{"id":7070,"date":"2019-02-01T09:46:10","date_gmt":"2019-02-01T08:46:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7070"},"modified":"2019-02-01T09:47:54","modified_gmt":"2019-02-01T08:47:54","slug":"image-moment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/image-moment\/","title":{"rendered":"Image-moment"},"content":{"rendered":"<p><em>-Ce qui est extraordinaire, lui dis-je, c\u2019est la fa\u00e7on dont vous savez regarder les choses !<br \/>\n-Mais pas du tout ! Ce sont les choses qui me regardent !<\/em><br \/>\nRaymond Gu\u00e9rin\/Curzio Malaparte<\/p>\n<p>Note : j\u2019ai v\u00e9rifi\u00e9 souvent ce retournement qui fait que les objets les plus opaques et les murs les plus aveugles font l\u2019effet de l\u00e0 o\u00f9 ils sont de r\u00e9pondre quelques fois d\u2019un regard.<br \/> <!--more--><\/p>\n<p><em>\u00ab J\u2019ai vu ce matin une jolie rue dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom \u00bb<\/em> (Apollinaire) <\/p>\n<p>Note : Je ne suis jamais all\u00e9 \u00e0 Capri. D\u2019ailleurs, au moment de poser ces mots il me faut consulter les cartes du bassin m\u00e9diterran\u00e9en pour parvenir \u00e0 localiser \u00e0 peu pr\u00e8s correctement l\u2019ile dans la baie de Naples ; ce que j\u2019oublierais d\u2019ailleurs probablement presque instantan\u00e9ment.<br \/>\nCela dit quelque chose de mon rapport \u00e0 l\u2019espace, toujours passablement flou et erratique. Cela dit quelque chose de ma fa\u00e7on l\u00e2che d\u2019arrimer les mots aux choses. C\u2019est comme le nom des gens : il me semble le recevoir chaque fois comme un battement d\u2019ailes, ces paysages aper\u00e7us \u00e0 la fen\u00eatre d\u2019un train se donnant et disparaissant instantan\u00e9ment en une r\u00e9p\u00e9tition d\u2019\u00e9clipses raval\u00e9es par le tout. Ce qui me rappelle les mots de Balzac : \u00ab toute po\u00e9sie proc\u00e8de d\u2019une rapide vision des choses \u00bb.  Chez moi peut-\u00eatre parlera-t-on d\u2019une fa\u00e7on n\u00e9glig\u00e9e, flottante, lacunaire ; ou de d\u00e9sinvolture. Il me semble parfois que je sinue dans la doublure du monde. Que je glisse. Comme l\u2019\u00e9l\u00e8ve que j\u2019\u00e9tais margeait les heures. <\/p>\n<p>A quel endroit et selon quelles modalit\u00e9s Capri, Naples et sa baie existent-t-elles ? <\/p>\n<p>Note : Le monde visible n\u2019apparait pas de la m\u00eame mani\u00e8re, accompagn\u00e9 ou non d\u2019une l\u00e9gende. Dans l\u2019orbe d\u2019un regard certaines choses se d\u00e9tourent et se d\u00e9finissent quand d\u2019autres n\u2019existent qu\u2019\u00e0 peine aux l\u00e8vres de la conscience, en textures. Pourtant, exactement en dessous des yeux qui voient, la bouche parle. Et l\u2019homme sans langage est encore une l\u00e9gende sans doute puisque toujours quelqu\u2019un au moins pourra, lui, le nommer.