{"id":3434,"date":"2008-09-24T17:39:00","date_gmt":"2008-09-24T16:39:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/rafael-grassi-hidalgo\/"},"modified":"2013-08-16T11:13:54","modified_gmt":"2013-08-16T10:13:54","slug":"rafael-grassi-hidalgo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/rafael-grassi-hidalgo\/","title":{"rendered":"Rafael Grassi-Hidalgo"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SNptcbdePHI\/AAAAAAAAAm4\/rykAMUDloDE\/s1600\/rafael_grassi.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SNptcbdePHI\/AAAAAAAAAm4\/rykAMUDloDE\/s320\/rafael_grassi.jpg\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a>\n<link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/julie\/LOCALS%7E1\/Temp\/msoclip1\/01\/clip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:donotoptimizeforbrowser\/>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p>1.<\/p>\n<p>Il semblerait que la recherche esth\u00e9tique de Rafael Grassi ait consist\u00e9 de plus en plus clairement \u00e0 concilier un attachement pour la mati\u00e8re picturale, l\u2019univers des rapports de couleurs, de superpositions et de jeux de transparences qu\u2019elle suscite et un go\u00fbt pour l\u2019envo\u00fbtante fac\u00e9tie qu\u2019est l\u2019illusion perspective, la figuration menteuse d\u2019un espace profond. Ainsi, tout ses tableaux para\u00eetront depuis quelques ann\u00e9es jouer de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 entre la revendication d\u2019une peinture pure qui n\u2019aurait d\u2019autre objet qu\u2019elle m\u00eame, et la repr\u00e9sentation r\u00e9aliste d\u2019un espace ou d\u2019une sc\u00e8ne. Dans cette ambigu\u00eft\u00e9 m\u00eame se m\u00ealeront les notions de fond et de forme, chaque \u00e9l\u00e9ment semblant appartenir \u00e0 un catalogue de gestes picturaux qui s\u2019\u00e9labore de toile en toile tandis qu\u2019un espace succinct s\u2019agr\u00e8ge ou se d\u00e9lite. Que ce soit dans un azur \u00e9th\u00e9r\u00e9 ou entre les pans lisses d\u2019un int\u00e9rieur on doit s\u2019attendre \u00e0 voir surgir, pris dans une dynamique visuelle qui peut parfois \u00e9voquer l\u2019univers de Franz Ackerman, des formes de bulles ou de stickers, des mots parfois, des ondoiements, des z\u00e9brures ou des jeux convaincants de reflets. Quelque fois encore des fragments de corps nu dont le model\u00e9 se confond avec les biffures qui les masquent, des choses mal \u00e9tablies, sortes d\u2019ectoplasmes fluides \u00e0 la mani\u00e8re de Tangy ou de Dali et qui \u00e9voquent encore quelques monstres abyssaux ou effets num\u00e9riques symptomatiques du travail photoshop, du collage et du montage. Rafael Grassi vous dira que le tableau est pareil au monde emm\u00eal\u00e9 et confus, sans direction apparente, p\u00e9tri de contradictions sans doute. Et qu\u2019ainsi il est vrai, expressif. Le tumulte du monde, sa profusion, offrent une formule f\u00e9conde apte \u00e0 modeler l\u2019imaginaire pictural, invitant aux tournures, \u00e0 l\u2019entrechoquement des formes et des r\u00e9f\u00e9rences. Et si successivement les grands courants artistiques se sont fait les \u00e9chos de notre compr\u00e9hension du monde, l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle r\u00e9pond Rafael Grassi est r\u00e9solument plurielle et contradictoire, belle et affreuse, exacte et confuse, amn\u00e9sique et encombr\u00e9e, d\u00e9sillusionn\u00e9e et audacieuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p>2.<\/p>\n<p>On a du mal \u00e0 se d\u00e9faire \u00e0 la vue de ces tableaux d\u2019une impression d\u2019artificialit\u00e9 glac\u00e9e qui \u00e9voque in\u00e9luctablement les images \u00e0 peine plus lisses des constructions publicitaires de magazines. Une sorte de nettet\u00e9 clinique dans le traitement des tableaux nous fait l\u2019effet \u00e0 peu pr\u00e8s d\u2019aborder une vitre ou un \u00e9cran, un mouvement fig\u00e9, une r\u00e9alit\u00e9 morte. De fait, Rafael Grassi insiste sur le fait qu\u2019il travaille \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 plane des images et depuis peu une fine marge blanche vient cerner ses tableaux en arrondissant les angles \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019illustrations pour en attester. Le paradoxe joue \u00e0 fond, l\u2019illusion de profondeur est tout \u00e0 la fois op\u00e9rante et ni\u00e9e, \u00e9tablie avec virtuosit\u00e9 et d\u00e9jou\u00e9e, affirm\u00e9e comme illusion. Dans ce jeu entre l\u2019espace repr\u00e9sent\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te du tableau, l\u2019espace exp\u00e9rimental se d\u00e9double en quelque sorte. Ou bien on dira qu\u2019il est mis en perspective. De la surface plane de la toile au d\u00e9cors sommaire de ces pans de murs identiques : deux espaces autonomes et contigus o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 picturale se joue. Ce double cadre dans lequel se joue la peinture de Grassi devient davantage scientifique en sorte lorsqu\u2019une m\u00eame composition est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de toile en toile avec quelques variations. Comme si l\u2019on observait un<span>  <\/span>ph\u00e9nom\u00e8ne, des possibles, que l\u2019on notait des mutations dans les lentilles fixes d\u2019un microscope. C\u2019est quelque chose qu\u2019il voudrait qu\u2019on lise comme du jazz, variations autour d\u2019un th\u00e8me. Mais on peut se demander aussi si ce n\u2019est pas toucher \u00e0 la relativit\u00e9 de chaque choix, de chaque image obtenue dont le r\u00e8gne est ni\u00e9e ou simplement rendu fragile sans cesse par la possibilit\u00e9 d\u2019une autre. Le jazz n\u2019est-il pas l\u2019affirmation de l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 d\u2019une composition, de la multiplicit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tations possibles. On touche \u00e0 un vertige. Et on peut trivialement le r\u00e9sumer \u00e0 une observation vestimentaire : il est possible aujourd\u2019hui d\u2019associer les pois et les rayures. Je veux dire, les choses perdent de leur contour et de leur dogmatisme, tout se fait et tout peut se faire. On touche \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de figer un propos, une r\u00e9alit\u00e9, un jugement\u2026une image. Et il y a de \u00e7a dans toute production d\u2019artiste, une obsession r\u00e9currente qui semble devoir dire comme on ne peut s\u2019arr\u00eater \u00e0 quelque chose de satisfaisant et d\u00e9finitif. La r\u00e9alit\u00e9 poursuivie sans cesse \u00e9chappe. Quelque part Laurence Sterne disait : \u00ab je crois l\u00e0 qu\u2019il y a une fatalit\u00e9 \u2013 j\u2019arrive rarement \u00e0 l\u2019endroit vers lequel je me dirige \u00bb. L\u2019art continue du fait que l\u2019on parvient \u00e0 ne se saisir de rien.<span>  <\/span><\/p>\n<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Il semblerait que la recherche esth\u00e9tique de Rafael Grassi ait consist\u00e9 de plus en plus clairement \u00e0 concilier un attachement pour la mati\u00e8re picturale, l\u2019univers des rapports de couleurs, de superpositions et de jeux de transparences qu\u2019elle suscite et un go\u00fbt pour l\u2019envo\u00fbtante fac\u00e9tie qu\u2019est l\u2019illusion perspective, la figuration menteuse d\u2019un espace profond. 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