{"id":7621,"date":"2022-12-23T12:25:43","date_gmt":"2022-12-23T11:25:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7621"},"modified":"2022-12-23T15:36:41","modified_gmt":"2022-12-23T14:36:41","slug":"shirley-jaffe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/shirley-jaffe\/","title":{"rendered":"Shirley Jaffe"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Feuilleter notre monde, assembler son \u00e9parpillement, ses battements. Seule une peintre, au c\u0153ur de la voli\u00e8re, aura per\u00e7u la clart\u00e9 de son d\u00e9sordre, ses impr\u00e9visibles harmonies. Shirley Jaffe verra toujours, dans ce qui fourmille, une pagaille contr\u00f4lable. Elle sera capable d\u2019\u00e9taler le n\u0153ud du disparate. Seule, dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation, elle r\u00eavera \u00e0 une architecture insouciante dont le strict \u00e9quilibre pourrait flotter, flottement qui renforcerait sa tenue, exalterait sa stabilit\u00e9. \u00bb<\/em><br \/>\nNicolas Pesqu\u00e8s<\/p>\n<p><em>\u00ab Le sentiment \u00e0 l\u2019origine du tableau est un sentiment pictural, une perception particuli\u00e8re d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne pictural, un sentiment provoqu\u00e9 par un \u00e9v\u00e9nement pictural \u00e0 faire advenir.<br \/>\nIl n\u2019est pas encore l\u00e0, il est latence, provoqu\u00e9 ou incit\u00e9 par les choses du monde mais s\u2019en s\u00e9parant dans le sentiment formel du tableau. \u00bb <\/em><br \/>\nEric Such\u00e8re <!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est un mouvement similaire \u00e0 celui qui m\u00e8ne Mondrian entre 1909 et 1913 des peintures de pommiers \u00e0 ses compositions g\u00e9om\u00e9triques orthogonales \u00e0 la gamme color\u00e9e restreinte. Chez Shirley Jaffe, la transition se fait autour de 68-69 et presque sans retour. La part gestuelle, expressionniste, qui rapproche ses travaux ant\u00e9rieurs d\u2019artistes comme Wilhelm De Kooning dispara\u00eet au profit d\u2019une sch\u00e9matisation des gestes, comme traduits en aplats, en formes r\u00e9parties sur la surface dans un m\u00e9lange de d\u00e9termination et de hasard, de g\u00e9om\u00e9trie et de formes organiques, qui \u00e9voquent conjointement les travaux de Sophie Taueber et de Hans Arp. D\u00e8s lors, Jaffe repousse \u00ab les s\u00e9ductions de la touche \u00bb, sa distraction, voue son \u0153uvre \u00e0 une forme de neutralisation, de distance, de mise \u00e0 distance : elle veut que le tableau soit \u00ab devant vous comme un mur \u00bb.<br \/>\nD\u00e8s 1964, la surface se cloisonne, se structure de lignes, angles, courbes, excitant le visible et dont on ne sait s\u2019ils et elles tendent vers un apaisement, une fluidification ou un \u00e9chauffement dionysiaque. Un temps, se m\u00ealent la rue pavois\u00e9e de Montorgueil du tableau de Monet de 1878, toute d\u00e9termination versant dans la couleur et le mouvement, anticipant les recherches cin\u00e9tiques de Franz Kupka, de Kandinsky, de Giacomo Balla, de Robert et Sonia Delaunay, et les derniers tableaux de Mondrian \u00e0 l\u2019instar de <em>Broadway Boogie-Woogie<\/em> en lequel on peut lire une traduction urbaniste de l\u2019animation de la ville vue en plong\u00e9e.