{"id":6736,"date":"2016-03-16T14:19:32","date_gmt":"2016-03-16T13:19:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=6736"},"modified":"2016-03-16T14:21:57","modified_gmt":"2016-03-16T13:21:57","slug":"notes-sur-la-peinture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/notes-sur-la-peinture\/","title":{"rendered":"notes sur la peinture"},"content":{"rendered":"<p>Dans le cadre d\u2019une exposition collective de peintres entendant donner \u00e0 voir un panel de gestes ou de fa\u00e7ons, il \u00e9tait demand\u00e9 d\u2019exprimer en quelques lignes ce qu\u2019il en \u00e9tait pour nous de la peinture. Comment nous l\u2019abordions ou la vivions.<br \/>\nJ\u2019avais jet\u00e9 dans la soir\u00e9e quelques notes.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p><em>\u00ab L\u2019art r\u00e9sulte de la projection, sur le monde qui entoure l\u2019homme, d\u2019une image mentale forte qui colore la r\u00e9alit\u00e9, avant de prendre forme et de la transfigurer ou de la recr\u00e9er dans la mati\u00e8re \u00bb<\/em>.<br \/>\nJean Clotte<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le geste vient de loin : touiller de la couleur accroupi, courb\u00e9 sur des coquilles et se redresser en avan\u00e7ant le pinceau au bout du bras vers la surface. Faire surgir une forme, un signe qui, par un retournement du regard, nous d\u00e9visage comme nous d\u00e9visageait tout \u00e0 l\u2019heure le monde dans sa famili\u00e8re opacit\u00e9. Il semble que l\u2019on n\u2019habite jamais que nos propres projections. Enfant d\u00e9j\u00e0, je regardais au ciel comme \u00e0 des traces peintes.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 quelque chose d\u2019infiniment complexe : voir c\u2019est voir le regard lui-m\u00eame \u00e0 travers lequel tout regard se projette et par lequel il nous revient. On ne peint pas la chose, \u00e9crit Mallarm\u00e9, mais l\u2019effet qu\u2019elle produit, l\u2019espace de la relation.<br \/>\nSi peindre m\u2019est si vital, c\u2019est que cela engage tout mon rapport au monde. Il s\u2019agit par la peinture de tenter de voir, ou de ne pas totalement manquer ce qui se laisse appara\u00eetre dans la destruction et reconstruction de l\u2019image.<\/p>\n<p>On y revient sans cesse : le regard travaille. On en change constamment. Regarder, regarder \u00e0 nouveau, voir diff\u00e9remment, renouveler le regard. Et je me demande toujours ce qui a lieu dans ces diverses fa\u00e7ons du regard, dans -non pas une mobilit\u00e9, bien que cela joue- mais une reconfiguration du regard qui fait qu\u2019il arrive souvent que les choses que l\u2019on consid\u00e8re longuement ou \u00e0 plusieurs reprises semblent n\u2019\u00eatre jamais tout \u00e0 fait semblables, jamais l\u00e0 o\u00f9 elles \u00e9taient l\u2019instant d\u2019avant, comme prises dans un mouvement diff\u00e9rent ; peu \u00e9tablies, vou\u00e9es a exister selon plusieurs perspectives, plusieurs apparences. Dans quel espace complexe, mouvant, mobile une chose est-elle ? Parvient-on parfois \u00e0 calmer ces convulsions, ces mouvements organiques qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du regard, de ce qu\u2019il charrie de pens\u00e9e et de m\u00e9moire, on g\u00e9n\u00e8re, pour que quelque chose donne l\u2019impression de se fixer ?<\/p>\n<p>La main s\u2019avance l\u00e0-dedans. Exp\u00e9rimente \u00e0 chaque fois cette travers\u00e9e bouillonnante. Qu\u2019est-ce qu\u2019elle d\u00e9pose en toute fin dans un tableau ? Qu\u2019est-ce qui, dans le tableau ou \u00e0 sa surface se d\u00e9pose de ce qui a eu lieu ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre d\u2019une exposition collective de peintres entendant donner \u00e0 voir un panel de gestes ou de fa\u00e7ons, il \u00e9tait demand\u00e9 d\u2019exprimer en quelques lignes ce qu\u2019il en \u00e9tait pour nous de la peinture. Comment nous l\u2019abordions ou la vivions. 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