{"id":7677,"date":"2023-02-06T10:45:38","date_gmt":"2023-02-06T09:45:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7677"},"modified":"2023-02-06T11:39:09","modified_gmt":"2023-02-06T10:39:09","slug":"le-labyrinthe-domestique-et-mental-de-mathieu-cherkit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/le-labyrinthe-domestique-et-mental-de-mathieu-cherkit\/","title":{"rendered":"Le labyrinthe domestique et mental de Mathieu Cherkit"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Quand vous prenez une fleur dans votre main et que vous la regardez, c\u2019est votre monde pour un instant. \u00bb<br \/>\n<\/em>Georgia O\u2019Keeffe<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, la peinture hollandaise dans ce que l\u2019on a appel\u00e9 son \u00e2ge d\u2019or. Cette mise en avant, dans le champ de l\u2019art, de l\u2019int\u00e9rieur, non plus seulement comme le d\u00e9cor de sc\u00e8nes et de portraits, comme cadre ou parergon, mais tout \u00e0 la fois comme t\u00e9moin des commerces quotidiens de la vie que l\u2019on m\u00e8ne alors, r\u00e9surgence de l\u2019intime par ricochets ou r\u00e9flexion, et labyrinthe, g\u00e9om\u00e9trie autonome o\u00f9 s\u2019articulent les plans, entre saillance et perspective, circulations et frontalit\u00e9s. Ce que l\u2019on pourrait appeler l\u2019invention de l\u2019espace comme objet.<!--more--> Et par ce d\u00e9tour historique qui fait comme une balise dans la triangulation en quoi consiste souvent l\u2019approche critique d\u2019une \u0153uvre, ce qui se pr\u00e9figurait d\u2019une attention \u00e0 l\u2019espace dans sa dimension palpable et affective, de l\u2019inqui\u00e9tante familiarit\u00e9, qui, apr\u00e8s avoir sinu\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre de Piranese, fonderont la m\u00e9taphysique de Di Chirico, le th\u00e9\u00e2tre de Bacon, tout autant que cette tension scopique que fabrique et exploite le cin\u00e9ma d\u2019\u00e9pouvante.<br \/>\nMais aussi cette sorte de rets, de pi\u00e8ge que forme un tableau comme celui des M\u00e9nines de V\u00e9lasquez, par la multitude de sc\u00e8nes et d\u2019appels qu\u2019il y ench\u00e2sse. Et les vertiges qu\u2019explora Sam Szafran dans la jungle de son atelier, la spirale des escaliers de service. Et ce qui se fait dans la confrontation muette d\u2019objets ordinaires qui tient, quelle que soit l\u2019innocence qu\u2019on suppose \u00e0 leur disposition, \u00e0 cette rencontre d\u2019un parapluie et d\u2019une machine \u00e0 coudre sur une table de dissection que d\u00e9crivit Lautr\u00e9amont, qu\u2019illustra H\u00e9lion. Myst\u00e8re ind\u00e9nouable et fascinant, kal\u00e9idoscopique.<br \/>\nC\u2019est d\u00e9j\u00e0 poser, sur le mode de l\u2019hypoth\u00e8se, de l\u2019intuition, une g\u00e9n\u00e9alogie possible \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Mathieu Cherkit. Autant que d\u00e9crire en v\u00e9rit\u00e9 comment regarder est toujours r\u00e9pondre d\u2019\u00e9chos, de r\u00e9sonances, de mises en perspectives, brasser ses propres tiroirs. <\/p>\n<p>Une fois d\u00e9pos\u00e9s donc sur la tablette pinces, scalpels, \u00e9carteurs, il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 tourner autour de ce corps qui vous regarde de toute sa surface et que l\u2019on ne sait par quel c\u00f4t\u00e9 aborder, par quelle face l\u2019envisager. Si vrai que la pr\u00e9sence d\u2019une \u0153uvre se manifeste souvent d\u2019un bloc quand la pens\u00e9e, l\u2019\u00e9criture demandent des chemins, des assauts successifs, trahissant ce qui fait ch\u0153ur en m\u00eame temps que corps et que les observations successives travaillent \u00e0 d\u00e9plier.