{"id":3628,"date":"2007-05-06T09:45:00","date_gmt":"2007-05-06T08:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-17\/"},"modified":"2013-08-16T11:14:29","modified_gmt":"2013-08-16T10:14:29","slug":"valenciennes-17","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/valenciennes-17\/","title":{"rendered":"Valenciennes 17"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RkAxdlBPe2I\/AAAAAAAAAIU\/886mUZU2MpM\/s1600\/terrain.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-content\/uploads\/blogger\/_qwjJ8iJ7ekg\/RkAxdlBPe2I\/AAAAAAAAAIU\/886mUZU2MpM\/s320\/terrain.JPG\" alt=\"\" border=\"0\"><\/a><\/p>\n<p>Lev\u00e9 8h00. La chambre claire doucement baign\u00e9e est un Morandi. <i>Choses bien distinctes, toutes \u00e0 plus ou moins grande distance, et tranquilles, dans le clair espace : comme on en aura vu dans la peinture toscane (\u2026)<\/i>. (Jaccottet)<\/p>\n<p>Sois m\u00eame encore mal d\u00e9croch\u00e9 du bloc. Les esclaves de Michel-Ange. Un frigo dans ma t\u00eate bourdonne tandis que celui bien r\u00e9el dans la pi\u00e8ce en fait \u00e9cho. Une odeur m\u00e9lang\u00e9e d\u2019huile et de t\u00e9r\u00e9benthine flotte \u00e0 un m\u00e8tre. Je monte \u00e0 l\u2019atelier. Termine la toile <i>Paysage n\u00b0 37<\/i>. Ach\u00e8ve un rouleau de scotch et un tube 200ml blanc titane. Etrangl\u00e9 \u00e0 fond. Je lis quelques pages du livre d\u2019Andr\u00e9 Rouill\u00e9, constate comme lu plus t\u00f4t il aurait pu me servir \u00e0 organiser mon propos lors de l\u2019\u00e9preuve d\u2019agreg, clarifier ce qui chez moi n\u2019\u00e9tait qu\u2019intuitions pouss\u00e9es \u00e0 la rencontre les unes des autres, argumenter de mani\u00e8re plus convaincante. Et puis les connaissances que, je dois bien l\u2019avouer, je n\u2019ai pas tr\u00e8s grandes dans le domaine. Une vue globale. <span lang=\"EN-GB\">Trust. Sting, <i>shape of my heart<\/i>. <\/span>Le <i>paysage n\u00b0 38<\/i> est agressif \u00e0 l\u2019\u0153il. Les photos que j\u2019en prend \u00e0 chaque \u00e9tape me permettent de faire distance, de le voir mieux. <span lang=\"EN-GB\">Al Stewart, <i>the year of the cat<\/i>. <\/span>Dans le ciel, un planeur se fait larguer face au vent. Dans la lumi\u00e8re, les pollens sont des lucioles cotonneuses absolument incons\u00e9quentes sans directions apparente. <i>Un ph\u00e9nom\u00e8ne<\/i> tel que l\u2019on se le figure dans les classes de physique chimie r\u00eavant une explication ; quelque chose de passablement compliqu\u00e9 qui s\u2019anime en suspension \u00e0 une petite distance devant soi tandis qu\u2019on le r\u00e9fl\u00e9chi. Qui dispara\u00eetra de lui m\u00eame sit\u00f4t la pens\u00e9e pos\u00e9e ailleurs. <span lang=\"EN-GB\">Les Stones, <i>Jumping Jack Flash<\/i>. <\/span>Je sors balader comme on va chercher le pain. Marche droit vers ce qui est peut-\u00eatre le nord. Le stade avec le porte \u00e0 faux de couverture de ses gradins, un \u00e9norme b\u00e2timent de briques sans fen\u00eatres et sans usage identifiable. Derri\u00e8re, annonc\u00e9 par des baraquements de pr\u00e9fabriqu\u00e9 d\u00e9fra\u00eechis, les terrains de sport. Etendues s\u00e9rieuses, abandonn\u00e9es depuis longtemps semble-t-il. Le rev\u00eatement synth\u00e9tique est amorti encore d\u2019une couche de terre et de poussi\u00e8re, les