{"id":7726,"date":"2023-03-15T16:58:48","date_gmt":"2023-03-15T15:58:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7726"},"modified":"2023-03-15T18:22:11","modified_gmt":"2023-03-15T17:22:11","slug":"quelques-peintres-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/quelques-peintres-daujourdhui\/","title":{"rendered":"Quelques peintres d&rsquo;aujourd&rsquo;hui."},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Avec une pomme je veux \u00e9tonner Paris. \u00bb<\/em><br \/>\nPaul C\u00e9zanne<\/p>\n<p><em>\u00ab As-tu vu ces lumi\u00e8res, ces pourvoyeuses d&rsquo;\u00e9t\u00e9<br \/>\nCes leveuses de barri\u00e8res, toutes ces larmes \u00e9puis\u00e9es<br \/>\nLes baisers re\u00e7us, savais-tu qu&rsquo;ils duraient?<br \/>\nQu&rsquo;en se mordant la bouche, le go\u00fbt on revenait<br \/>\nMortels, mortels, nous sommes immortels<br \/>\nJe ne t&rsquo;ai jamais dit mais nous sommes immortels \u00bb<\/em><br \/>\nAlain Bashung (paroles de Dominique A)<\/p>\n<p><em>\u00ab Il faut \u00eatre inconscient ou fou pour d\u00e9cider un beau matin de se consacrer \u00e0 la peinture, d\u2019endosser un costume qui vous d\u00e9passe de toute part. \u00bb<\/em><br \/>\nNuma Hambursin<br \/>\n<em><br \/>\n\u00ab\u00a0Couvrez ce sein que je ne saurais voir.<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\nMoli\u00e8re<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il me faut avouer d\u2019abord une g\u00eane \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une exposition qui se revendiquerait de peinture, comme l\u2019affirmation d\u2019une communaut\u00e9 homog\u00e8ne ferm\u00e9e et tr\u00e8s rep\u00e9rable. De m\u00eame que c\u00e9l\u00e9brer un g\u00e9nie fran\u00e7ais ou prendre le filtre du genre en soutenant une exposition de femmes. Pourtant, je le reconnais dans le m\u00eame temps, tout resserrement est f\u00e9cond ; dit quelque chose d\u2019une situation particuli\u00e8re, d\u2019une sociologie. Et sans doute le panorama de l\u2019art en France, malgr\u00e9 la mondialisation, a quelque chose de sp\u00e9cifique, de singulier, li\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la culture, comme \u00eatre femme dans l\u2019histoire a induit et induit toujours une forme de discrimination, un rapport particulier \u00e0 l\u2019expression de soi. Il est ainsi des sc\u00e8nes g\u00e9ographiques, g\u00e9n\u00e9rationnelles, des \u00e9coles. Et la peinture en France particuli\u00e8rement, comme m\u00e9dium sp\u00e9cifique, a soulev\u00e9 certaines r\u00e9ticences pour ne pas dire un certain rejet il y a quelques d\u00e9cennies ; dont j\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin. Elle \u00e9tait tellement inconcevable \u00e0 certains enseignants alors, qu\u2019\u00e0 un \u00e9tudiant \u00e9mettant le souhait d\u2019en faire on r\u00e9pondait de faire de la vid\u00e9o, qui \u00e9tait une mani\u00e8re contemporaine de travailler la couleur et l\u2019image. Paternaliste, on vous intimait \u00e0 vivre avec votre temps, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 se d\u00e9marquer le plus radicalement possible des pratiques d\u2019hier. Peur sans doute de manquer la marche du progr\u00e8s.