{"id":7515,"date":"2022-08-26T11:16:51","date_gmt":"2022-08-26T10:16:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7515"},"modified":"2022-08-26T11:16:51","modified_gmt":"2022-08-26T10:16:51","slug":"saul-leiter-mono-no-aware","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/saul-leiter-mono-no-aware\/","title":{"rendered":"Saul Leiter, mono no aware"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab A des points de rep\u00e8re, l\u2019une sur l\u2019autre, b\u00e2timent, sur elle, chaque sentiment li\u00e9, sensation \u00e0 la vision d\u2019un point, monument affectif en albertine motif, je prends le monument affectif dans la psychog\u00e9ographie, du coup, comme l\u2019attente n\u2019est pas seulement l\u2019attente de la connaissance du lieu, fausse en l\u2019id\u00e9e, mais est : r\u00e9sume tout\u2026 \u00bb<\/em><br \/>\nEric Such\u00e8re<\/p>\n<p><em>\u00ab Nous aimons les couleurs et le lustre d\u2019un objet souill\u00e9 par la crasse, la suie ou les intemp\u00e9ries, ou ce qui para\u00eet l\u2019\u00eatre, et vivre dans un b\u00e2timent ou parmi des ustensiles qui poss\u00e8dent cette qualit\u00e9-l\u00e0, curieusement nous apaise le c\u0153ur et nous calme les nerfs. \u00bb<\/em><br \/>\nJunichir\u00f4 Tanizaki<\/p>\n<p><em>\u00ab L\u2019important n\u2019est pas o\u00f9 ni ce que c\u2019est, mais la mani\u00e8re dont on voit. \u00bb <\/em><br \/>\nSaul Leiter<\/p>\n<p><em>\u00ab M\u00eame ray\u00e9 \u00e0 mort, un simple rectangle de trente-cinq millim\u00e8tres sauve l\u2019honneur de tout le r\u00e9el. \u00bb<\/em><br \/>\nJ.-L. Godard<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Eug\u00e8ne Leroy t\u00e9moigne avoir eu recours un temps \u00e0 un miroir pour regarder indirectement au mod\u00e8le dont il r\u00e9clamait pour sa peinture la pr\u00e9sence. Ainsi, se manifestait dans son eau quelque chose de la distance dans la proximit\u00e9 par laquelle les choses s\u2019installent dans une perspective et manifestent leur aura. Se disait dans une mani\u00e8re de contrejour une part de l\u2019\u00e9nigme qui s\u2019attache \u00e0 comment un objet ou un \u00eatre vous touche, \u00e9crivant une forme de discontinuit\u00e9 dans la continuit\u00e9. Une texture se faisait, un espace, en chemin vers le pictural. C\u2019est-\u00e0-dire, une modalit\u00e9 charnelle de l\u2019image. C\u2019\u00e9tait sans doute aussi une mani\u00e8re de repousser la mani\u00e8re ordinaire de sceller une relation et tout ce qu\u2019elle peut v\u00e9hiculer de clich\u00e9s. Un d\u00e9tour ou un d\u00e9tournement. Et moins scruter aux traits d\u2019une figure qu\u2019aux qualit\u00e9s ind\u00e9nombrables de lumi\u00e8res qui la sculpte, la nimbe, s\u2019y diffractent, que le miroir, justement, r\u00e9fl\u00e9chit, et inscrit dans un cadre.<br \/>\nDe cette exp\u00e9rience-l\u00e0, rapport\u00e9e \u00e0 sa propre personne, Josef Hofer fit le motif r\u00e9curent de son \u0153uvre, le cadre de ses obsessions, comme on trouve dans une fen\u00eatre perc\u00e9e sur un mur une ouverture sur un monde inou\u00ef. Il tenta d\u2019y tenir, d\u2019y cerner, quelque chose qui n\u2019existait peut-\u00eatre pleinement que l\u00e0, encadr\u00e9 par ces montants \u00e9pais offrant \u00e0 ce que l\u2019on d\u00e9signe par le mythe de Narcisse comme un r\u00e9cipient. Il se mettait nu, observait ce que l\u2019objet lui renvoyait des poses qu\u2019il prenait, en jouissait. Observait peut-\u00eatre ce que l\u2019image lui renvoyait de ce d\u00e9chirement interne qu\u2019est la jouissance, tentant de lui donner un lieu, de la circonscrire. Tout le jeu des sensations et des d\u00e9sirs, la saumure des affections diverses, l\u2019imaginaire, passaient l\u00e0 sous une forme quoiqu\u2019encore \u00e9nigmatique, du moins apprivois\u00e9e, d\u00e9vi\u00e9e, productive.