{"id":7520,"date":"2022-09-01T10:00:02","date_gmt":"2022-09-01T09:00:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7520"},"modified":"2022-09-01T10:00:02","modified_gmt":"2022-09-01T09:00:02","slug":"de-la-montagne-alain-fraboni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/de-la-montagne-alain-fraboni\/","title":{"rendered":"De la montagne. Alain Fraboni."},"content":{"rendered":"<p>La haute-montage est un lieu d\u2019abstraction. La marche, d\u2019abord toute physique, laborieuse, vous plante le nez dans une trace, la nuque cass\u00e9 \u00e0 surveiller le pas, des heures durant lors de grandes courses au lev\u00e9 nocturne, \u00e0 fixer le halo de la lampe frontale, v\u00e9rifier la qualit\u00e9 de la neige, de l\u2019appui, la tension de la corde.  S\u2019accrochant \u00e0 un rythme, quelque chose en soi lentement s\u2019abrutit. Il s\u2019agit d\u2019avaler les d\u00e9nivel\u00e9s, les distances, et sans doute de calmer quelque chose en dedans, d\u2019apprivoiser nos gestes et nos \u00e9lans, nos pr\u00e9cipitations et nos remuements.<!--more--> Les pas s\u2019ajoutent aux pas en une m\u00e9canique attentive. Tout autour disparait. Ou se manifeste par l\u2019effort, la r\u00e9sistance, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nos propres mouvements et de ce qu\u2019ils rencontrent ou polissent.<br \/>\nOn y retrouve la patience des pisteurs que nous avons \u00e9t\u00e9, des chasses \u00e0 l\u2019\u00e9puisement, le lieu o\u00f9 se ravalent les mots. On y trouve aussi \u00e0 \u00e9prouver le corps, en red\u00e9couvrir chaque muscle, chaque articulation, la capacit\u00e9 que nous avons \u00e0 nous hisser au-del\u00e0 de nous-m\u00eame au grappin de la volont\u00e9.<br \/>\nS\u2019engager dans une exp\u00e9dition, projeter une course en montagne \u00e0 l\u2019instar de poursuivre de ce l\u2019on appelle une d\u00e9marche artistique, est affaire d\u2019opini\u00e2tret\u00e9, de pers\u00e9v\u00e9rance, de d\u00e9passement, mais c\u2019est aussi une exp\u00e9rience subjective ; c\u2019est-\u00e0-dire, une mani\u00e8re de s\u2019\u00e9prouver, dans les deux sens du terme.<br \/>\nCelui qui marche \u00e9crit par sa trace sur les reliefs du monde qui sont aussi ceux de sa vie. Il caresse quelque chose qui le d\u00e9passe. Comme ses anc\u00eatres r\u00e9v\u00e9laient la croupe, la cavalcade des b\u00eates aux voussures des grottes. La mani\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019alpiniste de traverser la pente, comme un voilier tire des bords, l\u2019apparente \u00e0 un tisseur jouant des fils de chaine et fils de trame. Les lignes qui courent sur les volumes de neige ou de glace, sur les arr\u00eates, en direction des cols et des sommets, dessinent par le corps \u00e0 la mani\u00e8re de l\u2019aveugle qui use de ses doigts, de sa paume en palpant les reliefs de sa nuit. <\/p>\n<p>Enfin, vous atteignez un col, un d\u00f4me, un simple replat pour faire \u00e9tape, une vire ou un balcon. La marche se r\u00e9alise dans son envers : immobilit\u00e9, suspend et d\u00e9gagement. Vous redressez la t\u00eate, vous plantez en vous-m\u00eame. Les yeux se d\u00e9sembuent. Se fait un panorama. Les reliefs se distribuent sur l\u2019\u00e9tendue en un paysage cisel\u00e9.<br \/>\nL\u2019atteinte des sommets va de pair avec l\u2019aurore. Le sentiment de l\u2019espace laisse \u00e9chapper cette euphorie l\u00e9g\u00e8re, voisine \u00e9motionnelle du sentiment du sublime par l\u2019alliage de la f\u00e9licit\u00e9, de la fascination et de l\u2019angoisse ou la terreur. Vous tutoyez le ciel. Par temps clair, les reliefs sont saisissants, d\u2019une d\u00e9finition maniaque, presque surnaturelle. Mais dans le m\u00eame temps, \u00e0 travers l\u2019\u00e9vidence m\u00eame, tout le visible se trouble dans un vertige. Quelque chose vous exc\u00e8de, qui ne se laisse appr\u00e9hender comme les font les autres objets du monde. L\u2019\u0153il peine \u00e0 accommoder \u00e0 ces paradoxes de proximit\u00e9 et de distance, \u00e0 ces masses consid\u00e9rables d\u2019air qui enveloppent tout. Le langage lui-m\u00eame rend les armes. