{"id":7045,"date":"2019-01-07T22:40:38","date_gmt":"2019-01-07T21:40:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7045"},"modified":"2019-01-31T12:11:49","modified_gmt":"2019-01-31T11:11:49","slug":"depuis-ou-et-vers-quoi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/depuis-ou-et-vers-quoi\/","title":{"rendered":"depuis o\u00f9 et vers quoi"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est peut-\u00eatre d\u2019avoir lu successivement ces derniers jours des articles sur les po\u00e8tes dada\u00efstes, surr\u00e9alistes, les situationnistes, la beat generation et ses clochards c\u00e9lestes, d\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 un documentaire sur la vague punk des ann\u00e9es 80 en France. Ou peut-\u00eatre que \u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir.<!--more--><br \/>\nJ\u2019avais tr\u00e8s vite senti alors que je faisais mes premi\u00e8res armes le fort d\u00e9sir des mod\u00e8les et l\u2019impossibilit\u00e9 de les suivre sans devenir une sorte de pastiche anachronique, paradoxal. Je m\u2019\u00e9tais nourri adolescent aux images, aux r\u00e9cits de la boh\u00e8me parisienne. C\u2019est toujours \u00e7a, on peut tirer les le\u00e7ons que l\u2019on veut de l\u2019histoire, de ses ain\u00e9s, ressentir les charmes de leurs \u00e9lans, l\u2019\u00e9mulation des mouvements de d\u00e9gagement dont chaque g\u00e9n\u00e9ration t\u00e9moigne, \u00e7a n\u2019emp\u00eache qu\u2019il faudra inventer pour soi-m\u00eame, sans notice, balanc\u00e9 dans le grand vide de la vie qu\u2019on d\u00e9couvre en la vivant, des emm\u00ealements de sa propre \u00e9poque et de situations toujours un peu similaires mais neuves de n\u2019\u00eatre pas fondamentalement les m\u00eames. On a toujours l\u2019impression d\u2019arriver apr\u00e8s, mais c\u2019est seulement de regarder en arri\u00e8re puisque c\u2019est tout ce qui nous est donn\u00e9 \u00e0 lire. A 20 ou 30 ans on d\u00e9couvre comme ce truc de compliqu\u00e9 que l\u2019on appelle l\u2019art et avec lequel il semble que l\u2019on soit intimement accroch\u00e9 sans bien trop savoir pourquoi a \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9 un bon nombre de fois, d\u00e9plac\u00e9, tiraill\u00e9 jusqu\u2019aux propositions les plus extr\u00eames. On comprend vaguement que pour quelques-uns il s\u2019agit d\u2019une sorte de jeu, de toujours d\u00e9border, invalider, d\u00e9placer ou d\u00e9passer la d\u00e9finition pr\u00e9c\u00e9dente jusqu\u2019\u00e0 en devenir insaisissable. Ou qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019\u00e9prouver. Et si c\u2019est bien \u00e7a il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 se d\u00e9sesp\u00e9rer de n\u2019\u00eatre pas n\u00e9 plus t\u00f4t, dans une histoire encore sauvage, croit-on. La question de la l\u00e9gitimit\u00e9 est plomb\u00e9e par cette voix qui, dans la chanson de Bashung, r\u00e9p\u00e8te : \u00ab t\u2019as int\u00e9r\u00eat \u00e0 nous pondre quelque chose de bien mon gar\u00e7on ! \u00bb. Je mesure en relisant ces histoires comme exister engageait visc\u00e9ralement pour tous ceux de ces g\u00e9n\u00e9rations de retourner les valeurs, de prendre le contre-pied, presque syst\u00e9matiquement. La puissance que \u00e7a rev\u00eatait alors de barouder, se saouler et se droguer, magouiller, exhiber une sexualit\u00e9 sans tabous, s\u2019accoutrer de mani\u00e8re provocatrice, dans son esth\u00e9tique, ses mani\u00e8res, sa fa\u00e7on de parler. Mais avant m\u00eame que j\u2019ai 20 ans cela relevait d\u00e9j\u00e0 de postures, de caricatures, de clich\u00e9s et il n\u2019y avait plus rien de remarquable \u00e0 crier des onomatop\u00e9es en guise de po\u00e8me bruitiste, \u00e0 s\u2019exhiber, \u00e0 