{"id":3381,"date":"2009-04-15T18:42:00","date_gmt":"2009-04-15T17:42:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/de-comment-certaines-oeuvres-se-degagent-et-simposent\/"},"modified":"2013-08-16T11:13:36","modified_gmt":"2013-08-16T10:13:36","slug":"de-comment-certaines-oeuvres-se-degagent-et-simposent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/de-comment-certaines-oeuvres-se-degagent-et-simposent\/","title":{"rendered":"De comment certaines \u0153uvres se d\u00e9gagent et s\u2019imposent"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SeYd7IO3WLI\/AAAAAAAAA_0\/y6AxZWTKlzI\/s1600\/lionel%2Besteve_river.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SeYd7IO3WLI\/AAAAAAAAA_0\/y6AxZWTKlzI\/s400\/lionel%2Besteve_river.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<div>\n<span>De comment certaines \u0153uvres se d\u00e9gagent et s\u2019imposent avec une beaut\u00e9 simple et \u00e9vidente.<\/p>\n<p><\/span><span><\/p>\n<p><\/span><span>Sans n\u00e9cessairement s\u2019en expliquer, quelques \u0153uvres \u00e9mergent de la profusion visuelle pour imposer, ent\u00eatantes, un charme singulier un peu \u00e9nigmatique. Et si les choses se dissolvent commun\u00e9ment dans l\u2019ordinaire tumulte du monde, celles-ci r\u00e9pondant semble-t-il \u00e0 quelque mouvement plus ample imposent une sorte de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration, une attention sp\u00e9ciale, comme un souffle profond. Elles s\u2019imposent \u00e0 notre carte sensible ou au mus\u00e9e imaginaire que chacun porte en soi comme des points ou des st\u00e8les d\u00e9ployant l\u2019\u00e9tendue, comme les instants pr\u00e9gnants soutenant notre parcours. Que dire de quelques objets antiques et beaux, de quelques masques terribles, de tableaux superbes ou d\u2019autres monuments sinon qu\u2019ils accompagnent en fr\u00e8res l\u2019humanit\u00e9 collectivement et individuellement ? Moi j\u2019ai march\u00e9 tr\u00e8s vite apr\u00e8s quelques galeries pendant un court temps libre, j\u2019ai oubli\u00e9 des choses \u00e0 peine vues et puis cet apr\u00e8s midi j\u2019en ai transport\u00e9 une d\u2019une rue \u00e0 l\u2019autre sans m\u00eame le vouloir. On n\u2019a pas d\u00e9cision de ce qui s\u2019imprime en vous. La fascination qu\u2019exerce l\u2019\u0153uvre \u00ab the river at night \u00bb de Lionel Est\u00e8ve visible en ce moment dans l\u2019espace Saint-Claude de la galerie Perrotin* pourrait tenir \u00e0 sa d\u00e9licatesse, son \u00e9vidence simple, \u00e0 son essentielle \u00e9tranget\u00e9, \u00e0 son calme apaisant ou \u00e0 la conjugaison \u00e9tonnante des pierres \u00e9rod\u00e9e et du maillage de fil qui dessine sur leur relief une constellation fine, \u00e0 la r\u00e9sistance enfin \u00e0 toute interpr\u00e9tation d\u00e9finitive de l\u2019image qu\u2019elle propose. A l\u2019image des rapprochements surr\u00e9alistes de Breton, de Soupault, de Lautr\u00e9amont ou de Roussel, l\u2019\u0153uvre semble tirer sa po\u00e9sie vertigineuse de l\u2019\u00e9cart irr\u00e9solu qu\u2019elle porte en elle et qui fonctionne comme un trou noir aspirant en lui des galaxies enti\u00e8res, l\u2019image d\u2019une rivi\u00e8re roulant et fa\u00e7onnant les roches, intimit\u00e9 et grands espaces, les contractions et les \u00e9lans : toute une m\u00e9taphysique. On pense \u00e0 des plan\u00e8tes, \u00e0 tout un ordre immense, \u00e0 la vie naturelle des choses. Pourrait-on dire alors qu\u2019\u00e0 l\u2019image du monde ce qui fascine en cette oeuvre est son irr\u00e9ductible opacit\u00e9, sa vivacit\u00e9 calme ? A y regarder encore et plus g\u00e9n\u00e9ralement, les \u0153uvres de Lionel Est\u00e8ve, celles que nous pouvons voir dans l\u2019expositions et celles que nous connaissons par ailleurs, appellent et entreprennent l\u2019espace, objet \u00e9minemment impalpable et spirituel, un peu comme le cin\u00e9ma fabrique une fiction du monde qui nous pense et nous accompagne.<br \/>\nL&rsquo;art pour nous faire r\u00eaver le monde?<\/p>\n<p><\/span><span><\/p>\n<p><\/span><span><br \/>\n*<\/span><link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:%5CDOCUME%7E1%5Ctest%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:compatibility>    <w:breakwrappedtables\/>    <w:snaptogridincell\/>    <w:wraptextwithpunct\/>    <w:useasianbreakrules\/>   <\/w:Compatibility>   <w:browserlevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]> \n\n<style>  \/* Style Definitions *\/  table.MsoNormalTable \t{mso-style-name:\"Tableau Normal\"; \tmso-tstyle-rowband-size:0; \tmso-tstyle-colband-size:0; \tmso-style-noshow:yes; \tmso-style-parent:\"\"; \tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; \tmso-para-margin:0cm; \tmso-para-margin-bottom:.0001pt; \tmso-pagination:widow-orphan; \tfont-size:10.0pt; \tfont-family:\"Times New Roman\";} <\/style>\n\n <![endif]--><i><span><span>How To Lie, exposition du 14 mars au 16 avril 2009, galerie Emmanuel Perrotin, Paris.<\/span><\/p>\n<p><\/span><\/i>  <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De comment certaines \u0153uvres se d\u00e9gagent et s\u2019imposent avec une beaut\u00e9 simple et \u00e9vidente. 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