{"id":3604,"date":"2007-06-02T18:04:00","date_gmt":"2007-06-02T17:04:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-41\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:25","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:25","slug":"valenciennes-41","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-41\/","title":{"rendered":"Valenciennes 41"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RmGjPTP1WpI\/AAAAAAAAAL0\/rRvPp7D0ffA\/s1600\/val%2B25.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RmGjPTP1WpI\/AAAAAAAAAL0\/rRvPp7D0ffA\/s320\/val%2B25.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p>Sommeil en d\u00e9rive, lev\u00e9 10h00. Comme d\u00e9barquer \u00e0 quai apr\u00e8s des jours de mer et le roulis qui persiste en soi. Que l\u2019on tra\u00eene en un \u00e9cho lancinant. Le soleil illumine la pi\u00e8ce \u00e0 travers les rideaux jaunes. D\u00e9jeuner machinal. Mon t\u00e9l\u00e9phone n\u2019a plus de batterie, je m\u2019aper\u00e7ois que j\u2019ai oubli\u00e9 le chargeur. L\u2019appareil capricieux avait tendance \u00e0 raccrocher en pleine conversation, mon forfait bloqu\u00e9 \u00e9puis\u00e9 ne me permettait pas de rappeler et maintenant ce seront les messages qui s\u2019accumuleront. Je vais passer pour un salop. J\u2019avance un peu la sculpture, comble les trous, ajuste les \u00e9carts. Ach\u00e8te d\u00e9graissant et laque pour bient\u00f4t. Je d\u00e9cide pour midi de me faire des frites en \u00e9coutant Renan Luce. Ach\u00e8ve je crois pour de bon le paysage 45 incluant le hors champ dans le cadre m\u00eame de l\u2019image, effet de d\u00e9calage du sujet. Tandis que j\u2019ai parfois d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment cadr\u00e9 un sujet centr\u00e9 telle une irruption b\u00e2tie dans le paysage, je prends plaisir depuis les premiers baln\u00e9aires (paysage 23 etc.) \u00e0 jouer d\u2019une g\u00e8ne ou une ambigu\u00eft\u00e9. Comme on se tord le cou voir sous les jupes d\u2019une photo, fouille du regard, mouvement de cam\u00e9ra. Yann Tiersen en fond sonore. Pour cette mani\u00e8re du regard, les escarpements en restanques des paysages c\u00f4tiers sont des mines de variations subtiles. Qui me rappellent les vues plong\u00e9es d\u2019escaliers de service par lesquelles je commen\u00e7ais il y a cinq ou six ans \u00e0 mettre au point une certaine peinture, dans ce m\u00eame format d\u00e9j\u00e0. Le paysage dans sa dimension verticale. Au moment des premiers paysages, les immeubles plant\u00e9s obligeaient un regard distant, l\u2019\u00e9tendue plane imposait son assiette. Il y avait quelque chose d\u2019impersonnel et \u00e9puisant qui dictait ma fa\u00e7on. Pour autant je ne pouvais pas r\u00e9sister longtemps \u00e0 ma perp\u00e9tuelle inclinaison \u00e0 m\u2019\u00e9garer. A la d\u00e9couverte devait succ\u00e9der la qu\u00eate avec ses curiosit\u00e9s, la recherche par le regard, par le point de vue \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette dialectique g\u00e9om\u00e9trique de la perspective et du tableau. Je lis distraitement deux articles de Godard.<\/p>\n<p><i>Que l\u2019on m\u2019entende bien : ce n\u2019est pas en termes de libert\u00e9 et de destin que je jauge la mise en sc\u00e8ne cin\u00e9matographique, mais \u00e0 la puissance qu\u2019a le g\u00e9nie de s\u2019abattre sur les objets avec une perp\u00e9tuelle invention, de donner par exemple, \u00e0 une fin d\u2019apr\u00e8s midi, cet air endimanch\u00e9 de lassitude et de bonheur. Sa fin n\u2019est pas d\u2019exprimer mais de repr\u00e9senter. Pour que se continu\u00e2t le grand effort de repr\u00e9sentation enlis\u00e9 dans le baroque, il fallait aboutir \u00e0 l\u2019ins\u00e9parabilit\u00e9 de la cam\u00e9ra, du cin\u00e9aste et de l\u2019op\u00e9rateur, par rapport \u00e0 la sc\u00e8ne repr\u00e9sent\u00e9e, et, le probl\u00e8me n\u2019\u00e9tait donc pas, au contraire de ce que dit Andr\u00e9 Malraux, dans la succession des plans mais dans les mouvements de l\u2019acteur \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cadrage<\/i>.<\/p>\n<p>Le paysage 46 d\u00e9note des tableaux pr\u00e9c\u00e9dents, clair et pr\u00e9cis, de grands pans \u00e0 peine trac\u00e9s. Je pense davantage \u00e0 Scheeler. Y entre plus d\u2019air que dans les autres. Cette id\u00e9e de blanc qui devrait guider l\u2019expo prochaine \u00e0 la galerie. <span lang=\"NL\">Architecture de Mallet-Stevens. <\/span>Pour autant n\u2019est-ce pas trop diff\u00e9rent?<\/p>\n<p>Vernissages ce soir sur Lille. Gauthier Leroy \u00e0 <i>la Petite Surface<\/i>, le r\u00eave am\u00e9ricain d\u2019un grand enfant. Mani\u00e9risme de la sculpture contemporaine. Sc\u00e9nographie des grandes photographies de Marc Mounier Kuhn au <i>Lem<\/i>. Je me sens en proximit\u00e9 avec cette id\u00e9e de fragments d\u2019un film de m\u00e9moire ou d\u2019impressions dont l\u2019exposition est un possible et provisoire montage.<\/p>\n<p>Retour au soir sur Valenciennes, le d\u00e9cors \u00e9teint qui s\u2019\u00e9chappe \u00e0 travers les vitres du camion sur fond de rock romantique invite \u00e0 la m\u00e9lancolie et au cin\u00e9ma. 23h30, je boue des p\u00e2tes. <span lang=\"EN-GB\">Jeferson airplane, <i>white rabitt<\/i>. <\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-GB\"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommeil en d\u00e9rive, lev\u00e9 10h00. 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