<br \/>\nLa figure de Matisse, comme pour Richard Diebenkorn, semble alors tut\u00e9laire. Un tableau de 1968 intitul\u00e9 \u00ab <em>Little Matisse<\/em> \u00bb l\u2019indique assez ouvertement quoiqu\u2019elle se soit toujours gard\u00e9e de le confirmer ou de d\u00e9velopper \u00e0 ce sujet, laissant g\u00e9n\u00e9ralement planer le doute ou entretenant la confusion.<br \/>\nMatisse cherchait \u00e0 travers les principes de d\u00e9coration, de danse et d\u2019affirmation libre de la couleur une forme d\u2019harmonie qui est le th\u00e9\u00e2tre d\u2019audaces formelles, perspectives, graphiques, soumises \u00e0 un \u00e9quilibrage, un ajustement maniaque de la composition et de l\u2019\u00e9lan expressif. Se conjuguent de fa\u00e7on inou\u00efe la fraicheur enfantine, sa na\u00efve libert\u00e9, et les exigences de la structure. De fa\u00e7on similaire, Shirley Jaffe joue de formes dont elle dit qu\u2019elles doivent \u00eatre \u00ab anim\u00e9es d\u2019un mouvement \u00bb, auxquelles la couleur vient donner \u00ab une impulsion suppl\u00e9mentaire \u00bb qui finissent par composer une foule o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment a sa voix et s\u2019int\u00e8gre pour former une unit\u00e9 ou un monde. Hors de l\u2019appel \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 anecdotique \u00e0 laquelle Matisse restera fid\u00e8le, les tableaux de Jaffe \u00e0 cette \u00e9poque semblent jouer ce m\u00eame jeu de basculement des plans, de brouillages perspectifs, de continuit\u00e9s et discontinuit\u00e9s par le motif, de patchwork, dans lequel l\u2019aspect h\u00e2tif ou instinctif, qui \u00e9voque l\u2019\u00e9bauche, le partage \u00e0 une forme de rigueur structurelle. S\u2019y lit une sorte de plaisir funambule. Quelque chose des <em>Stoppages-\u00e9talon<\/em> de Duchamp dans l\u2019hybridation dont ils t\u00e9moignent du surr\u00e9alisme, du dada\u00efsme, du formalisme et de l\u2019art conceptuel.<br \/>\nAlors, naturellement on pense au texte qu\u2019\u00e9crivit Jean Genet <em>Pour Abdallah<\/em>, \u00e0 ce jeu avec l\u2019image et la mort qui a lieu parfois dans la canop\u00e9e, sous un chapiteau, pour un fildef\u00e9riste, et que d\u2019autres jouent sur une toile en harmonisant le chaos, en le fr\u00f4lant sans cesse. On imagine alors avec Nicolas Pesqu\u00e8s, \u00ab tous les sacrifices qu\u2019il aura fallu faire pour que la m\u00eal\u00e9e s\u2019empoigne et rayonne, ombres et adversit\u00e9 incluses \u00bb. Dans un entretien avec le peintre Robert Kushner, en 2003, elle confirme d\u2019ailleurs que la joie dans son travail n\u2019est qu\u2019une apparence qui cache des tensions, des violences, de d\u00e9sespoir. La couleur peut s\u2019emparer d\u2019un triangle \u00ab et le rendre soit paisible, soit effrayant \u00bb.<br \/>\nPour qui attend qu\u2019un tableau repr\u00e9sente et avec un savoir-faire reconnu, avec m\u00e9tier, un portrait ou un paysage, une sc\u00e8ne \u00e9difiante, une \u0153uvre abstraite \u00e0 tendance lyrique ou g\u00e9om\u00e9trique n\u2019est qu\u2019un chaos arbitraire illisible. Et \u00e0 vrai dire, elle l\u2019est toujours un peu, du moins est-elle toujours au bord de l\u2019\u00eatre quand par un long apprentissage, par une familiarit\u00e9 acquise on sait enfin lire l\u00e0-dedans les aventures p\u00e9rilleuses qui s\u2019y sont jou\u00e9es, l\u2019appel du vide dont il aura fallu se garder \u00e0 grand renfort de temp\u00e9rament, d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9s.