{"id":7469,"date":"2022-04-12T09:42:08","date_gmt":"2022-04-12T08:42:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7469"},"modified":"2022-04-12T09:44:02","modified_gmt":"2022-04-12T08:44:02","slug":"frequentation-de-leonardo-cremonini","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/frequentation-de-leonardo-cremonini\/","title":{"rendered":"Fr\u00e9quentation de Leonardo Cremonini"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab La seule chose \u00e0 faire est de se d\u00e9saccoutumer, alors soudain on voit quelque chose. \u00bb <\/em><br \/>\nLouis Zukofsky<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la vitre l&rsquo;inondation la transpiration des fa\u00e7ades Luisance<br \/>\nLes l\u00e8vres de l&rsquo;horizon bavant le ciel et la mer<br \/>\nL&rsquo;envie des m\u00f4mes<br \/>\nEt l\u00e0-bas la parfumerie les m\u00e9caniciens continuent<br \/>\nJe traverserai ton regard<br \/>\nL&rsquo;appui-t\u00eate du wagon semblable \u00e0 un visage d&rsquo;insecte b\u00e2illonn\u00e9\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nMichel Butor<\/p>\n<p>Il y a des objets, comme des \u00eatres ou des lieux, qu\u2019il vous faut croiser plusieurs fois avant de les voir vraiment. Ou plut\u00f4t, dont vous ne reconnaissez l\u2019importance qu\u2019ils ont pour vous, l\u2019influence qu\u2019ils exercent ou pourraient exercer sur votre sensibilit\u00e9, votre vocabulaire, votre regard, qu\u2019avec un effet retard. Il s\u2019agit parfois d\u2019une histoire de moment, de disponibilit\u00e9 ; vous passez tout simplement \u00e0 c\u00f4t\u00e9. D\u2019autres fois quelque chose a crochet\u00e9 votre attention, mais qu\u2019il vous faut un peu de temps \u00e0 discerner, comme un bruit parmi d\u2019autres qu\u2019il faut isoler pour parvenir \u00e0 l\u2019identifier ; ou une mani\u00e8re de s\u00e9dimentation.<!--more--><br \/>\nAinsi j\u2019ai vu, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une sortie scolaire, longtemps avant de le d\u00e9couvrir, mon premier tableau de Cremonini. Et, ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange que je m\u2019explique mal, mais qui atteste \u00e0 sa mani\u00e8re du rendez-vous manqu\u00e9, ou de la distance qui devait marquer cette premi\u00e8re rencontre, c\u2019est l\u2019affiche de l\u2019exposition sur laquelle il \u00e9tait reproduit que je revois mentalement quand j\u2019en convoque le souvenir, au lieu du tableau lui-m\u00eame, dans la salle d\u2019exposition, avec sa mat\u00e9rialit\u00e9 et ses dimensions. M\u00e9taphore facile : Je suis rest\u00e9 dehors.<br \/>\nJ\u2019en suis rest\u00e9 pour longtemps \u00e0 cela : quelques g\u00e9om\u00e9tries \u00e9tranges, anguleuses, des couleurs qui \u00e9voquaient une modernit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 vieillie, comme celle que l\u2019on associait aux vieilles tenues des parents ou, peut-\u00eatre pour la repoussante mise en rapport d\u2019un vert cru et d\u2019un jaune orang\u00e9 sur un fond d\u00e9grad\u00e9, \u00e0 la couverture d\u2019un manuel scolaire d\u2019Allemand. Ajoutez \u00e0 cela la pr\u00e9sence quelque peu hi\u00e9ratique d\u2019enfants peu expressifs au faci\u00e8s presque mongolo\u00efde surgis sous une table ou derri\u00e8re une cloison et vous restait le go\u00fbt d\u2019une bizarrerie vaguement malsaine, surgie d\u2019un surr\u00e9aliste \u00e9gar\u00e9 et d\u00e9j\u00e0 probablement confit.<br \/>\nJe n\u2019avais, \u00e0 ce moment-l\u00e0, pas le go\u00fbt et pas le temps pour \u00e7a. Ce devait \u00eatre un artiste de seconde zone ressorti des r\u00e9serves d\u2019un mus\u00e9e de province pour bricoler une de ces expositions approximatives et h\u00e9t\u00e9roclites dont certains espaces municipaux aux plafonniers assassins et aux sols carrel\u00e9s ont le talent. Et je n\u2019avais pas jug\u00e9 de devoir m\u2019occuper s\u00e9rieusement de la provocation que repr\u00e9sentait \u00e0 mon go\u00fbt cette \u00e9trange association de couleurs criardes, ces lignes trop droites, cette esp\u00e8ce de collage qui d\u00e9tonnait dans mon mus\u00e9e imaginaire.