{"id":7252,"date":"2020-06-08T15:42:09","date_gmt":"2020-06-08T14:42:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7252"},"modified":"2020-06-08T18:37:17","modified_gmt":"2020-06-08T17:37:17","slug":"faire-des-raviolis-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/faire-des-raviolis-politique\/","title":{"rendered":"faire des raviolis (politique)"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab C\u2019\u00e9tait un cordonnier, sans rien d\u2019particulier<br \/>\nDans un village dont le nom m\u2019a \u00e9chapp\u00e9<br \/>\nQui faisait des souliers si jolis, si l\u00e9gers<br \/>\nQue nos vies semblaient un peu moins lourdes \u00e0 porter<\/p>\n<p>Il y mettait du temps, du talent et du c\u0153ur<br \/>\nAinsi passait sa vie au milieu de nos heures<br \/>\nEt loin des beaux discours, des grandes th\u00e9ories<br \/>\nA sa t\u00e2che, chaque jour, on pouvait dire de lui<br \/>\nIl changeait la vie \u00bb<\/em><br \/>\nJJ Goldman<!--more--><\/p>\n<p><em>\u00ab Tel est le r\u00f4le du paysagiste et tel le paysage se multipliera \u00e0 mesure que les inventions industrielles prendront le dessus ; et c\u2019est pourquoi l\u2019humble artiste qui \u00e9tudie la forme d\u2019un buisson et le tourbillonnement des atomes de poussi\u00e8re dans un rayon de soleil, qui nous rappelle la fraicheur des matin\u00e9es dans la campagne et qui nous fait souvenir qu\u2019il y a des \u00e9toiles au ciel, me parait jouer dans l\u2019humanit\u00e9 un r\u00f4le aussi consid\u00e9rable qu\u2019un s\u00e9nateur votant un projet de loi \u00bb.<\/em><br \/>\nChampfleury<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Po\u00e9sie et r\u00e9sistance m&rsquo;apparaissent comme les tranchants d\u2019une m\u00eame lame o\u00f9 l\u2019homme inlassablement aff\u00fbte sa dignit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nJean Senac<\/p>\n<p>On se souvient cette \u00e9poque ; c\u2019\u00e9tait sur la messagerie instantan\u00e9e MSN Messenger pour laquelle on s\u2019\u00e9tait cr\u00e9\u00e9 notre premi\u00e8re adresse hotmail. On devait certains soirs y passer des heures, courb\u00e9 dans la lumi\u00e8re de l\u2019\u00e9cran \u00e0 refaire le monde du bout des doigts en imaginant que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 pour nous les caf\u00e9s o\u00f9 se d\u00e9battait l\u2019art moderne presqu\u2019un si\u00e8cle plus t\u00f4t. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre d\u00e8s le d\u00e9but et simplement je ne connaissais pas, ou \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 une fonctionnalit\u00e9 nouvelle que chacun s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 utiliser et comme pour toute nouvelle chose \u2014 le temps d\u2019apprivoiser moins l\u2019outil que ses propres r\u00e9actions \u00ac\u2014 de mani\u00e8re un peu excessive et caricaturale. Je crois m\u00eame qu\u2019il y avait des statuts pr\u00e9d\u00e9finis : \u00ab absent \u00bb, ou \u00ab parti quelques minutes \u00bb, ou \u00ab occup\u00e9 \u00bb, \u00ab ne pas d\u00e9ranger \u00bb. Quelque chose comme \u00e7a. De ceux que l\u2019on trouvait en somme un si\u00e8cle avant et peut-\u00eatre plus sur les cartons qu\u2019on pendait aux portes des boutiques pour signifier que c\u2019\u00e9tait ouvert ou ferm\u00e9. Et les indications devenaient si factuelles et pr\u00e9cises, impudiques d\u2019une certaine mani\u00e8re, qu\u2019on avait pu voir fleurir des : \u00ab fait une sieste \u00bb, \u00ab parti aux toilettes \u00bb, \u00ab en train de faire la cuisine \u00bb qui devaient rapidement glisser \u00e0 la d\u00e9rision. \u00ab En train de manger un cookie \u00bb. Et l\u2019ironie permettait en sauvant l\u2019honneur de continuer de publier des statuts les plus insignifiants et prosa\u00efques