{"id":3513,"date":"2008-02-03T19:49:00","date_gmt":"2008-02-03T18:49:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/polemique-ou-coup-de-gueule\/"},"modified":"2008-02-03T19:49:00","modified_gmt":"2008-02-03T18:49:00","slug":"polemique-ou-coup-de-gueule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/polemique-ou-coup-de-gueule\/","title":{"rendered":"pol\u00e9mique ou coup de gueule"},"content":{"rendered":"<p lang=\"fr-FR\">\n<p lang=\"fr-FR\"> <span><span>parce que c&rsquo;est un exercice divertissant, qu&rsquo;on h\u00e9site souvent \u00e0 y jouer parce qu&rsquo;on sait que l&rsquo;on sera h\u00e2tif et \u00e0 l&#8217;emporte pi\u00e8ce, point de d\u00e9part donc d&rsquo;une discussion.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\">\n<p lang=\"fr-FR\"><span><span>En art n\u00e9cessairement il s\u2019agit souvent de questionner les proc\u00e9dures et les interactions contextuelles, sujets th\u00e9oriques qui peuvent tendre \u00e0 n\u00e9gliger la condition profond\u00e9ment esth\u00e9tique des \u0153uvres. Il est vrai que l\u2019emballement du march\u00e9 et le r\u00e8gne d\u2019un app\u00e9tit de consommation exacerb\u00e9 invitent d\u2019avantage l\u2019artiste \u00e0 proposer constamment de petits ou plus gros \u00ab coups \u00bb assurant sa pr\u00e9sence et sa visibilit\u00e9, lesquels sont rapidement mont\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de quelques mat\u00e9riaux communs plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 \u00e9laborer une r\u00e9flexion hasardeuse et exigeante. Une logique de rentabilit\u00e9, de l\u2019investissement qui y suffit. Une r\u00e9ponse facile et actuellement incroyablement courante est l\u2019usage de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des \u0153uvres plus ou moins lointaines (mais le plus souvent contemporaines, tout ce qui a plus de 60 ans est un vaste brouillard antique) qui, tout en permettant de justifier et m\u00eame valoriser \u00e0 peu de frais un manque d\u2019imagination plastique, a le d\u00e9faut de d\u00e9connecter l\u2019art du monde qu\u2019il r\u00e9fl\u00e9chit en diminuant son champ exp\u00e9rimental au vase clos et ressass\u00e9 qu\u2019il reconna\u00eet comme sien. On joue avec ce que l\u2019on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 plus ou moins mais d\u00e9cline dans un ordre ou un autre. Les \u00ab reprises \u00bb qui s\u2019apparentent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la remise \u00e0 la mode d\u2019id\u00e9es plus ou moins dat\u00e9es sont plus proches des remix enfantins que des remaniements f\u00e9conds d\u2019un Cooker reprenant des Beatles \u00ab with a little help of my friends \u00bb. <\/span><\/span> <\/p>\n<div> <\/div>\n<p lang=\"fr-FR\"><span><span>Quelques fois nous pointons comme sous couvert de vague r\u00e9f\u00e9rence (version plus lib\u00e9rale que la citation ou l\u2019hommage) pas mal plagient des univers invent\u00e9s par d\u2019autres sans en adopter le combat ou l\u2019implication qui \u00e9tayent les images d\u2019un propos -esth\u00e9tique au d\u00e9pend d\u2019une \u00e9thique-  pour sans scrupule en faire commerce. Olivier P. adoptant l\u2019esth\u00e9tique de Peter Doig sans en poss\u00e9der l\u2019\u00e9paisseur \u00e9motionnelle, juste une imagerie. Karim G. et d\u2019autres faisant usage des formes des Memphis designers comme la mode pioche dans quelques anciennes productions. Delphine C. pillant purement et simplement quelques minimalistes anglais. Si les mots sont \u00e0 tous le monde on peut avoir l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de ne pas trop revendiquer les id\u00e9es que d\u2019autres poussent plus sinc\u00e8rement et avec une coud\u00e9e d\u2019avance. C\u2019\u00e9tait troublant ces derni\u00e8res fois de visiter des foires et constater que sur des pi\u00e8ces qu\u2019on croyait reconna\u00eetre \u00e9taient coll\u00e9s d\u2019autres noms. En r\u00e9action \u00e0 ce pillage et ces imitations, une revue a ouvert une chronique  \u00ab co\u00efncidences malheureuses \u00bb qui, \u00e9tant donn\u00e9 le chantier, \u00e0 grande chance de ne pas trop peiner \u00e0 remplir ses colonnes. Pas \u00e9tonnant qu\u2019on puisse imaginer que dans cent ans les productions du si\u00e8cle semblent \u00e9maner de la