<br \/>\nCeux que l\u2019on appelle dans l\u2019histoire europ\u00e9enne de l\u2019art <em>Les Primitifs<\/em>, demandaient \u00e0 l\u2019architecture d\u2019une ic\u00f4ne \u00e0 la surface longuement pr\u00e9par\u00e9e, \u00e0 celle d\u2019un retable, de produire ce lieu o\u00f9 s\u2019installait pour irradier <em>l\u2019Image<\/em>, comme les antiques d\u00e9posaient dans l\u2019atrium les portraits de cire des anc\u00eatres. Comme ces derniers encore, les pla\u00e7aient en m\u00e9daillon, \u00e0 la mani\u00e8re dont le reflet p\u00e9trifiant de Gorgone \u00e9tait lui-m\u00eame saisit, neutralis\u00e9, et comme retourn\u00e9 sur lui-m\u00eame sur le poli du bouclier qu\u2019Ath\u00e9na confia \u00e0 Pers\u00e9e. Ces portraits en m\u00e9daillons, on les appelait justement <em>Imago clipeata<\/em> : image-bouclier.<br \/>\nLes mus\u00e9es du monde t\u00e9moignent encore des diff\u00e9rents jeux auxquels fut employ\u00e9 le miroir. Tant\u00f4t pour ouvrir l\u2019espace du tableau \u00e0 celui qui lui faisait face et dans lequel se mouvait le spectateur. Tant\u00f4t pour donner au sein m\u00eame de la sc\u00e8ne plane de l\u2019image la perception d\u00e9multipli\u00e9e qu\u2019offre une d\u00e9ambulation dans un espace r\u00e9el quand le changement de point de vue successivement cache et d\u00e9voile les diff\u00e9rentes faces qu\u2019offrent un \u00eatre ou un objet. Tant\u00f4t, dans le poli d\u2019un objet (<em>Le pr\u00eateur et sa femme<\/em> de Quentin Metsys), sous la forme d\u2019une anamorphose, ou dans le d\u00e9tail secondaire de la sc\u00e8ne, comme dans le fameux <em>Portrait des \u00e9poux Arnolfini<\/em> de Van Eyck, c\u2019est la fabrique de l\u2019image, le dispositif de la repr\u00e9sentation, qui s\u2019immiscent par la pr\u00e9sence subreptice du peintre et comme l\u2019envers de l\u2019apparition dont l\u2019image signe le r\u00e8gne \u00e0 travers l\u2019illusion.<br \/>\nSi, dans <em>la Venus del espejo<\/em>, Velasquez l\u2019utilise \u00e0 des fins \u00e9rotiques, le voyeur laissant courir son regard sur les courbes f\u00e9minines de ce corps qu\u2019il surprend de dos avant d\u2019en surprendre le visage et le regard dans un sulfureux cach\u00e9\/montr\u00e9, dans <em>Les M\u00e9nines<\/em>, dans une invraisemblable complexit\u00e9, le miroir est tout \u00e0 la fois une mani\u00e8re d\u2019inclure le hors champ de la fabrique, la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019artisanat qu\u2019incarnent le grand tableau retourn\u00e9 et l\u2019autoportrait du peintre au travail, et un motif qui, parmi d\u2019autres tableaux auxquels il s\u2019associe, t\u00e9moigne d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9ciale comment happer le regard tout en en faisant le sujet m\u00eame du tableau.