<\/p>\n<p>Note : Sans doute ce fut Le M\u00e9pris mais dans l\u2019oubli de la g\u00e9ographie : il y avait seulement cet objet (la maison) ench\u00e2ss\u00e9 dans cet autre objet (le film) et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de l\u2019\u00e9cran les mouvements de cam\u00e9ra, les s\u00e9quences, les plans jouant de mouvements et d\u2019\u00e9quilibres. Incidemment des images nous habitent, comme nous habitent des chambres que nous avons habit\u00e9. <em>\u00ab Je porte ma cellule sur moi, en moi, comme une femme enceinte porte son enfant dans son ventre \u00bb<\/em>, \u00e9crit Malaparte. Alors je pense imm\u00e9diatement aux dessins de maisons-ventre de Louise Bourgeois. Et je me souviens que c\u2019est dans le petit atelier de 6 ou 7 m2 de la rue R\u00e9aumur que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 ce qui serait le Paysage n\u00b033 d\u2019apr\u00e8s un plan de grue tir\u00e9 du film de Godard, retenant dans une plong\u00e9e radicale l\u2019abstraction graphique de l\u2019escalier rendu \u00e0 une alternance de bandes parall\u00e8les. Une toile ray\u00e9e comme le sont celles qui prot\u00e8gent du soleil aux balcons des immeubles baln\u00e9aires. Une rayure en son rythme, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 du cin\u00e9ma. La m\u00eame ann\u00e9e je d\u00e9couvre ce qui est peut-\u00eatre le dernier film de Godard alors, avec ce plan sur une vol\u00e9e de marche qui est comme un clavier de piano, citation probablement d\u2019une photographie d\u2019Alexander Rodtchenko.<\/p>\n<p>Note : 1+1 est d\u00e9j\u00e0 3. Il y a entre chaque unit\u00e9 l\u2019espace qui les distingue. Entre chaque photogramme d\u2019un film le regard tombe dans une nuit qui inqui\u00e8te ce que l\u2019illusion du mouvement tient \u00e0 sa marge.<br \/>\nJ\u2019avais retenu, enfant, \u00e9trangement, le mot de nystagmus opto-kin\u00e9tique (ou optocin\u00e9tique) pour d\u00e9signer ce mouvement de l\u2019\u0153il confront\u00e9 \u00e0 ces rythmes visuels comme en font les all\u00e9es plant\u00e9es le long des routes lorsque l\u2019on passe en voiture. L\u2019\u0153il s\u2019agace \u00e0 ce qu\u2019il ne peut saisir et qui pourrait l\u2019aspirer dans le vertige de la trance. Certains, dit-on, peuvent en perdre connaissance.<\/p>\n<p>Note : Quand on dit d\u2019un parent qu\u2019il a connu la guerre, d\u2019une femme qu\u2019elle a connu des hommes ou connu la faim, on entend qu\u2019il y a l\u00e0 quelque chose qui ne peut se dire. Quelque chose d\u2019intraduisible et donc d\u2019incommunicable sinon par son dehors. Quelque chose que le terme d\u2019exp\u00e9rience d\u00e9tourne et manque avec sa fa\u00e7on de faire CV. Sans doute les dessins, les peintures, les sculptures et les textes sont une mani\u00e8re de connaitre les lieux ou les moments qu\u2019ils \u00e9lisent pour objet. J\u2019ai connu : comme un contact de peaux. On peut avoir oubli\u00e9 le nom, localiser tr\u00e8s mal et ne pouvoir dire qu\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s alors qu\u2019un toucher demeure comme imprim\u00e9 dans les tissus de la peau. <\/p>\n<p>Note : Travaillant par s\u00e9rie, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 par l\u2019intervalle, l\u2019entre, le vide qui s\u00e9pare chaque tableau et lui donne ses contours. Chaque image apparait comme dans une s\u00e9ance de projection diapositive, cern\u00e9e par un vertige de nuit au bord duquel elle se tient, tombant ou \u00e9mergeant. Maintenue dans l\u2019espace du visible pour quelques secondes avant d\u2019\u00eatre raval\u00e9e. Une vague sensation de suspend nous laisse funambule avant qu\u2019une nouvelle image s\u2019avance comme une berge, comme un cap dans le vide, que quelque chose \u00e0 travers la vue s\u2019en saisisse. Ainsi, l\u2019image n\u2019est pas tant d\u00e9coupe dans l\u2019espace que d\u00e9coupe dans le temps. Image-moment.