m\u00eame paire de mains. A d\u2019autres moments l\u2019emprunt des formes c\u00e8de le pas \u00e0 une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Que ce soient quelques uns qui, sens\u00e9s repr\u00e9senter les fa\u00e7ons les plus \u00e9minemment actuelles et lou\u00e9s pour \u00e7a, font preuve sous la mince couche de couleur d\u2019un conformisme effrayant. Ou quelques autres actifs dans le bibelot mais avec grande opinion, dou\u00e9s pour le mani\u00e9risme le plus s\u00e9duisant et la plus grande \u00ab consensualit\u00e9 \u00bb, absorb\u00e9s \u00e0 leur insu par des lois commerciales d\u2019offre et de demande alors que l\u2019art respectueux de lui-m\u00eame devrait y opposer toujours ses exigences. Ceci n\u2019est pas nouveau, chaque si\u00e8cle \u00e0 son acad\u00e9misme, ses productions de masse pour salons bourgeois, mais on s\u2019\u00e9tonne que ces petites choses aient de telles faveurs. C\u2019est peut-\u00eatre de visiter les foires d\u2019art qui, par d\u00e9finition son fertiles en objets de la sorte, qui donne un aper\u00e7u si pessimiste. En plus, \u00e7a passe bien \u00e0 l\u2019image pour les rubriques mode, un frac peut s\u2019en mettre de cot\u00e9 pour t\u00e9moigner plus tard de l\u2019\u00e9poque. Il est curieux n\u00e9anmoins que, pouvant disposer non loin des objets th\u00e9oriques qui permettent de faire retour sur ce qui le conditionne, l\u2019art continue souvent de demeurer un aveugle pantin, \u00e9tranger aux causes qui le d\u00e9termine, louche et enfantin. Toute une masse s\u2019agite \u00e0 la vue des s\u00e9quelles maigres de son agitation. \u00c7a fait l\u2019effet d\u2019un chiwawa qui, dans un salon cossu, se l\u00e8che le croupion. Sauf peut-\u00eatre que les objets comptent moins que les mystifications que l\u2019on construit autour et souvent il est vrai on observe des regards sans acuit\u00e9 avaler des formes offertes plut\u00f4t que d\u2019en sonder longuement le fond.  <\/span><\/span> <\/p>\n<div> <\/div>\n<div><span><span>Une chose qui me laisse souvent perplexe encore est l\u2019enthousiasme dont certains font preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard de propositions dont le principe critique est tellement frontal et caricatural que l\u2019on peine \u00e0 croire qu\u2019il ne s\u2019agit pas de la solution d\u2019un gamin de huit ans comptant berner son monde \u00e0 moindre frais. Est-ce par souci d\u2019int\u00e9gration ou pas manque de subtilit\u00e9 et de discernement que l\u2019art adopte le raisonnement na\u00eff et odieusement satisfait des acteurs de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 ? C&rsquo;est d\u00e9pendance directe \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la demande du march\u00e9, le capital \u00e9conomique se d\u00e9guise en capital culturel ou du moins l&rsquo;art adopte une attitude m\u00e9diatrice et consensuelle qui lui fait prendre la place ti\u00e8de du milieu. On reste d\u2019autant plus incr\u00e9dule que de tels enthousiasmes ne sont pas toujours le fait d\u2019amateurs abus\u00e9s mais aussi de commissaires et critiques avertis qui doivent parfois peu de temps apr\u00e8s revenir sur leur choix d\u00e9non\u00e7ant alors la supercherie de laquelle ils ont \u00e9t\u00e9 dupes. On lisait derni\u00e8rement Robert S. revenir sur le cas d\u2019Adel A. mais \u00e0 une autre occasion c\u2019\u00e9tait un autre commissaire qui se demandait si sur deux ou trois cas mondialement connus eux ne s\u2019\u00e9taient pas plant\u00e9s en consacrant et l\u00e9gitimant. Peut-\u00eatre le fait d\u2019\u00eatre trop prompt \u00e0 porter aux nues des nouveaut\u00e9s, peut-\u00eatre que ces nouveaut\u00e9s s\u2019\u00e9touffent vite elles-m\u00eames dans leur opportunisme et leur insuffisance. Il n\u2019y donc plus qu\u2019\u00e0 attendre que \u00e7a d\u00e9cante. Ou serrer les dents comme sur un caf\u00e9 turc. <\/span><\/span><\/div>\n<p align=\"justify\" lang=\"fr-FR\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>parce que c&rsquo;est un exercice divertissant, qu&rsquo;on h\u00e9site souvent \u00e0 y jouer parce qu&rsquo;on sait que l&rsquo;on sera h\u00e2tif et \u00e0 l&#8217;emporte pi\u00e8ce, point de d\u00e9part donc d&rsquo;une discussion. 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