buts ont perdus leurs filets. Des zones plus us\u00e9es que d\u2019autres, comme \u00e9lim\u00e9es, donnent \u00e0 l\u2019ensemble un aspect lunaire. Moi qui marche sans but pr\u00e9cis, seul et silencieux. Le terrain qui d\u00e9veloppe une \u00e9tendue d\u00e9sert\u00e9 sans plus de but non plus, sans plus d\u2019usage, sans plus de bruits. Un aspect tr\u00e8s m\u00e9lancolique qui inviterait t\u00f4t l\u2019angoisse si le ciel ne couvrait de bleu. Les terrains de tennis \u00e0 cot\u00e9, cl\u00f4ture \u00e9ventr\u00e9e d\u00e9limitant des trac\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s effac\u00e9s. Des parcs \u00e0 rien. Id\u00e9e de la m\u00e9moire. Traces d\u2019un effacement. Pr\u00e9fabriqu\u00e9es sur cales de bois qu\u2019on imagine encombr\u00e9s de tables, de chaises cass\u00e9es et d\u2019autres \u00e9quipements entass\u00e9s dans la poussi\u00e8re. Tout est comme traces prises dans le temps. Des zones o\u00f9 vous vous rendez lorsque vous voulez sortir, partir, quitter, sans pour autant aller nulle part ni faire quoi que ce soit. Le voyage, la boucle qui nous ram\u00e8nera au m\u00eame point de d\u00e9part et aux confins de laquelle il ne s\u2019agissait que de se retrouver soi ou de s\u2019apercevoir furtivement. <i>Le territoire du voyage est un espace en boucle<\/i>. (J-F Chevrier) Sans doute un de ces endroits o\u00f9 l\u2019on passe, que l\u2019on note en m\u00e9moire, mais que l\u2019on ne retrouve jamais quand on veut y emmener quelqu\u2019un. <\/p>\n<p>Les rubans que je parcours apr\u00e8s sont vides et mornes, des usines d\u00e9saffect\u00e9es aux lotissements mesquins. Sur un banc rassembl\u00e9s autour du scooter, les quatre jeunes du quartier tandis que 500m plus loin un autre banc agglutinera un autre groupe ou un couple. Les maisons de construction l\u00e9g\u00e8re sont habill\u00e9es de briques ou de carreaux de c\u00e9ramique ocre. Quelque chose d\u2019un r\u00eave us\u00e9. Devant ces int\u00e9rieurs que des portes entrouvertes laissent deviner extr\u00eamement charg\u00e9s, les poubelles agr\u00e9ment\u00e9es comme en petits ch\u00e2teaux d\u2019emballages hi-fi ou \u00e9lectrom\u00e9nager. Un \u00e9cran plat. Une friteuse. Carton d\u2019un panier de basquet. De quelques fantaisies de d\u00e9coration int\u00e9rieure. J\u2019ai une certaine tristesse, comme un malaise \u00e0 ressentir \u00e0 la suite de ces carr\u00e9s cern\u00e9s une sorte d\u2019ambition sage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Comme on rassoit en sa carcasse presque \u00e0 n\u2019exister plus (\u2026)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lev\u00e9 8h00. La chambre claire doucement baign\u00e9e est un Morandi. Choses bien distinctes, toutes \u00e0 plus ou moins grande distance, et tranquilles, dans le clair espace : comme on en aura vu dans la peinture toscane (\u2026). (Jaccottet) Sois m\u00eame encore mal d\u00e9croch\u00e9 du bloc. Les esclaves de Michel-Ange. Un frigo dans ma t\u00eate bourdonne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-3628","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3628"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4465,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3628\/revisions\/4465"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}