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 pleurer. Un \u00ab tout \u00bb vous est donn\u00e9, mais au-del\u00e0 du palpable. Donn\u00e9 dans son retrait.<br \/>\nOui, alors m\u00eame que vous pouvez lire une altitude, nommer autour de vous les sommets, donner \u00e0 tel couloir une cotation, poursuivant incidemment l\u2019antique projet rassurant de se faire ma\u00eetre et possesseur de la nature, grand ordonnateur des choses du monde, vous savez que vous regardez \u00e0 une abstraction. Que tout cela autour de vous est tout \u00e0 la fois massivement, majestueusement pr\u00e9sent, et terriblement impalpable, intraduisible.<br \/>\nIl n\u2019y a qu\u2019\u00e0 avaler tout rond la chose, prendre quelques photos, et puis amorcer la descente. Chaque ascension, connait le m\u00eame sch\u00e9ma \u00e9motionnel. Le sommet n\u2019est que le lieu \u00e9troit du retournement. On le touche, mais ne l\u2019habite pas.<br \/>\nEt pourtant on ne revient jamais vraiment de ces extr\u00e9mit\u00e9s. Elles deviennent une hantise, un opium.<br \/>\nPratiquer l\u2019alpinisme est une forme de prise de distance. De loin, le mouvement de la ruche s\u2019apaise, disparait. Les complications se simplifient. Le temps ressemble \u00e0 une basse continue, un \u00e9pais tapis de silence perturb\u00e9 seulement par le craquement des crevasses, le glissement de coul\u00e9es, le grondement d\u2019un avion au loin. Les moments pass\u00e9s en montagne rappellent ceux que d\u00e9crit Rousseau lors de ses promenades solitaires :<br \/>\n\u00ab S\u2019il est un \u00e9tat o\u00f9 l\u2019\u00e2me trouve une assiette assez solide pour s\u2019y reposer tout enti\u00e8re et rassembler l\u00e0 tout son \u00eatre sans avoir besoin de rappeler le pass\u00e9 ni d\u2019enjamber sur l\u2019avenir, o\u00f9 le temps ne soit rien pour elle, o\u00f9 le pr\u00e9sent dure toujours sans n\u00e9anmoins marquer sa dur\u00e9e, et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de d\u00e9sir ni de crainte, que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir toute enti\u00e8re, tant que cet \u00e9tat dure, celui qui s\u2019y trouver peut s\u2019appeler heureux. Non d\u2019un bonheur imparfait, pauvre et relatif, tel que celui qu\u2019on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d\u2019un bonheur suffisant, parfait et plein qui ne laisse dans l\u2019\u00e2me aucun vide qu\u2019elle sente le besoin de remplir. Tel est l\u2019\u00e9tat o\u00f9 je me suis trouv\u00e9 souvent \u00e0 l\u2019\u00eele de St-Pierre dans mes r\u00eaveries solitaires, (\u2026) de quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 soi, de rien sinon de soi-m\u00eame et de sa propre existence. Tant que cet \u00e9tat dure, on se suffit \u00e0 soi-m\u00eame comme Dieu \u00bb.<\/p>\n<p>Alain Fraboni, qui se partage entre la fr\u00e9quentation des sommets et une pratique de peintre, semble nourrir l\u2019une par l\u2019autre. La premi\u00e8re suscite en lui des \u00e9motions esth\u00e9tiques semblables \u00e0 celle qu\u2019analyse Kant dans La Critique de la facult\u00e9 de juger dans le prolongement de Burke, au panth\u00e9isme romantique de Caspard David Friedrich ou Philip Otto Runge. La seconde pourrait en \u00eatre la prise en charge ou le rappel, lorsque dans le retrait de l\u2019atelier, les sensations et les images refluent.<br \/>\nDu moins, il est notable que sauf exception, le peintre ne prenne depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es pour sujet de ses tableaux qu\u2019exclusivement des paysages et des sc\u00e8nes de haute montagne.