{"id":6270,"date":"2014-01-22T14:55:25","date_gmt":"2014-01-22T13:55:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=6270"},"modified":"2014-05-04T20:54:02","modified_gmt":"2014-05-04T19:54:02","slug":"anthony-duranthon-grimes-imagos-imager-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/anthony-duranthon-grimes-imagos-imager-le-monde\/","title":{"rendered":"Anthony Duranthon, Grimes et Imagos : Imager le monde."},"content":{"rendered":"<p>Dans les derniers mois de sa vie intra-ut\u00e9rine, alors que l\u2019\u0153il ne lui permet encore que de distinguer, au mieux, les variations lumineuses qui filtrent \u00e0 travers la peau, les muscles et le liquide amniotique, le f\u0153tus forme d\u00e9j\u00e0 ses premi\u00e8res images, passant le plus clair de son temps \u00e0 r\u00eaver, m\u00ealant les perceptions qu\u2019il a de l\u2019ext\u00e9rieur aux observations centr\u00e9es sur ses propres activit\u00e9s internes et autres hallucinations nerveuses sensori-motrices. <!--more--> Une forme synesth\u00e9sique t\u00e9moignant peut-\u00eatre de d\u00e9sirs inconscients, comme Freud en a \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se ou plus g\u00e9n\u00e9ralement, assurant une fonction compensatrice ou compl\u00e9mentaire ayant pour vocation l\u2019\u00e9quilibre psychique selon Jung, qui semble perdurer dans notre mani\u00e8re d\u2019aborder au monde par la m\u00e9diation des images.<br \/>\nAinsi, passons-nous notre vie, depuis notre existence pr\u00e9natale, \u00e0 fabriquer, modifier et enrichir des images qui, \u00e0 la mani\u00e8re de la c\u00e9l\u00e8bre all\u00e9gorie platonicienne de la caverne finissent par former notre r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame, tapissant puis feuilletant ce qui se d\u00e9finit alors comme notre monde. Comme si vivre alors n\u2019\u00e9tait plus que regarder \u00e0 un colossal album, \u00ab imager \u00bb ce qui nous entoure : fabriquer et manipuler, lire et regarder, mettre en relation des images.<br \/>\nLes images visuelles (pour les distinguer des images mentales et autres produits imaginaires), celles-l\u00e0 qui pr\u00e9dominent largement dans notre rapport sensible au monde, ne sont pas le r\u00e9sultat m\u00e9canique d\u2019une machinerie optique dupliquant une part du r\u00e9el dans un mode mim\u00e9tique, comme la photographie traditionnelle offre une surface photosensible objective enregistrant fid\u00e8lement les diff\u00e9rentes qualit\u00e9s de lumi\u00e8re qui s\u2019y projettent qu\u2019il s\u2019agira ensuite de r\u00e9v\u00e9ler chimiquement. Leur fabrique engage des processus d\u2019interpr\u00e9tation complexes et subjectifs qui font de chaque image comme l\u2019empreinte de celui qui l\u2019a forg\u00e9e. Synth\u00e8se ou contraction orient\u00e9e par ses fins, comme en t\u00e9moigne la grande vari\u00e9t\u00e9 physiologique observable chez les \u00eatres vivants selon leur milieu, qu\u2019ils soient diurnes ou nocturnes, pr\u00e9dateurs ou sujet \u00e0 pr\u00e9dation. N\u2019importe quel coll\u00e9gien sait, en outre, que ne lui est perceptible qu\u2019une partie du spectre lumineux, laquelle s\u2019\u00e9tend entre les bornes des infrarouges et des ultraviolets quand d\u2019autres esp\u00e8ces se montreront plus performantes dans des conditions de tr\u00e8s faible luminosit\u00e9 par exemple, favoriseront un mode \u00e9chographique ou une sensibilit\u00e9 \u00e9lectromagn\u00e9tique, brefs, capteront une autre version du monde, un autre monde. L\u2019\u0153il, encore, ne saisit que quelques points significatifs, \u00e9mergeant par contraste quand il ballait l\u2019\u00e9tendue d\u2019un mouvement saccad\u00e9. Les pauses et les saccades d\u00e9pendant de la richesse des informations que rec\u00e8lent chaque partie de l\u2019espace visible observ\u00e9 et de la strat\u00e9gie exploratoire, c\u2019est \u00e0 dire de ce vers quoi l\u2019attention se porte volontairement. Quelques \u00e9tudes r\u00e9centes ont \u00e9galement mis en \u00e9vidence deux temps dans l\u2019approche visuelle de la r\u00e9alit\u00e9, une vision d\u2019ensemble due \u00e0 la stimulation de cellules r\u00e9tiniennes sensibles aux fr\u00e9quences spatiales basses, contraste lumineux et diff\u00e9rents plans de leur apparition anticipant des informations