{"id":6192,"date":"2013-10-25T21:44:28","date_gmt":"2013-10-25T20:44:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=6192"},"modified":"2013-11-01T22:20:28","modified_gmt":"2013-11-01T21:20:28","slug":"limage-cest-mouvement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/limage-cest-mouvement\/","title":{"rendered":"l\u2019image c\u2019est un mouvement"},"content":{"rendered":"<p>Quand on entreprend de r\u00e9fl\u00e9chir sur les modes actuels de production, de diffusion, d\u2019utilisation, en un mot, sur la vie des images, on ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019alterner entre un sentiment de continuit\u00e9 en contemplant de singuliers trac\u00e9s dont t\u00e9moignent les productions pr\u00e9historiques cependant que l\u2019on observe depuis au moins un si\u00e8cle avec la naissance de l\u2019industrialisation une furieuse acc\u00e9l\u00e9ration qui fini par modifier profond\u00e9ment la nature de cette habitude contract\u00e9e il y a au moins 100 000 ans de fabriquer des images mat\u00e9rielles. Vient alors l\u2019id\u00e9e que l\u2019image c\u2019est un mouvement.<!--more--><\/p>\n<p>A regarder l\u2019extr\u00eame contemporain, c\u2019est \u00e0 dire, l\u2019aventure de l\u2019art au XX\u00e8me si\u00e8cle et l\u2019\u00e9clatement des pratiques dont semblent t\u00e9moigner ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, on serait tent\u00e9 de dire qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 une pratique de l\u2019objet, les arts visuels sont devenus davantage affaire de postures, exacerbant dans les productions le champ de relations qui est mis en jeu par rapport aux qualit\u00e9s propres des objets produits ou pr\u00e9lev\u00e9s. Comme si le moteur actuel de l\u2019art \u00e9tait la fabrique de dispositifs. La position dominante du commissariat, la fabrique d\u2019exposition comme \u0153uvres en serait aujourd\u2019hui le point d\u2019orgue. Et de citer alors le geste de Marcel Duchamp, n\u2019op\u00e9rant, lorsqu\u2019il s\u2019agit de ses ready-made qu\u2019un d\u00e9placement lequel induit effectivement un changement d\u2019appr\u00e9ciation et donc la mise en \u00e9vidence d\u2019une posture \u00e0 la fois pour l\u2019artiste se distinguant plus radicalement encore que l\u2019avaient fait sais pr\u00e9d\u00e9cesseurs au XVIII\u00e8me si\u00e8cle des pratiques manuelles artisanales et pour le spectateur qui joue de ces manipulations mentales du r\u00e9el. Difficile alors de ne pas penser \u00e0 Carnac et autres t\u00e9moignages anciens de semblables d\u00e9placements, de ne pas imaginer, de plus anciennes pratiques encore consistant \u00e0 se saisir d\u2019une pierre, \u00e0 la redresser, \u00e0 l\u2019\u00e9lire comme symbole ou outil, y d\u00e9celer une figure, \u00e0 choisir un lieu m\u00eame comme point de rencontre, de rituels. Quoi de diff\u00e9rent entre poser sur un socle, dans un mus\u00e9e ou ficher en terre ? Ceux qui \u00e9lisent une clairi\u00e8re, un \u00e9peron rocheux, un arbre \u00e0 la stature singuli\u00e8re apprivoisent l\u2019espace pour y fonder des lieux. Ce geste premier est d\u00e9j\u00e0 une pratique. Mais encore, ils y viennent pratiquer des gestes, prof\u00e9rer des paroles ou esquisser des musiques, r\u00e9aliser des objets, des d\u00e9corations, quand il ne s\u2019agit pas plus magiquement encore de r\u00e9agir aux mouvements du ciel et aux solstices.<br \/>\nEt si nous ne voyons dans tout ce qui nous a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de production artefactuelle que des objets, c\u2019est que nous regardons trop au mat\u00e9riel, aux archives. L\u2019image est une pratique. Elle t\u00e9moigne d\u2019un rapport au monde.