<br \/>\nShirley Jaffe confronte alors, \u00e0 la mani\u00e8re de Kandinsky, une tribu de formes aux dynamiques et couleurs, qualit\u00e9s, vari\u00e9es qu\u2019elle associe dans une forme de composition qui conserve une fois \u00e9quilibr\u00e9e le vertige qu\u2019elle a tutoy\u00e9 maintes fois et apprivois\u00e9 \u00e0 force d\u2019ajustements. La simplicit\u00e9 apparente et l\u2019unit\u00e9 qui se d\u00e9gage <em>in fine<\/em> vibre encore de ces centaines de choix, d\u2019alternatives, de doutes, de bifurcations, de deuils dont t\u00e9moignent les dessins qu\u2019elle annote sur des fiches bristol, sorte de carnet de voyage ou de g\u00e9n\u00e9alogie des toiles. \u00ab Leur spontan\u00e9it\u00e9 est le fruit d\u2019une longue maturation \u00bb. Ce qu\u2019elle appelle alors par la r\u00e9alisation du tableau, c\u2019est une recherche de vitalit\u00e9, l\u2019articulation de tensions inh\u00e9rentes \u00e0 la nature des formes et \u00e0 leur mise en relation. Mouvement d\u00e9miurgique qui fait de l\u2019espace du tableau un monde ou un \u00e9cosyst\u00e8me dans lequel les \u00e9l\u00e9ments prennent vie en se d\u00e9tachant d\u2019un programme trop d\u00e9fini ou d\u2019un syst\u00e8me pour acqu\u00e9rir une forme propre, singuli\u00e8re, de r\u00e9solution. Une grammaire, une prose. Ce pourrait \u00eatre, \u00e0 l\u2019image des derniers tableaux de Mondrian, la captation synesth\u00e9sique de la ville, de l\u2019\u00e9mulation urbaine telle qu\u2019elle se tresse \u00e0 Paris et dans toutes les grandes m\u00e9tropoles, \u00e0 la lisi\u00e8re du chaos ou de la pente entropique. Un tableau alors, dans le sens d\u2019une sc\u00e8ne o\u00f9 se croiseraient des actions. L\u2019espace, g\u00e9n\u00e9ralement quadrangulaire, pour reprendre la d\u00e9finition d\u2019Alberti, o\u00f9 se donne \u00e0 lire l\u2019histoire. O\u00f9 se donnent \u00e0 consid\u00e9rer les signes. Ainsi pourra-t-elle dire qu\u2019elle cherche l\u2019impr\u00e9visible. Ainsi, ses tableaux semblent perp\u00e9tuellement advenir.<br \/>\nDans les ann\u00e9es 80, ses toiles donn\u00e8rent davantage encore l\u2019impression de combiner les recherches du couple Taueber-Arp et le travail tardif de Matisse sur les papiers d\u00e9coup\u00e9s. Le rapprochement pourrait para\u00eetre trop \u00e9videmment formel; pourtant quelques \u00e9l\u00e9ments, comme l\u2019usage du n\u00e9gatif ou de la contre-forme, pourraient passer pour des citations sauf \u00e0 les consid\u00e9rer comme des projections culturelles. Cela tient sans doute \u00e0 la manifestation d\u2019un fond, souvent blanc, et au d\u00e9tachement des formes, clairement lisibles, donnant parfois l\u2019impression de se chevaucher. Quelques fois, c\u2019est l\u2019image de planches d\u2019herbiers, de ces plaques de plastique o\u00f9 se r\u00e9partissent les diff\u00e9rentes pi\u00e8ces d\u2019une maquette, qu\u2019il faut d\u00e9tacher en coupant avec une pince ou en pliant les attaches. On pourrait penser, qu\u2019\u00e0 l\u2019exemple de Frank Stella dans certains travaux tardifs, elle exploite un chutier \u00e0 la faveur d\u2019une infinit\u00e9 d\u2019accords, d\u2019assemblages, proposant des sortes de pi\u00e8ges pour le regard comme dans les cultures traditionnelles d\u2019Inde du Sud on pla\u00e7ait devant les maisons pour se pr\u00e9venir des d\u00e9mons des entrelacs g\u00e9om\u00e9triques \u2014 les <em>kolam<\/em> \u2014  