<br \/>\nIl faudra dire alors comme la maison est un territoire, une figure, un peu comme le terrier, dans la nouvelle de Kafka, est un retournement du mental sur l\u2019environnement, une forme de mat\u00e9rialisation de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, de l\u2019intranquillit\u00e9, en m\u00eame temps que l\u2019histoire d\u2019un individu s\u2019arrangeant d\u2019\u00eatre au monde, confront\u00e9 \u00e0 l\u2019impalpable de l\u2019espace. Qu\u2019elle ressemble sous cet aspect \u00e0 un objet transitionnel, comme le th\u00e9orisa Winnicott, qui permet d\u2019apprivoiser le dehors apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 du paradis ut\u00e9rin qu\u2019elle prolonge en un sens sous un mode symbolique.<br \/>\nJe pense au travail que fit \u00e0 ce sujet Louise Bourgeois. A celui de Robert Gober. De Rachel Whiterhead. Ou encore celui que r\u00e9alisa Gregor Shneider \u00e0 partir de la maison familiale, baptis\u00e9e \u00ab haus u r \u00bb, qu\u2019il reconfigure continuellement et sculpte de l\u2019int\u00e9rieur comme un dormeur se retourne sur ses r\u00eaves lors de nuits agit\u00e9es. Comme Mathieu Cherkit repr\u00e9sente en le r\u00e9interpr\u00e9tant sans cesse depuis des ann\u00e9es son lieu de vie (d\u2019abord la maison familiale \u00e0 Saint-Cloud, puis celle de Vallery dans l\u2019Yonne o\u00f9 l\u2019artiste s\u2019est \u00e9tabli et qui semble en \u00eatre la r\u00e9plique), Schneider depuis les ann\u00e9es 90 reconstruit de mani\u00e8re obsessionnelle des parties de sa maison \u00e0 l\u2019occasion de ses diverses expositions. Il y a quelque part quelque chose du go\u00fbt pour les cabanes h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019enfance, qui n\u2019est pas sans faire \u00e9cho au Merzbau de Schwitters et aux installations immersives des Fr\u00e8res Chapuisat. Cette culture d\u2019une h\u00e9t\u00e9rotopie comme la d\u00e9crit Foucault \u00e0 l\u2019exemple du fond du jardin, du grenier, de la tente ou du grand lit des parents. Quelque chose aussi d\u2019une but\u00e9e \u00e0 mi-chemin entre ces monomanies h\u00e9rit\u00e9es d\u2019un trauma et l\u2019insistance maniaque qui caract\u00e9rise une recherche impliqu\u00e9e. Entre ces figures h\u00e9b\u00e9t\u00e9es que peint Jean Rustin, les vases et les pots qui offrent \u00e0 Morandi l\u2019infini sur un bord de table et la fantasmagorie panoptique des Nymph\u00e9as de Monet, d\u00e9ployant l\u2019insaisissable.<br \/>\nSous certains aspects, on pourrait lire le travail de Mathieu Cherkit comme l\u2019enregistrement ou la prise en consid\u00e9ration de l\u2019espace domestique, de sa mati\u00e8re, comme \u0153uvre. Un peu comme d\u2019inviter \u00e0 regarder ce qui est d\u00e9poli par l\u2019ordinaire, le banal, voire le trivial, comme une sculpture involontaire et patiente, r\u00e9alis\u00e9e avec les outils de la vie de famille, du m\u00e9nage. Des artistes ont eu leur muse, des obsessions passag\u00e8res ou durables. Picasso vu le monde ou v\u00e9cu successivement son art par les filtres de Fernande, de Marie-Th\u00e9r\u00e8se, d\u2019Olga, de Dora\u2026 Cherkit a \u00e9lit sa maison. Elle est le sujet de sa peinture de mani\u00e8re que l\u2019une se retourne en l\u2019autre : que regardant son salon ou sa chambre, il habite sa peinture. En peignant, il s\u2019installe, mesure ce \u00e0 quoi il est pr\u00e9sent, la figure du quotidien, la pr\u00e9sence palpable de l\u2019espace dans son identit\u00e9 propre. Se fait ce que l\u2019on appelle en biologie une symbiose, une sorte de collaboration, ou une co\u00e9volution, une cosuscitation, scellant un avenir, un \u00ab\u00a0advenir\u00a0\u00bb commun.