{"id":7027,"date":"2018-08-20T21:42:06","date_gmt":"2018-08-20T20:42:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7027"},"modified":"2018-08-20T21:42:06","modified_gmt":"2018-08-20T20:42:06","slug":"de-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/de-plus\/","title":{"rendered":"De plus"},"content":{"rendered":"<p>De plus, je me souviens de Proust \u00e9voquant les multiples apparences d&rsquo;Albertine dans leurs diverses rencontres et donc la somme en quoi elle devait consister pour l&rsquo;auteur.<!--more--> Si peindre des paysages, des architectures ne r\u00e9pond pas chez moi \u00e0 un projet disons d&rsquo;ordre scientifique mais rel\u00e8ve de la subjectivit\u00e9, de l&rsquo;affectif et de l&rsquo;intime, le retour \u00e0 des motifs d&rsquo;attachement comme l&rsquo;architecture du Corbusier et singuli\u00e8rement la Cit\u00e9 radieuse \u00e0 Marseille (comme motif autobiographique) t\u00e9moigne du fait de l&rsquo;exp\u00e9rience que j&rsquo;en ai, que j&rsquo;en ai eu, la signification qu&rsquo;elle porte ne se laissent pas enfermer dans une image. De multiples sentiments, sensations, impressions parfois \u00e9loign\u00e9s ou contradictoires ont pass\u00e9 en moi soit dans l&rsquo;instant soit dans la rem\u00e9moration, les r\u00e9miniscences qui caract\u00e9risent le travail de la m\u00e9moire et r\u00e9clament un espace d&rsquo;expression singulier dont chaque tableau est la manifestation ou la d\u00e9claration d&rsquo;intention. Comme l&rsquo;\u00e9crit Fran\u00e7ois Laplantine, \u00a0\u00bb ce qui est ou devient intime, nous ne pouvons pas le dire d&rsquo;une seule mani\u00e8re. Une ethnographie de l&rsquo;intime appelle une polygraphie \u00ab\u00a0. Ainsi, s&rsquo;engage dans le projet global des \u00a0\u00bb paysages \u00a0\u00bb quelque chose d&rsquo;un brassage rythmique fait de perp\u00e9tuels retours et d\u00e9calages. Comme une d\u00e9stratification ou diffraction d&rsquo;un tableau cubiste.<br \/>\nJe crois me souvenir d&rsquo;avoir pu observer dans une exposition de photographies, confront\u00e9s, deux tirages d&rsquo;une m\u00eame image. Deux versions l\u00e9g\u00e8rement \u00a0\u00bb dissemblantes \u00a0\u00bb (si je peux me permettre ce n\u00e9ologisme) par le format et par la teinte un peu pass\u00e9e, les bords un peu alt\u00e9r\u00e9s de l&rsquo;une par rapport \u00e0 l&rsquo;autre. Deux tonalit\u00e9s affectives. Si g\u00e9n\u00e9ralement, en gravure comme en photographie des \u00e9preuves d&rsquo;essai ou des tirages d&rsquo;\u00e9tats constituent les \u00e9tapes d&rsquo;un travail en direction d&rsquo;un tirage d\u00e9finitif et quelque part optimum ajust\u00e9 pour devenir l&rsquo;\u00e9talon de tous les tirages, de toutes les impressions \u00e0 venir, la nature m\u00eame des multiples induit cette mobilit\u00e9 de l&rsquo;image dont la matrice, le n\u00e9gatif, le fichier num\u00e9rique ne sont (\u00e0 moins de les consid\u00e9rer dans leur corps m\u00eame, leur mat\u00e9rialit\u00e9 propre, ind\u00e9pendamment de l&rsquo;outil qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent) que des virtualit\u00e9s, des images \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat potentiel. Papier, format, encres, contraste, teintes, textures constituent alors autant d&rsquo;ajustements susceptibles de modifier singuli\u00e8rement l&rsquo;aspect de l&rsquo;image, son appr\u00e9hension, sa perception et donc quelque chose de sa signification. Sugg\u00e9rant autant d&rsquo;existences physiques singuli\u00e8res diffractant l&rsquo;image-matrice initiale. Ces deux photographies alors s&rsquo;inqui\u00e9taient r\u00e9ciproquement ou inqui\u00e9taient ce que chacune isol\u00e9ment aurait pu \u00e9tablir en son horizon. C&rsquo;est ce genre de rapport ou de relation qui s&rsquo;induit dans la poursuite d&rsquo;une s\u00e9rie brassant les m\u00eames mat\u00e9riaux et ainsi juxtaposant dans son panorama des inclinaisons, des perspectives, des harmoniques pour ne pas dire des esth\u00e9tiques diff\u00e9rentes.<br \/>\nJe l&rsquo;ai r\u00e9p\u00e9t\u00e9 parfois : m&rsquo;int\u00e9ressent autant les images que ce qu&rsquo;il y a entre les images, l&rsquo;\u00e9cart de la \u00a0\u00bb dissemblance \u00a0\u00bb (j&rsquo;y tiens, d\u00e9cid\u00e9ment) comme celui qui, pr\u00e9cis\u00e9ment, les s\u00e9pare, les dissocie, comme un intervalle, une respiration, un silence. Cet \u00e9cart, c&rsquo;est celui de l&rsquo;articulation, du montage ou plut\u00f4t des montages possibles comme je l&rsquo;indiquais en titrant une exposition \u00a0\u00bb le r\u00e9cit absent \u00ab\u00a0. Mais c&rsquo;est encore un suspend, un trou, un vertige, une \u00e9tendue de nuit dans laquelle surnagent les images comme Jean-Christophe Bailly \u00e9crit du son \u00a0\u00bb la parole comme le cri, le chant, ou la musique, tout ce que nous sommes \u00e0 m\u00eame de produire comme \u00e9mission sonore, se d\u00e9ploie comme une ligne tendue dans cette ouverture ou b\u00e9ance de l&rsquo;espace, et la sonde. \u00ab\u00a0. Je suis revenu \u00e0 cette question du bord dans le r\u00e9cit \u00a0\u00bb La travers\u00e9e \u00a0\u00bb (Publie.net) et dans \u00a0\u00bb La mer en contrebas tape contre la digue \u00a0\u00bb (La Nerthe), mais elle est l\u00e0 toujours dans le travail des tableaux, la mani\u00e8re qu&rsquo;ont les formes de s&rsquo;ajuster, se rencontrer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame du tableau. La conscience fait parfois l&rsquo;impression d&rsquo;une sorte de halo qui \u00e9merge et se ravale \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un feu clignotant tr\u00e8s lentement dans la nuit, les tableaux font parfois l&rsquo;effet de ces intermittences. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De plus, je me souviens de Proust \u00e9voquant les multiples apparences d&rsquo;Albertine dans leurs diverses rencontres et donc la somme en quoi elle devait consister pour l&rsquo;auteur.<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7028,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7027","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7027","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7027"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7027\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7029,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7027\/revisions\/7029"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7028"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7027"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7027"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7027"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}