{"id":3472,"date":"2008-06-08T14:56:00","date_gmt":"2008-06-08T13:56:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/gregor-schneider-susser-duft\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:03","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:03","slug":"gregor-schneider-susser-duft","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/gregor-schneider-susser-duft\/","title":{"rendered":"Gregor Schneider, s\u00fcsser duft"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SEvlpOavPTI\/AAAAAAAAAgg\/fnZuqCt7B8Y\/s1600\/gregor-schneider.jpg\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SEvlpOavPTI\/AAAAAAAAAgg\/fnZuqCt7B8Y\/s320\/gregor-schneider.jpg\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<div>\n<a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SEvljVch6SI\/AAAAAAAAAgY\/GHF06iv6Pts\/s1600\/gregor_schneider2.jpg\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/SEvljVch6SI\/AAAAAAAAAgY\/GHF06iv6Pts\/s320\/gregor_schneider2.jpg\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<div>Je connaissais Gregor Schneider par des livres o\u00f9 on voyait ces corps couch\u00e9s \u00e0 demi cach\u00e9 par des sacs poubelle dont ne d\u00e9passaient que les jambes. Et ces pantins tragiques, \u00e9touff\u00e9s, avaient une fa\u00e7on de r\u00e9v\u00e9ler paradoxalement tout le vide autour d\u2019eux, cette grande quantit\u00e9 d\u2019air qui entre les murs blancs faisait sentir un espace. Ils habitaient de leur raideur mortuaire l\u2019espace indiff\u00e9rent du mus\u00e9e.<br \/>\nDe fait Gregor Schneider d\u00e9veloppe un travail qui depuis des ann\u00e9es se d\u00e9ploie \u00e0 partir de sa propre maison dont il a reconstitu\u00e9 les pi\u00e8ces en un lieu inqui\u00e9tant, claustophobique et labyrinthique, herm\u00e9tique, comme une ali\u00e9nation du foyer familial. C\u2019est une assur\u00e9ment \u00e9mouvante et in\u00e9dite fa\u00e7on d\u2019exposer l\u2019espace. Ceci tout \u00e0 cot\u00e9 de Perec et ses esp\u00e8ces d\u2019espaces, de Hans Schabus ou de Rachel Whiteread, plus pr\u00e8s de nous et plus ludique, les fr\u00e8res Chapuisat.<br \/>\nJe ne sais pas qu\u2019il ait subi une de ces s\u00e9vices historiques ou autre traumatisme infantile dont l\u2019ombre accroche durablement et qui expliquerait la teneur tragique, cette obsession des chambres vides. On dit bien un seul \u00eatre vous manque et tout est d\u00e9peupl\u00e9, nos n\u00e9vroses intimes recouvrent \u00e0 nos yeux le monde de leurs teintes bizarres. On a des affections disproportionn\u00e9es. Par ailleurs on a tous des souvenirs m\u00eame inconscients qui font la physionomie de nos vies, d\u00e9terminent intimement nos gestes. L\u2019artiste n\u2019est pas n\u00e9cessairement psychotique, du moins c\u2019est comme s\u2019il s\u2019en soignait. Quoi qu\u2019il en soit Schneider a cette obsession.<br \/>\nA la maison rouge, il proposait une exp\u00e9rience des espaces cette fois toute abstraite puisqu\u2019il ne s\u2019agissait plus de sa propre maison mais plut\u00f4t de principes impersonnels comme la salle blanche, le frigo, la salle noire et aussi les espaces qui longent comme en dedans des murs pour nous mener aux pi\u00e8ces, ces fa\u00e7ons de couloirs ; et ces dos du d\u00e9cors sont un espace en soi. Par endroit la diffusion d\u2019un parfum que je n\u2019ai pas senti. Une succession d\u2019arch\u00e9types, d\u2019espaces connot\u00e9s qui pouvaient faire surgir l\u2019id\u00e9e accompagn\u00e9e des sensations (et donc terriblement) d\u2019\u00e9pisodes dramatiques de l\u2019histoire de l\u2019homme, la torture, l\u2019enfermement, comme possiblement aussi des histoires personnelles. Parait-il, les choses les plus tragiques resurgissaient mieux que sur un divan et le dedans des gens \u00e9tait sombre au fond de ces pi\u00e8ces l\u00e0. J\u2019ai entendu parler de Shoah, de r\u00e9surgences d\u2019angoisses, de phobies, de ce que l\u2019on savait de la torture blanche, de la pression psychologiques de certains environnements. Et j\u2019avoue avoir du mal \u00e0 croire que ces sentiments n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 un peu pouss\u00e9s, extrapol\u00e9s en quelque sorte et tout innocemment. C\u2019est que je ne suis pas claustrophobe et j\u2019ai eu d\u2019autres exp\u00e9riences du vide et de la solitude qui surpassaient celle-ci. Dans l\u2019espace restreint de la maison rouge, d\u2019autant qu\u2019il n\u2019est pas utilis\u00e9 en son entier, ce parcours l\u00e0 o\u00f9 je croyais devoir me perdre \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s lin\u00e9aire et successif, pour moi peu inqui\u00e9tant et trop bref. Pour moi encore, pas plus que de descendre \u00e0 la cave chercher une bouteille ou au fond d\u2019un parking sombre localiser sa voiture. Et encore, certaines caves et certains parkings sont de f\u00e9conds et singuliers milieux et parfois comme extraits du monde ils vous rendent \u00e0 vous-m\u00eame, \u00e0 votre d\u00e9nuement. On m\u2019avait tellement parl\u00e9 en bien d\u2019autres expositions davantage \u00e9tendues en Allemagne, au mus\u00e9e d\u2019art moderne o\u00f9 reconstruisant sa maison, l\u2019espace avait un trouble intime. Peut-\u00eatre fallait-il \u00eatre plus conciliant, plus dispos\u00e9, et enfin moins ambitieux par mes attentes. On a beau se croiser souvent, on ne se rencontre pas toujours n\u00e9cessairement.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregorschneider.de\/\"><span><em>Gregor Schneider<\/em><\/span><\/a><span><em>, s\u00fc\u00dfer duft \u2013 \u00e0 la maison rouge jusqu\u2019ai 18 mai 2008.<\/em><\/span> <\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je connaissais Gregor Schneider par des livres o\u00f9 on voyait ces corps couch\u00e9s \u00e0 demi cach\u00e9 par des sacs poubelle dont ne d\u00e9passaient que les jambes. Et ces pantins tragiques, \u00e9touff\u00e9s, avaient une fa\u00e7on de r\u00e9v\u00e9ler paradoxalement tout le vide autour d\u2019eux, cette grande quantit\u00e9 d\u2019air qui entre les murs blancs faisait sentir un espace. 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