devant lesquels ils devaient oublier leurs intentions \u00e0 la faveur de r\u00eaveries \u00e9mollientes. Et effectivement, il me semble parfois, contemplant un tableau de Jaffe, r\u00eaver sur un r\u00e9bus dont le d\u00e9chiffrement serait devenu anecdotique; me laissant porter en \u00e9tant aiguillonn\u00e9 quelques fois par des sensations ind\u00e9termin\u00e9es ou indicibles, fuits d\u2019une \u00e9laboration complexe quoique simple en apparence, comme un plat ou une boisson vous sont apaisant, r\u00e9confortant, tonifiant, m\u00e9lancolique ou r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant. Ils agissent comme le font les r\u00e9alit\u00e9s du monde quand on se prend \u00e0 les m\u00e9diter r\u00eaveusement, m\u00e9lange de \u00ab musique des sph\u00e8res \u00bb pour reprendre la formule de Platon et de \u00ab silences infinis \u00bb pascaliens en lesquels la gr\u00e2ce le partage \u00e0 un fond d\u2019angoisse. \u00c9ric Such\u00e8re confirme qu\u2019ils sont difficiles \u00e0 regarder, \u00e0 comprendre et \u00e0 m\u00e9moriser. \u00ab S\u2019ils nous apprennent \u00e0 regarder les choses du monde, c\u2019est parce que, tout comme elles, sans cesse, partout, ils semblent \u00eatre non compos\u00e9s \u2013 semblant ne poss\u00e9der aucune intentionnalit\u00e9 visible. Pourtant, ils sont compos\u00e9s dans le sens o\u00f9 rien n\u2019est al\u00e9atoire, hasardeux, d\u00fb \u00e0 la chance \u2013 chaque \u00e9l\u00e9ment est le fruit d\u2019une longue maturation \u2013 mais ils sont compos\u00e9s comme non compos\u00e9s : ce que l\u2019on retrouve parfois chez Bonnard. (\u2026) ils sont compos\u00e9s comme les choses du monde le sont. \u00bb<br \/>\nEt l\u2019artiste elle-m\u00eame de poursuivre en ce sens : \u00ab Je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 la non-centralit\u00e9, \u00e0 la coexistence, \u00e0 l\u2019invention constante, \u00e0 la cr\u00e9ation de mouvements qui ne soient pas r\u00e9p\u00e9titifs, mais fonctionnent ensemble comme un tout. Je ne veux pas de beaut\u00e9 lyrique. On pourrait dire que je cherche \u00e0 saisir une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 na\u00eetre. \u00bb<br \/>\nDans la d\u00e9cennie suivante, aux aplats sont venus s\u2019ajouter un travail de texture inscrivant dans les m\u00e9lodies picturales des sortes de matit\u00e9s ou de contrepoints complexifiant encore les phras\u00e9s. Plus d\u2019une fois, il m\u2019a sembl\u00e9 lire, comme entre deux plis, des citations discr\u00e8tes de Matisse encore, de Kandinsky, de Delaunay et m\u00eame de Klee, Miro ou L\u00e9ger, de Stuart Davis ou du purisme d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Ozenfant. Des morceaux m\u2019ont \u00e9voqu\u00e9es les toiles de Jonathan Lasker ou de Bernard Piffaretti, de Tom Wesselmann citant lui-m\u00eame Matisse, de Nathalie du Pasquier. D\u2019ailleurs j\u2019imaginais tr\u00e8s bien ses toiles occuper les murs d\u2019un int\u00e9rieur enti\u00e8rement meubl\u00e9 par Ettore Sottsass et le groupe de Memphis. Et je sais qu\u2019au fond ces rapprochements multiples sont une mani\u00e8re de se rassurer quand l\u2019objet n\u2019a que peu de prises. Parce que se retrouver seul face \u00e0 un tableau de Shirley Jaffe c\u2019est bien souvent se retrouver pi\u00e9g\u00e9, happ\u00e9 par un vertige sans d\u00e9but ni fin, plein d&rsquo;h\u00e9sitations perceptives.