plus fines relatives aux d\u00e9tails et aux objets. La vision d\u2019ensemble entrainant assez g\u00e9n\u00e9ralement une anticipation des perceptions pr\u00e9cises au niveau du cortex, diminuant la quantit\u00e9 des informations sensorielles transmises par le thalamus depuis les sens vis-\u00e0-vis des connexions entre neurones, de la m\u00e9moire, dans la g\u00e9n\u00e9ration des images. Avant m\u00eame que le cerveau s\u2019en m\u00eale, biologiquement, n\u00e9cessairement, une partie du r\u00e9el nous \u00e9chappe. Nous l\u2019occultons, litt\u00e9ralement &#8211; comme ces oiseaux qui ne voient que le rouge des fleurs qui les concernent &#8211; pour ne retenir qu\u2019une version subjective, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9termin\u00e9e par les sujets que nous sommes, de cet ensemble complexe de signaux qui d\u00e9finit notre monde sensible. Une autre partie encore de ce m\u00eame r\u00e9el se voit substitu\u00e9s des souvenirs similaires s\u2019insinuant par-devant la sensation pour tisser un r\u00e9cit plausible plus rapide \u00e0 former. Une trentaine d\u2019aires visuelles sont concern\u00e9es, organis\u00e9es hi\u00e9rarchiquement du cortex visuel primaire au cortex inf\u00e9rotemporal. Au-del\u00e0 de la stimulation de cellules photosensibles r\u00e9parties sur notre r\u00e9tine, dans la cavit\u00e9 interne de notre \u0153il, de la co\u00efncidence de ces excitations et de leur transmission dans les zones d\u00e9di\u00e9es du cortex c\u00e9r\u00e9bral, les images convoquent \u00e9galement dans leur g\u00e9n\u00e9ration une m\u00e9moire corporelle multisensorielle, multimodale adjointe d\u2019une multitude d\u2019informations connexes imbriqu\u00e9es. Ceci explique encore que notre capacit\u00e9 de voir en trois dimensions \u2013 la vision st\u00e9r\u00e9oscopique \u2013 n\u2019atteigne son plein d\u00e9veloppement que vers l\u2019\u00e2ge de six ou sept ans, voir induisant une d\u00e9marche cognitive en compl\u00e9ment de l\u2019activit\u00e9 sensorielle : tr\u00e8s rapidement, le nourrisson rep\u00e8re des r\u00e9gularit\u00e9s dans son environnement et forme des concepts dynamiques qui \u00e9voluent avec l\u2019exp\u00e9rience et d\u00e9terminent en retour la reconstruction du monde qui l\u2019entoure. Toute conscience, \u00e9crit Husserl, est conscience de quelque chose. Elle manifeste une intentionnalit\u00e9. Et par retournement, le ph\u00e9nom\u00e8ne que l\u2019on peut observer est corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 notre subjectivit\u00e9. Il y a autant dans l\u2019exp\u00e9rience que nous avons des choses de manifestation du r\u00e9el que de manifestation de notre propre perception. <\/p>\n<p>L\u2019image, interpr\u00e9tation sensible tout autant qu\u2019intellectuelle, a toute l\u2019\u00e9paisseur d\u2019une pens\u00e9e. Le cerveau, loin de n\u2019\u00eatre qu\u2019un enregistreur passif de ce que lui transmettent les sens construit le monde de l\u2019int\u00e9rieur, att\u00e9nuant parfois \u00e0 l\u2019extr\u00eame les informations sensorielles pour travailler sur son fond propre, r\u00eaver le monde.<br \/>\nEt c\u2019est bient\u00f4t tout \u00e0 la fois comme pens\u00e9es et manifestations sensibles, comme pens\u00e9e sensible impliquant l\u2019ensemble du corps et de la m\u00e9moire, comme r\u00e9cits, que les images nous renvoient leurs regards. <\/p>\n<p>Anthony Duranthon semble avoir retenu cette ontologie de l\u2019image, ses circulations complexes, sa domination m\u00e9diatique et ses \u00e9panchements narratifs.  Ses tableaux ne sont jamais des tableaux de choses, mais radicalement des tableaux d\u2019images. Des tableaux qui jouent de cette fa\u00e7on que nous avons d\u2019imager ces bribes de r\u00e9el filtrant du dedans comme du dehors et qui, dans leur singulier travail, r\u00eavent le monde, forgent l\u2019unit\u00e9 imaginaire depuis laquelle on se situe. Ils en ont la codification (ces concepts dynamiques), de la photo de classe au portrait de famille en passant par les diff\u00e9rents arch\u00e9types de la photographie amateur, ils en ont la texture sch\u00e9matique, ils en ont aussi la mani\u00e8re heuristique, composite. Ainsi, dans leur apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 plaisante, les s\u00e9ductions de leur r\u00e9alisme \u00ab pop \u00bb, les peintures d\u2019Anthony Duranthon incitent \u00e0 une ample r\u00e9flexion sur l\u2019image.