<br \/>\nAinsi, sa peinture est architectur\u00e9e en m\u00eame temps qu\u2019elle est une peinture de lieux, dans le sens tout autant topographique qu\u2019affectif. A l\u2019exemple de l\u2019habitation dans ses distributions et comment elle \u00e9quilibre en une forme unitaire qui tient de la monade ou de ce paquebot qui faisait r\u00eaver les modernes \u00e0 l\u2019instar du Corbusier, les tableaux de Cherkit tiennent du n\u0153ud, d\u2019un monde gentiment labyrinthique avec ses pi\u00e8ces d\u00e9rob\u00e9es, ses placards, ce que l\u2019on serait tent\u00e9 d\u2019appeler son inconscient ou ses r\u00eaves, ses coincements et les jeux qui laissent la possibilit\u00e9 de circulations, de mouvement, comme il se fait dans un syst\u00e8me m\u00e9canique. Les plus amples font penser \u00e0 ces fourmili\u00e8res ou termiti\u00e8res que pour des raisons p\u00e9dagogiques on laisse se d\u00e9velopper dans des vivariums dont les parois de verre donnent comme en coupe une vue sur les galeries et l\u2019activit\u00e9 industrieuse qui y a cours dans la discr\u00e9tion du sol. Dans des culs-de-sac ou des sortes d\u2019hernies, le sp\u00e9cialiste vous indique la nurserie, les greniers, comme on d\u00e9signe sur une planche anatomique les diff\u00e9rents organes et leurs interactions. Souvent multifocale ou d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 la mani\u00e8re des miniatures persanes (avec lesquelles ces peintures partagent un usage libre et tonique de la couleur), des peintres cubistes, des primitifs comme Duccio et Giotto, la perspective qu\u2019offrent les tableaux de Cherkit indique une recherche de lisibilit\u00e9 \u00e9carquill\u00e9e qui n\u2019est pas sans rappeler le projet scientifique des planches et des atlas. Cependant qu\u2019\u00e9trangement s\u2019infiltre une \u00e9quivoque qui glisse vers l\u2019artificiel et l\u2019imaginaire \u00e0 la mani\u00e8re des r\u00e9bus, des \u00e9nigmes que mettent en sc\u00e8ne des peintres comme \u00c9ric Corne ou Marion Bataillard.<br \/>\nMais c\u2019est oublier de dire comme deux projets semblent avoir cours simultan\u00e9ment dans l\u2019\u0153uvre de l\u2019artiste. L\u2019un consisterait donc \u00e0 d\u00e9peindre, sur le mode documentaire, le d\u00e9cor d\u2019une vie ou les paysages qu\u2019elle fa\u00e7onne, faits de lieux, d\u2019objets, d\u2019\u00e9l\u00e9ment de d\u00e9coration qui parlent d\u2019un go\u00fbt, d\u2019une \u00e9poque, en une mani\u00e8re d\u2019ethnographie.<br \/>\nL\u2019autre consiste en l\u2019\u00e9laboration d\u2019un tableau qui s\u2019appuie sur ce mat\u00e9riel, en use pour glisser quelques r\u00e9f\u00e9rences, quelques jeux, mais s\u2019en autonomise parfois, les d\u00e9tourne, r\u00e9clamant une certaine lumi\u00e8re, une tonalit\u00e9, une structuration autonome qui peut \u00e9voquer quelques fois Richard Diebenkorn ou Thomas Weischer, Matisse dans son Int\u00e9rieur aux aubergines. Chaque fragment, chaque objet peut glisser ainsi de la repr\u00e9sentation r\u00e9aliste \u00e0 peine gauchie \u00e0 l\u2019irruption d\u2019un morceau de peinture autonome, \u00e0 un jeu de d\u00e9grad\u00e9, de texture, de collage. Un corps aussi, par la texture de sa surface, par le champ qu\u2019il \u00e9tire jusqu\u2019aux limites du support, se d\u00e9chirant sur lui en bavant. Ce qui marque au premier abord, c\u2019est la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019image, c\u2019est \u00ab\u00a0comment c\u2019est peint\u00a0\u00bb. Il est des peintres qui usent de toiles fines ou de bois finement enduit, comme des ic\u00f4nes, d\u2019une peinture l\u00e9g\u00e8re, presque aquarell\u00e9e. D\u2019autres qui jettent leur d\u00e9volu sur la jute grossi\u00e8re, sur le couteau \u00e0 peindre, l\u2019enduit et la mousse expansive. Ce n\u2019est pas seulement la manifestation d\u2019un go\u00fbt pour la cuisine rustique ou di\u00e9t\u00e9tique, les \u00e9pices ou le sucre. A la