{"id":3422,"date":"2008-10-28T11:07:00","date_gmt":"2008-10-28T10:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/led-zep\/"},"modified":"2013-08-16T11:13:50","modified_gmt":"2013-08-16T10:13:50","slug":"led-zep","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/led-zep\/","title":{"rendered":"Led Zep"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SQbk_c8rq8I\/AAAAAAAAAy4\/lf7O7Z2non0\/s1600\/zeppelin%2BUss-akron-manhattan.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SQbk_c8rq8I\/AAAAAAAAAy4\/lf7O7Z2non0\/s320\/zeppelin%2BUss-akron-manhattan.jpg\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<div>\n<link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/julie\/LOCALS%7E1\/Temp\/msoclip1\/01\/clip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:donotoptimizeforbrowser\/>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]-->\n<\/div>\n<p>Le zeppelin,<\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>Un ballon lourd.<\/p>\n<\/p>\n<div>  <\/div>\n<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>Le monde est un mouvement dans lequel <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article1279\">on est pris<\/a>. On sait assez en ce moment comme on peut en recevoir l\u2019onde de choc en toute m\u00e9connaissance de ce qui l\u2019a initi\u00e9e et on s\u2019est d\u00e9j\u00e0 compar\u00e9s \u00e0 la goutte d\u2019eau qui tient sa forme des contraintes ajout\u00e9es de la pression du milieu et de sa constitution interne. La question pour l\u2019<a href=\"http:\/\/auteurs.contemporain.info\/francois-bon\/\">\u00e9crivain<\/a> est d\u2019entendre comme ce sont cristallis\u00e9es les mutations en quelques marqueurs qui font la bascule du temps d\u2019une d\u00e9cennie dans l\u2019autre, quelles sont dans le tumulte les vigueurs qui se d\u00e9gagent, et puis de confronter la langue \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9. Ce qu\u2019il a fallu qu\u2019on traverse \u00e0 vingt ans pour qu\u2019on en garde encore longtemps apr\u00e8s la trace en soi. En quelque sorte c\u2019est une seule chose : formuler le monde &#8211; \u00e0 soi-m\u00eame et au del\u00e0, dans l\u2019\u00e9cho de la langue. L\u2019enjeu est toujours de penser comment on a travers\u00e9 \u00e7a et comment cela a travers\u00e9 en nous. <\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>En l\u2019occurrence il s\u2019agit de saisir pour <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/\">Fran\u00e7ois Bon<\/a> sur une d\u00e9cennie (<a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article1270\">70\u2019<\/a>) la naissance d\u2019un mythe musical (conjointe \u00e0 sa propre naissance monde, quand on a vingt ans) dont on ne peut dire en quelle mesure il cristallise l\u2019\u00e9poque, les mutations du monde, ou si c\u2019est l\u2019\u00e9poque qui inscrira sa trace, incarn\u00e9e dans cette embarcation sonore que sont les quatre chevelus du Led Zeppelin. Mais ce retournement c\u2019est tout un. Comment dire ces sensations m\u00eal\u00e9es, cette enveloppe avec r\u00e9sonance interne qu\u2019est la musique qu\u2019on re\u00e7oit. Et surtout si cette musique est comme un surgissement neuf, charpent\u00e9e comme l\u2019est celle du Zeppelin, emm\u00eal\u00e9 dans une aventure sauvage avec exc\u00e8s et soufre. Les frasques, le tourbillon et parfois la nudit\u00e9 de quatre types qui jouent ensemble.  D\u00e9sarmant. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 d\u2019une \u00e9paisseur impossible la musique et nous d\u00e9\u00e7us guitare en main sur les pelouses du lyc\u00e9e de constater l\u2019enchev\u00eatrement compliqu\u00e9 de guitares \u00e0 restituer, sans parler de comment selon l\u2019\u00e9coute qu\u2019on en fait, chaque instrument semble venir au devant pour ajouter son contrepoint ou sa couleur. Il y a quelque chose de physique, purement, que l&rsquo;on parvient mal \u00e0 s&rsquo;expliquer. Peut-on \u00e9crire le rock, \u00ab\u00a0force brute, imm\u00e9diate, na\u00efve\u00a0\u00bb, dont les rythmes forts semblent \u00e9branler la ligne, qui r\u00e9pondent imp\u00e9rieusement \u00e0 leur propre pulsation interne, instinctive et lointaine