{"id":7194,"date":"2020-02-23T15:18:28","date_gmt":"2020-02-23T14:18:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7194"},"modified":"2020-02-23T15:18:28","modified_gmt":"2020-02-23T14:18:28","slug":"mdv","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/mdv\/","title":{"rendered":"MDV"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Cette ouverture au monde dont se pr\u00e9valent les philosophes, n\u2019est-elle pas une r\u00e9-ouverture au monde prestigieux des premi\u00e8res contemplations ? \u00bb <\/em><br \/>\nGaston Bachelard<\/p>\n<p>C\u2019est une observation que je suis persuad\u00e9 d\u2019avoir lu chez Michelet, dans son livre sur la mer, mais que je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 y retrouver les quelques fois o\u00f9 j\u2019ai repris le texte pour en extraire la phrase exacte. Soit qu\u2019elle se soit malicieusement lov\u00e9e dans ses nombreux plis, soit, comme il arrive parfois par les distorsions de la m\u00e9moire, qu\u2019elle rel\u00e8ve en r\u00e9alit\u00e9 du sous-texte que je me suis fait \u00e0 la lecture, une extrapolation mentale, une invention. <!--more--><br \/>\nA son invitation je pouvais voir se d\u00e9ployer un paysage de gr\u00e8ve, tant\u00f4t \u00e9largi, tant\u00f4t en plan rapproch\u00e9, comme on se penche sur un objet d\u00e9gag\u00e9 du sable, pointant l\u2019attention, un oiseau traversant l\u2019espace du ciel. Et l\u2019\u00e9tendue, d\u2019abord immobile et d\u00e9serte s\u2019animait, se picotait des centaines ou des milliers de vies minuscules qui y \u00e9taient tapies, r\u00e9v\u00e9lant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du paysage tout un monde industrieux. Il suffisait, disait-il de s\u2019arr\u00eater un instant, de s\u2019immobiliser pour les voir \u00e9clore dans le champ du regard. \u00catre attentif, consid\u00e9rer. Proc\u00e9d\u00e9 simple qui m\u2019\u00e9voquait alors le \u00ab Tacet \u00bb par lequel John Cage introduisait la partition de son fameux 4\u201933\u2019\u2019. Retrait, suspension, silence qui d\u00e9couvrent le t\u00e9nu, le discret. Et le paysage pensait, si l\u2019on voulait bien le voir par projection investi de cette attitude n\u00e9gative en quoi cette activit\u00e9 selon le philosophe Alexander Bain proc\u00e8de : ravaler ses paroles, retenir son geste. Il exsudait, vivant de cette vie qui d\u2019\u00eatre non anthropologique \u00e9chappe \u00e0 notre perception imm\u00e9diate comme nous \u00e9chappe la fluide croissance des arbres, la lente \u00e9rosion des reliefs.<\/p>\n<p>Dans un article sur l\u2019invention du concept de paysage, Henri Cueco \u00e9voque ses \u00e9changes avec un paysan corr\u00e9zien qui le regarde parfois dessiner la campagne. Essayant de l\u2019int\u00e9resser \u00e0 ses probl\u00e8mes d\u2019artiste il lui demande un jour comment se dit dans son patois la beaut\u00e9 de ce paysage qu\u2019ils regardent chacun \u00e0 leur mani\u00e8re. Le vieux paysan qui se voit poser un probl\u00e8me difficile d\u00e9clare apr\u00e8s un long silence <em>\u00ab es brave lo pa\u00efs \u00bb<\/em>. C\u2019est que le paysage, remarque Cueco est un point de vue d\u2019intellectuel, une abstraction esth\u00e9tique, une fiction. Il a trait \u00e0 un regard urbain, c\u2019est-\u00e0-dire ext\u00e9rieur. Une perception bien diff\u00e9rente de celui qui y est impliqu\u00e9 par le travail de la terre. Le pays, ses lieux dits, bonnes ou mauvaises terres ne sont pas tout \u00e0 fait la m\u00eame chose que cet objet abstrait, hors d\u2019usage sinon contemplatif, auquel travaille l\u2019artiste paysagiste. Le regard fabrique une perception et la perception fabrique un regard. Et il semble impossible de tenir ensemble l\u2019appr\u00e9hension large du panorama et comme strictement visuelle \u00e0 la faveur de laquelle le paysage se fait comme vue et comme image depuis la <em>vedute<\/em> de la Renaissance italienne et l\u2019attention rapproch\u00e9e aux d\u00e9tails qui, tout en offrant en miniature d\u2019autres textures et g\u00e9om\u00e9tries, immerge dans un paysage moins visible que sensible davantage apparent\u00e9 \u00e0 ce que le chinois <em>shanshui<\/em> d\u00e9signe comme jeux de rapports et milieu.