comme par un d\u00e9sir \u00e0 la fois de t\u00e9moigner de la vraie vie et dans un m\u00eame temps de la mettre en sc\u00e8ne. Manifestation des \u00eatres sociaux que nous sommes, il semble qu\u2019il nous faille massivement partager ou afficher publiquement ce que nous faisons ou vivons en priv\u00e9. Mani\u00e8re de nous en retourner le r\u00e9cit et de lui donner une certaine r\u00e9sonnance par les r\u00e9actions qu\u2019il suscite comme l\u2019on demande au miroir le matin qui l\u2019on est. Un artiste, Philippe Ramette, avait par d\u00e9rision, mais c\u2019\u00e9tait avant \u00e7a, imagin\u00e9 une \u0153uvre pour devenir le h\u00e9ros de sa propre vie qui consistait \u00e0 accompagner ses gestes de musiques de cin\u00e9ma pr\u00e9vues \u00e0 cet effet dans un petit baladeur. On a oubli\u00e9 la place et le statut que l\u2019on donnait \u00e0 toutes ces choses au temps o\u00f9 les r\u00e9seaux sociaux n\u2019existaient pas encore et m\u00eame lorsque les nouvelles se donnaient par lettre \u00e0 un nombre restreint de correspondants et avec des d\u00e9lais qui rendaient les observations les plus anecdotiques p\u00e9rissables si bien que souvent elles restaient tues, s\u2019oubliaient.  Dans la confrontation au nombre \u00e0 laquelle soumettent nos soci\u00e9t\u00e9s modernes, accrue par les r\u00e9seaux de la communication et de l\u2019information du monde m\u00e9diatique et particuli\u00e8rement des r\u00e9seaux sociaux, l\u2019\u00e9go entretient ce d\u00e9sir d\u2019exister par une publication r\u00e9guli\u00e8re semblable \u00e0 la litanie d\u2019un bonimenteur. Les algorithmes jouent de la chimie, marionnettistes de la dopamine. Le signal importe d\u2019abord plus que son contenu comme l\u2019on se h\u00e8le en for\u00eat pour se retrouver. La concurrence provoquant les strat\u00e9gies que l\u2019on sait, entre surench\u00e8re et r\u00e9activit\u00e9 \u00e0 tout, qui \u00e9voque les choix \u00e9ditoriaux des journaux \u00e0 scandales revendiquant jouer du poids des mots et du choc des photos, chacun force le trait : chaque escapade ou vacance \u00e9tait traduite comme un r\u00eave, chaque plat cuisin\u00e9 ou mang\u00e9 relevait du gastronomique, les photos de profils devenaient de plus en plus aguicheuses, les chatons irr\u00e9sistiblement mignons. L\u2019idyllique alternait avec le tragique, les belles images avec les gros titres. Pourtant, du fait peut-\u00eatre d\u2019une certaine acc\u00e9l\u00e9ration qui ne rend possible que marginalement la r\u00e9daction ou le d\u00e9veloppement de contenus personnels et sym\u00e9triquement leur appr\u00e9hension et saisie, la majorit\u00e9 des publications consiste en des partages de contenus existants selon un emballement qui fera que le plus visible sera le plus partag\u00e9 et donc plus visible encore avant qu\u2019un autre contenu envahisse \u00e0 son tour l\u2019espace m\u00e9diatique et soit si l\u2019on peut dire, dans toutes les bouches. Quelque chose de concentrique semblable \u00e0 une tornade ou au mouvement de l\u2019eau qui s\u2019\u00e9vacue dans un siphon parcours et mobilise l\u2019espace m\u00e9diatique des r\u00e9seaux sociaux comme celui de la presse. Et puis un \u00e9v\u00e9nement chasse l\u2019autre. Rares sont les \u00e9chapp\u00e9es franches, les marginalit\u00e9s opini\u00e2tres, du moins leur \u00e9cho est moindre.<br \/>\nAinsi apparait la figure de l\u2019influenceur : celui ou celle qui attrapera en premier un contenu qui sera ensuite largement partag\u00e9, devenant l\u2019\u00e9picentre du mouvement. Un contenu dont la prox\u00e9mique veut qu\u2019il ne soit pas trop d\u00e9raisonnablement singulier ni tout \u00e0 fait banal mais situ\u00e9 entre deux.