{"id":7705,"date":"2023-03-01T15:40:23","date_gmt":"2023-03-01T14:40:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7705"},"modified":"2023-03-10T10:04:54","modified_gmt":"2023-03-10T09:04:54","slug":"obscures-clartes-de-berlinde-de-bruyckere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/obscures-clartes-de-berlinde-de-bruyckere\/","title":{"rendered":"Obscures clart\u00e9s de Berlinde De Bruyckere"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab La chair est triste, h\u00e9las ! et j&rsquo;ai lu tous les livres. \u00bb<\/em><br \/>\nMallarm\u00e9<\/p>\n<p><em>\u00ab Tout ange est terrible.<br \/>\nMieux vaut que je taise la mont\u00e9e obscure de l\u2019appel.\u00bb<\/em><br \/>\nRilke<\/p>\n<p><em>\u00ab La mort te fait fr\u00e9mir, p\u00e2lir,<br \/>\nLe nez courber, les veines tendre,<br \/>\nLe corps enfler, l\u00e2cher, mollir,<br \/>\nJointes et nerfs cro\u00eetre et \u00e9tendre.<br \/>\nCorps f\u00e9minin, qui tant es tendre,<br \/>\nPoli, souef, si pr\u00e9cieux,<br \/>\nTe faudra-t-il ces maux attendre ?<br \/>\nOui, ou tout vif aller es cieux. \u00bb<\/em><br \/>\nVillon<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis plus sensible \u00e0 un arbre calcin\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 un pommier en fleur.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nGermaine Richier<\/p>\n<p><em>\u00ab Nous all\u00e2mes ainsi jusqu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re<br \/>\nen causant de choses qu&rsquo;il est beau de taire,<br \/>\ncomme il \u00e9tait beau d&rsquo;en parler alors. \u00bb<\/em><br \/>\nDante<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Au milieu du XIXe si\u00e8cle, les math\u00e9maticiens allemands Listing et M\u00f6bius d\u00e9crivent ind\u00e9pendamment une figure math\u00e9matique qui s\u2019apparente \u00e0 un ruban vrill\u00e9 bouclant sur lui-m\u00eame et dont chaque surface est simultan\u00e9ment et sans rupture int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019espace qu\u2019elle cerne. Appel\u00e9e <em>ruban de M\u00f6bius<\/em> au b\u00e9n\u00e9fice du th\u00e9oricien de Leipzig, cette figure singuli\u00e8re mat\u00e9rialise dans une g\u00e9om\u00e9trie fascinante et fac\u00e9tieuse une alternative \u00e0 la pens\u00e9e dialectique en pla\u00e7ant dedans et dehors dans une dynamique non d\u2019opposition ou d\u2019alternative, mais de continuit\u00e9, l\u2019un se retournant dans l\u2019autre en une formulation m\u00eal\u00e9e, simultan\u00e9e ; une conjugaison, une conjonction.<br \/>\nIl m\u2019a souvent sembl\u00e9 que le travail de Berlinde De Bruyckere travaillait ou \u00e9tait travaill\u00e9 par ce qui est \u00e0 la fois une conception philosophique et une approche sensible. Il mettait en culture et offrait \u00e0 consid\u00e9rer ce passage continu du dedans au dehors, de l\u2019humain \u00e0 l\u2019animal ou au v\u00e9g\u00e9tal, du vif au mort, du masculin au f\u00e9minin, de la r\u00e9pulsion au d\u00e9sir, de la violence \u00e0 la douceur, voire \u00e0 la tendresse. Non sur le mode dialectique ou pendulaire, mais de mani\u00e8re fluide et continue, saisissant l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un syncr\u00e9tisme, d\u2019un entrem\u00ealement, d\u2019un miroitement.<br \/>\nQuelquefois vous baissez les yeux sur ce qui semble \u00eatre une d\u00e9pouille, un corps supplici\u00e9 que la vie, enlev\u00e9e, a rendu \u00e0 son inertie mat\u00e9rielle. Une de ces \u00e2mes que la violence des s\u00e9vices subies laisse dans une forme de mauvais sommeil, d\u2019errance intranquille. Et vous ne savez pas s\u2019il ne s\u2019agit pas tout aussi bien des vestiges d\u2019un rituel obscur, d\u2019une mani\u00e8re \u00e9trange de soin, d\u2019un autel. Le sentiment glisse de l\u2019outrage ou de la r\u00e9pulsion \u00e0 une forme d\u2019empathie pour ce v\u00eatement fragile de la vie, cet h\u00f4te pr\u00e9caire qu\u2019est le corps. Vous d\u00e9ambulez, comme Dante dans les enfers, dans les jardins du refoul\u00e9.