{"id":6891,"date":"2017-06-06T17:32:15","date_gmt":"2017-06-06T16:32:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=6891"},"modified":"2017-06-06T17:34:13","modified_gmt":"2017-06-06T16:34:13","slug":"melancolie-des-paysages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/melancolie-des-paysages\/","title":{"rendered":"m\u00e9lancolie des paysages"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Et triste, j\u2019erre apr\u00e8s un r\u00eave vague et beau,<br \/>\npar les champs o\u00f9 la s\u00e8ve immense se pavane<br \/>\npuis je tombe \u00e9nerv\u00e9 de parfums d\u2019arbres, las<br \/>\net creusant de ma face une fosse \u00e0 mon r\u00eave \u2026\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nSt\u00e9phane Mallarm\u00e9<\/p>\n<p>Il faudrait regarder avec attention, longuement, les centaines de photos prises\u00a0; et m\u00eame avoir acc\u00e8s \u00e0 celles qui se sont scell\u00e9es dans un moment du regard et que l\u2019on porte en soi sans qu\u2019elles apparaissent vraiment, sous la forme d\u2019une structure vague, d\u2019une trace.<!--more--> Interroger la nature des arrangements, les sujets de pr\u00e9dilection, la pr\u00e9sence sculpturale des grands pins se d\u00e9crochant sur une corniche entre deux saisons, l\u2019obsession de l\u2019architecture, ce \u00ab\u00a0jeu des volumes dans la lumi\u00e8re\u00a0\u00bb, selon la d\u00e9finition qu\u2019en donnait Le Corbusier. Et ce d\u00e9sir alors, un peu \u00e9trange, que confessait Edward Hopper de \u00ab\u00a0peindre la lumi\u00e8re du soleil sur un mur\u00a0\u00bb, qui est peut-\u00eatre atteindre en un geste simple un peu de cette puissance sereine qui en son sublime d\u00e9ploie au-dedans un espace insondable. Ambition curieuse, na\u00efve peut-\u00eatre que de vouloir, reprenant l\u2019alchimie de Baudelaire, trouver l\u2019or d\u2019un \u00e9clat de lumi\u00e8re dans la boue de la peinture.<br \/>\nIl faudrait examiner pour soi-m\u00eame ce que mangent les masses v\u00e9g\u00e9tales avec lesquelles les fa\u00e7ades blanches comme des visages contrastent &#8211; ou \u00e0 quoi ces rapports introduisent. Recenser rigoureusement les livres, les annotations qu\u2019ils ont enfant\u00e9es, les \u0153uvres qui composent le Mus\u00e9e imaginaire dont nous sommes les conservateurs et les prospecteurs, ou l\u2019Atlas Mn\u00e9mosyne dont Warburg nous a donn\u00e9 le mod\u00e8le, et dans quel voisinage\u00a0: comprendre la pr\u00e9sence tut\u00e9laire de C\u00e9zanne, de Greco, de Morandi\u00a0; plus tard de Per Kirkeby, de Sean Scully. De ces images, de ces bouts d\u2019images, de ces lieux qui ont fond\u00e9 comme une cit\u00e9 en les arcanes de laquelle notre \u00eatre s\u2019est fa\u00e7onn\u00e9.<br \/>\nIl faudrait aussi noter la qualit\u00e9 de ces silences quand une image ou un objet \u00e9loignent les mots, les rendent pauvres ou sans prise. Confier que j\u2019ai aim\u00e9 souvent aller vers l\u00e0. Quand seuls quelques \u00e9chos de formes, rapports de textures ou contrastes conversent par leur cohabitation, depuis leur position exacte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la vue. Nous aurions \u00e0 retenir les livres et comment on les a lus, \u00e0 appeler les conversations men\u00e9es avec les vivants et les morts. Tout ce qui, du contexte historique et culturel \u00e0 la moindre anecdote a fait la vie que l\u2019on a men\u00e9e. Remonter \u00e0 la petite enfance, aux silhouettes incertaines qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es et dont une part de la m\u00e9moire nous a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e d\u00e8s la naissance pour comprendre quelles d\u00e9terminations ont configur\u00e9 notre volont\u00e9, notre fa\u00e7on de nous mouvoir, de penser, notre sensibilit\u00e9. Parce qu\u2019un tableau ou n\u2019importe quelle \u0153uvre n\u2019est jamais que la somme de tout ce qui a fait pression, l\u2019a nourrie, l\u2019a inform\u00e9e\u00a0: des m\u00eal\u00e9es de r\u00e9sistances et de d\u00e9sirs qui s\u2019expriment. C\u2019en est le lieu. C\u2019est comment, tr\u00e8s litt\u00e9ralement, tout cela a lieu.