<br \/>\nMarginalement, n\u00e9cessairement, des artistes et cr\u00e9ateurs au sens large, gens de l\u2019image et du texte, se saisissent de ces nouveaux espaces pour exploiter \u00e0 des fins cr\u00e9atives leurs contraintes et possibilit\u00e9s formelles, esth\u00e9tiques, narratives. Des contre-all\u00e9es ou chemins buissonniers depuis les d\u00e9buts se sont faits, revendiquant un d\u00e9sir alternatif v\u00e9cu parfois comme un engagement. Il s\u2019agissait que ce monde d\u2019Internet qui doublait celui physique et mat\u00e9riel des temps imm\u00e9moriaux soit aussi nourri de contenus autres que publicitaires, prosa\u00efques, triviaux et disons populaires de cette culture vou\u00e9e \u00e0 devenir de masse.<br \/>\nPourtant, il faut admettre que ces publications anecdotiques quotidiennes ont quelque chose de politique dans le sens qu\u2019elles mettent en partages des contenus tant informationnels, qu\u2019esth\u00e9tiques, intimes ou pol\u00e9miques qui agissent collectivement sur nos perceptions et conceptions, bref contribuent \u00e0 ce que l\u2019on appelle une culture. Une culture de plus en plus mondialis\u00e9e, m\u00e9tiss\u00e9e, stratifi\u00e9e en laquelle se rejouent les perp\u00e9tuelles strat\u00e9gies du soft power. <\/p>\n<p>Si j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u2019abord, dans ma jeunesse, peu politis\u00e9, percevant la chose de loin, la consid\u00e9rant longtemps comme un m\u00e9lange de jeu de strat\u00e9gie et de th\u00e9\u00e2tre path\u00e9tique qui de toute mani\u00e8re se jouait \u00e0 distance dans des cercles qui m\u2019\u00e9taient totalement \u00e9trangers et auxquels je n\u2019avais aucune prise (sans recul la situation semblait immuable quelques soient les variations de surface), il m\u2019est apparu progressivement que l\u2019affirmation de mes go\u00fbts ne serait-ce qu\u2019esth\u00e9tiques (ce qui ne rel\u00e8ve pas d\u2019une simple cosm\u00e9tique), passant par l\u2019exposition, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019agora, relevait d\u2019un engagement qui participait du politique. Dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 possible de mesurer comme la singularit\u00e9 engage : de la fa\u00e7on de s\u2019habiller, parler, intervenir ou pas, jouer au foot ou pas s\u2019induisait une place dans le tissu social. Que ceux-ci soient en partie h\u00e9rit\u00e9s, fortement d\u00e9termin\u00e9s, il me faudra attendre d\u2019entendre parler de Bourdieu, de g\u00e9n\u00e9tique, de psychanalyse et de sociologie pour le mesurer pleinement. Et d\u2019ailleurs cela ne se fit pas sans quelques r\u00e9serves quant \u00e0 notre capacit\u00e9 effective \u00e0 d\u00e9nouer sans biais ni approximations fautives les faisceaux d\u2019influence complexes et leurs interactions par lesquels un chemin se faisait jusqu\u2019\u00e0 nous. Chemin qui me semblait ne pouvoir \u00eatre entrevu qu\u2019\u00e0 post\u00e9riori et par une intelligence omnisciente en m\u00eame temps qu\u2019insinu\u00e9e, en un mot : divine. <\/p>\n<p>Tout comme le bio quand il n\u2019est pas un simple argument marketing opportuniste est une \u00e9thique, une perspective, un ensemble d\u2019exigences. Il y a tellement de fa\u00e7ons de faire corps, de sinuer, de s\u2019engager dans l\u2019existence. Et toutes ces fa\u00e7ons induisent des formes, des mani\u00e8res, des styles comme inversement formes, mani\u00e8res et styles trahissent des attitudes. Il y a ce \u00e0 quoi on tend, ce que l\u2019on refuse et aussi \u00e0 quoi l\u2019on se refuse. Et avant de dire ce qu\u2019il faut ou faudrait faire, Il y a ce que l\u2019on peut, il y a ce que l\u2019on fait.