<\/p>\n<p>Avancer de mani\u00e8re aussi cursive \u00e0 travers les si\u00e8cles et les contextes n\u2019est pas sans scrupules et on s\u2019en veut un peu de tout ce que l\u2019on a pas dit dans l\u2019\u00e9conomie de l\u2019id\u00e9e que l\u2019on poursuivait. Il faut toujours consid\u00e9rer comme me le rappelait un ami qu\u2019un geste cr\u00e9ateur se d\u00e9termine tout \u00e0 la fois par l\u2019intension ou la th\u00e9orie, le concept et par la pratique, la plastique. Sans doute que l\u2019effort physique, le contact avec la mati\u00e8re, le go\u00fbt de se trouver en un lieu pr\u00e9cis justifient autant les menhirs et les sanctuaires que l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9rection, d\u2019\u00e9lection. Et Marcel Duchamp, de sa formation d\u2019imprimeur, de son go\u00fbt pr\u00e9coce pour le dessin conservera toute sa vie une certaine pr\u00e9disposition aux travaux manuels et bricolages soign\u00e9s. Il y a chez le sculpteur autant le go\u00fbt du geste que celui de la forme finie. Des choses en apparence oppos\u00e9es cohabitent souvent dans les m\u00eames \u00e9poques et parfois m\u00eame en les m\u00eames personnes. Nous appartenons toujours \u00e0 plusieurs mondes \u00e0 la fois. Aussi, quand on voudrait insister un peu trop sur la part conceptuelle de l\u2019art au XX\u00e8me si\u00e8cle, il faudrait d\u2019un part regarder aussi l\u2019extr\u00eame raffinement intellectuel, les codes de l\u2019art des \u00e9poques pr\u00e9c\u00e9dentes bien moins r\u00e9ductible \u00e0 son seul sensualisme ou \u00e0 sa seule attention au travail bien r\u00e9alis\u00e9 que certains veulent se le faire croire, d\u2019autre part comme aujourd\u2019hui cohabitent des r\u00e9alisations qui semblent tout \u00e0 l\u2019inverse r\u00e9clamer une appr\u00e9ciation bien plus sensible qu\u2019intellectuelle. Plusieurs des \u00e9coles les plus influentes de l\u2019art du XX\u00e8me si\u00e8cle, comme \u00ab support surface \u00bb, dans les ann\u00e9es 70 en France ou l\u2019 \u00ab arte povera \u00bb dans la m\u00eame p\u00e9riode en Italie t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 de d\u00e9construction culturelle, un retour \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 et \u00e0 son appr\u00e9ciation sensible. L\u00e0 encore, du moins dans un premier temps, il s\u2019agit de se proposer une exp\u00e9rience, s\u2019affranchir des modes convenus, habituels d\u2019appr\u00e9ciation des objets pour en red\u00e9couvrir leur plus humble mat\u00e9rialit\u00e9. Se placer dans un champ de stimuli plus ou moins t\u00e9nus. D\u2019une certaine mani\u00e8re et peu importe le caract\u00e8re trivial des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sents, ces \u0153uvres mettent en jeu quelque chose qui n\u2019est pas sans rappeler notre plus profonde et plus vertigineuse perception du monde. Celle, ancestrale, que revisite chaque homme par sa propre naissance : des sons et des signes, des formes, des immensit\u00e9s qui vous \u00f4tent le souffle et troublent votre stabilit\u00e9, des choses qui s\u2019adressent aux sens dans leur langue non verbale en-de\u00e7\u00e0 ou au-del\u00e0 de toute intellection. De cette donation symphonique confuse nous nous faisons des images.  