<br \/>\n<em>\u00ab Jamais tonneau fuyant par sa barre ou sa douve<br \/>\nne fut trou\u00e9 comme je vis une ombre,<br \/>\nouverte du menton jusqu&rsquo;au trou qui p\u00e8te.<br \/>\nSes boyaux pendaient entre ses jambes ;<br \/>\non voyait les poumons, et le sac affreux<br \/>\nqui fabrique la merde avec ce qu&rsquo;on avale. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Et celui-ci ressemble \u00e0 l\u2019envers de l\u2019existence atmosph\u00e9rique, au-dedans du corps, au commerce des organes. C\u2019est un paysage de chair, de muqueuses, de viscosit\u00e9s, d\u2019humeurs, de lymphe et de sang. Un paysage de boyaux, d\u2019abats, de glandes, de ductilit\u00e9s et d\u2019affaissements. De galeries et de concr\u00e9tions ind\u00e9cises. On pourrait y aller dans des lueurs tremblantes \u00e0 bout de bras relever la silhouette de chevaux, d\u2019aurochs, de mammouths laineux, comme on tire du ventre l\u2019enfant qui nait.<br \/>\nMais rien de grotesque \u00e0 la mani\u00e8re de Bosch. Rien des angoisses de Saint-Antoine. Quelque chose de plus grave qui m\u00eale la gr\u00e2ce au tragique, le beau au terrible, le tortur\u00e9 au d\u00e9licat.<br \/>\nLe sexe f\u00e9minin singuli\u00e8rement s\u2019apparente alors \u00e0 une plaie, une blessure. Il localise ce lieu \u00e9quivoque du retournement de l\u2019ext\u00e9rieur sur l\u2019int\u00e9rieur et aussi bien de la plong\u00e9e du visible dans l\u2019invisible. C\u2019est un passage, qui ouvre d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre. Sont symptomatiques alors les \u0153uvres de la s\u00e9rie <em>The Wound<\/em> (2010\/12) (la blessure) qui \u00e9voquent autant le joug de b\u0153uf, un objet de contrainte ou de for\u00e7age, une plaie, et un sexe f\u00e9minin d\u00e9chir\u00e9 ou \u00ab comme d\u00e9chirure \u00bb, une \u00e9visc\u00e9ration. Ou une \u0153uvre formellement similaire comme <em>Petal<\/em> (2018) ou <em>Met Tere Huid<\/em> (2022) qui se traduit comme peau tendre ou peau sensible et qu\u2019un dictionnaire anglais explicite par <em>\u00ab easily broken, cut, or crushed; soft; not tough \u00bb<\/em>, insistant sur la fragilit\u00e9 ou la vuln\u00e9rabilit\u00e9.   <em>\u00ab Tout est lard\u00e9 de blessures\/bien aim\u00e9\/la terre n\u2019est pas simple \u00bb<\/em>, confie l\u2019artiste dans un po\u00e8me. <em>\u00ab La peau ne conna\u00eet pas de fronti\u00e8res\/la peau est terre de m\u00e9langes, champ de paradoxes\/la peau glisse des surfaces d\u00e9nud\u00e9es vers l\u2019intimit\u00e9 profonde\/la peau porte les cicatrices du d\u00e9sespoir\/les coutures d\u2019incisions, les blessures de maltraitance\/ la peau c\u2019est l\u2019idiot brutalis\u00e9\/ la peau est un site d\u2019interrogation un champ de bataille \u00bb<\/em>. Et si les dessins de la s\u00e9rie <em>Lelie<\/em> (2017) donnent au sexe masculin, cadr\u00e9 serr\u00e9, l\u2019allure d\u2019un organe comme \u00e9visc\u00e9r\u00e9, pouss\u00e9 hors du corps, n\u2019ayant pour forme que celle que lui donne la gravit\u00e9 et ce qui p\u00e8se en lui, le scrotum semblable \u00e0 un sac, une bourse, celle de <em>Vagina <\/em>qui lui fait \u00e9cho explore le monde de plis que font les l\u00e8vres s\u2019entrouvrant sur un myst\u00e8re humide, esquissant une or\u00e9e, une fente. Elle marque, avec quantit\u00e9 de sculptures tortueuses, ce passage perp\u00e9tuel que figure le ruban de M\u00f6bius du dedans au dehors et du dehors au dedans, h\u00e9sitation de l\u2019ouvert et du ferm\u00e9.