{"id":3597,"date":"2007-06-04T09:40:00","date_gmt":"2007-06-04T08:40:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-48\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:23","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:23","slug":"valenciennes-48","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-48\/","title":{"rendered":"Valenciennes 48"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RmPQXzP1WwI\/AAAAAAAAAMs\/VmVqzm9Fm-g\/s1600\/fresnoy_prototype.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RmPQXzP1WwI\/AAAAAAAAAMs\/VmVqzm9Fm-g\/s320\/fresnoy_prototype.jpg\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p><span>Val 1.06.07<\/span><\/p>\n<p>    <span>9h12. Dieu que c\u2019est triste la pluie. Matin dans une lumi\u00e8re blafarde. <i>Constellations<\/i>, Jack Johnson. Journ\u00e9e propre \u00e0 rien. 10 jours que je n\u2019ai pas vu Julie. J\u2019\u00e9coute avec m\u00e9lancolie Dylan en suivant des yeux le curseur qui d\u00e9file sur l\u2019\u00e9cran. <\/span><span lang=\"EN-GB\">Successivement <i>Lay, Lady Lay, like a roling stone, mr.Tambourin man, knokin\u2019 on heavens door<\/i>. <\/span><span>Mes d\u00e9buts avec Dylan sur le vinyle double live \u00e9lectrique de la rupture historique. R\u00eaves de sc\u00e8nes qui me transportent vers les ann\u00e9es de lyc\u00e9e, les jams h\u00e9sitants sur les pelouses. Internet, le flip book : sortie pr\u00e9vue pour novembre. J\u2019amorce en attendant le texte et les photos d\u00e9finitives la maquette du livre \u00e0 venir avec FB. D\u00e9nombre 26 illustrations. <\/span><span><i><span lang=\"EN-GB\">You really got me, <\/span><\/i><\/span><span lang=\"EN-GB\">the Kinks. <\/span><span>P\u00e2tes sauce tomate, me grise l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 <i>l\u2019Ambre des Flandres, bi\u00e8re de garde<\/i>. Flo pas re\u00e7u \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de son entretient d\u2019embauche pour Auchan Lyon. La gal\u00e8re d\u2019un ing\u00e9nieur balad\u00e9 par le syst\u00e8me. On aurait envie de dire qu\u2019on est pas d\u2019accord avec \u00e7a mais l\u2019espace est trop grand entre (&#8230;). Toute l\u2019ambition d\u2019une vie sera peut-\u00eatre toujours d\u2019accumuler des pas pour r\u00e9duire la distance. Evaluer le profil d\u2019un relief imposant au flanc duquel beaucoup s\u2019arr\u00eateront. <\/span><span lang=\"EN-GB\">Braver. <i>You can go your own way,<\/i>Fleetwood Mac. Queen, <i>one vision<\/i>. <\/span><span lang=\"NL\">Steve Miller Band. <\/span><span>Pr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019atelier devant une classe bac pro textile. J\u2019apprends par Julie que je suis admissible \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation. Compte tenu les souvenirs de ma performance je ne pensais m\u00eame pas me donner la peine de jeter un \u0153il en direction des r\u00e9sultats. Me rappelle avoir comme \u00e0 mon habitude d\u00e9velopp\u00e9 un essai libre agr\u00e9ment\u00e9 \u00e7a et l\u00e0 d\u2019images. N\u2019avoir pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 conclure en dehors de toute balise en citant B17-G de Bergounioux pour l\u2019image qui se donne en \u00e9chappant. Ce mois qui commence sera d\u00e9cid\u00e9ment le th\u00e9\u00e2tre de man\u0153uvres acrobatiques. Capes \u00e0 Amiens, r\u00e9sidence \u00e0 Valenciennes, agreg\u2019 \u00e0 Bordeaux je crois. Et ma maison provisoire, Paris. Ce soir, vernissage au Fresnoy.