<br \/>\nGiacometti en t\u00e9moignera, tentant de capter tout le ph\u00e9nom\u00e8ne de la pr\u00e9sence frontale d\u2019un \u00eatre dans sa silhouette, ses traits singuliers et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019espace auquel il s\u2019adosse ou qu\u2019il perce. S\u2019immerger dans la vie des d\u00e9tails fait perdre l\u2019ensemble quand l\u2019ensemble \u00e0 l\u2019inverse dig\u00e8re les pi\u00e8ces qui le composent. On remarquera aussi chez Edvard Munch ce m\u00eame rapport de continuit\u00e9 entre les figures et l\u2019arri\u00e8re-plan.<br \/>\nDiff\u00e9rence de focale mais aussi de positionnement entant que sujet. L\u2019attention botaniste ou entomologiste ou min\u00e9raliste dessine donc incidemment un monde sp\u00e9cifique o\u00f9 les espaces et les objets se distinguent et se d\u00e9coupent singuli\u00e8rement.  <\/p>\n<p>M\u00e9lanie Delattre-Vogt pr\u00e9l\u00e8ve de ces d\u00e9tails des \u00eatres (permettons-nous d\u2019int\u00e9grer \u00e0 cette d\u00e9finition les pierres, les fossiles et autres objets inanim\u00e9s ou, pour \u00eatre plus exact, non vivants) qui caract\u00e9risent un certain \u00e9panouissement, du moins une expression spatiale dont on ne finit pas de s\u2019extasier de la vari\u00e9t\u00e9, de l\u2019inventivit\u00e9, de la subtilit\u00e9. Appendices, corolles, follicules, ocelles, ramures, pattes, excroissances, p\u00e9tales, ailes, ramures, nervures, invaginations, coques, \u00e9vanescences&#8230; Tout un vocabulaire de formes noueuses, \u00e9vas\u00e9es, ramifi\u00e9es, buissonnantes, centrifuges.<br \/>\nMais voil\u00e0, quel que soit le savoir, le vocabulaire acquis, M\u00e9lanie Delattre-Vogt n\u2019est pas une scientifique mobilis\u00e9e par une entreprise positiviste, la r\u00e9alisation d\u2019un relev\u00e9 ou d\u2019une classification. Paradoxalement par rapport \u00e0 cet exercice du dessin scientifique que la tradition des planches compar\u00e9es a formalis\u00e9 au XIXeme si\u00e8cle auquel sa minutie et sa patience renvoient, lichen, fleurs, os, insectes ne sont jamais inertes sur la page, scell\u00e9s dans une pr\u00e9tendue objectivit\u00e9, \u00e9cras\u00e9s par une vue frontale ou une coupe, mais vou\u00e9s \u00e0 une forme convulsive et combinatoire qui les exhale en leur donnant la volubilit\u00e9 des l\u00e9gendes, des r\u00eaves, des souvenirs \u2014 des m\u00e9duses.<br \/>\nC\u2019est que chaque \u00eatre se forme dans la conjonction d\u2019une volont\u00e9 propre, celle de la pulsion de vivre ou de la r\u00e9sistance mat\u00e9rielle et celles du milieu, des pressions diverses de forces et contraintes en pr\u00e9sence. Chaque singularit\u00e9 est la manifestation d\u2019un arrangement particulier, d\u2019une r\u00e9ponse dont fascine, charme, subjugue l\u2019incroyable cr\u00e9ativit\u00e9, la profonde ing\u00e9niosit\u00e9, de la souplesse g\u00e9latineuse d\u2019une an\u00e9mone de mer \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie de la pyrite en passant par l\u2019architecture du choux romanesco ou du murex. Chaque \u00eatre, animal comme v\u00e9g\u00e9tal, est engag\u00e9 dans sa forme. Je retombe incidemment ou par une n\u00e9cessit\u00e9 dont je ne connais pas le chemin sur cette observation extraite de Plotin et qui se range alors dans le cours de ma r\u00e9flexion comme pour m\u2019inciter \u00e0 aller plus avant : \u00ab toute vie est une pens\u00e9e, mais une pens\u00e9e plus ou moins obscure \u00bb. Toute l\u2019\u00e9volution ressemble \u00e0 ces cheminements, ces impasses, ces reprises ou reformulations, formalisation plus ou moins durables et \u00e9volutives, accord\u00e9es au contexte changeant de nos vies par lesquels se manifeste ce mouvement que l\u2019on d\u00e9signe comme celui de penser.