provoquer, \u00e0 revendiquer les esth\u00e9tiques les plus exp\u00e9rimentales. Ceux qui parmi nous avaient adopt\u00e9s ce r\u00e9gime de fumette et ap\u00e9ros palabres n\u2019\u00e9taient pas vraiment les plus \u00e9tincelants sans le gla\u00e7age de l\u2019histoire ; juste des gars emp\u00eatr\u00e9s dans des illusions et des clich\u00e9s, dans la frustration et la paresse. Et on avait aussi bien s\u00fbr soi-m\u00eame d&rsquo;abord, se coulant dans le genre sans le savoir, fait suinter une mati\u00e8re indocile qui allait contre le go\u00fbt populaire et les usages courants disant un peu de notre d\u00e9sarroi, de notre d\u00e9senchantement et de cette chape \u00e9crasante du non-sens qui coiffait tout. Des gens s\u2019\u00e9taient introduits dans la poudri\u00e8re, avaient jet\u00e9 une allumette et \u00e7a avait p\u00e9tarad\u00e9 dans tous les sens avec ricochets, joyeux bordel comme un soir de f\u00eate. On pouvait bien encore se raconter le truc, s\u2019\u00e9chauffer au r\u00e9cit, quiconque aurait cru pouvoir relancer la f\u00eate et l\u2019\u00e9tat d\u2019apesanteur qu\u2019elle produit en allant r\u00e9chauffer le foyer n\u2019aurait fait que nourrir une certaine m\u00e9lancolie. C\u2019\u00e9tait se glisser dans un costume d\u00e9fraichi. Il ne s&rsquo;agissait pas de se voiler la face. Qu\u2019est-ce qu\u2019on avait alors de col\u00e8re en propre et de gestes pour la dire ou s&rsquo;y opposer puisque le monde poursuivait malgr\u00e9 tout sur sa pente de toujours, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s ? Pousser l\u2019acceptable dans ses retranchements \u00e7a avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait mille fois et l\u2019histoire avalait \u00e7a comme elle faisait des Nouveau r\u00e9alistes, puisqu\u2019on d\u00e9couvrait \u00e7a avec cette forme de flegme ou d\u2019impassibilit\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9rante : C\u00e9sar c\u2019est celui qui compresse, Armand qui accumule, Christo qui emballe\u2026 Qu\u2019est-ce qui pouvait comme geste qui ne soit pas une posture nous faire exister, aux yeux des autres et de nous-m\u00eames ? En somme, les deux bords oppos\u00e9s \u00e9taient inhabitables. Celui de la r\u00e9p\u00e9tition comme celui du changement.<br \/>\nC\u00f4t\u00e9 peinture, pour en rester \u00e0 ce langage pseudo-archa\u00efque avec lequel je m\u2019\u00e9tais trouv\u00e9 le plus d\u2019affinit\u00e9s, bien s\u00fbr Malevitch, et puis ces grandes peintures gestuelles \u00e9c\u0153urantes de Richter -orange d\u00e9grad\u00e9 sur un vert cru et grand coup de balais- Kippenberger, Eug\u00e8ne Leroy, Paul Rebeyrolle. Comme les aiguilles d&rsquo;un oursin ou autant de caps pouss\u00e9s loins en toutes directions du possible. Tous \u00e9taient dans de prestigieuses collections, tous \u00e9taient entr\u00e9s dans l\u2019histoire, s\u2019\u00e9taient normalis\u00e9s en quelque sorte. Si on avait accept\u00e9 des croutes comme des fonds de palettes, des gesticulations parodiques automutilatrices, des portraits grima\u00e7ants obsc\u00e8nes emp\u00eatr\u00e9es de pl\u00e2tre, mousse expansive, grillage et poils, rien n\u2019\u00e9tait plus excessif ou radical puisque tout pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9tait possible et que chacun pouvait en jouir et m\u00eame en jouissait. On pouvait gueuler tant qu\u2019on pouvait apr\u00e8s la bataille \u00e7a faisait un peu r\u00e9chauff\u00e9. Alors \u00e9videmment tout ce que l\u2019on pouvait faire devait para\u00eetre fatalement un peu conventionnel ou commun puisque les coups d\u2019\u00e9clats \u00e9taient de l\u2019ordre de l\u2019ordinaire, ce que d\u00e9sormais tout le monde recherchait, attendait, comme l\u2019audimat et le march\u00e9 