Ou peut-\u00eatre est-ce que ce sont les images qui \u00e9manent de notre incompr\u00e9hension, notre incapacit\u00e9 \u00e0 nous saisir de cette exp\u00e9rience exc\u00e9dante qu\u2019est le monde, comme pour masquer l\u2019angoisse euphoris\u00e9e du cerveau ? Une chose est s\u00fbre : on ne voit pas, le regard s\u2019aveugle de ce qu\u2019il voit, on n\u2019entend pas, on se sent pas, on imagine. On se fabrique des images. <\/p>\n<p>Nous n\u2019en revenons toujours pas de cette magie des images, de leur \u00e9trange pouvoir, de leur surgissement et de leur manipulation si semblable \u00e0 ces fantasmes que l\u2019on s\u2019offre pour palier \u00e0 la d\u00e9ception qu\u2019offre parfois la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 nos d\u00e9sirs, si semblable au ph\u00e9nom\u00e8ne du refoulement. Comme si les images \u00e9taient li\u00e9es intimement \u00e0 notre relation au monde, peut-\u00eatre au mouvement de recul que nous a fait op\u00e9rer le mouvement de conscience de notre propre r\u00e9alit\u00e9, de conscience du temps et de notre mort \u00e0 venir. Sans doute les images sont-elles un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019accession de l\u2019homme \u00e0 lui-m\u00eame, de sa distinction. Elles sont l\u2019affirmation d\u2019un geste, comme le jet de la pierre est une pro-jection. Une \u00e9chapp\u00e9e au corps par les moyens du corps m\u00eame.<\/p>\n<p>On n\u2019en fini pas de faire remonter les origines des images r\u00e9alis\u00e9es de la main de l\u2019homme, d\u00e9couvrant des productions n\u2019\u00e9tant plus seulement dat\u00e9es de quelques 20 000 ans b.p. comme Lascaux ou Pech Merle, mais de 40 000 ans au moins, tout aussi fascinantes par leur \u00e9laboration (Chauvet t\u00e9moigne de productions aurignaciennes, 30 000 b.p.) que les productions modernes. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, un article m\u2019apprenait la d\u00e9couverte \u00e0 Blombos en Afrique d\u2019objets grav\u00e9s et d\u2019un mat\u00e9riel de peinture dat\u00e9s de 80 000 \u00e0 100 000 ans b.p.. J\u2019en reste fascin\u00e9 : dans une coquille, quelques restes de pigments dont les d\u00e9p\u00f4ts sur les bords t\u00e9moignent qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 hydrat\u00e9s, dilu\u00e9s comme on le fait aujourd\u2019hui. A ce jour, le plus ancien r\u00e9cipient retrouv\u00e9. A proximit\u00e9, une pierre arrondie laquelle servait probablement \u00e0 piler les os qui rentraient dans la confection de la charge pigmentaire et sur laquelle nos tr\u00e8s anciens pr\u00e9d\u00e9cesseurs frottaient \u00e9galement pour en tirer de la poudre quelques morceaux de roches tendres ou de charbon. Tout contre encore, un petit morceau d\u2019os tubulaire et droit semblable \u00e0 ceux que l\u2019on voit aujourd\u2019hui encore utilis\u00e9s par certaines tribus d\u2019Afrique pour les d\u00e9corations corporelles. L\u2019\u00e9laboration du proc\u00e9d\u00e9 est prodigieuse, laissant envisager quelques rituels ancestraux, un d\u00e9veloppement technique, une pens\u00e9e symbolique nettement plus anciens qu\u2019on ne l\u2019envisageait. Les plus de 20 millions de repr\u00e9sentations rupestres pr\u00e9historiques recens\u00e9es sur plus de 100 000 sites (250 sites en Europe occidentale r\u00e9pertori\u00e9s \u00e0 ce jour), ne t\u00e9moignent, on imagine, que bien partiellement d\u2019une production que le temps a enfoui, alt\u00e9r\u00e9e ou tout bonnement rendu \u00e0 la poussi\u00e8re. On ne peut qu\u2019imaginer, des productions sur bois, sur peaux ou sur corps t\u00e9moignant de ce tr\u00e8s ancien besoin de r\u00e9aliser des images et de tracer des signes. L\u2019histoire, l\u2019il fallait s\u2019en convaincre, est ancienne. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de trouver depuis lors la route bien pauvre, clamant avec Picasso que l\u2019on n\u2019a rien fait de mieux depuis.