<br \/>\nLe texte vient pour lier ensuite les fragments dispers\u00e9s. Le texte tisse les images-moments en r\u00e9cits.<\/p>\n<p>Note : Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 ensuite l\u2019occasion de recroiser la villa, le nom de Libera, en \u00e9tudiant rapidement l\u2019architecture, sans n\u2019en rien retenir de tr\u00e8s pr\u00e9cis. Ni plan-masse avec r\u00e9partition des espaces int\u00e9rieurs, ni anecdote significative, sinon que l\u2019\u00e9crivain et l\u2019architecte s\u2019\u00e9taient brouill\u00e9s et que c\u2019est \u00e0 Malaparte que l\u2019on doit la maison telle qu\u2019elle est. J\u2019ai r\u00eav\u00e9 souplement \u00e0 des images d\u2019archive dont le grain et les couleurs pass\u00e9es augmentaient encore le caract\u00e8re lointain, confondant comme on le fait d\u2019ordinaire en des mythes \u00e0 la mani\u00e8re de ce que les Aborig\u00e8nes nomment \u00ab le temps du r\u00eave \u00bb les figures du pass\u00e9 et celles de l\u2019imaginaire. J\u2019ai, je le remarque, une capacit\u00e9 formidable \u00e0 l\u2019oubli, du moins \u00e0 ne retenir jamais que les grandes lignes : les choses comme vues de loin. Les impressions plut\u00f4t que les faits stricts.<br \/>\nElle restera jusqu\u2019ici comme un objet, litt\u00e9ralement : cette chose pos\u00e9e \u00e0 distance dans l\u2019espace du r\u00eave ou du fantasme. Que l\u2019on oublie et que l\u2019on sait pouvoir retrouver d\u2019un simple mouvement du regard. Que l\u2019on oublie parce que l\u2019on sait pouvoir la retrouver d\u2019un simple mouvement du regard.<\/p>\n<p>Note : Longeant la baie de Naples une ann\u00e9e, pour accompagner des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 Pomp\u00e9i, nous nous \u00e9tions arr\u00eat\u00e9s un instant sur une corniche. J\u2019avais consid\u00e9r\u00e9 la mer en jouant \u00e0 confondre la ligne d\u2019horizon \u00e0 celle du garde-corps &#8211; j\u2019en ferais plus tard un tableau &#8211; mais \u00e0 aucun moment ne m\u2019est venu l\u2019id\u00e9e que la maison pouvait se tenir quelque part non loin, sur son \u00e9peron rocheux. Dans mon imaginaire, elle est une maison de film ou de livre, pos\u00e9e derri\u00e8re quelque cloison du monde, une h\u00e9t\u00e9rotopie radicale. Jamais l\u2019id\u00e9e ne m\u2019a effleur\u00e9 que je pouvais m\u2019y rendre et la visiter, sinon l\u2019apercevoir en contre-bas, volume rouge allong\u00e9 sur l\u2019abrupt rocher de la pointe de Massulo, <em>\u00ab solide comme une casemate, insolite comme une architecture de Chirico \u00bb<\/em>, comme l\u2019\u00e9crit Raymond Gu\u00e9rin. Peut-\u00eatre est-ce une des strat\u00e9gies par lesquelles le d\u00e9sir s\u2019entretien ? <\/p>\n<p>Note : Je l\u2019ai toujours entendu d\u00e9sign\u00e9e, et l\u2019ai toujours d\u00e9sign\u00e9e moi-m\u00eame, comme la \u00ab villa Malaparte \u00bb, avec tout le myst\u00e8re d\u2019une parole entendue qui n\u2019entre jamais dans le d\u00e9tail de ce qu\u2019elle d\u00e9signe. Et c\u2019est en relisant derni\u00e8rement le livre de Raymond Gu\u00e9rin que j\u2019ai appris ou r\u00e9appris que Malaparte la nommait en v\u00e9rit\u00e9 \u00ab casa come me \u00bb, la maison \u00ab comme moi \u00bb.