<br \/>\nD\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e, aujourd\u2019hui o\u00f9 la jeune peinture semble conna\u00eetre un retour en gr\u00e2ce et o\u00f9 les jeunes peintres, femmes en particulier (on s\u2019en r\u00e9jouira apr\u00e8s des si\u00e8cles de b\u00e2illon), se voient ouvrir grand les portes des institutions, des m\u00e9dias qui hier les jugeaient ringards, d\u2019affirmer par de grandes expositions une vitalit\u00e9 de la peinture, un engouement des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations pour le m\u00e9dium et l\u2019existence d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration interm\u00e9diaire qui \u0153uvrait malgr\u00e9 tout, opini\u00e2tre, contre l\u2019histoire que l\u2019on \u00e9crivait. D\u2019o\u00f9 ce geste de l\u2019afficher, insoumise, r\u00e9calcitrante \u00e0 se laisser essuyer, r\u00e9manente. C\u2019est pointer dans la brume confuse du pr\u00e9sent un moment que l\u2019on pourrait dire historique &#8211; si la formule n\u2019avait quelque chose de pompeux &#8211; et probablement passager.<br \/>\nCar cette mort de la peinture, sa marginalisation, voire son interdiction (combien de fois, \u00e9tudiant, me suis-je entendu dire que c\u2019\u00e9tait un mode d\u2019expression anachronique, qu\u2019il \u00e9tait impossible d\u2019\u00eatre de son temps et de continuer \u00e0 peintre \u00e0 l\u2019huile sur toile !) est li\u00e9e \u00e0 une vision t\u00e9l\u00e9ologique de l\u2019art, pour ne pas dire une id\u00e9ologie. Une lecture de l\u2019histoire qui voulait voir en elle quelque chose d\u2019un enfant gagnant progressivement en maturit\u00e9. Et qu\u2019alors, \u00e0 la figuration narrative devait suivre la sch\u00e9matisation, puis l\u2019abstraction, avant que l\u2019art conceptuel, par le ready-made, m\u00e8ne vers un art th\u00e9orique qui finisse par se fondre dans l\u2019id\u00e9e, le discours en abandonnant sa vieille peau mat\u00e9rielle et ses origines artisanales.  Le critique Hector Obalk avait une cette formule : \u00ab un peintre peint une pomme sur une toile. S\u2019il supprime la pomme de sa toile, il fait de la peinture abstraite. S\u2019il supprime la toile et pas la pomme, il fait de l\u2019art conceptuel. Et s\u2019il continue de peindre des pommes sur sa toile, il a toutes les chances de faire de la mauvaise peinture\u2026 \u00bb.<br \/>\nMais mes r\u00e9ticences viennent sans doute d\u2019une autre ambigu\u00eft\u00e9. Et je dois avouer n\u2019avoir \u00e9trangement jamais \u00e9t\u00e9 incommod\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019une exposition de photographie. H\u00e9ritage historique qui fait que ce m\u00e9dium sinue entre art et technique, photographie plasticienne, presse, publicit\u00e9 et science ? Preuve que la peinture a un statut particulier, une position singuli\u00e8re ? Que sa domination dans la hi\u00e9rarchie des arts lib\u00e9raux s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une assignation et de rancunes ? Personne je crois n\u2019a pouss\u00e9 de cris d\u2019orfraie \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il existe un salon du dessin. Et cette m\u00eame id\u00e9e de traitement classique par m\u00e9dium suit son chemin sans remous dans l\u2019\u00e9dition. Ainsi de la s\u00e9rie chez Phaidon, Vitamin P d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la peinture, Vitamin D pour le dessin, Vitamin C pour la c\u00e9ramique, Vitamin C+ pour le collage, Vitamin T pour threads &#038; textile, Vitamin 3D pour la sculpture et l\u2019installation.<br \/>\nAffirmant ainsi des chapelles, il me semble revenir artificiellement \u00e0 l\u2019id\u00e9e de formes pures quand la modernit\u00e9 a op\u00e9r\u00e9 un m\u00e9tissage et l\u2019anthropologie historique a donn\u00e9 \u00e0 penser les images \u2013 et les peintures parmi elles \u2013 comme constitutives d\u2019expressions hybrides, complexes int\u00e9grant rituels, chants et danses, contexte, mythes, de mani\u00e8re que les origines de l\u2019art rapprochent davantage de la performance et de l\u2019installation que du tableau mobile. Si