<br \/>\nLa seconde rencontre, du moins dans mon souvenir, date de quelques ann\u00e9es apr\u00e8s. C\u2019est dans un centre d\u2019art. Une r\u00e9trospective lui est consacr\u00e9e. Je d\u00e9couvre une \u0153uvre qui se d\u00e9veloppe sur plusieurs d\u00e9cennies, avec ses d\u00e9placements mais aussi ses obsessions. Et \u00e9trangement encore, je n\u2019en garde qu\u2019une sensation diffuse, sans aucune image, comme l\u2019on d\u00e9duit ou envisage les trous noirs en n\u00e9gatif, par les effets qu\u2019on leur attribue et qui marquent ici et l\u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019un \u00e9l\u00e9ment perturbateur. Je m\u2019en reviens troubl\u00e9 par je ne sais trop quoi. Je me souviens de la premi\u00e8re fois, peut-\u00eatre que je retrouve le tableau que j\u2019avais \u00e0 l\u2019\u00e9poque trouv\u00e9 indigeste. Vingt ans apr\u00e8s, les images manquent \u00e0 ma m\u00e9moire. Et je ne sais plus trop quel rapport j\u2019entretiens ensuite avec cette \u0153uvre qui ne me laisse pas indiff\u00e9rent mais qui se tient sans doute en p\u00e9riph\u00e9rie de mon chant d\u2019attention, continue de ma gratter ou me susurrer \u00e0 l\u2019oreille.<br \/>\nUn int\u00e9r\u00eat intrigu\u00e9 monte, qui me fait attendre l\u2019occasion d\u2019une nouvelle rencontre. C\u2019est \u00e0 la galerie Claude Bernard, \u00e0 Paris, que la chose se reproduit enfin, quelques ann\u00e9es plus tard. A plusieurs reprises je revois ou plut\u00f4t d\u00e9couvre de nouveau tableaux, des tableaux r\u00e9cents et fini par d\u00e9velopper une certaine fascination pour ces \u0153uvres qui conservent quelques bizarreries de go\u00fbt que je consid\u00e8re alors comme des audaces, des gestes de bravoure et de libert\u00e9, les marques d\u2019une singularit\u00e9 franche. Il m\u2019aura fallu tout ce temps pour m\u2019ouvrir \u00e0 \u00e7a, l\u2019accueillir, et d\u2019une mani\u00e8re, m\u2019en servir pour attaquer mes aprioris.<br \/>\nUn catalogue r\u00e9trospectif me donnera l\u2019occasion de plonger et replonger dans l\u2019\u0153uvre, \u2014 les \u0153uvres \u2014, les m\u00e9diter, habituant mes yeux comme on s\u2019habitue l\u2019oreille \u00e0 une langue \u00e9trang\u00e8re, le palais \u00e0 des saveurs exotiques d\u2019abord trop am\u00e8res ou surprenantes.<br \/>\nSans exclusive, me pr\u00e9servant alors d\u2019une influence trop directe, j\u2019ai appris de ce monde pictural, avec ses sujets, ses couleurs, ses mati\u00e8res, sa fa\u00e7on de mettre les uns et les autres en rapport surtout, une mani\u00e8re qui, tout en int\u00e9grant certains aspects disons de la tradition, y op\u00e9rait une r\u00e9volution discr\u00e8te \u00e0 l\u2019endroit du go\u00fbt ou de l\u2019harmonie. <\/p>\n<p>Certains tableaux, dans leur modernit\u00e9 ou leur abstraction radicale en appelle intimement \u00e0 des valeurs traditionnelles. Harmonie, \u00e9l\u00e9gance, sobri\u00e9t\u00e9, \u00e9quilibres de tons et de couleurs\u2026 peu de concessions sont n\u00e9cessaires pour les int\u00e9grer, malgr\u00e9 leurs singularit\u00e9s, dans une histoire de l\u2019art qui embrasse les si\u00e8cles. En musique on dirait qu\u2019ils utilisent la m\u00eame gamme, les m\u00eames harmoniques, quoiqu\u2019ils en jouent peut-\u00eatre plus librement.<br \/>\nChez Cremonini la chose est plus insidieuse. On reconna\u00eet le m\u00e9tier, il s\u2019agit de peinture \u00e0 l\u2019huile sur toile, on peut y lire des sc\u00e8nes : c\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nos habitudes que quelque chose s\u2019est d\u00e9cal\u00e9.  Et cela vous oblige \u00e0 vous d\u00e9placer.