<br \/>\n<\/span>  <\/p>\n<p><span>Val 2.06.07<\/span><\/p>\n<p><span>Embarquement en camion \u00e0 quatre, direction le Fresnoy pour le vernissage <i>Panorama 8<\/i>. La brume couvre les abords, dans le poste : <\/span><span>Portishead<\/span><span>. Grand axe qui dissout le regard, tout \u00e7a vous rend flottant, apesanteur des trajets. Le b\u00e2timent impose sa pr\u00e9sence parmi les briques, de cette structure couvrante de pyl\u00f4nes et bardages en acier, ici le point de d\u00e9part du faisceau que nous recevons partout, la notori\u00e9t\u00e9 de l\u2019exceptionnelle institution aux moyens disproportionn\u00e9s pour une troupe dit-on de 12 \u00e9l\u00e8ves par an pour 2 ans. Et d\u2019aborder alors au d\u00e9tour de la porte la premi\u00e8re projection en 10&#215;15 m\u00e8tres \u00e0 peu pr\u00e8s de cet \u00e9norme saturation murale, encodage de chiffres d\u00e9filant comme un calcul ponctu\u00e9 des stridences synth\u00e9tiques qu\u2019on conna\u00eet. (Ryoji Ikeda, <span>data.tron<\/span>) Le calcul stop sur un item et reprend. Au grand aplat grouillant dans le d\u00e9tail d\u2019un d\u00e9filement num\u00e9rique de ce qui pourrait \u00eatre un <span>Roman Opalka<\/span> anim\u00e9, vertigineusement. Et sois, petit face au grand mur. Tr\u00e8s <i>Matrix<\/i>. La texture, l\u2019esth\u00e9tique sp\u00e9ciale des encodages num\u00e9riques qui apparaissent alors non plus seulement d\u00e9vou\u00e9s comme potentiellement \u00e0 une image qu\u2019ils stockent sous leur forme math\u00e9matique mais exploitables visuellement pour eux m\u00eame selon leur propres modalit\u00e9s. On pense \u00e0 ce propos au formules de<span> Venet<\/span>, aux dates d\u2019<span>On Kawara<\/span>. La verri\u00e8re centrale qui abrite une cour de belle dimension est divis\u00e9e de boxes clos d\u00e9di\u00e9s \u00e0 des vid\u00e9os ou installation visuelles et sonores. Le tout calfeutr\u00e9 de noir et ponctu\u00e9 de spots et vid\u00e9o projecteurs installe une ambiance moite et sombre qui d\u00e9territorialise un peu. Comme une salle de projection cin\u00e9ma labyrinthique de laquelle vous sortirez ne comprenant pas la lumi\u00e8re et la ville qui se d\u00e9ploie dehors par une fin d\u2019apr\u00e8s-midi banale. Avant \u00e7a une trentaine de pi\u00e8ces \u00e0 d\u00e9couvrir, cette <span>galerie de portraits Flamands<\/span> d&rsquo;Eleonore Saintagnan par exemple, anonymes mis en sc\u00e8ne et film\u00e9s tandis qu\u2019ils tiennent la pose fixement pendant 5 minutes. Je pense \u00e0 certaines photos de Thomas Mailaender. Le principe est us\u00e9, sans grande ing\u00e9niosit\u00e9, pourtant ces images bariol\u00e9es qui oscillent entre immobilit\u00e9 et mouvement ne se d\u00e9partissent pas de cette troublante combinaison de path\u00e9tique bouffonnerie et de gravit\u00e9. Plus loin, les plans fixes en vis \u00e0 vis d\u2019adolescents dans leurs chambres au moment de cette qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 qui passe par l\u2019adoption caricaturale de mod\u00e8le. Trouble de postures cherchant la pose, creuse un ab\u00eeme. Dans cet inframince <span>Anichambre<\/span>, Ana Maria Gomes trouve un peu de cette m\u00e9taphysique de l&rsquo;\u00e9xistence. Ailleurs encore, installation compliqu\u00e9e retranscrivant sous l\u2019apparence d\u2019une onde lumineuse troubl\u00e9e dans un aquarium de fum\u00e9e les bruits lancinants d\u2019une autoroute que l\u2019on identifie alors au flux et reflux d\u2019une houle marine. (<span>Lucent Landscapes<\/span> de David Burrouws). A l\u2019\u00e9tage, <i>les corps travers\u00e9s<\/i> de Mehdi Meddaci \u00e9voquent les territoires et les images (que l\u2019on sait n\u2019\u00eatre compos\u00e9es pas uniquement de visuel) qui