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr on ne peut que se perdre en conjectures sur ce qui a emmen\u00e9 si t\u00f4t l\u2019homme \u00e0 produire des images et user de parures. A la fonction des repr\u00e9sentations qu\u2019ils faisaient, \u00e0 leur r\u00e9ception. On a souvent critiqu\u00e9 l\u2019appellation d\u2019\u0153uvres pari\u00e9tales, revendiquant une diff\u00e9renciation des productions artistiques, esth\u00e9tiques et des manifestations visuelles de rituels en ce qu\u2019ils r\u00e9pondent du religieux au sens large. Les intensions de ces hommes, que nous ignorons \u00e0 peu pr\u00e8s totalement, n\u2019\u00e9tait tr\u00e8s certainement pas tout \u00e0 fait les m\u00eames que celles qui animent aujourd\u2019hui les artistes contemporains. On peut se demander n\u00e9anmoins si ce qui les distingue n\u2019est pas moins important que ce qui les rapproche, \u00e0 savoir, in fine, la r\u00e9alisation d\u2019images. Je m\u2019en remettrais instinctivement \u00e0 certains t\u00e9moignages d\u2019iconoclasmes pour tenter de saisir en n\u00e9gatif ce que produisent ces images. L\u00e0 encore, je n\u2019ai aucun savoir universitaire sur le sujet dont je ne suis absolument pas sp\u00e9cialiste. Ce que j\u2019entends dans ce terme c\u2019est une rejet de l\u2019iconodulie, de l\u2019idol\u00e2trie, de la v\u00e9n\u00e9ration de la repr\u00e9sentation qui peut appara\u00eetre tant\u00f4t comme une erreur en ce qu\u2019elle se d\u00e9tourne du divin lui-m\u00eame (ou \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9) pour se reporter sur une s\u00e9duction factice, tant\u00f4t comme un affront par concurrence du divin. Rapidement, la politique rejoint les revendications cultuelles et la querelle des images n\u2019est pas moins une fa\u00e7on de poser la question de l\u2019irrepr\u00e9sentable que d\u2019imposer une autorit\u00e9. Il n\u2019est pas un roi qui n\u2019ait fait basculer la statue de son pr\u00e9d\u00e9cesseur et ce genre de violence symbolique pr\u00e9c\u00e9da les monoth\u00e9ismes sous quelques figures de pharaons. Il n\u2019est pas rare non plus que cette fureur destructrice s\u2019en prenne \u00e0 des constructions exemptes de repr\u00e9sentations figur\u00e9es mais n\u2019en n\u2019\u00e9taient pas moins repr\u00e9sentations d\u2019un ancien pouvoir, de concurrence. Il me semble que l\u2019on peut distinguer plusieurs iconoclasmes lesquels pourraient aboutir d\u2019un c\u00f4t\u00e9 au rejet total des images, et notamment des images figurant le r\u00e9el et ce pour plusieurs raisons (d\u00e9tournement du vrai, comme le pensait d\u00e9j\u00e0 Platon, blasph\u00e8me etc.), et d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, mutilation partielle des images, comme s\u2019il s\u2019agissait non pas tant d\u2019\u00e9vacuer ou d\u2019effacer les figurations, que de reprendre la main sur elles. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, c\u2019est constater le pouvoir des images sur les esprits, leurs s\u00e9ductions, leur rh\u00e9torique, de l\u2019autre, c\u2019est leur attribuer un pouvoir effectif quelque peu magique et qui n\u2019est peut-\u00eatre en somme qu\u2019une fa\u00e7on de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019inconscient.