle en mat\u00e9rialisait le souvenir fid\u00e8le par lequel elle<br \/>\npourrait alors convoquer pour elle la figure de l\u2019\u00eatre aim\u00e9. Mais peut-\u00eatre que<br \/>\ncette d\u00e9coupe plane, \u00e0 bien y regarder, cernait plus manifestement encore le<br \/>\nvide de l\u2019absence, comme une empreinte le manifeste, ou comme une photographie<br \/>\nporte invariablement une part de deuil, pour que le potier d\u00e9cide de parachever<br \/>\nla chose en modelant le visage selon la forme, en relief. Il avait fallu que<br \/>\nl\u2019image s\u2019\u00e9paississe pour manifester une pr\u00e9sence. Et d\u2019une mani\u00e8re, prenant<br \/>\ncorps, l\u2019image se d\u00e9faisait du caract\u00e8re intellectuel du signe pour aborder aux<br \/>\nrivages du sensible. <\/div>\n<div>\n<a href=\"https:\/\/lh4.googleusercontent.com\/-8V1FcDE06-0\/TYXSjono6MI\/AAAAAAAABp0\/pvGdMtkFOro\/s1600\/floatingpaintings.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"175\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/floatingpaintings.jpg\" width=\"200\"><\/a><a href=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/-86NbtsTDDUI\/TYXSr01CMTI\/AAAAAAAABp8\/cFukHJOPPPM\/s1600\/LC.jpg\" imageanchor=\"1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"200\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/LC.jpg\" width=\"133\"><\/a>\n<\/div>\n<div>\nLes \u0153uvres de Scully, Carroll et<br \/>\nGraubner t\u00e9moignent elles aussi, de cette pouss\u00e9e des images au devant d\u2019elles-m\u00eames,<br \/>\nquittant les mondes du langage et du signe, du concept, pour venir au plus pr\u00e8s<br \/>\nde la voix, du corps, de la mat\u00e9rialit\u00e9 la plus franche. Pour peu on pourrait<br \/>\ndire qu\u2019\u00e0 la mani\u00e8re de Klein, s\u2019\u00e9lan\u00e7ant du haut d\u2019un mur en 1960, elles<br \/>\ncherchent \u00e0 gouter le vide, \u00e0 aller \u00e0 la rencontre de l\u2019espace pour en<br \/>\nexp\u00e9rimenter les volumes dans une tension toute physique. Car bien s\u00fbr, chaque \u0153uvre<br \/>\nn\u2019est pas en dedans du cadre qu\u2019elle trace, elle \u00e0 sa \u00ab\u00a0dimension cach\u00e9e\u00a0\u00bb,<br \/>\nd\u00e9borde largement l\u2019espace qu\u2019elle habite, r\u00e9pondant par sa pr\u00e9sence compacte au<br \/>\nvide qui l\u2019entoure comme un menhir tourne autour de lui le monde.<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sean Scully Lawrence Carroll Gotthard Graubner Au fond il s\u2019est toujours agit d\u2019incarnation, de dresser une pr\u00e9sence. De manifester l\u2019\u00e9nigme du monde qui vienne au devant de nous dans ses formes singuli\u00e8res. 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