mani\u00e8re de Julien Desmontiers ou de Thomas Weischer, Mathieu Cherkit enduit au pr\u00e9alable sa toile d\u2019\u00e9paisses couches de peinture, effa\u00e7ant le grain du tissu sous une peau \u00e9paisse qui tout \u00e0 la fois tend la surface et accuse sur ses fanges une sensualit\u00e9 brute. Cela a pour effet de placer l\u2019objet pictural en \u00e9quilibre entre une certaine pr\u00e9ciosit\u00e9 et une immanence triviale. Ce qui s\u2019\u00e9labore comme figuration acqui\u00e8re peut-\u00eatre par l\u00e0 des allures d\u2019artifice dans cette tension sous-jacente entre espace projectif et mat\u00e9rialit\u00e9 accus\u00e9e. Il se fait l\u2019effet que d\u00e9crit Proust lorsqu\u2019il r\u00eavait enfant en suivant sur les murs de sa chambre \u00e0 Combray les images projet\u00e9es de la lanterne magique dont on coiffait sa lampe.<br \/>\n<em>\u00ab Elle substituait \u00e0 l\u2019opacit\u00e9 des murs d\u2019impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, o\u00f9 des l\u00e9gendes \u00e9taient d\u00e9peintes comme dans un vitrail vacillant et momentan\u00e9 \u00bb<\/em>. L\u00e0, sur son cheval, Golo s\u2019avan\u00e7ait tressautant vers le ch\u00e2teau de la pauvre Genevi\u00e8ve de Brabant. <em>\u00ab Et rien ne pouvait arr\u00eater sa lente chevauch\u00e9e \u00bb.<\/em> Et Proust de se souvenir de l\u2019enfant qu\u2019il \u00e9tait dans cette chambre devenue semblable \u00e0 ces aquariums qui apparaissent en ce milieu du XIXe si\u00e8cle, pr\u00e9figurant le cin\u00e9ma, les Nymph\u00e9as, la science des r\u00eaves, poursuivant les fantasmagories de Robertson et les transparents de Carmontelle : <em>\u00ab Si on bougeait la lanterne, je distinguais le cheval de Golo qui continuait \u00e0 s\u2019avancer sur les rideaux de la fen\u00eatre, se bombant de leurs plis, descendant dans leurs fentes. Le corps de Golo lui-m\u00eame, d\u2019une essence aussi surnaturelle que celui de sa monture, s\u2019arrangeait de tout obstacle mat\u00e9riel, de tout objet g\u00eanant qu\u2019il rencontrait en le prenant comme ossature et en se le rendant int\u00e9rieur, f\u00fbt-ce le bouton de la porte sur lequel s\u2019adaptait aussit\u00f4t et surnageait invinciblement sa robe rouge ou sa figure p\u00e2le toujours aussi noble et aussi m\u00e9lancolique, mais qui ne laissait para\u00eetre aucun trouble de cette transvert\u00e9bration.<br \/>\nCertes je leur trouvais du charme \u00e0 ces brillantes projections qui semblaient \u00e9maner d\u2019un pass\u00e9 m\u00e9rovingien et promenaient autour de moi des reflets d\u2019histoire si anciens. Mais je ne peux dire quel malaise me causait pourtant cette intrusion du myst\u00e8re et de la beaut\u00e9 dans une chambre que j\u2019avais fini par remplir de mon moi au point de ne pas faire plus attention \u00e0 elle qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame. \u00bb<\/em><br \/>\nAlors oui, l&rsquo;oeuvre de Cherkit tient peut-\u00eatre du projet et de la m\u00e9thode proustienne, travers\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments autobiographiques d\u00e9tourn\u00e9s, b\u00e2tie en une sorte de cath\u00e9drale sculpt\u00e9e \u00e0 m\u00eame le langage et l&rsquo;imagination dans les arcanes de laquelle l&rsquo;anecdotique glisse et se confond avec les m\u00e9ditations les plus intempestives.<\/p>\n<p><em>Mathieu Cherkit, Equilibre, huile sur toile 230x180cm, 2022. Courtesy Galerie Xippas.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Quand vous prenez une fleur dans votre main et que vous la regardez, c\u2019est votre monde pour un instant. \u00bb Georgia O\u2019Keeffe Bien s\u00fbr, la peinture hollandaise dans ce que l\u2019on a appel\u00e9 son \u00e2ge d\u2019or. 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