se nourrissent de shows, de d\u00e9rapages, de scandales plus ou moins orchestr\u00e9s. On prend appui et on se dresse comme on peut quand on a 20 ou 30 ans et que l\u2019on se nourri de tout \u00e7a soi-m\u00eame, accueillant et v\u00e9n\u00e9rant Giotto, Rothko, Louis Bourgeois, Picasso ou Warhol d\u2019une m\u00eame brass\u00e9e avec ceux-l\u00e0 m\u00eame juste avant \u00e9voqu\u00e9s. Mais qu\u2019est-ce qu\u2019on cherche pour soi, g\u00e9n\u00e9ration et individu ? Des beaut\u00e9s bizarres, convulsives, herm\u00e9tiques ou baroques, des qui vont contre le go\u00fbt et accueillent m\u00eame la laideur ? Parfois peut-\u00eatre, mais pas forc\u00e9ment. Pas de quoi faire un mot d\u2019ordre ou galvaniser une g\u00e9n\u00e9ration comme on d\u00e9friche \u00e0 grands coups de machette. M\u2019observant un peu j\u2019ai pu remarquer que je ne cherchais pas le nouveau absolument, comme \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un joueur de foot qui chercherait sans cesse se d\u00e9marquer. Pas mon go\u00fbt la comp\u00e8te o\u00f9 il faut courir plus vite que les autres et planter son drapeau pour s\u2019approprier une terre vierge. Pas de table rase ni d\u2019avant-garde : je me suis toujours senti tout aussi proche des modernes que des primitifs et pas plus avanc\u00e9 qu\u2019eux de disposer d\u2019autres moyens. Et la simplicit\u00e9 technique du dessin, de la peinture ou de l\u2019assemblage avaient l\u2019avantage d\u2019\u00eatre plus directs, plus abordables que le montage vid\u00e9o ou l\u2019\u00e9laboration d\u2019univers num\u00e9riques que je ne d\u00e9daignais pourtant pas d&rsquo;explorer \u00e0 l&rsquo;occasion. Ni le scandale, le sensationnel, le path\u00e9tique, ni la d\u00e9rision iconoclaste de mes ann\u00e9es \u00e9tudiantes ou peindre des blagues \u00e9tait une fa\u00e7on de peindre malgr\u00e9 tout y croyant sans y croire, ni la provocation ou la surprise (qui s\u2019\u00e9puisent toujours trop vite), ni la bizarrerie, ni \u00e0 faire pleurer, ni \u00e0 expliquer (au nom de quoi) ou d\u00e9noncer (peut-\u00eatre obliquement), non plus \u00e0 parler pour ou repr\u00e9senter (au nom de qui et depuis o\u00f9). Bien s\u00fbr je fais avec ce que je suis, l\u2019\u00e9poque et les lieux qui me font et que je traverse discr\u00e8tement, tout autant avec ce que je voudrais \u00eatre, ceux qui m\u2019inspirent, d\u2019ici et d\u2019ailleurs, mes souvenirs et mes oublis, mes lumi\u00e8res et mes incapacit\u00e9s, des histoires, des \u00e9clats de beaut\u00e9 brute. Avec ces musiques aussi auxquelles on s\u2019accroche l\u2019oreille en passant et qui tapissent la pens\u00e9e, accompagnent le rythme des pas, emm\u00eal\u00e9es de r\u00eaveries. Je me souviens quand un coll\u00e8gue peintre me disait avec reproche et incompr\u00e9hension qu\u2019il \u00e9tait quelque part anachronique de peindre en ignorant la fragmentation cubiste de l\u2019espace me dire que je pouvais aimer Picasso, Braque et Gris, comprendre et appr\u00e9cier cette rupture plastique, mais qu\u2019au fond mon d\u00e9sir ne m\u2019emmenait pas l\u00e0 dans cette logique successive. M\u00eame si j\u2019en tenais compte discr\u00e8tement. Et face aux collages, \u00e0 la d\u00e9construction, aux juxtapositions, \u00e0 l\u2019\u00e9clatement je cherchais de mani\u00e8re assez volontaire \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 retrouver quelque chose d\u2019un caract\u00e8re unifiant, d\u2019une certaine compacit\u00e9. Chaque tableau devait faire tenir des choses pr\u00e9caires ou volatiles, fugaces. Je ne crois pas qu\u2019il s\u2019agisse l\u00e0 d\u2019une revendication conservatrice. D\u2019ailleurs je ne revendique pas, je fais. Parce que mon d\u00e9sir m\u2019emm\u00e8ne