<br \/>\nIl nous arrive toujours aujourd\u2019hui de passer nos nerfs sur les portraits politiques de quelques extr\u00e9mistes qu\u2019il ne nous plaira jamais tant d\u2019effacer totalement que de d\u00e9figurer, tout comme l\u2019on peut hurler devant son t\u00e9l\u00e9viseur \u00e0 la faveur de la retransmission d\u2019une rencontre sportive. Que l\u2019on oublie que les images sont des images, ou que l\u2019on sente instinctivement qu\u2019elles jouent dans le monde un r\u00f4le non n\u00e9gligeable, les images appartiennent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 visuelle laquelle est un de nos plus grands sujets d\u2019attention. L\u2019\u0153il est l\u2019organe le plus sollicit\u00e9 de nos sens, il est notre vigie premi\u00e8re. Et les neurosciences montrent que dans un premier r\u00e9flexe, la photographie d\u2019une araign\u00e9e nous \u00e9prouve tout autant que la vue d\u2019une araign\u00e9e r\u00e9elle. C\u2019est \u00e0 peine si l\u2019on n\u2019en sent pas d\u00e9j\u00e0 le fr\u00f4lement horripilant. Le cortex pr\u00e9-moteur active \u00e0 la vue des images les mouvements r\u00e9flex que n\u00e9cessiterait la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame. On n\u2019est pas tant \u00e0 voir les choses qu\u2019\u00e0 les imaginer.  <\/p>\n<p>Ceci explique sans doute cet iconoclasme plus ancien qui concerne des figurations rupestres pr\u00e9historiques de plus de 10 000 ans, notamment observables dans la \u00ab grotte des b\u00eates \u00bb situ\u00e9e en plein Sahara et dans lesquelles on peut lire des sc\u00e8nes de chasse ou d\u2019affrontements entre des hommes et des animaux plus ou moins mythiques. Plusieurs de ces b\u00eates ont \u00e9t\u00e9 lapid\u00e9es ou piquet\u00e9es avec acharnement avec pr\u00e9cision au niveau des pattes, de la t\u00eate ou au beau milieu du corps, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019en venir \u00e0 bout en s\u00e9parant le tronc de l\u2019abdomen. S\u2019est-il pass\u00e9 la m\u00eame chose que lorsque les premiers monstres ont d\u00e9barqu\u00e9 au cin\u00e9ma, terrifiant et fascinant les spectateurs qui, pris de panique, tent\u00e8rent de fuir en jetant \u00e0 l\u2019\u00e9cran dans une d\u00e9fense d\u00e9risoire tout ce qui se trouvait \u00e0 port\u00e9e de main ? L\u2019image n\u2019est-elle jamais que le lieu de ce conflit n\u00e9 de cette dualit\u00e9 de l\u2019imagination qui est tout \u00e0 la fois un outil de la pens\u00e9e et le lieu de manipulation et d\u2019illusions ? Sans doute ces questions anciennes traversent l\u2019histoire pour nous parvenir subrepticement, sans se formuler tout \u00e0 fait de la m\u00eame mani\u00e8re. La question est maintenant de savoir si l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du flux de production des images, leur diffusion modifient de leur \u00ab \u00e9conomie \u00bb, c\u2019est \u00e0 dire de leur mani\u00e8re d\u2019interf\u00e9rer dans notre rapport au monde, sa production, et sa \u00ab consommation \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on entreprend de r\u00e9fl\u00e9chir sur les modes actuels de production, de diffusion, d\u2019utilisation, en un mot, sur la vie des images, on ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019alterner entre un sentiment de continuit\u00e9 en contemplant de singuliers trac\u00e9s dont t\u00e9moignent les productions pr\u00e9historiques cependant que l\u2019on observe depuis au moins un si\u00e8cle avec la naissance de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6193,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6192","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6192","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6192"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6192\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6200,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6192\/revisions\/6200"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6193"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6192"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6192"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6192"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}