<\/p>\n<p>Toute figuration est double, en ce qu\u2019elle est image d\u2019une part, mais aussi en ce qu\u2019elle est image de quelque chose et que ce quelque chose auquel elle fait r\u00e9f\u00e9rence y agit. Cette adh\u00e9rence du r\u00e9f\u00e9rent, comme l\u2019exprime Barthes, cette nature indicielle de l\u2019image est chez Duranthon travers\u00e9e, dialectis\u00e9e par la plastique du tableau qui, tout en r\u00e9pondant \u00e0 un d\u00e9sir de figuration et de lisibilit\u00e9 dont il faudra dire l\u2019objet, unifie la surface en un jeu de taches et de couleurs satur\u00e9es qui n\u2019est pas sans \u00e9voquer le projet Nabis tel qu\u2019\u00e9nonc\u00e9 par Maurice Denis. Le sujet est rendu secondaire pour ne devenir qu\u2019une apparence figurative engendr\u00e9e par \u201cune surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assembl\u00e9es\u201d, un fait pictural. A la mani\u00e8re d\u2019un rubenisme radical occultant courbes et venust\u00e9 des mod\u00e8les pour n\u2019en retenir que l\u2019image \u00ab thermique \u00bb comme en g\u00e9n\u00e8rent certaines cam\u00e9ras ou comme en synth\u00e9tisent certaines compressions num\u00e9riques, fond et forme s\u2019entrem\u00ealent \u00e0 \u00e9galit\u00e9, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019associations libres, ind\u00e9pendantes du monde r\u00e9el &#8211; comme le r\u00eave se love sur lui-m\u00eame, engendrant ses propres fantasmagories. On pense alors \u00e0 ces images qu\u2019exploitent les neurosciences pour localiser les zones actives du cortex c\u00e9r\u00e9bral selon les activit\u00e9s qui lui sont soumises, sch\u00e9matisant les sujets de leurs observations par des t\u00e2ches color\u00e9es. Et plastiquement, en effet, par leur traitement \u00e9gal, syst\u00e9matique et synth\u00e9tique, les tableaux d\u2019Anthony Duranthon rel\u00e8vent d\u2019une m\u00e9canique davantage que d\u2019un regard dans la complexit\u00e9 interpr\u00e9tative qui le d\u00e9termine.<br \/>\nContrairement \u00e0 ce que laisseraient entendre les titres de certains tableaux, il ne peint ni Elvire, ni Aur\u00e9lie, ni John, ni telle ou telle personnalit\u00e9 ou victime d\u2019un fait divers, mais seulement les images qu\u2019Elvire, Aur\u00e9lie et John projettent au peintre, au photographe, aux autres et pour finir \u00e0 eux-m\u00eames. Il peint des Portraits, pour tout dire ; un de ces genres canoniques de la peinture pass\u00e9 \u00e0 la photographie, \u00e0 la litt\u00e9rature auquel des individus se pr\u00eatent en se rendant objets d\u2019un regard. Les acteurs nous le disent assez quotidiennement, eux qui s\u2019offrent aux r\u00e9cits des images : les noms sont interchangeables. L\u2019identit\u00e9, quoi qu\u2019en attendent certains politiques, est un concept ouvert. Ce qui est figur\u00e9, pour y revenir enfin, c\u2019est, soit cette h\u00e9sitation de la tache et de la figure, de la plastique et du sujet \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez les Nabis et qu\u2019\u00e9voque sous le mode de l\u2019anecdote un tableau comme <em>Devant-dedans<\/em> (2012). Soit un arch\u00e9type comme <em>L\u2019enfant<\/em> (2012), <em>Les parents<\/em> (2013), <em>La famille<\/em> (2012) comme mod\u00e8le sociologique, La classe telle qu\u2019engendr\u00e9e par la photographie traditionnelle, <em>Ousititi !<\/em> (2012), le <em>Pr\u00e9sident<\/em> (2011 et 2013) comme fonction et figure symbolique dont chaque pr\u00e9sident sera une variation. Images abstraites, sujets d\u00e9tour\u00e9s, dont le fond, c\u2019est \u00e0 dire le contexte, est interchangeable et qui fondent ainsi une forme all\u00e9gorique de nos soci\u00e9t\u00e9s. Un temps, Anthony Duranthon a pr\u00e9sent\u00e9 de telles images dans des cadres anciens contrastant avec l\u2019apparence r\u00e9solument moderne, presque pop de la peinture, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019insister sur la dimension codifi\u00e9e de ce qui les structuraient ; de signifier la dimension analytique de son travail, ainsi plac\u00e9 dans la lign\u00e9e de Saussure ou de L\u00e9vi-Strauss.