<br \/>\n\u00ab\u00a0Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonn\u00e9es de la mine un rameau d\u2019arbre effeuill\u00e9 par l\u2019hiver\u00a0; deux ou trois mois apr\u00e8s, on le retire couvert de cristallisations brillantes.\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Stendhal. Certains tableaux mettent des ann\u00e9es \u00e0 se d\u00e9finir dans ce qu\u2019ils agr\u00e8gent et ce qu\u2019ils d\u00e9gagent, la s\u00e9rie de choix \u2013 intuitifs souvent \u2013 de cohabitations, de s\u00e9lections, d\u2019abandons qu\u2019ils induisent.<br \/>\nIl faudrait consid\u00e9rer sans doute un certain go\u00fbt pour l\u2019errance ou la fl\u00e2nerie. Celle de Walser, de Benjamin, de Rousseau ou de Nietzsche. Comme j\u2019ai toujours aim\u00e9 aller au hasard des rues, me perdre, me rendre \u00e0 une certaine ind\u00e9termination, d\u00e9river. On peint aussi comme cela\u00a0: en se laissant guider par ce qui advient, en accueillant l\u2019impr\u00e9vu. En ne sachant jamais que vaguement o\u00f9 et comment. En se d\u00e9fiant, se m\u00e9fiant du vouloir et des guides trop clairs. Parce que l\u2019affrontement, \u00e9trangement, appelle au chemin de traverse. Et cette beaut\u00e9 qu\u2019on ne disait pas encore avec Breton qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab\u00a0convulsive\u00a0\u00bb, Delacroix \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 en 1847 qu\u2019elle ne pouvait \u00eatre qu\u2019\u00e0 condition de \u00ab\u00a0s\u2019abandonner un peu, de trouver en faisant\u00a0\u00bb. Ce dont atteste aujourd\u2019hui sans d\u00e9tours Pierre Soulages\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que je fais m\u2019apprend ce que je cherche\u00a0\u00bb.<br \/>\nIl faudrait dire aussi dans ces traverses physiques et mentales, les moments o\u00f9 l\u2019espace semble se dilater jusqu\u2019au vertige. O\u00f9 chaque chose avoue sa ph\u00e9nom\u00e9nale distance (\u00ab\u00a0l\u2019infinie distance des choses dans leur temps\u00a0\u00bb \u00e9tait le titre d\u2019une exposition r\u00e9cente), insinuant ce sentiment de \u00ab\u00a0se percevoir,\u00a0simple, infiniment sur la terre\u00a0\u00bb qu\u2019\u00e9crivait et appelait Mallarm\u00e9. L\u2019espace qui se pr\u00e9cipite dans le moindre coin de muret, le d\u00e9croch\u00e9 d\u2019un balcon qui donne sur la mer, dans ce que met en travers du regard la masse \u00e9lanc\u00e9e d\u2019un tronc. Car, dit Mallarm\u00e9, il s\u2019agit de \u00ab\u00a0peindre, non la chose, mais l\u2019effet qu\u2019elle produit\u00a0\u00bb.\u00a0D\u2019o\u00f9 encore souvent cet effet d\u2019\u00e9bauche, que Delacroix aussi revendiquait face aux \u00ab\u00a0adversaires du vague\u00a0\u00bb. Mais qu\u2019est-ce qui appelle cette pr\u00e9cipitation, cette urgence, cet inach\u00e8vement sinon le d\u00e9sir de transcrire le vif, le mouvement m\u00eame dans lequel quelque chose s\u2019immisce et se perd \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une \u00e9clipse\u00a0et qui est \u00e0 toute fin le sujet m\u00eame du tableau, ce dont \u00e0 son terme il t\u00e9moigne ?