<br \/>\n\u00c9douard Manet, admirateur de Velasquez et inventeur d\u2019une modernit\u00e9 singuli\u00e8re au milieu du XIXe si\u00e8cle, produit avec le <em>Bar aux folies berg\u00e8res<\/em> une conjonction tr\u00e8s particuli\u00e8re. Sa frontalit\u00e9, tout en d\u00e9ployant l\u2019espace autour de la figure m\u00e9lancolique de la serveuse, et incluant ce faisant le hors champ auquel appartient celui \u00e0 qui nous empruntons le regard, dresse une surface insaisissable sur laquelle se combinent et se confondent le proche et le lointain, la description documentaire ou disons r\u00e9aliste et l\u2019\u00e9vocation r\u00eaveuse, presque synesth\u00e9sique, de ce lieu de la vie moderne si ce n\u2019est de la modernit\u00e9 en elle-m\u00eame. Ce que poursuivra de mani\u00e8re magistrale, quelques ann\u00e9es plus tard, Claude Monet avec les grands panneaux des <em>Nymph\u00e9as<\/em>.<br \/>\nQuoiqu\u2019il se r\u00e9f\u00e8re plus ouvertement \u00e0 Pierre Bonnard, \u00c9douard Vuillard ou Hokusai, une affinit\u00e9 profonde se laisse percevoir entre le dernier chef d\u2019\u0153uvre de Manet et la photographie de Saul Leiter, impressionniste et m\u00e9lancolique \u00e0 sa mani\u00e8re, th\u00e9oricien en acte, muette, de l\u2019image. Le grand miroir de Manet se confond avec le tableau dont il est comme une m\u00e9taphore ou un avatar. Et le regard, comme celui de la serveuse, semble \u00e0 son contact ou \u00e0 son exposition se retourner sur son propre fond houleux, aux prises avec toute sorte de jeux doubles et de confusions. Georges de la Tour, dans <em>la Madeleine aux deux flemmes<\/em> faisait se confronter au sein m\u00eame de la fiction du tableau, et comme une mise en ab\u00eeme, la flemme r\u00e9elle et le double de son image dans le miroir. Dans le <em>Bar aux folies berg\u00e8res<\/em>, les bouteilles qui se d\u00e9doublent le font par le nombre, en avant du miroir, sans le jeu des reflets. Comme si Manet annon\u00e7ait d\u2019une mani\u00e8re taquine ce qu\u2019il allait mettre en \u0153uvre de chausse-trapes et de vertiges. Et Leiter, \u00e9voquant son propre travail, semble s\u2019y laisser prendre : \u00ab J\u2019aime que l\u2019on ne soit pas s\u00fbr de ce qu\u2019on voit. Quand nous ne savons pas pourquoi nous regardons, nous d\u00e9couvrons soudain une chose que nous commen\u00e7ons \u00e0 entrevoir. J\u2019aime cette confusion. \u00bb De lui, nous pourrions reprendre cette confession l\u00e9g\u00e8re, comme pourrait nous semble-t-il la reprendre celui \u00e0 la place duquel nous installe le peintre : \u00ab Je me contentais de regarder le monde, sans rien attendre de pr\u00e9cis. \u00bb En recevoir en somme le trouble. Et quelques apparitions, comme on se laisse surprendre au c\u0153ur d\u2019une r\u00eaverie par le battement d\u2019aile d\u2019un Ange.<br \/>\nC\u2019est cette disposition qui, semble-t-il, l\u2019amena durant les ann\u00e9es 50 et 60 \u00e0 se suffire de son quartier d\u2019Est Village, du th\u00e9\u00e2tre ordinaire et quotidien de la ville, pour r\u00e9aliser son \u0153uvre.<br \/>\nAlors, Leiter semble photographier l\u2019int\u00e9rieur du regard, la mati\u00e8re \u00e0 travers laquelle il s\u2019insinue, son mouvement m\u00eame. Non pas la lisibilit\u00e9 \u00e0 laquelle il atteint et qui consiste \u00e0 une travers\u00e9e de la confusion premi\u00e8re, un d\u00e9gagement, une \u00e9puration, mais toute la s\u00e9quence qui m\u00e8ne de la stimulation liminaire, indistincte, embrouill\u00e9e, au d\u00e9tourage conceptuel, discriminant, qui fait \u00e9clore au sein du monde des objets, des figures \u2014 en une seule image.