{"id":3440,"date":"2008-09-16T20:54:00","date_gmt":"2008-09-16T19:54:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/du-jardin-au-cosmos\/"},"modified":"2013-08-16T11:13:55","modified_gmt":"2013-08-16T10:13:55","slug":"du-jardin-au-cosmos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/du-jardin-au-cosmos\/","title":{"rendered":"Du jardin au cosmos"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SNJNlO6HzBI\/AAAAAAAAAmY\/FzZzuYBiWMA\/s1600\/espace%2Bart%2Bconcret.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SNJNlO6HzBI\/AAAAAAAAAmY\/FzZzuYBiWMA\/s320\/espace%2Bart%2Bconcret.jpg\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><br \/>\nDans des carnets, des tentatives de textes qui trainent et tardent \u00e0 trouver forme, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 \u00eatre. C&rsquo;est comme une musique et souvent il y a diverses versions, diverses mani\u00e8res d&rsquo;aborder et que ces pistes mises ensemble c&rsquo;est comme une diffraction du probl\u00e8me. Amusant de remarquer comme c&rsquo;est la phrase pr\u00e9c\u00e9dente qui \u00e0 motiv\u00e9e celle d&rsquo;apr\u00e8s et presque malgr\u00e9 soi. On ne sait pas comment on va conclure puisqu&rsquo;on ne sait pas ce qui se dira. A chaque fois une petite aventure o\u00f9 tout est remis en jeu. En sautant les \u00e9tapes et les bribes avort\u00e9es, deux versions d&rsquo;un m\u00eame texte:<\/p>\n<p>Version 1:<\/p>\n<p>Mettez la t\u00eate sous les \u00e9toiles: l&rsquo;univers est un vaste champ d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements lumineux que nous ne pouvons nous emp\u00eacher d&rsquo;unir par des lignes, et de nommer, tra\u00e7ant des figures romantiques, cavalcades d&rsquo;animaux mythiques, chim\u00e8res, ustensiles et divinit\u00e9s en nombre qui s&rsquo;introduisent alors dans le spectacle avec des mani\u00e8res de contes. A vrai dire, nous faisons du monde un ensemble de signes, d&rsquo;images que nous lions entre elles pour qu&rsquo;elles disent des histoires, pour qu&rsquo;elles nous disent \u00e0 nous m\u00eame dans notre environnement. Ainsi emm\u00eal\u00e9, toujours le monde se donne \u00e0 nous comme une \u00e9nigme famili\u00e8re semblant tout \u00e0 la fois vouloir se dire et demeurant pourtant infiniment et comme malicieusement opaque, fait de signes magnifiques*, d&rsquo;images. Et ceci ressemble en miroir \u00e0 ce que nous trouvons dedans nous m\u00eame de vague et de prodigieux, nous qui du monde sommes \u00e0 la fois proches et lointains, \u00ab\u00a0notre \u00e2me nue sous les \u00e9toiles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Vrai qu&rsquo;au d\u00e9part le jardin, la r\u00e9partition harmonieuse d&rsquo;inventions naturelles autour d&rsquo;une \u00e9lanc\u00e9e vers l&rsquo;infini, avec la grotte et les cristaux, c&rsquo;\u00e9tait image de l&rsquo;univers. Comme les cartes du ciel, le tableau de Mendele\u00efev et g\u00e9n\u00e9ralement tous les mots pos\u00e9s sur les choses: pour un esprit positiviste le monde est une formule recelant \u00e7a et l\u00e0 quelques inconnues encore. L&rsquo;exposition qui se tient actuellement \u00e0 l&rsquo;Espace d&rsquo;Art Concret articule judicieusement ceci \u00e0 d&rsquo;autres mani\u00e8res plus tactiles, une empathie naturelle, un retour aux sensations, \u00e0 la mati\u00e8re. Une attitude contemporaine que Catherine Grenier \u00e0 th\u00e9oris\u00e9e sous l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une connaissance path\u00e9tique et qui coure \u00e0 travers une histoire de l&rsquo;art qui, consid\u00e9r\u00e9e comme pens\u00e9e de notre rapport au monde, s&rsquo;impose alors non pas comme image symbolique de la condition humaine mais comme langage.