<br \/>\nIl faudrait encore approcher ce que l\u2019anecdote humaine laisse appara\u00eetre parfois par transparence d\u2019un fond immuable, ou soumis \u00e0 une temporalit\u00e9 plus longue comme les photographies anciennes au long temps de pause d\u00e9peuplaient les sc\u00e8nes de leur foule pour faire surgir au premier plan et comme \u00e0 travers nos gesticulations le d\u00e9cor\u00a0; d\u00e9cor soudain avanc\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une figure. Et que le paysage alors o\u00f9 les architectures dress\u00e9es qui le configurent, c\u2019est quelque chose comme l\u2019os du visible mis au jour, le fond des choses nettoy\u00e9 de tout voile narratif. L\u2019exact miroir de ce que le regard porte de compact et opaque en amont de lui.<br \/>\nEt dans cette configuration du regard qui est la manifestation d\u2019un certain \u00e9quilibrage interne de la pens\u00e9e et de l\u2019intuition, nommer la fa\u00e7on qu\u2019ont quelques immeubles ordinaires de tourner l\u2019espace autour d\u2019eux, de basculer le vertige, insinuant debout en soi un formidable sentiment de pr\u00e9sence.  Une fa\u00e7on d\u2019introduire l\u2019espace ou introduire \u00e0 l\u2019espace qu\u2019aura initi\u00e9 Vermeer et peut-\u00eatre Pieter Janszoon Saenredam avant lui, \u00e0 laquelle aura touch\u00e9 Rilke dans ses d\u00e9rives hallucin\u00e9es et qui n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re au cadre comme en aura parl\u00e9 Jacques Sicard \u00e0 propos de David Lynch\u00a0: \u00ab\u00a0La qualit\u00e9 la plus bouleversante, bien que rarement exprim\u00e9e, du cadre cin\u00e9matographique est de placer son spectateur face \u00e0 un espace o\u00f9 il n\u2019existe pas. En d\u00e9pit d\u2019un sentiment de d\u00e9j\u00e0-vu, le voici dispens\u00e9 de se croiser ou de se reconna\u00eetre dans ce qu\u2019il voit. Absence si radicale, qu\u2019il n\u2019est m\u00eame pas question de vivre par procuration, rien ne lui est demand\u00e9, il pourrait aussi bien passer son chemin \u2013 s\u2019il n\u2019y avait le magn\u00e9tisme de ce cadre, produit d\u2019un regard comme d\u00e9tach\u00e9 de ses origines biologiques\u00a0\u00bb.<br \/>\nJe pourrais dire que peindre c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re d\u2019aller \u00e0 la rencontre de ces interrogations, donner corps \u00e0 la sensation. Doucement se d\u00e9faire de l\u2019id\u00e9e, tout en sollicitant la saisie du regard, la conscience r\u00e9flexive. Mais il n\u2019y a jamais qu\u2019une raison \u00e0 ce que l\u2019on fait. Et il faudrait rendre justice \u00e0 la magie premi\u00e8re d\u2019\u00e9laborer des traces, de fabriquer des mondes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019espace symbolique. A la fascination de voir quelque chose appara\u00eetre sous la main et se sceller. Elaborer des traces. Au jeu des formes, des mati\u00e8res, des couleurs, au rapport des masses, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la mobilit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments modulant les figures que l\u2019on extrait de l\u2019espace et du temps. \u00ab\u00a0L\u2019art, disait Claude Levi Strauss, s\u2019ins\u00e8re \u00e0 mi-chemin entre la connaissance scientifique et la pens\u00e9e mythique ou magique\u00a0\u00bb.<br \/>\nDans ce travail de bricolage en somme, quelque chose s\u2019\u00e9labore d\u2019un moyen, dans le jeu un m\u00e9tier s\u2019acquiert. Mais simultan\u00e9ment aussi quelque chose se d\u00e9fait ou se met au jour. Le tableau est le lieu o\u00f9 le regard se fa\u00e7onne, la figuration se construit, mais aussi, \u00e0 travers cela, le lieu o\u00f9 surgissent des vues, des pr\u00e9cipitations soudaines o\u00f9 dans quelque chose comme une br\u00e8che, une marque, une figure retourne le regard et nous surprend.