{"id":3537,"date":"2007-12-03T21:24:00","date_gmt":"2007-12-03T20:24:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/quatre-jours-sur-cinq-les-tempes-serrees\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:13","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:13","slug":"quatre-jours-sur-cinq-les-tempes-serrees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/quatre-jours-sur-cinq-les-tempes-serrees\/","title":{"rendered":"Quatre jours sur cinq les tempes serr\u00e9es."},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/R1RmczU5POI\/AAAAAAAAAUk\/JDZolFv5XXQ\/s1600-R\/DSCF2854.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/R1RmczU5POI\/AAAAAAAAAUk\/IhmQcqolHoQ\/s320\/DSCF2854.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p>27. J\u2019ai aval\u00e9 les quatre cent bornes de nationale pour aborder Paris en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi. Retrouve Isabelle \u00e0 la galerie, les nouvelles toiles de <a href=\"http:\/\/martinbruneau.desordre.net\/\">Martin<\/a> et ce proc\u00e9d\u00e9 qu\u2019il a trouv\u00e9 apr\u00e8s qu\u2019il ait ma\u00eetris\u00e9 trop les autres pour confronter ici la figure classique et la peinture dans ce qui la rapproche de l\u2019expressionniste abstrait. Le geste est fort puisqu\u2019il renonce d\u2019avance \u00e0 une ma\u00eetrise des harmonies confrontant en un tableau deux tableaux distincts qu\u2019il laisse se tresser \u00e0 la faveur de r\u00e9serves syst\u00e9matiques. Nous consid\u00e9rons tout deux les volumes de la galerie afin d\u2019envisager mon expo en mars. m&#038;m\u2019s pour tenir jusqu\u2019au soir. Rendez-vous rue Mazarine pour d\u00eener avec Thierry de passage en Suisse qui fera pour l\u2019occasion un crochet par Paris. Discussion d\u00e9li\u00e9e, plaisante, jusqu&rsquo;\u00e0 deux heures.  <\/p>\n<p>28. Expositions avec Yann et Estelle, je fais un saut en les attendant \u00e0 la boutique du Centre Pompidou, y trouve les <a href=\"http:\/\/editions.flblb.free.fr\/Edition\/Catalogue\/minuscules.htm\">Minuscules<\/a> dont j\u2019attendais la sortie. C\u2019est par un petit livre clair, contemplatif et fac\u00e9tieux que j\u2019aurais fait mon entr\u00e9e discr\u00e8tement au sein du fameux b\u00e2timent. Cette pens\u00e9e m\u2019amuse. J\u2019ach\u00e8te un exemplaire.  <\/p>\n<p>Les encres de Cameron Jamie \u00e0 la galerie Obadia sont consternantes, ennuyeuses, consensuelles, et la visite du quartier nous laissera un go\u00fbt de lassitude. Les gravures de Baselitz galerie Putman, d\u2019une vigoureuse beaut\u00e9 fauve pour certaines, seront n\u00e9anmoins sans surprises. Au bout de la rue, les photographies rudes et belles d\u2019Eric Pointevin \u00e0 la galerie Nelson ne sont pas non plus des d\u00e9couvertes mais je leur conc\u00e8de cependant une s\u00e9duction t\u00e9nue qui me les fait regarder avec un certain plaisir. Toujours chez lui, le factice de la sc\u00e9nographie, de la pose, l\u2019esth\u00e9tisme, se conjuguent \u00e0 une certaine brutalit\u00e9 nue, frontale. Une proximit\u00e9 avec la mani\u00e8re de Rineke Dijkstra. Non loin, Haim Steinbach chez Laurent Godin mais nous passerons plus de temps \u00e0 feuilleter les catalogues qu\u2019aupr\u00e8s des pi\u00e8ces. Galerie du jour Agn\u00e8s B., les dessins composites de Simon English \u00e9voquent Alb\u00e9rola ou Corp\u00e9 dans la mani\u00e8re de fondre les formes et r\u00e9f\u00e9rences. Les mati\u00e8res et les compositions sont riches et habiles, les harmonies color\u00e9es toujours judicieuses, peut-\u00eatre un