quand la litt\u00e9rature semble plut\u00f4t un retour raisonn\u00e9. En v\u00e9rit\u00e9 on a pris l\u2019onde de plein fouet et il fallait dans le temps d\u2019apr\u00e8s rassembler ce qui d\u00e9cante et le porter \u00e0 la vue : D\u2019o\u00f9 est venu cet ovni, qu\u2019est-ce qu\u2019il a laiss\u00e9 dans son sillage avant d\u2019imploser plus loin sur la perspective ? <\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>Le livre, sans imposer une forme biographique lin\u00e9aire, rassemble par mouvements circulaires des poign\u00e9es d\u2019\u00e9chos, de documents, de souvenirs et de liens sans parvenir totalement (heureusement) \u00e0 d\u00e9monter le mythe, il y a toujours cette dimension magique de tout \u00e9v\u00e9nement v\u00e9ritable &#8211; pour moi de constater derri\u00e8re une peinture magistrale qu\u2019il y a toujours assembler des couleurs et des formes, ce m\u00eame mat\u00e9riel fruste et us\u00e9. Et dans Led Zeppelin cette tension interne qui fait que \u00e7a tient et que s\u2019effacent devant l\u2019\u00e9vidence les heures de rabotage et d\u2019ajustement autour d\u2019un riff brut. Il est ici du morceau comme du tableau. Cette vivacit\u00e9 du mythe, on la doit au fait que le livre ici n\u2019est pas un d\u00e9montage universitaire, une autopsie. Plut\u00f4t l\u2019\u00e9cho de cette masse de choses qui gravitent autour de la masse, ic\u00f4nes et \u00e9v\u00e9nements. Derri\u00e8re le recensement des faits il y a le gamin qui s&#8217;embarque avec ses potes pour aller au concert. <\/p>\n<div>  <\/div>\n<p>Avec Dylan d\u00e9j\u00e0, et donc dans ce bloc Stones\/Dylan\/Led Zep, il y a cette litt\u00e9rature bizarre qui s\u2019en prend au r\u00e9el mais \u00e0 un r\u00e9el confus, mythe, documents, fresque historique, exp\u00e9rience personnelle, et tout cela dit comme sur les pelouses du lyc\u00e9e encore on s\u2019\u00e9changeait les anecdotes, les cassettes (je repiquais les vinyles au micro coll\u00e9 aux enceintes, Dylan, Joplin, Cat Stevens, Jethro Tull\u2026 avec parfois dans le fond une porte qui claque ou la m\u00e8re qui appelle \u00e0 table) les tuyauts de r\u00e9glages amplis, les tablatures, les magasines avec posters des groupes. Rares et discr\u00e8tes sont les consid\u00e9rations litt\u00e9raires qui r\u00e9fl\u00e9chissent le m\u00e9tier dans ce livre , plut\u00f4t c&rsquo;est un type qui vous raconte, d\u00e9tails \u00e0 l&rsquo;appui, une \u00e9pop\u00e9e comme je raconterais \u00e0 mes classes les Horaces et les Curiaces. Fran\u00e7ois Bon propose un kal\u00e9idoscope, une diffraction roch\u2019n roll qui restitue le vertige que sont ces grandes sculptures \u00e0 la hache lanc\u00e9es dans le monde et auxquelles il semble que la dizaine d\u2019ann\u00e9e que l\u2019on continue de porter en soi se soit accroch\u00e9e.A la toute fin, plus question de dates et de noms, on se d\u00e9poussi\u00e8re des frasques, il y a l&rsquo;accident de Plant et la bascule de ce morceau d&rsquo;histoire vers aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;impression dans cette litt\u00e9rature l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;agit plus que de dire le sfaits, de restituer un mouvement avec ses accroches concr\u00e8tes et l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a d\u00e9cole, l\u00e0 o\u00f9 t\u00e9moignage et fiction se rejoignent dans une poignant effet de r\u00e9el.\n<\/p>\n<div>  <\/div>\n<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le zeppelin, Un ballon lourd. Le monde est un mouvement dans lequel on est pris. On sait assez en ce moment comme on peut en recevoir l\u2019onde de choc en toute m\u00e9connaissance de ce qui l\u2019a initi\u00e9e et on s\u2019est d\u00e9j\u00e0 compar\u00e9s \u00e0 la goutte d\u2019eau qui tient sa forme des contraintes ajout\u00e9es de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3422","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3422"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3422\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4113,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3422\/revisions\/4113"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}