<br \/>\nSur des petits formats au r\u00e9alisme scrupuleux qui n\u2019est pas sans \u00e9voquer celui du peintre \u00e9galement rh\u00f4ne-alpin, Hubert Munier, l\u2019artiste reprenant les motifs de ses courses, auxquelles il adjoint probablement ceux de sommets ou d\u2019exp\u00e9ditions fameuses, ni ne les raconte, ni ne les dramatise en une mani\u00e8re expressionniste. Il en restitue en quelque sorte le d\u00e9cors sid\u00e9rant, l\u2019\u00e9vidence majestueuse m\u00eal\u00e9e d\u2019irr\u00e9alit\u00e9 ou de l\u00e9gende. \u00ab Sache seulement, lorsque tu te rappelles ensuite ces moments-l\u00e0, que ton dialogue avec la nature n\u2019\u00e9tait que l\u2019image, hors de toi, d\u2019un dialogue qui se faisait au-dedans. \u00bb, \u00e9crit Ren\u00e9 Daumal.<br \/>\nIl est tentant d\u2019\u00e9voquer alors \u00e0 leur propos l\u2019approche d\u2019un peintre comme Gerhard Richter dans son rapport \u00e0 la photographie, lequel, dans une note, confie comme cette mani\u00e8re de travailler non d\u2019apr\u00e8s nature, ni d\u2019imagination le rapproche des formalistes. \u00ab La photo poss\u00e8de une abstraction qui lui est propre et qu\u2019il est difficile de p\u00e9n\u00e9trer. \u00bb Sa conscience dit-il, est alors annihil\u00e9. Il ne sait plus ce qu\u2019il fait. Semblable \u00e0 un copiste dupliquant un manuscrit dont il ne d\u00e9chiffre pas la langue. Et il est vrai que par certains aspects, \u00e9trangement, un sommet s\u2019apparente \u00e0 une photographie. Il en a cette sorte d\u2019extr\u00eame d\u00e9finition, presque chirurgicale en m\u00eame temps qu\u2019une vastitude contenue qui caract\u00e9risent son aura.<br \/>\nSauf que, si Richter puise ses sujets dans les archives visuelles du monde un peu comme on regarde les illustrations de livres de science-fiction ou d\u2019aventures, Fraboni a une exp\u00e9rience physique de ces lieux qu\u2019il repr\u00e9sente. Lui seul peut-\u00eatre sait-il la proportion dans son travail du documentaire et des fictions que m\u00eale subrepticement l\u2019imagination et les souvenirs. Mais, \u00e0 toutes, s\u2019accroche un peu la texture du v\u00e9cu.<br \/>\nCertaines toiles \u00e0 ce propos, quoi qu\u2019elles renvoient \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 situ\u00e9e, t\u00e9moignent d\u2019un traitement pictural particulier qui leur conf\u00e8re une certaine \u00e9tranget\u00e9, pour ne pas dire une \u00ab inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 \u00bb. Que ce soit la pr\u00e9sence hypnotique ou hyst\u00e9rique d\u2019un astre rond, ou l\u2019acidit\u00e9 de certaines couleurs qui ne sont pas sans \u00e9voquer celles qui justifi\u00e8rent le recours \u00e0 la couleur dans le film \u00ab D\u00e9sert rouge \u00bb d\u2019Antonioni.<br \/>\nA deux reprises au moins, parmi un ensemble de tableaux qui pourraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab portraits \u00bb de sommets, dument identifi\u00e9s par leur titre, Fraboni s\u2019est focalis\u00e9 sur des couloirs, pris dans le d\u00e9tail. L\u2019un d\u2019eux, titr\u00e9 \u00ab l\u2019origine du monde (Ecrins) \u00bb (2017) renvoi les amateurs d\u2019art \u00e0 ce tableau de Courbet avec lequel la composition pourrait trouver une analogie formelle. De l\u2019anthropomorphisme des grottes aux mandorles o\u00f9 se tiennent des Vierges en pri\u00e8re, la tentation est grande de pr\u00e9lever ainsi au monde visuel ce motif qui fit multiplier en mani\u00e8re de pictogramme \u00e0 nos lointains pr\u00e9d\u00e9cesseurs dans la pierre d\u2019abris, des vulves grav\u00e9es. Il pourrait s\u2019agir alors d\u2019all\u00e9gories. D\u2019une simple connivence avec ceux dont il est, indiquant comment chaque regard est toujours une projection, une interpr\u00e9tation fond\u00e9e sur une culture. D\u2019autres interpr\u00e9tations sont possibles, comme celle qui verrait dans ces plis du monde, fruits de forces g\u00e9ologiques monstrueuses, une m\u00e9taphore de la naissance des formes. Ou celle encore qui, consid\u00e9rant le motif comme aux fronti\u00e8res de la lisibilit\u00e9, indiquerait l\u00e0 quelque chose de la figuration, de ses \u00e9quilibres et ses enjeux.