<\/p>\n<p>*le cin\u00e9aste portugais Manoel de Oliveira disait aimer en g\u00e9n\u00e9ral au cin\u00e9ma cette \u00ab\u00a0saturation de signes magnifiques qui baignent dans la lumi\u00e8re de leur absence d&rsquo;explication \u00ab\u00a0, formule qui avait plu \u00e0 Jean-Luc Godard au point qu&rsquo;il l&rsquo;avait reprise dans For Ever Mozart en 1996.<\/p>\n<p>Version 2:<\/p>\n<p>Le temps n\u2019y fait rien, l\u2019homme n\u2019a que de vieux probl\u00e8me. Antiques et insolvables, cinq ou six mots v\u00e9ritablement, aussi essentiels que vagues : la mort, le d\u00e9sir, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 fascinante d\u2019\u00eatre au monde&#8230; Sans cesse on y revient et sans cesse on y bute. L\u2019artiste seul \u00e0 compris, dit Nietzsche, parce qu\u2019ayant renonc\u00e9 \u00e0 dicter des v\u00e9rit\u00e9s, il ne fait continuellement que proposer des vues. Et les propositions de chacun se nuancent, se compl\u00e8tent ou s\u2019opposent. Attach\u00e9es d\u2019avantage \u00e0 la tournure, \u00e0 la forme, qu\u2019\u00e0 la d\u00e9monstration, elles dessinent de proche en proche, et par le jeu du langage en quelque sorte, l\u2019appareil de plus en plus subtile et d\u00e9licat de la sensibilit\u00e9. D\u2019une certaine mani\u00e8re, la complexit\u00e9 du monde, les nuances qu\u2019il rec\u00e8le et la nudit\u00e9 qui est la notre jet\u00e9s l\u00e0 \u00e0 l\u2019aplomb des \u00e9toiles sugg\u00e8rent en nous multitude d\u2019approches. Multitude d\u2019approches qui fait l\u2019effet de d\u00e9plier le monde. Cela part des jardins en lesquels on projette l\u2019id\u00e9e que l\u2019on se fait de lui et par la contemplations desquels on d\u00e9termine &#8211; d\u2019abord au centre &#8211; la place qu\u2019on y trouve, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019espace ouvert du cosmos o\u00f9 la conscience se perd un peu et s\u2019extrapole elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>L\u2019exposition actuelle de <a href=\"http:\/\/www.espacedelartconcret.fr\/site\/index.php\">l\u2019Espace d\u2019Art Concret<\/a> ouvre une investigation artistique qui embrasse une diversit\u00e9 de voies, de la plus mat\u00e9rielle attention, aux r\u00eaveries les plus sp\u00e9culatives. Emergent nettement dans le parcours des salles une fa\u00e7on rationnelle qui passe par l\u2019observation et la repr\u00e9sentation, et une voie plus mystique, une sympathie sp\u00e9ciale qui convoque l\u2019empathie. Mais les cat\u00e9gories mentent et les gestes les plus simples sont riches et portent loin. L\u2019homme est au monde par tous les moyens. Vivant le monde il s\u2019exprime, s\u2019exprimant il vit le monde. La complexit\u00e9 infinie des choses se retourne comme un gant.<\/p>\n<p><span><br \/>\n<span>Photo: Hubert Duprat, Les b\u00eates, 1992-1999. (c) EAC\/estelle \u00e9pinette<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans des carnets, des tentatives de textes qui trainent et tardent \u00e0 trouver forme, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 \u00eatre. C&rsquo;est comme une musique et souvent il y a diverses versions, diverses mani\u00e8res d&rsquo;aborder et que ces pistes mises ensemble c&rsquo;est comme une diffraction du probl\u00e8me. Amusant de remarquer comme c&rsquo;est la phrase pr\u00e9c\u00e9dente qui \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3440","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3440"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3440\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4145,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3440\/revisions\/4145"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}