{"id":3510,"date":"2008-02-05T23:03:00","date_gmt":"2008-02-05T22:03:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/suite-des-jours-ordinaires\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:09","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:09","slug":"suite-des-jours-ordinaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/suite-des-jours-ordinaires\/","title":{"rendered":"suite des jours ordinaires"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/R6jdTRI6RiI\/AAAAAAAAAX4\/AdJN7z8Q_nY\/s1600\/soir.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/R6jdTRI6RiI\/AAAAAAAAAX4\/AdJN7z8Q_nY\/s320\/soir.jpg\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">D\u2019abord l\u2019envie de travailler sur ce livre, pour sa saveur persistante, parce qu\u2019il est important. C\u2019est un livre sur l\u2019image. L\u2019image qui remplace la vie mais peut-\u00eatre seule la rend possible. C\u2019est glisser dans l\u2019image comme Narcisse se noie. Et l\u2019amour d\u2019une femme. JMB disait, l\u2019art\/pour qu\u2019on nous aime un peu plus. C\u00e9sar disait, on finit par approcher l\u2019image que l\u2019on se fait de nous, \u00e0 force. Au d\u00e9part fuir les hommes pour aborder une \u00eele, observer chaque soir une existence isol\u00e9e qui se tresse comme se tresse un livre, avec la m\u00eame teneur confuse de r\u00eave et de r\u00e9alit\u00e9. Les vagues vont et viennent, la dessus se d\u00e9tache une silhouette etc. J\u2019imaginais une b\u00e2tisse \u00e9l\u00e9gante et sans age, blanc \u00e9caill\u00e9 comme les villas de mer, balustres. Vide comme les bunkers ou vieux forts en ruine qu\u2019on allait visiter sur les plages, ouverte aux vents, du sable au sol. Une gloire pass\u00e9e, les heures claires d\u2019un d\u00e9but de si\u00e8cle. Alors j\u2019ai bricol\u00e9 en pl\u00e2tre cette image impossible. J\u2019ai d\u00e9coup\u00e9 et coll\u00e9 hier un socle en contreplaqu\u00e9, j\u2019ai rectifi\u00e9 les joints \u00e0 l\u2019enduit. Ce matin j\u2019ai ponc\u00e9 et peint, j\u2019ai pos\u00e9 la petite chose p\u00e2le, ses \u00e9normes responsabilit\u00e9s.  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p>J\u2019ai pass\u00e9 le millier de pages du journal de PB ce qui me m\u00e8ne \u00e0 deux cent pages de la fin. Je tra\u00eene en ce moment une fatigue curieuse, une lassitude sourde qu\u2019alimente le papier. C\u2019est invariablement d\u00e9buter \u00e0 neuf heures le matin \u00e0 l\u2019atelier, partir \u00e0 une heure manger rapidement avant de devoir veiller tous les apr\u00e8s-midis sur une salle claire, les quelques visites qu\u2019elle occasionne. Le silence et la solitude sur une chaise (comme celle que j\u2019ai la haut dans mon appartement) la soufflerie comme des chutes lointaines et le vent qui geint \u00e0 travers les ventaux. L\u2019abstraction des heures durant dans le papier imprim\u00e9, qui rendent somnolent, brumeux. Quand ce n\u2019est pas lire, c\u2019est \u00e9crire. Raviver ce qui s\u2019\u00e9chappe dans l\u2019immat\u00e9riel, cette r\u00e9alit\u00e9 qui peut \u00eatre ne se donne \u00e0 voir que quand elle est reconnue, nomm\u00e9e. Souvent la pens\u00e9e est sans d\u00e9termination parce que le monde est vaste. J\u2019aimais ce morceau d\u2019Aznavour : \u00ab les parois de ma vie sont lisses, je m\u2019y accroche mais je glisse\u2026 \u00bb Retour \u00e0 l\u2019atelier vers dix neuf heures pour penser sur la toile, inviter un probl\u00e8me et tenter d\u2019en sortir. Une composition g\u00e9om\u00e9trique faite de fa\u00e7ades d\u2019immeubles. La toile est difficile, fait l\u2019effet d\u2019un cul de sac. C\u2019est la situation \u00ab pat \u00bb aux \u00e9checs lorsque la partie se conclue sur une situation frustrante, immobilis\u00e9e. A cot\u00e9 j\u2019ai aussi une autre toile en cour, compl\u00e8tement diff\u00e9rente, c\u2019est un jeu de feuillages, une vue pench\u00e9e \u00e0 travers une fen\u00eatre. C\u2019est extr\u00eamement \u00ab c\u00e9zannien \u00bb. Je l\u2019\u00e9crivais \u00e0 P, le sujet sugg\u00e8re des gestes et tourner la t\u00eate un peu pour un autre tableau c\u2019est s\u2019engager dans une autre aventure. Chaque toile est compl\u00e8tement diff\u00e9rente et doit \u00eatre seule, c\u2019\u00e9tait une erreur de les pr\u00e9senter par ensembles, dans leur succession elles en sont d\u00e9j\u00e0 un. Je pense \u00e0 ma mani\u00e8re d\u2019aborder le paysage comme le regard saute d\u2019un point \u00e0 l\u2019autre pour scruter une image jusqu\u2019\u00e0 avoir balay\u00e9 un grand nombre de zones. Qu\u2019un jour o\u00f9 je serais oubli\u00e9 on mettra la main sur un puzzle \u00e9norme.<\/p>\n<div> <\/div>\n<\/p>\n<div> <\/div>\n<p>Vingt heure trente, un d\u00e9tour par Auchan : les intrusions de la n\u00e9cessit\u00e9 dans la r\u00eaverie s\u00e9rieuse, l\u2019app\u00e9tit de comprendre et de dessiner sa vie. Apr\u00e8s consultation des mails, br\u00e8ve visite de blogs j\u2019avancerais une heure un dessin de commande pour une boite de biscuits. Julie t\u00e9l\u00e9phone, la d\u00e9coratrice \u00e0 emport\u00e9 une toile pour habiller un salon lors d\u2019une s\u00e9ance photo. Je mange sur le clavier un repas rapide, les murs filtrent \u00e0 peine les vies voisines. Des voies agressives, des aboiements de chiens, les cris d\u2019enfants et le quart d\u2019heure \u00ab techno \u00bb du voisin du dessus. Yann sur msn en direct de Norv\u00e8ge, il est bient\u00f4t minuit demain le r\u00e9veil sonne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019abord l\u2019envie de travailler sur ce livre, pour sa saveur persistante, parce qu\u2019il est important. C\u2019est un livre sur l\u2019image. L\u2019image qui remplace la vie mais peut-\u00eatre seule la rend possible. C\u2019est glisser dans l\u2019image comme Narcisse se noie. Et l\u2019amour d\u2019une femme. JMB disait, l\u2019art\/pour qu\u2019on nous aime un peu plus. 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