<br \/>\nC\u2019est sinuer vers des contr\u00e9es difficiles et recevoir les vagues d\u2019\u00e9chos qui nourrissent le vertige de l\u2019\u0153uvre. Bien s\u00fbr <em>L\u2019Origine du monde<\/em> (1866), de Courbet. La sculpture de Robert Morris ou de Matthew Barney. L\u2019\u00e9trange <em>\u00c9tant donn\u00e9s<\/em> (1946-66) de Marcel Duchamp. Mais aussi cet exercice des plis qui travaille la sculpture religieuse, de l\u2019antiquit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge baroque. Les \u00eatres hybrides de Germaine Richier. Le geste des mains qui se joignent en mani\u00e8re de parenth\u00e8ses. La mandorle en laquelle s\u2019inscrivent les repr\u00e9sentations des Saints et particuli\u00e8rement du Christ en gloire ou de la Nativit\u00e9.<br \/>\nLe tableau de Courbet met en sc\u00e8ne un d\u00e9voilement impudique, un acte de voyeurisme qui coupe le corps \u00e0 l\u2019inverse du traditionnel portrait et de sa dimension sociale pour cadrer, on dirait aujourd\u2019hui en cam\u00e9ra subjective, le bas ventre et le sexe d\u2019une femme dont on ne saura rien. On sait la franchise de Courbet et comme il a d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 avec la dimension suggestive de l\u2019\u00e9rotisme (<em>Femme nue au chien, Femme aux bas blancs<\/em>), sa recherche du scandale avec <em>Le sommeil<\/em> (<em>Paresse et luxure<\/em>), et l\u2019influence qu\u2019il aura alors sur la peinture surr\u00e9aliste de Balthus. <em>L\u2019Origine du monde<\/em>, peint pour la collection personnelle de Khalil Bey, est contemporaine des st\u00e9r\u00e9oscopies pornographiques comme celles d\u2019Auguste Belloc, vou\u00e9es \u00e0 l\u2019excitation sexuelle et dont on ne sait si le peintre poss\u00e9dait des exemplaires dans la documentation photographique qui fut d\u00e9truite \u00e0 sa mort. On ne sait si le titre est une malice ou participe de cet h\u00e9ritage qui faisait peindre depuis des si\u00e8cles sous le pr\u00e9texte de muses, de nymphes mythologiques ou de r\u00e9cits path\u00e9tiques des femmes nues alanguies, bless\u00e9es, mourantes ou glorieuses. Il d\u00e9place la question pornographique et proprement sexuelle en lui donnant une caution m\u00e9taphorique. Mais, oubliant cette dimension spirituelle du titre, son bon mot, se tenant face \u00e0 l\u2019image nue, le tableau demeure fuyant dans sa frontalit\u00e9 m\u00eame. Quand certaines toiles de Boucher par exemple laissent \u00e0 imaginer une invite, celle de Courbet laisse en suspens, marque un arr\u00eat. L\u2019entrainement narratif qui chez Duchamp sinue dans les parages des faits divers et du \u00ab fantastique social \u00bb de Pierre Mac Orlan, est ici suspendu \u00e0 un moment de fascination pour l\u2019image qui est comme en train de se faire. Ce n\u2019est pas une fi\u00e8vre, mais un morceau de corps, presque une vanit\u00e9, invitant tr\u00e8s vite par-dessus le d\u00e9sir un monde de m\u00e9ditations inqui\u00e8tes. On pense aux fragments anatomiques de G\u00e9ricault et ces corps devenant viande, pi\u00e8ces. A sa dimension tr\u00e8s mat\u00e9rielle. Et ainsi, se disent par ce d\u00e9tour ce que les \u0153uvres de Berlinde de Bruyckere doivent au b\u0153uf \u00e9corch\u00e9 de Rembrandt.<br \/>\nLe corps dans sa pr\u00e9sence cesse alors de r\u00e9pondre \u00e0 son appr\u00e9hension mondaine que cultive le portrait, aux alternances de l\u2019\u00e9rotisme et de la gloire h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019antique, \u00e0 son usage religieux ou philosophique dans les transits, les vanit\u00e9s et les \u0153uvres de mis\u00e9ricorde. Il avoue son caract\u00e8re m\u00eal\u00e9, comme l\u2019indissociabilit\u00e9 du corps et de l\u2019esprit. Sa nature m\u00e9tisse. Les esclaves de Michel Ange ont la m\u00eame ambigu\u00eft\u00e9, semblant lutter ou se fondre dans le bloc de marbre brut duquel le sculpteur les tire et conservant