{"id":3517,"date":"2008-01-26T09:25:00","date_gmt":"2008-01-26T08:25:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/je-tournais-la-fenetre-recevais-son-eclat\/"},"modified":"2008-01-26T09:25:00","modified_gmt":"2008-01-26T08:25:00","slug":"je-tournais-la-fenetre-recevais-son-eclat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/je-tournais-la-fenetre-recevais-son-eclat\/","title":{"rendered":"Je tournais la fen\u00eatre, recevais son \u00e9clat"},"content":{"rendered":"<\/p>\n<p>1.<\/p>\n<p>l\u2019\u0153uvre est expans\u00e9e de cavit\u00e9s, de strates, de chambres diverses.  <\/p>\n<p>Je vois, l\u2019artiste avance un livre \u00e0 la main, rue Bonaparte, et l\u2019image a place en l\u2019\u0153uvre. Ce serait une photo d\u2019archive. Si j\u2019attrape la bouteille, juste en tendant le bras, sans lever de la chaise, je pousse des images dans la lumi\u00e8re ovale, avale une gorg\u00e9e, go\u00fbte un peu l\u2019eau qui passe et reprend\u2026<\/p>\n<p>certains avaient raison de vouloir fondre tout et \u2013 se laver les dents (Kaprow). Mais je suis trop attach\u00e9 peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019art pour vouloir le fondre tout \u00e0 fait. On a bien son bureau \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la cuisine. \u00c7a permet aussi de peler les oignons. Et c\u2019est bien parce qu\u2019il y a deux pi\u00e8ces que l\u2019une apporte \u00e0 l\u2019autre, que peut avoir lieu <i>le transfert<\/i>.  <\/p>\n<p>A Valenciennes il y avait \u00ab comment entrer dans un cercle \u00bb et j\u2019ai pris \u00e0 cot\u00e9 \u00ab le silence des abeilles \u00bb.  <\/p>\n<p>Maintenant c\u2019est un go\u00fbt de sel \u00e0 l\u2019avant du palais, la moustache humide \u00e0 l\u2019exemple d\u2019une berge. Les bulles petites remontent \u00e0 la bouteille. Chacun fait ce qu\u2019il a \u00e0 faire.<\/p>\n<\/p>\n<p>2.<\/p>\n<p>les chansons populaires nous accompagnent plus s\u00fbrement que les grandes constructions. Quand m\u00eame les plus idiotes. Elles en gagnent en importance. Elles ont leur importance.<\/p>\n<p>Mais le livre est l\u00e0, ceux qui l\u2019ont fait s\u2019agitent ailleurs, il leur faut en jeter quelques exemplaires au vent comme on \u00e9graine aux oiseaux. C\u2019est qu\u2019il est mang\u00e9 d\u00e9j\u00e0, le livre, depuis longtemps. Lorsque qu\u2019il \u00e9tait projet d\u00e9j\u00e0 son histoire \u00e9tait finie.<\/p>\n<p>Alors on est pass\u00e9 \u00e0 autre chose.<\/p>\n<\/p>\n<p>3.<\/p>\n<p>vous \u00eates adoss\u00e9s n\u00e9gligemment et les fesses trop avant de la chaise baillent le pull. Vous avez froid en bas du dos et bient\u00f4t c\u2019est partout que le bruit de cascade lointaine de la ventilation fait son action. Cela vous enveloppe. Et un contraste thermique presse dans les tempes. Les phrases belles ne r\u00e9chauffent pas.<\/p>\n<p>Plante verte immobile, gestes p\u00e9trifi\u00e9s en les mains d\u2019une danseuse les deux pieds dans une pani\u00e8re d\u2019osier. En outre, le porte-manteau se dresse. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop d\u2019horreurs.  <\/p>\n<p>Au bout de certain temps tout \u00e7a \u00e7a ne raconte plus, alors cesse le roman et d\u00e9bute autre chose qui n\u2019est pas tout \u00e0 fait la premi\u00e8re, non plus la seconde.<\/p>\n<\/p>\n<p>4.<\/p>\n<p>le d\u00e9but du probl\u00e8me est que nous ne voulons plus d\u00e9chiffrer les \u0153uvres des autres, non plus les comprendre, seulement lire les n\u00f4tres que pour ce faire d\u2019abord nous \u00e9crivons vite.  <\/p>\n<p>Alors la main sur le c\u0153ur, serrant bien la barre de fer, \u00e0 <i>\u00e7a<\/i> d\u2019un visage raidit (geste de la main), alors on penche le sien, l\u2019appuie sur le front \u00e0 la barre de fer et tout le monde remue. Tout \u00e0 fait conscients en eux du ridicule de la situation qu\u2019ils enfouissent au mieux avec tant d\u2019autres choses. Il y a le souffle moite et l\u2019odeur naus\u00e9euse du m\u00e9tro.  <\/p>\n<p>Il pense qu\u2019\u00e0 force d\u2019approximations, tout \u00e7a mis ensemble comme en une boite, \u00e0 force d\u2019approximation, de tentatives trop conscientes de ne pouvoir arriver, et d\u2019autres choses comme \u00e7a se formera l\u2019\u0153uvre impossible dont il n\u2019a que vague id\u00e9e. Il pense \u00e0 Proust. Aussi \u00e0 Novalis.<\/p>\n<\/p>\n<p>5.<\/p>\n<p>depuis qu\u2019il y a des enfants un peu partout autour le temps semble aller vite, c\u2019est qu\u2019on les voit grandir. Mais je sais aussi qu\u2019\u00e0 une grande ligne droite d\u2019ici quelqu\u2019un se sait partir et ne veut pas mourir. C\u2019est revenu plusieurs fois cette phrase : \u00ab \u2026et lui il ne veut pas mourir \u00bb. \u00e7a l\u2019angoisse, n\u2019en dort plus, de peur que\u2026Il voudrait avoir son mot. Il voudrait pouvoir juger de si oui ou non\u2026 Que c\u2019est un mur qui avance lentement, vous mettra lentement dans le noir alors que vous ne voulez pas cette fatigue qui vous colle. Qu\u2019on vous laisse le temps de vous refaire. Toute raison est contraire. Ne me laissez pas seul, que quelqu\u2019un me retienne quand \u00e7a glisse en moi. On devrait \u00eatre aveugle toujours avant que \u00e7a arrive.<\/p>\n<p>Ce que nous lisions hier nous nous en amusions. Comme d\u2019une crainte qui n\u2019aurait d\u2019autre but que de rendre plus pr\u00e9cieux l\u2019instant. On finit par laisser passer un rire irr\u00e9pressible qui n\u2019est que l\u2019antith\u00e8se de nos sentiments. Il ne veut pas mourir \u00e7a lui est chose inadmissible. Il se sent seul.<\/p>\n<p>On l\u2019avait lu aussi : l\u2019image m\u00e9canique p\u00e9rime ce qu\u2019elle enregistre, elle l\u2019introduit au temps.<\/p>\n<p>Avec tes doigts tu essuies la fatigue de tes yeux. Comme dans des films parfois j\u2019ai vu qu\u2019on apaisait les morts.  <\/p>\n<\/p>\n<p>6.<\/p>\n<p>on est adoss\u00e9s \u00e0 des murs d\u2019usine. Le pastel des tours : la jaune, la bleue, la rose, la verte. Il y a bien un arbre parfois au devant, pour les faire les enfants dessinaient des ratures. Des lignes de fen\u00eatres, les escaliers qu\u2019on sait dedans se d\u00e9velopper tel des cr\u00e9neaux. Une porte au bout avec son num\u00e9ro.<\/p>\n<p>L\u2019art que je voudrais serait un m\u00e9lange d\u2019id\u00e9e et d\u2019intuition na\u00efve. On peut y penser \u00e0 tout \u00e7a \u00e0 travers le velux d\u2019une chambre \u00e0 Paris couch\u00e9 sous le ciel au plus pr\u00e8s. \u00c7a en devient tr\u00e8s vite une figure, adolescent maladif au portrait romantique. Un Friedrich, devant la mer.<\/p>\n<p>Il semble qu\u2019en nous les mots pour tout dire ne puissent s\u2019interrompre. N\u2019ont-ils \u00e0 dire le plus petit et d\u00e9j\u00e0 son mouvement, sa m\u00e9moire, les id\u00e9e grandes et belles.<\/p>\n<\/p>\n<p>7.<\/p>\n<p>trois des quatre vitres sont cass\u00e9es. Le hall froid n\u2019est plus refuge \u00e0 personne et l\u2019air circule jusque dans les \u00e9tages, chaque palier comme dehors. Dans les mots tout l\u2019espace de ces chambres vides et l\u00e0 bas tu veilles le malade comme ailleurs l\u2019autre est veill\u00e9 un entonnoir l\u2019aspire dedans ce cercle aimant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. l\u2019\u0153uvre est expans\u00e9e de cavit\u00e9s, de strates, de chambres diverses. Je vois, l\u2019artiste avance un livre \u00e0 la main, rue Bonaparte, et l\u2019image a place en l\u2019\u0153uvre. Ce serait une photo d\u2019archive. 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