{"id":3558,"date":"2007-09-23T17:55:00","date_gmt":"2007-09-23T16:55:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/lyon-une-annee-sur-deux\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:17","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:17","slug":"lyon-une-annee-sur-deux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/lyon-une-annee-sur-deux\/","title":{"rendered":"Lyon, une ann\u00e9e sur deux"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/Rvaa7BiwuEI\/AAAAAAAAASE\/7xKDIXGh6sU\/s1600\/DSCF2404.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/Rvaa7BiwuEI\/AAAAAAAAASE\/7xKDIXGh6sU\/s320\/DSCF2404.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p>Le soleil sur la route sans doute m\u2019a donn\u00e9 mal au cr\u00e2ne, des doigts enfonc\u00e9s dans les yeux. De Lyon \u00e0 Thiers, puis Clermont, Vichy et Montlu\u00e7on. Probablement aussi est-ce un peu de cette confusion dans laquelle je suis pris qui fait de moi un \u0153il s\u2019\u00e9puisant sur son flou le cristallin crisp\u00e9 perp\u00e9tuellement. Parce que l\u2019on bouge continuellement, les supports se dissipent, tout semble mal \u00e9tablit, sujet \u00e0 vertiges et confusion. Il a toujours \u00e9t\u00e9 question de s\u2019adosser quelques temps quelque part dans les mouvements du monde. Les grecs posaient leur dieux sur du rocher. En quelques jours il y avait \u00e0 monter des pi\u00e8ces pour installation sur Paris, il y avait des toiles \u00e0 d\u00e9poser \u00e0 Lyon pour le stand d\u2019isabelle, les potes \u00e0 h\u00e9berger et les visites de la <i>Docks Art Fair<\/i> ajout\u00e9e \u00e0 l\u2019archipel que dessine dans la ville la biennale. Demain le rendez-vous sur Paris avec Guillaume Garouste, les dates \u00e0 caler avec lui avant mon vernissage au centre d\u2019art <i>Aponia <\/i>(ces d\u00e9placements que cela dessine encore). Le retour par le train du matin. Toujours se demander o\u00f9 on en est l\u00e0 dedans. <i>Soi<\/i>, par son propre parcours, mais surtout <i>nous<\/i>, artistes \u00e9mergeants revendiquant pour partie la physionomie de cet art en train de se faire, tentant l\u2019analyse. Et de cette implication active de l\u2019art revendiqu\u00e9 comme outil d\u2019intervention sur le monde (prise de parole), la joie de se retrouver r\u00e9guli\u00e8rement autour d\u2019une bi\u00e8re ou d\u2019un caf\u00e9 avec Assaf, Yann, Julien et Marie aux <i>Subsistances<\/i>. Ces \u00ab volupt\u00e9s particuli\u00e8res \u00bb dont parle Val\u00e9ry. Mains lanc\u00e9es vers Samuel, Nicolas ou Marl\u00e8ne*. Sandra et Georges \u00e0 la terrasse du <i>Progr\u00e8s<\/i> aux Abbesses un soir un peu apr\u00e8s minuit. Ailleurs en d\u2019autres compagnies. R\u00e9ciproquement se renvoyer l\u2019age d\u2019homme, celui de notre Bastille. Et c\u2019est d\u2019abord \u00e7a, l\u2019aventure dont on croise surtout les images glac\u00e9es sur des pages hasardeuses. C\u2019est un enthousiasme <i>malgr\u00e9 tout<\/i>, un activisme \u00e9perdu.<\/p>\n<div> <\/div>\n<\/p>\n<div> <\/div>\n<p>Les inrocks pr\u00e9venaient : \u00ab l\u2019art contemporain s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui aussi insaisissable que le monde dans lequel il s\u2019expose \u00bb et cette biennale, tout comme la Dokumenta de Kassel, semble nous plonger un peu plus dans l\u2019illisibilit\u00e9 de l\u2019extr\u00eame contemporain. On se souvient comme Rimbaud d\u00e9gageait la responsabilit\u00e9 du po\u00e8te en ces termes : \u00ab si ce qu\u2019il rapporte de l\u00e0-bas \u00e0 forme, il donne forme ; si c\u2019est informe, il donne de l\u2019informe \u00bb et Val\u00e9ry de pointer le probl\u00e8me en ces termes : \u00ab\u00a0Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l&rsquo;ordre et le d\u00e9sordre\u00a0\u00bb.  <\/p>\n<div> <\/div>\n<p>La 9<sup>\u00e8me<\/sup> biennale de Lyon est une biennale dont \u00ab la star \u00bb si l\u2019on veut, est un bin\u00f4me de commissaires (St\u00e9phanie Moisdon et Hans-Ulrich Obrist), lequel propose \u00e0 d\u2019autres commissaires de d\u00e9signer des artistes. Jeu symptomatique de cette tendance actuelle selon laquelle le commissariat est l\u2019enjeu premier de l\u2019exposition, la voix majeure. A quelques uns alors de choisir quel est le visage de l\u2019art de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, fa\u00e7on aussi de d\u00e9terminer un sol \u00e0 partir duquel devra se d\u00e9velopper l\u2019art des dix prochaines et des quelques suivantes. Tout comme le fondement de la biennale (son \u00e9nonc\u00e9 de jeu), les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es semblent \u00eatre les anecdotes d\u2019un principe dont elles notent l\u2019ascendance, illustrations parfois obscures de postures, ce qui donne encore l\u2019impression qu\u2019ici c\u2019est le commissaire qui joue et non l\u2019artiste. (La pratique du commissariat ainsi consid\u00e9r\u00e9e comme une sorte d\u2019exercice de style.) Et le jeu dans ces sph\u00e8res discursives n\u2019est que de peu d\u2019attrait : Une exposition de cartels. D\u2019autant que tout \u00e7a manque de coh\u00e9sion et se dissipe enfin en une succession d\u2019\u00e9bauches in\u00e9gales o\u00f9 les singularit\u00e9s d\u2019artistes sont doubl\u00e9es (et ainsi gomm\u00e9es) par des revendications curatoriales trop diverses pour faire colonne. L\u00e0 o\u00f9 un chef d\u2019orchestre aurait accompagn\u00e9 la musique avec la souplesse et la rigueur requise, une multitude d\u2019interm\u00e9diaires dissipe toute lecture et fait de l\u2019\u00e9difice quelque chose de bureaucratique et kafka\u00efen.  <\/p>\n<div> <\/div>\n<p>Le jeu devient alors vraiment effectif et efficace lorsque c\u2019est \u00e0 un artiste que sont confi\u00e9s les d\u00e9s comme par l\u2019histoire de la <i>Zoo galerie<\/i> Saadane Afif dresse une belle tabl\u00e9e d\u2019artistes vivants. D\u2019embl\u00e9e le ton est donn\u00e9 : exposition, promenade au zoo \u00ab o\u00f9 il sera question d\u2019un missionnaire de l\u2019art ayant su tirer avantage du d\u00e9veloppement de la ligne de train \u00e0 grande vitesse entre Paris-Nantes. \u00bb pour \u00e7a et parce que \u00ab \u00e7a a commenc\u00e9 dan sle magma d&rsquo;un itin\u00e9raire de vie un peu confus. A Nantes, parce que c&rsquo;est le seul endroit au monde o\u00f9 l&rsquo;on peut faire un vernissage avec des hu\u00eetres sans qu e\u00e7a pose de probl\u00e8mes logistiques \u00e9normes \u00bb, cette \u00e9quip\u00e9e de l\u2019art \u00e0 travers les proches de Patrice Joly est \u00e0 peu pr\u00e8s la seule ici qui nous permet d\u2019approcher l\u2019art comme aventure humaine, celle-l\u00e0 dont nous parlions au d\u00e9but et qui est la seule qui vaille la peine de boire avec exc\u00e8s et de se coucher un peu tard.<\/p>\n<div>\n<\/div>\n<\/p>\n<p><span>*Assaf Gruber, Eric Rondepierre, Martin Bruneau et moi m\u00eame exposons aux cot\u00e9s de Slimane Ra\u00efs sur <span>Docks Art Fair<\/span>. Julien Pastor, Samuel Richardot et Marl\u00e8ne Moquet exposent avec d&rsquo;autres aux <span>Subsistances<\/span>. Nicolas Giraud \u00e0 proximit\u00e9 en <span>R\u00e9sonances<\/span>.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le soleil sur la route sans doute m\u2019a donn\u00e9 mal au cr\u00e2ne, des doigts enfonc\u00e9s dans les yeux. De Lyon \u00e0 Thiers, puis Clermont, Vichy et Montlu\u00e7on. Probablement aussi est-ce un peu de cette confusion dans laquelle je suis pris qui fait de moi un \u0153il s\u2019\u00e9puisant sur son flou le cristallin crisp\u00e9 perp\u00e9tuellement. 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