<br \/>\nSi le dessinateur peut voir en chacun de ces objets d\u2019\u00e9tude un paysage miniature avec ses vall\u00e9es et reliefs comme on se plait \u00e0 \u00e9voquer le paysage d\u2019un corps ou celui d\u2019un visage marqu\u00e9 par les ann\u00e9es, ce qui se joue ici est bien diff\u00e9rent de la contemplation du voyageur de Friedrich debout \u00e0 son sommet balayant du regard quelques \u00e9perons rocheux per\u00e7ant d\u2019une mer de nuages, le souffle large, vainqueur, dominateur. Nul travail ni de topographie ni de cartographie, ni m\u00eame de paysagisme.<br \/>\nA la table de travail, M\u00e9lanie Delattre-Vogt surplombe son objet, le couvre du regard, plonge dans sa structure comme Henri Michaux : <em>\u00ab je mets une pomme sur ma table. Puis je me mets dans cette pomme.<\/em> \u00bb Elle sinue par la main, emp\u00each\u00e9e par sa condition et sa taille de sinuer par corps, aux creux de ces architectures naturelles, les explore, s\u2019en rend famili\u00e8re.<br \/>\nAinsi, le dessin se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre cet outil pour voir que disait Goethe et l\u2019artiste au travail suivant une ligne qui se prolonge en l\u2019amorce d\u2019un relief comme Giacometti scrutant au paysage d\u2019un cr\u00e2ne dans une chambre d\u2019h\u00f4tel un hiver durant tente de comprendre moins abstraitement, par une d\u00e9finition ou un concept que physiquement, par son corps m\u00eame la r\u00e9alit\u00e9 qui le retient.<br \/>\nPaul Val\u00e9ry, attentif \u00e0 la danse, au dessin, aux coquilles, graveur amateur, livrera ses plus belles pages en avouant le nouage particulier de l\u2019intelligence math\u00e9matique et de la sensibilit\u00e9 po\u00e9tique qui s\u2019impose dans pareilles entreprises. Il suffirait de piocher dans \u00e0 peu pr\u00e8s n\u2019importe lequel de ses ouvrages pour trouver une remarque, une r\u00e9flexion ou une r\u00eaverie qui l\u2019illustre. Par exemple : <em>\u00ab Comme un son pur, ou un syst\u00e8me m\u00e9lodique de sons purs, au milieu des bruits, ainsi un cristal, une fleur, une coquille se d\u00e9tachent du d\u00e9sordre ordinaire de l\u2019ensemble des choses sensibles. Ils nous sont des objets privil\u00e9gi\u00e9s, plus intelligibles \u00e0 la vue, quoique plus myst\u00e9rieux \u00e0 la r\u00e9flexion, que tous les autres que nous voyons indistinctement. Ils nous proposent, \u00e9trangement unies, les id\u00e9es d\u2019ordre et de fantaisie, d\u2019invention et de n\u00e9cessit\u00e9, de loi et d\u2019exception ; et nous trouvons \u00e0 la fois dans leur apparence, le semblant d\u2019une intention et d\u2019une action qui les eut fa\u00e7onn\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s comme les hommes savent le faire, et cependant l\u2019\u00e9vidence de proc\u00e9d\u00e9s qui nous sont interdits et imp\u00e9n\u00e9trables. \u00bb<\/em> A la limite, poursuit-il \u00ab Nous concevons la <em>construction<\/em> de ces objets, et c\u2019est par quoi ils nous int\u00e9ressent et nous retiennent ; nous ne concevons pas leur <em>formulation<\/em>, et c\u2019est par quoi ils nous intriguent \u00bb. C\u2019est que, semblablement aux nuages auxquels M\u00e9lanie Delattre-Vogt pr\u00eate une attention renouvel\u00e9e, nourrissant \u00e0 leur endroit une obsession productive, les fleurs, les min\u00e9raux et les corps dans leur phrase particuli\u00e8re cousent la physique ou la math\u00e9matique aux r\u00eaveries.