<br \/>\nL\u2019autre toile d\u2019ailleurs, d\u2019un format plus modeste et plus habituel pour l\u2019artiste, semblable dans son sujet et r\u00e9alis\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e, titr\u00e9e \u00ab l\u2019origine de l\u2019abstraction \u00bb incite \u00e0 suivre cette piste. Sans doute fait-elle \u00e9cho aux consid\u00e9rations du peintre Gerhard Richter ayant r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la toute fin des ann\u00e9es soixante une suite de tableaux prenant pour motif des sommets et paysages de montagne, dans un rendu parfois photo-r\u00e9aliste d\u2019autres fois plus sch\u00e9matique ou synth\u00e9tiques ; \u00e0 peine lisibles. Les Alpes le s\u00e9duisaient \u00e9crivait-il alors, en marge des images de guerre ou de villes, parce que c\u2019\u00e9tait \u00ab des amas de cailloux, des trucs qui ne parlent pas \u00bb. Ainsi leur contenu est plus ouvert, pour ne pas dire b\u00e9ant. La nature, dira-t-il encore, est notre \u00ab absolu contraire \u00bb. Elle ne connait ni sens, ni cl\u00e9mence, ni piti\u00e9. Elle est \u00ab totalement inhumaine \u00bb. Peut-\u00eatre est-ce ce nouage qui retient Fraboni pour qu\u2019il revienne inlassablement aux montagnes dont il aime fr\u00e9quenter les d\u00e9serts et dont il questionne la complexit\u00e9 des images qu\u2019elles suscitent en lui. Leur apparente familiarit\u00e9, leur soumission \u00e0 l\u2019image, rec\u00e8lent un insondable qui se retourne en nous.  <\/p>\n<p>Le plus souvent, c\u2019est une scrupuleuse exactitude qui guide le dessin. Parfois, l\u2019artiste use de pochoirs qui jouent ce r\u00f4le et s\u2019aventure plus avant, de mani\u00e8re plus exp\u00e9rimentale et plasticienne, dans un travail de mati\u00e8re et superpositions, la repr\u00e9sentation recouvrant quelque chose d\u2019hallucin\u00e9, d\u2019\u00e9trange. La forme, quoi qu\u2019encore massive et lisible, semble au bord de se d\u00e9faire pour rejoindre une vibration hyst\u00e9rique. On pense alors aux montagnes peintes de Mario Prassinos dans un m\u00e9lange de gestes, \u00e0 ce moment mystique qui dans les \u0153uvres post impressionnistes de Kandinsky ou de Mondian, pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un langage abstrait. C\u2019est paradoxalement en donnant plus de corps \u00e0 la toile que les sommets rejoignent leur dimension imaginaire ou irr\u00e9elle.<br \/>\n\u00ab Il n&rsquo;y a pas de place dans la haute montagne, disait-il, pour le fantastique, parce que la r\u00e9alit\u00e9 y est par elle-m\u00eame plus merveilleuse que tout ce que l&rsquo;homme pourrait imaginer. \u00bb, \u00e9crivait Ren\u00e9 Daumal dans <em>le Mont analogue<\/em>.<\/p>\n<p>janvier 2022<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La haute-montage est un lieu d\u2019abstraction. La marche, d\u2019abord toute physique, laborieuse, vous plante le nez dans une trace, la nuque cass\u00e9 \u00e0 surveiller le pas, des heures durant lors de grandes courses au lev\u00e9 nocturne, \u00e0 fixer le halo de la lampe frontale, v\u00e9rifier la qualit\u00e9 de la neige, de l\u2019appui, la tension de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7521,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7520","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7520","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7520"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7520\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7522,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7520\/revisions\/7522"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7521"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7520"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7520"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7520"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}