<br \/>\nOn dit qu\u2019elle \u00e9tait curieuse de tout et courrait les expositions. La seule et unique fois o\u00f9 nous nous sommes crois\u00e9s et que nous avons sommairement \u00e9chang\u00e9, ce devait \u00eatre entre 2008 et 2010. Je vernissais ma ou une de mes premi\u00e8re(s) exposition(s) \u00e0 Paris, galerie Isabelle Gounod, dans le Marais. Elle devait avoir 85 ans ou plus et passait pour un petit bout de femme \u00e9nergique et d\u00e9termin\u00e9e qui ne se laissait pas prendre le bras pour descendre la marche. Jour de vernissage, elle faisait le tour du quartier \u00e0 pied, de galerie en galerie, voir ce qui se faisait. Comme elle se montrait attentive \u00e0 ce que je pr\u00e9sentais ce jour, je lui avais propos\u00e9 de lui offrir le catalogue (je ne savais pas d\u2019abord \u00e0 qui je parlais et \u00e9changeais donc simplement avec une inconnue qui avait l\u2019ouverture d\u2019esprit de passer la porte pour regarder de la peinture, ce qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait alors un filtre efficace). Devant marcher encore et sans sac, elle avait poliment d\u00e9clin\u00e9 avant de revenir quelques minutes apr\u00e8s \u2013\u00ab <em>apr\u00e8s tout !<\/em> \u00bb- pour finalement l\u2019emporter sous le bras.<br \/>\nC\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre un simple geste de politesse, d\u2019attention ou d\u2019empathie pour un jeune artiste faisant ses premiers pas et qu\u2019elle sentait sensible. Peut-\u00eatre le signe d\u2019une curiosit\u00e9 plus pouss\u00e9e. Je me demande ce qu\u2019elle pouvait voir dans le travail que je faisais alors, si diff\u00e9rent du sien et de sa famille artistique. Comment elle consid\u00e9rait ces jeunes artistes, ce milieu de l\u2019art, depuis l\u2019histoire qui \u00e9tait la sienne.<br \/>\nElle d\u00e9c\u00e8de quelques ann\u00e9es plus tard, en septembre 2016.<br \/>\nLe po\u00e8te Ludovic Janvier, pour \u00e9voquer une dame disparue, a cette belle expression : \u00ab elle est entr\u00e9e dans le froid de son nom \u00bb. La formule est difficile \u00e0 employer pour Shirley Jaffe qui, si elle est devenue un nom dans le milieu de l\u2019art, y compris pour de jeunes artistes comme on l\u2019imagine Pierre Mabille, Daniel Mato, Camila Oliveira Fairclough, Farah Atassi et pour de nombreux autres \u00e0 l\u2019ob\u00e9dience moins marqu\u00e9e, n\u2019a rien perdu de la vivacit\u00e9, de son excentricit\u00e9 ; cette couleur inattendue, cette \u00e9tranget\u00e9 qu\u2019elle invitait comme \u00ab moment cr\u00e9atif \u00bb. Ses couleurs, ses fa\u00e7ons d\u2019inviter et de faire tenir ensemble, formes, contre-formes, signes iconiques, entre rigueur et d\u00e9sinvolture pourrait \u00eatre le fait d\u2019un jeune artiste contemporain. \u00ab On retrouve la f\u00eate qui bat son plein \u00bb, \u00e9crit Nicolas Pesqu\u00e8s. <\/p>\n<p>Image : <em>Intrusive black<\/em>, 210x180cm, 2008.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Feuilleter notre monde, assembler son \u00e9parpillement, ses battements. Seule une peintre, au c\u0153ur de la voli\u00e8re, aura per\u00e7u la clart\u00e9 de son d\u00e9sordre, ses impr\u00e9visibles harmonies. Shirley Jaffe verra toujours, dans ce qui fourmille, une pagaille contr\u00f4lable. Elle sera capable d\u2019\u00e9taler le n\u0153ud du disparate. 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