<br \/>\nDe la m\u00eame mani\u00e8re que les h\u00e9ros, fondateurs de cit\u00e9s, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 ador\u00e9s comme des dieux sont finalement ador\u00e9s comme dieux, il fallait que l\u2019auteur et sa maison s\u2019assimilent en un m\u00eame objet, semblable \u00e0 un sphinx accoud\u00e9 face \u00e0 la mer affrontant l\u2019invisible. La maison de Malaparte \u00e9tait devenue la maison Malaparte. D\u2019ailleurs dans plusieurs de ses livres, dont un au titre r\u00e9v\u00e9lateur (\u00ab Portrait de pierre \u00bb), Malaparte \u00e9voque son projet comme une confession de foi, un manifeste ou un autoportrait. Et ce sont les souvenirs de la prison retourn\u00e9s en un exil positif qui op\u00e8rent comme matrice : <em>\u00ab je vis aujourd\u2019hui dans une ile, dans une maison triste, dure, s\u00e9v\u00e8re, que je me suis construite moi-m\u00eame, solitaire sur un rocher \u00e0 pic sur la mer : une maison qui est le spectre, l\u2019image secr\u00e8te de la prison. L\u2019image de ma nostalgie \u00bb<\/em>. Difficile alors de ne pas penser \u00e0 un cimeti\u00e8re marin, un mausol\u00e9e regardant l\u2019horizon. Il n\u2019est pas improbable que l\u2019ego de Malaparte n\u2019ai pas envisag\u00e9 s\u2019\u00e9riger un c\u00e9notaphe \u00e0 sa l\u00e9gende.<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019en chaque maison je vois une sorte de tombeau. Les maisons veillent les hommes de la naissance \u00e0 la mort, entourant les gestes et les moments de leurs murs et leurs plafonds, de leurs couloirs, linteaux et chambranles de portes.<br \/>\nElles sont comme ces portraits qui un jour fixeront le dernier et tacitement l\u2019anticipent. <\/p>\n<p>Note : J\u2019ai quelque temps moi aussi tenu \u00e9pingl\u00e9e sur le mur d\u2019un de mes ateliers une impression tir\u00e9e du M\u00e9pris sur laquelle le silhouette de Brigitte Bardot se d\u00e9tache sur le toit-terrasse de la villa ouvrant sur le ciel et la mer confondus. Un vague horizon qui, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition, devait \u00e9chapper \u00e0 toute tentative de saisie. Des esquisses se sont perdues et c\u2019est avec une vue depuis le gymnase de la villa Noailles \u00e0 Hy\u00e8res que j\u2019ai la premi\u00e8re fois travaill\u00e9 la vue large. <\/p>\n<p>Note : Souvent j\u2019ai long\u00e9 les c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes, de Marseille \u00e0 la Corse, de Nice \u00e0 G\u00eanes, parfois par la mer, plus fr\u00e9quemment sur des routes en corniche. Des maisons comme des corps allong\u00e9s, t\u00eate tenue sur le coude, alanguies, nonchalantes, fi\u00e8res. Des maisons comme des t\u00eates pos\u00e9es au bord du vide. Le regard d\u00e9poli par le sel. Des grands pins penchant au-dessus de l\u2019\u00e0-pic. Comme dans les tableaux de Friedrich o\u00f9 des figures solitaires contemplent l\u2019\u00e9tendue, ce sont leurs fa\u00e7ons de regarder au loin, de poser un regard, qui font paysage. Le paysage est alors peut-\u00eatre moins la fen\u00eatre qu\u2019offre un point de vue que ce rapport tendu entre un objet localis\u00e9 et compact et un d\u00e9ploiement.