font notre \u00e9paisseur. <i>Fade out<\/i> des 3 \u00e9crans du film et s\u2019\u00e9clairent alors en vis \u00e0 vis quelques grands formats r\u00e9tro \u00e9clair\u00e9s jusqu\u2019ici contraints \u00e0 l\u2019ombre. Un peu apr\u00e8s, <i>les avatars de v\u00e9nus<\/i> de Jean-jacques Lebel se composent d&rsquo;un millier d\u2019images de nus f\u00e9minins d\u00e9tour\u00e9s, v\u00e9nus antiques, iconographie de nombreux peintres de Boucher \u00e0 Picasso, Goya, Titien ou Scheele, starlettes d\u00e9nud\u00e9es ou pin up, couvertures de Playboy fondues successivement en un long morphing qui ne laisse le temps \u00e0 l\u2019image d\u2019appara\u00eetre, \u00e9tir\u00e9e depuis la pr\u00e9c\u00e9dente, que pour imm\u00e9diatement la fondre dans la suivante. L\u00e0 encore le proc\u00e9d\u00e9 est simple et \u00e9prouv\u00e9 pourtant il se passe quelque chose de troublant dans cette oscillation continue des mod\u00e8les entre images de d\u00e9sir (comme les histoire(s) du cin\u00e9ma, toutes les images de cette histoire du d\u00e9sir) et combinaison hideuse de ces corps d\u00e9form\u00e9s, \u00e9tir\u00e9s et confondus dans une m\u00e9canique crue, grotesque. D\u00e9po\u00e9tisation de leur engendrement en une bestialit\u00e9 visuelle, d\u00e9sincarn\u00e9e et sans sursaut. Ailleurs, succession de projections dans les deux salles cin\u00e9ma de l\u2019\u00e9cole, difficile de tout voir, du court et moyen m\u00e9trage. Le cin\u00e9ma en question via entretiens et montage pour <i>l\u2019agnosie visuelle <\/i>de Guillaume Meigneux, fin hommage au cin\u00e9ma sans film, ambiances plaqu\u00e9es de situations \u00e9nigmatiques sans origine ni avenir pour <i>Viril<\/i> de Damien Manivel et <i>Fin du monde, <\/i>plus anecdotique, de Benjamin Nuel<i>.<\/i> Chor\u00e9graphie du fusill\u00e9, <i>prototype<\/i> de Yves Akerman, film bref \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une bande annonce, plan fixe \u00e9l\u00e9gant duquel \u00e9mane cette d\u00e9sormais coutumi\u00e8re combinaison du critique, parodique et de l\u2019esth\u00e9tique pure. Beaut\u00e9 d&rsquo;une absurde violence. Ou beaut\u00e9 absurde d&rsquo;une violence feinte. Absurdit\u00e9 de la beaut\u00e9? etc. Pause. Fin de l\u2019immersion, satur\u00e9 un peu et frustr\u00e9 de n\u2019avoir pas tout vu ou d\u2019avoir mal vu serr\u00e9 dans des cubes \u00e9touffants, prenant un film par son milieu, omettant sans doute dans le labyrinthe une ou deux portes. Cette difficult\u00e9 de la vid\u00e9o, exigence temporelle. D\u00e9collage pour Valenciennes, escale \u00e0 <i>la petite for\u00eat<\/i> pour buffet dans les wagons du <i>crocodile<\/i>. Retour tardif. Couch\u00e9 1h00, lev\u00e9 8. Retour d\u00e9cid\u00e9 pour Paris quelques jours. Je suis seul dans l\u2019enceinte ce matin, monte frapper la taule un peu, tracer quelques cordons \u00e0 l\u2019arc. Le cerveau contract\u00e9 par une fatigue mal dissip\u00e9e. Il y a de l\u2019absurdit\u00e9 dans ces efforts, tous bout \u00e0 bout, ce point de rupture duquel je sens parfois approcher. Il faut que quelque chose nous d\u00e9passe l\u00e0 dedans pour que nous y consentions. Dans la cour, le soleil inonde les pav\u00e9s.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Val 1.06.07 9h12. Dieu que c\u2019est triste la pluie. Matin dans une lumi\u00e8re blafarde. Constellations, Jack Johnson. Journ\u00e9e propre \u00e0 rien. 10 jours que je n\u2019ai pas vu Julie. J\u2019\u00e9coute avec m\u00e9lancolie Dylan en suivant des yeux le curseur qui d\u00e9file sur l\u2019\u00e9cran. 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