<br \/>\nIl faut derri\u00e8re la chose dans les simplifications qui en facilitent l\u2019assimilation, l\u2019usage, retrouver l\u2019existence que nous percevions d\u2019abord, quand vivre n\u2019\u00e9tait pas encore devenu une habitude, lorsque l\u2019impression primait sur les cat\u00e9gorisations de plus en plus fines par lesquelles on reconstruirait le monde en le structurant.<br \/>\nIl y a dans les images ce qu\u2019elles signifient et d\u00e9signent, ce qu\u2019elles repr\u00e9sentent, mais le tableau qu\u00eate encore une fa\u00e7on d\u2019insinuer une m\u00e9moire corporelle plus vaste, quelque chose de ce que C\u00e9zanne nommait \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0en peinture\u00a0\u00bb, en appelant la sensation, et qu\u2019\u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un palimpseste il condense, jouant de ce vertige, de ce myst\u00e8re de l\u2019entre-deux et de la coexistence.<br \/>\nC\u2019est en cela que le tableau ne cherche pas \u00e0 raconter, n\u2019installe pas une narration, mais cherche \u00e0 dire ce qu\u2019un moment \u00e9tait\u00a0; un \u00ab\u00a0dire\u00a0\u00bb de l\u2019ordre de la donation ph\u00e9nom\u00e9nologique par les rapports, les frictions qui, traversant l\u2019image, semblaient c\u00f4toyer l\u2019origine.<br \/>\n\u00ab\u00a0La litt\u00e9rature, l\u2019art ne se servent des signes, \u00e9crit Yves Bonnefoy, qu\u2019en les \u00e9tayant sur le r\u00eave ou l\u2019approche d\u2019un absolu au-del\u00e0\u00a0: sinon ce ne sont que du divertissement\u00a0\u00bb. Ainsi, l\u2019artiste ou le po\u00e8te, poursuit Jean Starobinski, \u00ab\u00a0doit persister \u00e0 \u00eatre l&rsquo;ouvrier de l&rsquo;entre-deux, entre la nuit de la condition corporelle et la vision \u00e9blouissante de ce qui n&rsquo;existe qu&rsquo;en espoir\u00a0\u00bb.<br \/>\nFaire un tableau c\u2019est souvent se placer dans cet espace m\u00e9dian o\u00f9 s\u2019immisce, semble appara\u00eetre un instant avant de s\u2019\u00e9vanouir, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du paysage ou de la figure qu\u2019il a dress\u00e9, l\u2019insaisissable d\u2019un sentiment ou d\u2019une sensation. <\/p>\n<p>JL, mai 2017 <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Et triste, j\u2019erre apr\u00e8s un r\u00eave vague et beau, par les champs o\u00f9 la s\u00e8ve immense se pavane puis je tombe \u00e9nerv\u00e9 de parfums d\u2019arbres, las et creusant de ma face une fosse \u00e0 mon r\u00eave \u2026\u00a0\u00bb St\u00e9phane Mallarm\u00e9 Il faudrait regarder avec attention, longuement, les centaines de photos prises\u00a0; et m\u00eame avoir acc\u00e8s \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6893,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6891","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6891","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6891"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6891\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6894,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6891\/revisions\/6894"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6893"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6891"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6891"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6891"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}