<br \/>\nDans un passage de La peau, Malaparte raconte la visite au Cap Massullo du mar\u00e9chal Rommel, peu avant la bataille de El Alamein. Rommel lui demande s&rsquo;il a achet\u00e9 la maison d\u00e9j\u00e0 b\u00e2tie ou bien s&rsquo;il l&rsquo;a fait construire. Malaparte r\u00e9pond qu&rsquo;il a achet\u00e9 la maison d\u00e9j\u00e0 b\u00e2tie. Et lui indiquant d&rsquo;un ample geste de la main la paroi \u00e0 pic de Matromania, les trois gigantesques rochers des Faraglioni, la p\u00e9ninsule de Sorrente, les \u00eeles des Sir\u00e8nes, les reflets azur\u00e9s de la c\u00f4te d&rsquo;Amalfi, et ceux, dor\u00e9s, du rivage de Pesto, il lui dit : <em>\u00ab Moi, je n&rsquo;ai dessin\u00e9 que le paysage \u00bb<\/em>. Moins comme une machine \u00e0 habiter qu\u2019en une machine \u00e0 fabriquer du paysage, donc. Et non pas seulement par ce que l\u2019architecture offre de vues par ses larges baies ou la perspective de la terrasse mais aussi dans ce que le paysage chinois d\u00e9signe de rapports et de tensions. Formes, mati\u00e8res, textures se r\u00e9pondant pour r\u00e9aliser un topos psycho-g\u00e9ographique.<br \/>\nB\u00e2tir une maison sur ces roches escarp\u00e9es, dans cette sorte de d\u00e9sert aride semble lorsque l\u2019on compulse les notes et les dessins pr\u00e9liminaires, les photos de rep\u00e9rage absolument improbable. Consid\u00e9rer des images du site quand la maison est b\u00e2tie donne en revanche le sentiment d\u2019une \u00e9vidence. Que l\u2019on mette le pouce sur le volume qui surplombe le cap et le paysage en est amput\u00e9, bancale. <\/p>\n<p>Note : l\u2019id\u00e9e d\u2019une extr\u00e9mit\u00e9, d\u2019un poste d\u2019observation, d\u2019une vigie, d\u2019un exil. Quelque chose d\u2019un ermite, d\u2019un moine stylite. Comme s\u2019\u00e9loigner du bruit, de l\u2019agitation, un besoin de faire le vide, de faire le point, de se rassembler ou se r\u00e9cup\u00e9rer, un besoin d\u2019\u00eatre mort au monde pour naitre \u00e0 soi. <\/p>\n<p><em>\u00ab Il y avait \u00e0 Capri, en la partie la plus sauvage, la plus solitaire, la plus dramatique, en cette partie enti\u00e8rement tourn\u00e9e vers le midi et l&rsquo;orient, o\u00f9 l&rsquo;\u00eele, d&rsquo;humaine, devient f\u00e9roce, o\u00f9 la nature s&rsquo;exprime avec une force incomparable et cruelle, un promontoire d&rsquo;une extraordinaire puret\u00e9 de lignes, qui d\u00e9chirait la mer de sa griffe rocheuse. Nul lieu, en Italie, n&rsquo;offre une telle ampleur d&rsquo;horizon, une telle profondeur de sentiment \u00bb<\/em>. (C.M.)<\/p>\n<p>Note : on d\u00e9couvre parfois en bordure du maquis, dans un buisson de lauriers l\u2019enduit gris ou blanc, le d\u00f4me d\u2019un mausol\u00e9e comme dans les cultures proven\u00e7ales \u00e9mergent parfois des bories de pierre, un abri de berger. Une barri\u00e8re de fer en d\u00e9limite souvent l\u2019enclos. Certains ne sont plus entretenus par la famille, abandonn\u00e9s \u00e0 leur ruine comme les vestiges d\u2019une civilisation perdue. Traces d\u2019un sanctuaire. Je pense au tumulus qui faisaient les tombeaux des rois. Une bosse, un relief sur l\u2019\u00e9tendue. Comme l\u2019os affleure sous la peau. <\/p>\n<p>Image : JL, Paysage n\u00b0158, 2018.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>-Ce qui est extraordinaire, lui dis-je, c\u2019est la fa\u00e7on dont vous savez regarder les choses ! -Mais pas du tout ! Ce sont les choses qui me regardent ! 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