<br \/>\nJe me souviens d\u2019avoir \u00e9crit un jour un texte que je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 dans lequel j\u2019associais le cin\u00e9ma d\u2019Antonioni \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Cremonini. Je ne me souviens plus quel \u00e9tait mon axe, ni ce que j\u2019avais pr\u00e9cis\u00e9ment articul\u00e9, mais j\u2019avais accol\u00e9 certains plans de <em>Blow up<\/em> ou de <em>La Note<\/em> \u00e0 ces tableaux qui r\u00e9alisaient une acoustique sensible particuli\u00e8re o\u00f9 tout semblait \u00e0 la fois \u00e9touff\u00e9 et travaill\u00e9 par l\u2019\u00e9cho, fig\u00e9 ou fix\u00e9, et tent\u00e9 par l\u2019apesanteur que sugg\u00e9rait de espaces vastes, a\u00e9riens, des pans de peinture claire. Le regard butait \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments comme autant de signes o\u00f9 le familier le partageait \u00e0 l\u2019\u00e9nigmatique. Plus tard, j\u2019y associerais le r\u00e9cit d\u2019anticipation de Nevil Shute, <em>Le dernier rivage<\/em>, dans lequel la vie quotidienne la plus simple, la mer, le temps qui s\u2019\u00e9tire sont inqui\u00e9t\u00e9s par une contamination par radiation in\u00e9luctable, l\u2019ombre de la mort et de la fin. Il y avait dans les tableaux de Cremonini un m\u00eame m\u00e9lange de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de qui\u00e9tude, d\u2019\u00e9tirement du temps, et de fatalit\u00e9, voire de drame, d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9. Je me souviens encore avoir gliss\u00e9 d\u2019une toile o\u00f9 l\u2019on voyait des grillages rouges donnant sur un terrain de tennis avec des cerfs-volants, \u00e0 ce plan final de <em>Blow up<\/em> o\u00f9 l\u2019on voit des mimes, mimer une partie ou un simple \u00e9change de balles. Bient\u00f4t nous suivons avec eux le trajet de cette balle fictive. Bient\u00f4t nous entendons le son que font les \u00e9changes, le rebond. Dans les tableaux de Cremonini, des personnages manipules des cadres \u00e0 travers des portes, des fen\u00eatres, sur des tables. Des mains tendues en direction du regardeur s\u2019impriment \u00e0 la surface de la toile. Des embrasures de porte et des miroirs. N\u2019est-ce pas le m\u00eame jeu ? Si la fiction est une r\u00e9alit\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9 est sans doute sym\u00e9triquement une fiction. Cremonini joue de ce jeu de retournements, de cadres ou fen\u00eatres, de sc\u00e8nes parall\u00e8les, de triangulations, transparences et reflets, d\u2019\u00e9chos de formes, suggestions et associations ch\u00e8res aux surr\u00e9alistes et auteurs de fantastique. Il ouvre des fen\u00eatres o\u00f9 le sens va et vient, h\u00e9site, se pose, sans se laisser vraiment saisir, nous laissant alors avec ce trouble. A l\u2019inverse en quelque sorte des natures mortes de Morandi, des figures de Giacometti, hyst\u00e9ris\u00e9e par le vide, Cremonini multiplie les objets, les surfaces sur lesquels viennent rebondir nos questions, nous incitant \u00e0 scruter, \u00e0 quitter une piste pour une autre, \u00e0 errer dans la mati\u00e8re picturale comme dans les fictions qu\u2019il y inscrit. Moravia \u00e9crit que les enfants, dans les tableaux de Cremonini, \u00e9pient \u00ab comme s\u2019il devait arriver quelque chose alors qu\u2019il ne se passe jamais rien \u00bb. Quelquefois leur regard se fige en notre direction comme s\u2019ils venaient de surprendre notre pr\u00e9sence, comme si un bruit soudain, intriguant venait de faire ce que l\u2019obturateur fait \u00e0 chaque prise de vue : saisir et suspendre. Peuvent nous venir des vers de Rimbaud ou de Leopardi. <em>\u00ab Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent \u00e0 la crois\u00e9e de la biblioth\u00e8que. Je suis le pi\u00e9ton de la grand\u2019route par les bois nains ; la rumeur des \u00e9cluses couvre mes pas. Je vois longtemps la m\u00e9lancolique lessive d\u2019or du couchant. Je serais bien l\u2019enfant abandonn\u00e9 sur la jet\u00e9e \u00e0 la haute mer, le petit valet suivant l\u2019all\u00e9e dont le front touche le ciel. Les sentiers sont \u00e2pres. Les monticules couverts de gen\u00eats. L\u2019air est immobile. Que les oiseaux et les sources sont loin ! Ce ne peut \u00eatre que la fin du monde, en avan\u00e7ant. \u00bb<\/em><br \/>\nPo\u00e8te et peintre partagent quelque part une m\u00eame vision hallucin\u00e9e, un m\u00eame sentiment d\u2019\u00e9nigme.