{"id":3290,"date":"2010-08-20T11:18:00","date_gmt":"2010-08-20T10:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/quand-la-ville-inventa-la-photographie\/"},"modified":"2013-08-16T11:12:44","modified_gmt":"2013-08-16T10:12:44","slug":"quand-la-ville-inventa-la-photographie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/quand-la-ville-inventa-la-photographie\/","title":{"rendered":"Quand la ville inventa la photographie*"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/TG5XY9uLaYI\/AAAAAAAABi0\/KezezM6612A\/s1600\/Nicephore%2BNiepce.png\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/TG5XY9uLaYI\/AAAAAAAABi0\/KezezM6612A\/s320\/Nicephore%2BNiepce.png\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<div>\n<link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:%5CDOCUME%7E1%5Ctest%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:compatibility>    <w:breakwrappedtables\/>    <w:snaptogridincell\/>    <w:wraptextwithpunct\/>    <w:useasianbreakrules\/>   <\/w:Compatibility>   <w:browserlevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]> \n\n<style>  \/* Style Definitions *\/  table.MsoNormalTable \t{mso-style-name:\"Tableau Normal\"; \tmso-tstyle-rowband-size:0; \tmso-tstyle-colband-size:0; \tmso-style-noshow:yes; \tmso-style-parent:\"\"; \tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; \tmso-para-margin:0cm; \tmso-para-margin-bottom:.0001pt; \tmso-pagination:widow-orphan; \tfont-size:10.0pt; \tfont-family:\"Times New Roman\";} <\/style>\n\n <![endif]-->\n<\/div>\n<p>Le peinture convenait au paysage : il y avait ce rapport ample qui joignait le temps et l\u2019\u00e9tendue, le geste d\u2019embrasser le monde ou de le d\u00e9ployer en une vaste sc\u00e8ne qui rapportait au th\u00e9\u00e2tre. Jusqu\u2019\u00e0 pouvoir dire parfois que peindre \u00e9tait comme \u00e9taler un paysage. De l\u2019un \u00e0 l\u2019autre il \u00e9tait question d\u2019unit\u00e9, d\u2019affrontement, d\u2019immobilit\u00e9. La photographie un temps, avec ses lourdes boites, continuait la chose : elle contemplait p\u00e9trifi\u00e9e et comme un grand cyclope ce qui s\u2019offrait au regard dans la longueur des prises de vue. Et dans ce temps l\u00e0  de la prise de vue c\u2019\u00e9tait comme si le monde s\u2019\u00e9talait en lui-m\u00eame. La photographie ne semblait faire autre chose que de fixer lentement cette \u00e9chapp\u00e9e immobile, horizontale du monde qui s\u2019effa\u00e7ait tout en se maintenant. Puis elle rejoignit la ville  dans ses mani\u00e8res de fragments, son d\u00e9ploiement d\u2019angles et de rues, tournant dans les volumes, multipliant les points de vue, adoptant tous les mouvements du corps dans le mouvement r\u00e9ifi\u00e9 de l\u2019urbain. Dans une action conjointe, appel\u00e9es l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, photo et ville brisent l\u2019unit\u00e9 classique du monde, ce large pan que dresse la peinture, quittant les vues unitaires pour une appr\u00e9hension multiple. La tentation alors de dire : C\u2019est la ville peut-\u00eatre qui a invent\u00e9 la photographie moderne, qui a induit le fragment, la s\u00e9rie en lieu du large cadre d\u2019un th\u00e9\u00e2tre immuable. Rien ne convenait mieux que la photographie (avec l\u2019apparition de bo\u00eetiers l\u00e9gers et compacts) \u00e0 ce qui en la ville se tournait sur elle-m\u00eame sans se laisser atteindre et n\u00e9cessitait qu\u2019on y d\u00e9ambule en tout sens en y tordant le cou. <span> <\/span><\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>C\u2019est au XV\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 Florence que la peinture prit en compte la photographie (Brunelleschi ex\u00e9cutera les deux petits tableaux repr\u00e9sentant le baptist\u00e8re de Florence et le palais de la seigneurie en 1415, mettant en quelque sorte en pratique les principes optiques d\u00e9velopp\u00e9s dans les alentours de l\u2019an mille par le math\u00e9maticien et philosophe arabe Alhazan. La chambre noire quand \u00e0 elle, dont le principe est d\u00e9crit d\u00e9j\u00e0 par Aristote (livre XV des <span>Probl\u00e8mes<\/span>) et \u00e0 l\u2019age m\u00e9di\u00e9val ne semble \u00eatre utilis\u00e9 en topographie qu\u2019\u00e0 partir du XVI\u00e8me si\u00e8cle.), mais elle devait conserver une vision centr\u00e9e, une unit\u00e9 aristot\u00e9licienne qui en faisait un th\u00e9\u00e2tre clos. L\u2019appareil qu\u2019elle anticipait \u00e9tait une boite lourde dans laquelle les plaques impressionnaient lentement et sans bouger une ville qui ce faisant prenait un peu l\u2019allure d\u2019une paysage construit : le sol au bas, horizontal, et les sujets du monde r\u00e9partis harmonieusement sur l\u2019\u00e9tendue. Il fallu r\u00eaver un \u0153il l\u00e9ger, un monde se d\u00e9ployant de toutes parts, des errances pour atteindre \u00e0 travers l\u2019id\u00e9e de ville la photographie moderne.<\/p>\n<p><span> <\/span><\/p>\n<div>  <\/div>\n<\/p>\n<div>  <span>*dr\u00f4le d\u2019id\u00e9e surgi toute brute au r\u00e9veil.<br \/>\n<\/span>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le peinture convenait au paysage : il y avait ce rapport ample qui joignait le temps et l\u2019\u00e9tendue, le geste d\u2019embrasser le monde ou de le d\u00e9ployer en une vaste sc\u00e8ne qui rapportait au th\u00e9\u00e2tre. Jusqu\u2019\u00e0 pouvoir dire parfois que peindre \u00e9tait comme \u00e9taler un paysage. 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