<br \/>\n\u00ab Les choses ont beau sembler d\u00e9sordonn\u00e9es \u00e0 premi\u00e8re vue, elles acqui\u00e8rent une logique nouvelle gr\u00e2ce aux rythmes et aux accords cr\u00e9\u00e9s pour elles dans le cadre. \u00bb<br \/>\nDans ce cadre peuvent s\u2019inscrire et jouer toutes sortes de sinuosit\u00e9s, d\u2019interf\u00e9rences redoublant la pulsion scopique, le d\u00e9sir d\u2019\u00e9lucidation qui guide la vue, ajoutant au voir la sensualit\u00e9 du toucher. <\/p>\n<p>On pense alors \u00e0 Hiroshige et \u00e0 ses <em>Cent vues d\u2019Edo<\/em>, r\u00e9alis\u00e9es une centaine d\u2019ann\u00e9e avant les photographies de Leiter et qui l\u2019auront assur\u00e9ment influenc\u00e9 (\u00e0 sa mort, sa biblioth\u00e8que comptait plus d\u2019une centaine de livres consacr\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature, la calligraphie, la c\u00e9ramique et la peinture japonaises, le th\u00e9\u00e2tre n\u00f4, les ha\u00efku ou les kakemono, ainsi que quelques albums originaux d\u2019estampes). Il est difficile de ne pas mettre en rapport en particulier la 52e vue, fameuse, d\u2019<em>Ohashi, averse soudaine \u00e0 Atake<\/em> qui inspira \u00e0 Van Gogh une copie avec <em>Le rideau rouge<\/em> de 1956, <em>Facteurs<\/em> de 1952 ou <em>Neige<\/em> de 1960.<br \/>\nIl est fascinant de constater comme, strictement contemporaines de l\u2019ouverture commerciale du Japon au reste du monde et de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019abord discr\u00e8te de la photographie sur l\u2019archipel, c\u2019est-\u00e0-dire, ant\u00e9rieures \u00e0 l\u2019ouverture des premiers ateliers de photographies et de sa popularisation, les compositions d\u2019Hiroshige anticipent le vocabulaire de la photographie moderne. La plupart nous donnent l\u2019impression d\u2019instants saisis comme \u00e0 travers des gestes quotidiens. Que l\u2019on pense \u00e0 cette branche de prunier elle aussi reprise par Van Gogh qui passe au premier plan en travers de l\u2019image, ne laissant deviner le verger qui s\u2019\u00e9tend que derri\u00e8re sa silhouette sombre. Ou cette vue de Massaki qui donne la sensation que l\u2019auteur de l\u2019image s\u2019est appuy\u00e9 de l\u2019\u00e9paule contre un cerisier en fleur pour cadrer la baie qui se d\u00e9ploie en contrebas (cette sensation que l\u2019on a \u00e0 regarder l\u2019image de cet appui de l\u2019\u00e9paule et de l\u2019\u0153il que l\u2019on pose contre l\u2019appareil ; du paysage saisit \u00e0 travers la bo\u00eete). Ou <em>le pont Suidobashi \u00e0 Surugadai<\/em> dont la vue est barr\u00e9e par un <em>Koinobori<\/em> \u2014 ce manche \u00e0 air en forme de carpe exhib\u00e9 pour la f\u00eate des gar\u00e7ons (<em>Tango no sekku<\/em>)\u2014, et qui semble avoir surgi dans un claquement de vent dans le champ au moment o\u00f9 l\u2019artiste d\u00e9clenchait l\u2019appareil. Ou celle-ci encore, identifi\u00e9e comme la planche n\u00b0 86 <em>Nait\u00f4 Shinjuku, Yotsuya<\/em>, o\u00f9 la sc\u00e8ne semble vue, accroupi \u00e0 travers les pattes d\u2019un cheval. Et ce <em>coup de vent dans les rizi\u00e8res d\u2019Ejiri<\/em> qu\u2019Hokusai semble saisir dans la fugacit\u00e9 m\u00eame de son mouvement\u2026<br \/>\nPlusieurs fois, une bande sombre et d\u00e9grad\u00e9e, en haut et en bas de l\u2019image, \u00e9voque le vignetage photographique, la vue \u00e0 travers une ouverture dont affleuraient les bords ; des effets de profondeur de champ, d\u2019entrave. Ce que dans la cuisine de la peinture classique on appelle des repoussoirs. Dans la vue du pont sous l\u2019averse d\u2019Hiroshige, ce basculement de la ligne d\u2019horizon \u00e9voquant une vue \u00e0 la diable, prise \u00e0 la sauvette, le cadrage, quoi que magistralement \u00e9quilibr\u00e9, comme approximatif.