peu trop et sit\u00f4t s\u00e9duit on est lass\u00e9 un peu. Et surtout ces ressorts que sont les citations historiques m\u00eal\u00e9es de sc\u00e8nes pornographiques dans un dessin expert et d\u00e9sinvolte unissant acad\u00e9misme d\u00e9cadent et mani\u00e8re enfantine agacent. Plus loin vers le Marais, la vaste pi\u00e8ce de la galerie Goodman est consacr\u00e9e aux pop formel et d\u00e9cal\u00e9 de John Baldessari. On y retrouve cet esprit qui planait sur la Californie dans les ann\u00e9es 80 et f\u00e9conda tout un mouvement sous les \u00e9toiles de Los Angeles mais je ne parviens pas \u00e0 m\u2019enthousiasmer tellement pour ces grosses formes rose, jaune et bleu primaire, pr\u00e9f\u00e9rant dans le genre les premiers Marcial Raysse. Je ne parviendrais pas non plus \u00e0 trouver dans les papiers de Yann Paolozzi \u00e0 la galerie Giroux autre chose qu\u2019une tendance actuelle qui hante les magazines \u00ab street \u00bb et les graphistes underground. Dessin un peu maladroit qui t\u00e9lescope les st\u00e9r\u00e9otypes de la culture pop entre voitures, pin\u2019 up et logos de marques. Je me souviens avoir vu de lui \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il terminait les Beaux-arts des choses plus convaincantes.  <\/p>\n<p>Nous passons la galerie Werner avec Otto Freundlich, la galerie Alain Gutharc, Karsten Greve, Yvon Lambert o\u00f9 Kendell Geers pour la troisi\u00e8me fois de la journ\u00e9e mixe les r\u00e9f\u00e9rences clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art et le sexe trash \u00e0 travers un graphisme \u00ab street \u00bb, le tout \u00ab \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine \u00bb. A l\u2019\u00e9tage, Xippas pr\u00e9sente les nouvelles peintures de Dan Walsh lesquelles se maintiennent dans cet espace \u00e9trange de la g\u00e9om\u00e9trie visuelle o\u00f9 les couleurs s\u00e9duisent autant par la mani\u00e8re d\u00e9sinvolte qu\u2019elles ont de s\u2019harmoniser d\u2019un geste sommaire et juste que par cet allure r\u00e9tro qui nous \u00e9voque irr\u00e9sistiblement les tapisseries \u00e0 motif des ann\u00e9es 60\/70.  <\/p>\n<p>Dans le nouvel espace de la galerie Perrotin, \u00e0 l\u2019emplacement de l\u2019ancien squat d\u2019artistes impasse St-Claude, les peintures de Bernard Frize jouent du geste et de la couleur avec cette mati\u00e8re satin\u00e9e qu\u2019on lui conna\u00eet. C\u2019est une peinture retenue et juste, \u00e9pur\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la question, se donnant pour territoire le geste \u00e0 la surface, la mati\u00e8re fine et les couleurs, le motif lin\u00e9aire se d\u00e9ployant sur la toile sans rel\u00e2che en des compositions semblables. On pourrait dire de lui ce que je viens de dire \u00e0 propos de Dan Walsh, une singularit\u00e9 dans les textures en plus.<\/p>\n<p>29. Quelques livres d\u2019occasion chez Gibert. Traverse la ville d\u2019est en ouest alors que la justice est dans la rue. Regarde les vitrines en pensant \u00e0 un cadeau pour Julie. L\u2019exposition Courbet au Grand Palais ; plus inventif dans sa jeunesse, ses autoportraits, que par la suite avec ses grandes sc\u00e8nes de chasse, de paysans ou les natures-mortes de la fin. J\u2019y ai attrap\u00e9 un peu quelque chose de mon pass\u00e9 par la mani\u00e8re qu\u2019il a de poser les teintes dans les formes et de composer ainsi une sc\u00e8ne massive, mani\u00e8re qui \u00e9tait un peu la mienne il y a cinq ans. Et ce r\u00e9alisme simple. L\u2019exposition est pleine de monde et les tableaux sont