{"id":3443,"date":"2008-09-10T12:26:00","date_gmt":"2008-09-10T11:26:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/genes\/"},"modified":"2013-08-16T11:13:55","modified_gmt":"2013-08-16T10:13:55","slug":"genes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/genes\/","title":{"rendered":"G\u00eanes"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SMevOJAx82I\/AAAAAAAAAlg\/SPNfNFBiPm4\/s1600\/P1010228.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SMevOJAx82I\/AAAAAAAAAlg\/SPNfNFBiPm4\/s320\/P1010228.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a>\n<link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/julie\/LOCALS%7E1\/Temp\/msoclip1\/01\/clip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:donotoptimizeforbrowser\/>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><link rel=\"File-List\" href=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/julie\/LOCALS%7E1\/Temp\/msoclip1\/01\/clip_filelist.xml\">\n<!--[if gte mso 9]><xml>  <w:worddocument>   <w:view>Normal<\/w:View>   <w:zoom>0<\/w:Zoom>   <w:hyphenationzone>21<\/w:HyphenationZone>   <w:donotoptimizeforbrowser\/>  <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><\/p>\n<p><span>On avait tellement discut\u00e9 \u00e0 savoir ce que c\u2019\u00e9tait de placer la po\u00e9sie \u00e0 l\u2019horizon qu\u2019on abordait la route un peu vides, parfaitement silencieux, le cr\u00e2ne comme une chambre d\u2019\u00e9cho. On avait dit comme \u00e7a et avec peu de mots. La route porte et on se perd en soi tandis que quelque chose dans le paysage s\u2019\u00e9coule, ou s\u2019\u00e9tend. On se perd dans sa perte, parfaitement d\u00e9tach\u00e9 en somme et vaguement stup\u00e9fait. Quelque chose s\u2019\u00e9panche et un oiseau marin passe au ciel bleu, vraiment.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>A droite, la mer en contre-bas et le ciel, confondus. Des bateaux minuscules avec le sillage blanc qu\u2019ils estompent derri\u00e8re eux. Quelques voiles. Tout ce bleu franc \u00e0 l\u2019\u00e0 pic vers lequel les rochers abruptement s\u2019escapent. Avec fluidit\u00e9, sereinement. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Suspendue, la route alterne des tunnels brefs et des perc\u00e9es soudaines aussi lumineuses et paisibles que les tunnels sont gris, rugueux, b\u00e9gayant devant eux l\u2019\u00e9cho r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de leur vo\u00fbte. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>On se lave \u00e0 ce rythme de pressions et d\u00e9pressions. La musique est un tunnel, et on dira aussi le tunnel dresse un rythme. Le tunnel dresse un rythme. Point commun avec la po\u00e9sie.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Je ne sais plus bien si l\u2019on voit surgir la ville en bas soudain, accul\u00e9e \u00e0 la pente, ou si les habitations d\u2019abord rares se multiplient progressivement vers un \u00e9picentre suppos\u00e9. Toujours est-il qu\u2019une fois abord\u00e9 ce qui fait la ville on traverse longuement le tissu distendu avec fen\u00eatres, trottoirs et des parkings terreux, des quartiers ordinaires. Aussi le bus en l\u2019autre sens qui vient.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>On note cela : l\u2019\u00e9tendue \u00e9tonnante de ces zones transitoires. La grande ville semble devoir se reporter toujours apr\u00e8s la succession interminable de ses p\u00e9riph\u00e9ries. Longtemps nous n\u2019avons fait que l\u2019aborder sans l\u2019atteindre, sans jamais la voir vraiment.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>On a crois\u00e9 peut-\u00eatre d\u2019abord quelques industries d\u00e9sertes, une station service ou un garage. Des collectifs noircis flottant des lambeaux de toiles orange. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Au nord quelques barres d\u2019immeubles colonisent les reliefs auxquels s\u2019adosse la ville. Au sud la zone portuaire, d\u2019abord la berge incertaine, quelques semblants de plage, puis l\u2019avant port, les docks sur lesquels on distingue l\u2019empilement des containers, des b\u00e2timents de taule. Dans l\u2019intervalle des choses qu\u2019il aurait fallu pouvoir nommer pour les voir. Emm\u00eal\u00e9s par la perspective, les grues, les portiques distribu\u00e9s sur leur rails au bout du quai de chargements. D\u2019ici on voit peut-\u00eatre leur mobilit\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 un all\u00e9-retour parall\u00e8le le long d\u2019un axe bref inf\u00e9rieur \u00e0 200 m\u00e8tres, ce que nous confirmera plus tard la lecture d\u2019un plan d\u00e9taill\u00e9 de la zone. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>La voie passe \u00e0 hauteur des fen\u00eatres, plonge sous des ensembles denses comme au c\u0153ur de la ville. Me venait cette r\u00e9flexion : comme si tenter de penser la ville ici \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 se perdre.<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Seulement une fois du bout d\u2019un quai il nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de constater un peu l\u2019\u00e9chelonnement des plans. Nous \u00e9tions l\u2019\u00e9tendue ouverte de la mer dans le dos, comme plac\u00e9e entre les \u00e9paules et devant le bassin de plaisance, l\u2019aquarium avec ses airs de vraquier reconverti et d\u2019entrep\u00f4t. Les quais, les mats de l\u2019\u00e9clairage public, quelques arbres cercl\u00e9s de bancs. Quelques uns assis, parce qu\u2019aussi la chaleur, exactement dans l\u2019ombre. Plus loin enfin on voyait s\u2019\u00e9tager accroch\u00e9s aux reliefs, que l\u2019on avait vus encore et mieux d\u00e9sormais, des quartiers r\u00e9sidentiels, des immeubles avec vue. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>A dire nous avions peu sauf notre \u00e9tonnement. De ne parvenir \u00e0 saisir quelque image de la ville comme on se saisit d\u2019un visage. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Avec le soir nous avons regagn\u00e9 le p\u00e9riph\u00e9rie proche et les pentes calmes d\u2019un vieux quartier bourgeois plein de calme et de style. Comme en clandestins nous voyions sans nuances des pans altern\u00e9s de sensations surgies. Les b\u00e2tisses toutes avec cet air ancien de palais en repos, de demeures de familles. Il y avait la ville de loin en indice par quelques lumi\u00e8res et \u00e0 vrai dire tr\u00e8s peu. Il y a eu le survol assourdissant d\u2019un avion. \u00c7a semblait ne pas devoir s\u2019arr\u00eater, le tremblement autour. L\u00e0 aussi comme un tunnel. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Dormir dehors est comme dormir nu des moindres pi\u00e9tinements, du passage des voitures. Plusieurs fois des talons ou des conversations ont long\u00e9 le trottoir en passant devant nous, et comme on se pr\u00e9pare dedans \u00e0 ce point de tangence. Peut \u00eatre qu\u2019\u00e0 se rouler plus sur soi m\u00eame encore on pourra r\u00eaver de dispara\u00eetre. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span>Une fois on a entendu \u00e0 notre hauteur des rires. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p>  <span>Les pas, les musiques ou les conversations par les fen\u00eatres ouvertes nous parviennent comme des petits animaux qui attendraient la nuit. Le matin est calme certainement d\u2019avantage pieds tendus \u00e0 la gueule des fontaines qu\u2019on tourne et qu\u2019on s\u2019y frotte les dents au bord du sable gris et des cabanes de toile. Le cercle des marins s\u2019en voit un morceau r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre des piles rouill\u00e9es, une rambarde repeinte souvent o\u00f9 on appuierait ses mains pour regarder ce trait, ces deux bleus diff\u00e9rents. Un cargo n\u2019est-ce pas dans le fond, gris.<\/span><span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On avait tellement discut\u00e9 \u00e0 savoir ce que c\u2019\u00e9tait de placer la po\u00e9sie \u00e0 l\u2019horizon qu\u2019on abordait la route un peu vides, parfaitement silencieux, le cr\u00e2ne comme une chambre d\u2019\u00e9cho. On avait dit comme \u00e7a et avec peu de mots. 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