l\u00e0. C\u2019est comme ce que l\u2019on avait un jour r\u00e9pondu, aux Beaux-Arts, au peintre d\u00e9butant que j\u2019\u00e9tais qui s\u2019essayait \u00e0 l\u2019huile en regardant Rembrandt, Greco et Garouste : que la peinture aujourd\u2019hui ce n\u2019\u00e9tait plus \u00e7a, qu\u2019il n\u2019\u00e9tait plus possible de peindre \u00e0 l\u2019huile sur toile (c\u2019\u00e9tait d\u00e9pass\u00e9, hors du coup, anachronique, ringard). Au fond, c\u2019est en faisant, un peu d\u00e9gag\u00e9 de ces paroles, et en s\u00e9rigraphiant des taches sur du contreplaqu\u00e9, en disposant des objets pauvres dans un espace, en filmant ou en marouflant sur toile qu\u2019on effrite les id\u00e9ologies. En fait il faut s&rsquo;en d\u00e9gager, s&rsquo;en foutre, faire. Il ne m\u2019est jamais venu \u00e0 l\u2019esprit qu\u2019une pratique personnelle excluait les autres et j\u2019admire singuli\u00e8rement ceux qui travaillent des formes ou des sensations qui me sont \u00e9trang\u00e8res ou peu naturelles : ce sont eux qui m\u2019apportent ce que je n\u2019ai pas touch\u00e9. La beaut\u00e9 ? Aucune id\u00e9e. Certainement oui, d\u2019avantage de bien-\u00eatre, d\u2019harmonie, un peu comme l\u2019envisageait Matisse. La violence est suffisamment visible et pr\u00e9sente pour \u00eatre surrepr\u00e9sent\u00e9e encore. Mais qui ne voit pas derri\u00e8re l\u2019\u00e9l\u00e9gance d\u00e9corative les audaces et le prodigieux travail du regard et de la sensibilit\u00e9 ? Et d\u2019ailleurs il faudrait mettre au pluriel : des beaut\u00e9s. Pas tellement de pittoresque ou de charmant, quelque chose de plus franc et qui berce moins qu\u2019elle ne saisit. Celle-l\u00e0 qui n\u2019est pas seulement proie ou objet (esth\u00e9tique) mais qui retourne son regard dans le votre, fait face. Si le monde que l\u2019on a touch\u00e9 en naissant \u00e0 nous-m\u00eame dans notre adolescence d\u00e9disait ses promesses d\u00e9j\u00e0 et que l\u2019on devait se d\u00e9sesp\u00e9rer souvent des directions prises qui, si elles n\u2019\u00e9taient heureusement g\u00e9n\u00e9ralement pas les pires, n\u2019\u00e9taient pas non plus les plus lumineuses ou susceptibles de renouveler le go\u00fbt de l\u2019humanit\u00e9, l\u2019espoir ou la foi en notre horizon commun, il nous restait, \u00e0 savoir les entendre ou les percevoir, quelques moments de gr\u00e2ce susceptibles de r\u00e9chauffer notre errance un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ces \u00e9toiles lointaines d\u00e9j\u00e0 \u00e9teintes mais dont la lumi\u00e8re nous parvient encore, avec un effet retard. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est peut-\u00eatre d\u2019avoir lu successivement ces derniers jours des articles sur les po\u00e8tes dada\u00efstes, surr\u00e9alistes, les situationnistes, la beat generation et ses clochards c\u00e9lestes, d\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 un documentaire sur la vague punk des ann\u00e9es 80 en France. Ou peut-\u00eatre que \u00e7a n\u2019a rien \u00e0 voir.<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7046,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7045","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7045","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7045"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7045\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7069,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7045\/revisions\/7069"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7046"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7045"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7045"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7045"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}