<br \/>\nC\u00e9zanne, ce dandy \u00e0 l\u2019envers, cultivant son impertinence et qui ne soumet ses toiles au Salon que pour \u00eatre confirm\u00e9 dans le fait qu\u2019il est inassimilable \u00e0 son acad\u00e9misme ti\u00e8de, qu\u2019il sent trop, qu\u2019il a trop de temp\u00e9rament, lui pourtant d\u2019une culture raffin\u00e9e, surjouant le provincial rustre parmi les parisiens jusqu\u2019\u00e0 choquer ou faire peur, anti-mondain, qui lui fait fuir tout engagement (il s\u2019en est fallu de peu qu\u2019on vienne le cherche en 1870 pour l\u2019incorporer) pour mieux s\u2019immerger dans le travail acharn\u00e9 de peindre, dans la domination de ses passions ne l\u2019est-il pas justement, politique ? Non dans la fa\u00e7on commune d\u2019une prise de parti dans les affaires sociales avec discours, tracs, activisme. Son combat est avant tout personnel. Il lui faut d\u2019abord d\u2019une certaine mani\u00e8re trouver sa place. Ou se trouver, ce qui est tout comme. Et qui n\u2019est pas encore une fois se placer comme s\u2019ing\u00e9niera \u00e0 le faire son ami et ancien condisciple Zola, de toute extraction, qui tient une revanche. Cela tient d\u2019un rapport juste sensible et personnel aux choses, loin de tout dogmatisme et de tout discours, par un empirisme forcen\u00e9 que signera, lapidaire, Beckett par son \u00ab rater, rater encore, rater mieux \u00bb. \u00ab Je vous dois la v\u00e9rit\u00e9 en peinture \u00bb : rien de moins. Et cela avant toute chose, le reste ensuite consistant en \u00e9quipements, am\u00e9nagements, \u00e9laborations par-dessus cette base, qui ne lui appartiennent pas. A chacun sa part. Et pour cela une vie n\u2019est pas de trop, \u00e0 s\u2019acharner sur l\u2019os, la t\u00eate et le corps pris dans le tube du regard, \u00e0 ignorer le reste. Si le diable est dans les d\u00e9tails alors, \u00e0 l\u2019exemple de Giacometti plus tard, trois pommes ou une t\u00eate, un arbre suffisent en avan\u00e7ant pas \u00e0 pas \u00e0 atteindre l\u2019espace et la sensation et la pr\u00e9sence et l\u2019\u00e9nigme.<br \/>\nAujourd\u2019hui nous avions envie de raviolis au d\u00e9jeuner, nous avons pr\u00e9par\u00e9 la p\u00e2te et pendant qu\u2019elle reposait sur le march\u00e9 nous avons choisi des petites courgettes jaunes, des oignons, des t\u00eates d\u2019ail, des \u0153ufs frais, de la ricotta, des tomates s\u00e9ch\u00e9es. Pendant qu\u2019ils passaient la p\u00e2te au laminoir je pr\u00e9parais la farce, c\u2019\u00e9tait beau \u00e0 voir les raviolis frais farin\u00e9s. Nous avons pris le temps, pris du soin. C\u2019\u00e9tait simple et bon. Nous avons repouss\u00e9 la possibilit\u00e9 de la boite, du fastfood, du rapide et facile, de l\u2019industriel. Des d\u00e9tails. La part du colibri. On n&rsquo;y arrivera pas tous les jours, on fera de notre mieux. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait un cordonnier, sans rien d\u2019particulier Dans un village dont le nom m\u2019a \u00e9chapp\u00e9 Qui faisait des souliers si jolis, si l\u00e9gers Que nos vies semblaient un peu moins lourdes \u00e0 porter Il y mettait du temps, du talent et du c\u0153ur Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures Et loin des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7253,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7252","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7252","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7252"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7252\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7256,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7252\/revisions\/7256"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7253"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7252"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7252"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7252"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}