<\/p>\n<p>Ainsi, manipulant des images \u00e0 d\u00e9faut de manipuler des objets r\u00e9els, l\u2019artiste op\u00e8re une prise de recul qui lui permet de d\u00e9peindre par quelques attentions cibl\u00e9es, par la distinction de quelques figures ou structures de figurations, ce \u00ab monde comme repr\u00e9sentation \u00bb que tout \u00e0 la fois nous fabriquons, habitons et pla\u00e7ons entre nous comme un espace symbolique commun. Le monde comme cosm\u00e9tique de l\u2019inatteignable qu\u2019il voile et dont il ne per\u00e7oit, furtivement peut-\u00eatre, la v\u00e9rit\u00e9 &#8211; ce que Schopenhauer appelle sa <em>volont\u00e9<\/em> &#8211; qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion d\u2019une empathie involontaire, d\u2019une donation, comme disent les ph\u00e9nom\u00e9nologues. Sensation vive, sentiment de pr\u00e9sence, \u00eatre au monde, devenir impersonnel, d\u00e9subjectivation qui appara\u00eet magistrale et lapidaire dans le \u00ab je est un autre \u00bb de Rimbaud, qui emporte tout l\u2019\u00eatre pour le rendre de tout son contact \u00e0 une unit\u00e9 primordiale et sans espace qui perce dans la po\u00e9sie comme \u00e0 travers une br\u00e8che. <\/p>\n<p>On ne fait jamais, abordant une \u0153uvre, qu\u2019aborder \u00e0 la question du regard que nous posons sur elle. C\u2019est bien s\u00fbr entrevoir que chaque perception et intellection est singuli\u00e8re \u2013 sinon subjective du moins culturelle, qu\u2019elle est une interpr\u00e9tation. Mais c\u2019est aussi dire comme l\u2019\u0153uvre fabrique un regard. Un regard qui est une cr\u00e9ation du monde, affirmant \u00e0 la mani\u00e8re de Wilde que \u00ab l\u2019art pr\u00e9c\u00e8de la vie \u00bb ou que l\u2019existence sensible des choses nous appara\u00eet premi\u00e8re par rapport \u00e0 son essence. Un regard qui, \u00e9manant des \u0153uvres elles-m\u00eames, se retourne enfin vers celui qui observe, nous disant comme elles nous concernent au sens fort du terme, nous cernent, nous d\u00e9finissent dans nos contours avec notre propre contribution. Benjamin est celui qui en a peut-\u00eatre le mieux cern\u00e9 la po\u00e9tique, d\u00e9finissant l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne ou d\u2019une \u00eatre \u2013\u00ab celui qui est regard\u00e9 ou se croit regard\u00e9 (l\u00e8ve les yeux) r\u00e9pond par un regard \u00bb- comme une forme de l\u2019aura. Il est des images comme des mots dont Kraus dit : \u00ab Plus on regarde un mot, plus il r\u00e9pond en regardant de loin \u00bb. Ces images dont nous formons notre propre r\u00e9alit\u00e9, faisant du monde un ouvrage \u00ab tiss\u00e9 de l\u2019\u00e9toffe des songes \u00bb, celles-l\u00e0 actuelles mais tout aussi inactuelles ou atemporelles, celles-l\u00e0 personnelles mais tout autant collectives que peint Anthony  Duranthon viennent \u00e0 lever les yeux sous notre regard, nous entrainent tout d\u2019abord \u00ab vers leur lointain \u00bb, comme l\u2019\u00e9crit Benjamin. Quelque chose de profond nous y appara\u00eet, ou pour mieux dire encore, quelque chose de nous depuis son lointain nous regarde en dedans de ces images, de toute leur surface ; leur regard r\u00eave, nous attire dans son r\u00eave. C\u2019est l\u00e0 peut-\u00eatre enfin la br\u00e8che qu\u2019ouvre le peintre quand il travaille les tournures de l\u2019image. On s\u2019y voit sujet et objet, manifestation d\u2019un regard. <\/p>\n<p><em>Image : Anthony Duranthon, Les parents, 2013.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les derniers mois de sa vie intra-ut\u00e9rine, alors que l\u2019\u0153il ne lui permet encore que de distinguer, au mieux, les variations lumineuses qui filtrent \u00e0 travers la peau, les muscles et le liquide amniotique, le f\u0153tus forme d\u00e9j\u00e0 ses premi\u00e8res images, passant le plus clair de son temps \u00e0 r\u00eaver, m\u00ealant les perceptions qu\u2019il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6271,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6270","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6270"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6270\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6374,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6270\/revisions\/6374"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}