<br \/>\nSi elle les a d\u2019abord abord\u00e9s par leurs contours, cerner \u00e9tant la premi\u00e8re voie pour en donner une silhouette, l\u2019informe, qui est au fond le p\u00e9ril de la confusion et le r\u00e9gime du trouble, l\u2019obscur de leur formulation, de leur nature \u00e0 la fois n\u00e9cessaire et cr\u00e9ative ne font que resurgir comme refoul\u00e9s. Le dessin, malgr\u00e9 sa nature graphique, son usage de saisie, vou\u00e9 aux planches botaniques ou anatomiques, \u00e0 l\u2019\u00e9criture (noter que dans l\u2019\u00c9gypte ancienne le peintre de figures est nomm\u00e9 \u00ab scribe des contours \u00bb) est travaill\u00e9 par l\u2019informe, soit par la complexit\u00e9 des structures qu\u2019il fouille, versant du lisible \u00e0 l\u2019illisible ou au vertige, soit par le jeu d\u2019associations qui s\u2019induisent dans la confusion, le caract\u00e8re abstrait de  d\u00e9tails pareils \u00e0 des glyphes inconnus convulsant dans la page, visages froiss\u00e9s, organiques, fantasmagories combinatoires.<br \/>\nL\u00e0 o\u00f9 le paradigme occidental moderne classique (POMC) selon l\u2019expression d\u2019Augustin Berque tend \u00e0 \u00ab d\u00e9cosmiser l\u2019environnement humain pour en faire un objet neutre, abstrait de notre existence \u00bb, le travail de M\u00e9lanie Deltatre-Vogt op\u00e8re \u00e0 rebours, d\u00e9passant les contradictions modernes pour accorder pr\u00e9cision ou rigueur et subjectivit\u00e9, observation maniaque et enchantement ou charme. Fleurs, pierres, cocons, exuvies flottent parfois dans la page \u00e0 la mani\u00e8re de ce bestiaire qui, dans les grandes salles de Lascaux forme une cavalcade sauvage suspendue comme les r\u00e9cits, les r\u00eaves et les mythes s\u2019emm\u00ealent aux fum\u00e9es des torches, du feu le soir.<br \/>\nEt s\u2019il existe un art de faire parler les fant\u00f4mes dans les fantasmagories du XIX et XX\u00e8me si\u00e8cles, de quoi s\u2019agit-il ici ? Un art de faire parler les formes serait trop vague. Une mani\u00e8re de leur r\u00e9pondre ? On se que chaque geste est \u00e0 la fois une r\u00e9ponse et une question, la manifestation d\u2019une \u00e9motion, tr\u00e8s litt\u00e9ralement, une pri\u00e8re et une plainte. Alors, cette collection qui tient un peu du cabinet d\u2019amateur \u00e9voque ces sortes de tr\u00e9sors que l\u2019on se faisait enfant de petits cailloux, de graines d\u2019eucalyptus ou graines ail\u00e9es, squelette de grenouille d\u00e9nud\u00e9 par une arm\u00e9e de fourmis et n\u00e9crophages, \u00e9crou papillon. Un r\u00e9pertoire de formes en somme, remarquables pour leurs singularit\u00e9s et leur capacit\u00e9s sculpturales. Un registre des \u00e9tonnements et des fascinations dont on ne sait jamais s\u2019ils rel\u00e8vent du drame ou de la com\u00e9die, d\u2019un vertige au bord duquel on se tient, mal assur\u00e9 et tremblant, ou d\u2019une jubilation. <\/p>\n<p>Image : <a href=\"http:\/\/www.delattrevogt.com\/\" target=\"_blank\">M\u00e9lanie Delattre-Vogt<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Cette ouverture au monde dont se pr\u00e9valent les philosophes, n\u2019est-elle pas une r\u00e9-ouverture au monde prestigieux des premi\u00e8res contemplations ? \u00bb Gaston Bachelard C\u2019est une observation que je suis persuad\u00e9 d\u2019avoir lu chez Michelet, dans son livre sur la mer, mais que je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 y retrouver les quelques fois o\u00f9 j\u2019ai [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7195,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7194","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7194"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7196,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194\/revisions\/7196"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7194"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7194"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7194"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}