<br \/>\n J\u2019avais not\u00e9 aussi cette phrase de Pierre Emmanuel dans un texte consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019artiste, sur la majest\u00e9 de l\u2019immobile : \u00ab L\u2019immobile n\u2019est pas l\u2019inanim\u00e9 : c\u2019est un vivant dont la dur\u00e9e est inconcevable \u00e0 la n\u00f4tre. \u00bb Et Cremonini nous y donne acc\u00e8s, mettant en sc\u00e8ne notre propre perplexit\u00e9, notre fascination, le m\u00e9lange d\u2019\u00e9tendue ou de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 apparente et de cr\u00e9pitations signifiantes ou narratives qui y logent. Les d\u00e9coupes, les \u00e9clats de reflets, les angles ainsi traversent, animent de larges \u00e9tendues p\u00e2les des lavis patients o\u00f9 les coulures, les jeux de dilution, les raffinements divers font effet d\u2019\u00e9mollient. Se m\u00ealent une forme de lenteur ou de suspend et m\u00eame quelque l\u00e2cher prise dans les coulures, l\u2019hypnotique travail qui se fait quand la mati\u00e8re s\u2019\u00e9pand, se m\u00eale, s\u2019\u00e9tire, se lave dans une dilution d\u2019essence, et une brutalit\u00e9 incisive, pr\u00e9cise, chirurgicale m\u00eame, ou agressive, avec quelques soup\u00e7ons de cruaut\u00e9 dans la d\u00e9coupe de formes nettes, ouvrag\u00e9es, m\u00e9canique pour ne pas dire inhumaines. Les toiles les plus r\u00e9centes, r\u00e9alis\u00e9es peu avant sa mort, poursuivent une \u0153uvre d\u2019une incroyable coh\u00e9rence, d\u2019une patience qui l\u2019abstrait des \u00e9clats de voix de la sc\u00e8ne contemporaine. Certaines, d\u2019une saisissante sobri\u00e9t\u00e9, absentes de toute figure, ne tiennent qu\u2019en un jeu de bandes : sol, muret, horizon, ciel, accroch\u00e9s par un angle, l\u2019esquisse d\u2019une structure maintenue hors-champ. Des sujets trait\u00e9s trente ans auparavant reviennent. S\u2019y laisse lire \u00e0 nu ou presque un patient travail de couches, de lavis, d\u2019un raffinement extr\u00eame, de superpositions parfois opaques plaquant l\u00e0-dessus des lumi\u00e8res. Son \u0153uvre rejoint alors incidemment celle d\u2019Edvard Hopper, les bizarreries que ce dernier confessait, t\u00e9moignant de ce d\u00e9sir qu\u2019il avait, tr\u00e8s curieusement d\u00e9tach\u00e9 des tumultes du monde, des aventures de l\u2019art moderne, de \u00ab peindre la lumi\u00e8re sur un mur \u00bb. Tous deux ont travers\u00e9 leur \u00e9poque en y \u00e9tant extr\u00eamement attentifs, mais avec une forme de distance, de d\u00e9calage, de marginalit\u00e9 relative quant aux courants artistiques qui y \u00e9taient associ\u00e9s, qui leur conf\u00e8re une acuit\u00e9 tr\u00e8s sp\u00e9ciale, un r\u00f4le de t\u00e9moin de certaines v\u00e9rit\u00e9s profondes, une sorte de singularit\u00e9 fascinante qui r\u00e9siste \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps. <\/p>\n<p>Image : Leonardo Cremonini, Obstacles, parcours et reflets, 1975-76.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La seule chose \u00e0 faire est de se d\u00e9saccoutumer, alors soudain on voit quelque chose. \u00bb Louis Zukofsky \u00ab\u00a0De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la vitre l&rsquo;inondation la transpiration des fa\u00e7ades Luisance Les l\u00e8vres de l&rsquo;horizon bavant le ciel et la mer L&rsquo;envie des m\u00f4mes Et l\u00e0-bas la parfumerie les m\u00e9caniciens continuent Je traverserai ton regard [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7470,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7469"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7472,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7469\/revisions\/7472"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}