avec lui une profonde affinit\u00e9. Et l\u2019<em>Iris, messag\u00e8re des Dieux<\/em> de Rodin, entre la danse, l\u2019\u00e9cart\u00e8lement impudique et l\u2019assujettissement sexuel. Elle fut appel\u00e9e <em>Figure volante<\/em> ou encore l\u2019<em>\u00c9ternel tunnel<\/em>. \u00c9cho \u00e0 <em>l\u2019Origine du monde<\/em>, \u00e0 son vertige, et \u00e9quivoque comme lui, expressive, formelle, \u00e9rotique, symboliste et mythologique tout \u00e0 la fois. Tout comme les dessins aquarell\u00e9s du sculpteur tirent tant\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de la graphie, du glyphe, tant\u00f4t de la pulsion, tordant le corps comme dans un r\u00eave fi\u00e9vreux, \u00e9cartel\u00e9, bavant sa chair et sa sueur.<br \/>\nRegardant <em>Tre arcangeli<\/em> (2021-2022) on voit des supplici\u00e9s, des pendus, <em>les Bourgeois de Calais<\/em>, autant qu\u2019une ascension du Caravage, de Velasquez ou de Bill Viola, un Christ en gloire, un tableau du Greco. Se fait devant vous une image, comme le tableau de Courbet, comme le B\u0153uf de Rembrandt, comme le Christ \u00e0 la r\u00e9surrection arr\u00eatant d\u2019un geste Marie-Madeleine. Non pas parce qu\u2019il serait question de plan\u00e9it\u00e9 ou de virtualit\u00e9 &#8211;  les \u0153uvres de Berlinde de Bruyckere sont \u00e9minemment charnelles -, mais par cette distance induite.   Parce que la peau ne serait plus cette enveloppe qui couvrirait l\u2019impens\u00e9 ou le refoul\u00e9 des visc\u00e8res, mais une des mati\u00e8res organiques du corps.  Parce qu\u2019il s\u2019agirait presque de sortir le corps de son angle mort, de ses r\u00e9cits, pour le poser l\u00e0-devant et le consid\u00e9rer pour lui-m\u00eame et voir et dire les rapports ambivalents que vous entretenons avec lui. Ce contre quoi la modernit\u00e9 et l\u2019hygi\u00e9nisme se sont dress\u00e9s. Ce qu\u2019ont r\u00e9clam\u00e9 les Lumi\u00e8res, la raison et que sera venu inqui\u00e9ter le romantisme, le surr\u00e9alisme, la psychanalyse. \u00c9visc\u00e9rer la corps-fiction sociale de son inconscient, comme chez Masson, chez Bellmer. Il s\u2019agit aussi de le sortir d\u2019une fixit\u00e9 immuable pour le rendre \u00e0 sa vie, \u00e0 ses transformations continues, \u00e0 une forme de recyclage toujours en cours des forces et des faiblesses, des r\u00e9ussites et des \u00e9checs, des d\u00e9laiss\u00e9s et des balises.<br \/>\nBerlinde de Bruyckere est en ce sens une h\u00e9riti\u00e8re de Louise Bourgeois. De cette mani\u00e8re de sublimer les passions, les pulsions, les traumas, l\u2019imaginaire des r\u00eaves et des fantasmes, les cauchemars, en puisant \u00e0 leur mati\u00e8re m\u00eame. En leur donnant la dimension, non plus du soup\u00e7on, mais de l\u2019\u00e9vidence. Non plus du r\u00e9cit, de la fantasmagorie, mais du charnel. En les incarnant. C\u2019est la m\u00eame circulation encore : l\u2019image glisse tout autant vers le symbole que vers le mat\u00e9riel en un mouvement d\u2019entra\u00eenement pareil \u00e0 celui qui noue le ruban de M\u00f6bius sur lui-m\u00eame, \u00e0 celui qui fait du corps une masse de plis, \u00e0 celui qui fait de la mandorle au tympan de l\u2019\u00e9glise un symbole du passage, de l\u2019apparition, un sexe, un seuil, un cadre, une m\u00e9taphore de l\u2019inconnaissable et du sens tapis au fond des choses, un \u0153il qui vous regarde, le lieu du perp\u00e9tuel retournement du v\u00e9cu en mythe. Infinis nouages qui font du corps ce myst\u00e8re de l\u2019incarnation, images et chairs, haut et bas, \u00e9lan et pesanteur m\u00eal\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La chair est triste, h\u00e9las ! et j&rsquo;ai lu tous les livres. \u00bb Mallarm\u00e9 \u00ab Tout ange est terrible. 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