in\u00e9gaux, on peine \u00e0 d\u00e9celer chez Courbet un filon de g\u00e9nie qu\u2019il aurait fait fructifier. Les galeries du Grand Palais sont commun\u00e9ment engorg\u00e9es par ces quelques personnes qui trouvent syst\u00e9matiquement toutes les mauvaises peintures charmantes, regardent les \u0153uvres de bravoure comme des affiches et collectionnent les donn\u00e9es biographiques avant de se fournir \u00e0 la boutique en cartes postales, broches et babioles. Le pire endroit pour regarder des tableaux. Le soir, deux films dont <a href=\"http:\/\/www.autumnmovie.com\/\">Automne<\/a>, production franco am\u00e9ricaine. Triller au d\u00e9velopp\u00e9 et aux dialogues extr\u00eamement r\u00e9ussi, une fa\u00e7on d\u2019amener des plans de cin\u00e9ma en toute sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>30. Palais de Tokyo, les dessins de Toba Khedoori surtout que je suis content de \u00ab voir en vrai \u00bb. le temps d\u2019un sandwich vers St-Germain, l\u2019exposition de Rondepierre chez Leo Scheer est ferm\u00e9e, je convoite en vain ses livres. Je traverse Paris en voiture pour r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 Champigny des plexis et \u00e0 Ivry les cadres que j\u2019ai command\u00e9, peine dans les bouchons et me perd si bien que je passerais 5 heures \u00e0 rouler quand il en aurait fallu une. Le d\u00e9sespoir et la rage me font envisager par moment les pires extr\u00e9mit\u00e9s, tout mais que \u00e7a s\u2019arr\u00eate. Je rentre lessiv\u00e9. J\u2019aggraverais mon cas en soir\u00e9e pour rallier R\u00e9publique o\u00f9 le trafique est dense. D\u2019autres choses encore, des heures durant. Julie par le train du soir gare de Lyon, demain le salon du livre et illustration jeunesse, les quelques trouvailles. Apr\u00e8s ce sera le retour avec avis de temp\u00eate et la pluie qui se jette aux fen\u00eatres, le restaurant d\u2019autoroute frites froides et ce rire nerveux quand inforoute annonce que la chauss\u00e9e non loin est \u00ab d\u00e9rang\u00e9e \u00e0 cause d\u2019une branche ou plut\u00f4t un sapin \u00bb, plus loin une barre de fer \u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9e alors qu\u2019on signale toujours un chien errant. L\u2019effort que l\u2019on emploie \u00e0 \u00eatre semble d\u00e9mesur\u00e9. Les marchandises sur le toit font un bruit assourdissant alors que les rafales \u00e9crasent la voiture sur elle-m\u00eame, que l\u2019eau ruiss\u00e8le par les joints des porti\u00e8res. Demain matin je rejoindrais Montlu\u00e7on dans des conditions similaires, vent de face.<\/p>\n<p>Vivre dans ces moments semble \u00e9prouver sa r\u00e9sistance continuellement, s\u2019imposer au tumulte par une opini\u00e2tre pr\u00e9sence, par un effort constant. Arracher chaque jour les plus-values de l\u2019effort par lesquelles il nous semble pouvoir \u00eatre un bref moment \u00e0 soi, tenter le l\u2019\u00eatre. Et griffonner dans cet instant sur le plat du volant : <span>4 jrs\/5 les tempes serr\u00e9es.<\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>27. J\u2019ai aval\u00e9 les quatre cent bornes de nationale pour aborder Paris en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi. Retrouve Isabelle \u00e0 la galerie, les nouvelles toiles de Martin et ce proc\u00e9d\u00e9 qu\u2019il a trouv\u00e9 apr\u00e8s qu\u2019il ait ma\u00eetris\u00e9 trop les autres pour confronter ici la figure classique et la peinture dans ce qui la rapproche de l\u2019expressionniste abstrait. 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