<br \/>\nOn pense \u00e0 ces quatre photographies clandestines exhib\u00e9es d\u2019Auschwitz ; t\u00e9moignages \u00e0 la fois du processus d\u2019extermination \u00e0 l\u2019\u0153uvre, des charniers, mais aussi, incidemment, des conditions dans lesquelles elles ont \u00e9t\u00e9 prises par les membres du Sonderkommando, arrach\u00e9es \u00e0 l\u2019impossible, \u00e0 l\u2019inimaginable, p\u00e9rilleusement.<br \/>\nQuoi qu\u2019il n\u2019y ait \u00e9videmment aucune comparaison possible entre l\u2019exp\u00e9rience tragique, monstrueuse, dont t\u00e9moignent les photographies du camp et celles que produisent des artistes comme Hiroshige, Hokusai ou Saul Leiter, elles s\u2019appuient toutes sur une n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019objectivation. Il s\u2019agit de tirer le r\u00e9el de cette zone trouble, quand il ne s\u2019agit pas d\u2019un v\u00e9ritable trou noir, o\u00f9 l\u2019exc\u00e8s de r\u00e9alit\u00e9 se m\u00eale aux fantasmagories, aux \u00e9manations de l\u2019imaginaire et o\u00f9 ne distingue ou ne d\u00e9m\u00eale plus tout \u00e0 fait ce qui vient du dehors et ce qui vient du dedans, pour le confier \u00e0 d\u2019autres regards. C\u2019est en cela que tous sont des t\u00e9moins. Ils ont touch\u00e9 quelque chose qui, pour une raison dramatique ou heureuse, historique ou personnelle, a \u00e9chapp\u00e9 aux autres, et ne peuvent en supporter seuls le poids ou le scintillement, la r\u00e9sonnance particuli\u00e8re.<br \/>\nL\u2019intensit\u00e9 de l\u2019amour, de la terreur, de la souffrance, comme celle de la litt\u00e9rature ou de l\u2019art, \u00e9crit Olivier Rolin, a cette propri\u00e9t\u00e9 bizarre de \u00ab vous d\u00e9sint\u00e9grer mais aussi, contradictoirement, de vous concentrer, quelques tr\u00e8s courts instants, en un point d\u2019intelligence et de sensibilit\u00e9 absolus \u00bb.<br \/>\nC\u2019est cet entre-deux d\u00e9licat que Saul Leiter saisit et nous restitue. \u00ab Un monde flottant, embu\u00e9 dans une succession infinie de mises en ab\u00eeme \u00bb, comme l\u2019\u00e9crit Aude Rimbault. Un monde furtif aussi, d\u00e9ploy\u00e9 alors dans le temps \u00e9tendu de l\u2019image. Une image miroir, m\u00e9moire, r\u00e9ceptacle et bouclier. Une porte entrouverte, porte et chambranle compris. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab A des points de rep\u00e8re, l\u2019une sur l\u2019autre, b\u00e2timent, sur elle, chaque sentiment li\u00e9, sensation \u00e0 la vision d\u2019un point, monument affectif en albertine motif, je prends le monument affectif dans la psychog\u00e9ographie, du coup, comme l\u2019attente n\u2019est pas seulement l\u2019attente de la connaissance du lieu, fausse en l\u2019id\u00e9e, mais est : r\u00e9sume tout\u2026 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7515","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7515"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7515\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7517,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7515\/revisions\/7517"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}