certains parmi nous ont pris le parti, d\u2019une mani\u00e8re presque protocolaire ou oulipienne, d\u2019un art purement pictural soumis au tableau et parfois m\u00eame au r\u00e9alisme \u2013 se confrontant incidemment \u00e0 l\u2019histoire &#8211; , il est difficile sans \u00eatre arbitraire d\u2019arr\u00eater la peinture \u00e0 ces seules expressions en \u00e9vacuant par exemple les travaux des groupes Support\/surface, BMPT et d\u2019autres pratiques qui participent du pictural \u00e0 l\u2019exemple des sculptures de Franz West, de Pedro Cabrita Reis, des s\u00e9rigraphies sur plexiglas de Jean-Marc Bustamante, des surfaces d\u2019Adrian Schiess, des photographies de Saul Leiter, des montages de Kurt Schwitters, de Pierre Buraglio ou de Bernard Pras. Et on entrevoit alors le danger qu\u2019il y a \u00e0 sous-entendre qu\u2019il y aurait une vrai peinture &#8211; figurative, sur toile \u2013 ou un \u00e9picentre de la peinture, repoussant ces formes non canoniques ou d\u00e9viantes. Alerte qui est redoubl\u00e9e par le fait que la vrai, la belle peinture, faite main avec m\u00e9tier, savoir-faire, soit parfois port\u00e9e comme une valeur de tradition r\u00e9actionnaire et conservatrice, oppos\u00e9e \u00e0 \u00ab l\u2019art contemporain \u00bb et aux avant-gardes. Que celle-ci soit souvent pl\u00e9biscit\u00e9e ou r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par des tenant du retour \u00e0 l\u2019ordre.<br \/>\nAinsi j\u2019ai souvent eu \u00e0 dire que mes go\u00fbts personnels et mon int\u00e9r\u00eat pour l\u2019art, s\u2019ils accordaient une place particuli\u00e8re \u00e0 la peinture, n\u2019\u00e9taient en rien un refus des avant-gardes ou des formes les plus minimalistes ou conceptuelles, de l\u2019installation, du landart ou de l\u2019art vid\u00e9o. Que je ne la pla\u00e7ais ni avant ni par-dessus les autres. Que j\u2019\u00e9tais en somme plasticien, ouvert \u00e0 toute exp\u00e9rimentation, me sentant dans ma peinture souvent plus proche d\u2019autres praticiens, photographes ou sculpteurs, que de peintres, tout comme, homme, on peut se sentir plus d\u2019affinit\u00e9s avec des femmes qu\u2019avec d\u2019autres hommes (mon aversion pour la fraternit\u00e9 virile des vestiaires), etc. Il m\u2019a fallu de grands efforts de p\u00e9dagogie pour affirmer la compatibilit\u00e9 de choses diverses, voire oppos\u00e9es, l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de mes go\u00fbts, en appelant \u00e0 un art multiple, riche de perspectives, de mani\u00e8res ; d\u00e9hi\u00e9rarchis\u00e9. \u00c0 la possibilit\u00e9 d\u2019aimer et de soutenir d\u2019un m\u00eame \u00e9lan le travail d\u2019Oscar Tuazon, d\u2019Eug\u00e8ne Leroy, de Rineke Djikstra, de Soutine et de Piero della Francesca, \u00e0 aborder comme des coordonn\u00e9es d\u2019une m\u00eame vaste cartographie les tableaux de Morandi, de Per Kirkeby, de Bonnard ou de Soulages, les installations de Virginie Yassef, de Pierre Huygues, les sculptures de Stephan Blakenhol, celles de Brancusi ou de Calder, de Louise Bourgeois, les Nymph\u00e9as de Monet, les photographies de Plossu, de Francesca Woodman, de Thibaut Cuisset, de Claude Nori ou de William Klein. Il m\u2019a fallu affirmer que, malgr\u00e9 un go\u00fbt personnel pour un certain r\u00e9alisme, ou plut\u00f4t malgr\u00e9 le fait que je me sois retrouv\u00e9 plus ou moins hasardeusement \u00e0 faire une peinture plut\u00f4t r\u00e9aliste, je ne consid\u00e9rais pas que Picasso avec ses atteintes \u00e0 la figure ait \u00e9t\u00e9 celui qui avait ouvert la bo\u00eete de Pandore, qu\u2019il marquait une forme de d\u00e9ch\u00e9ance ou de trahison au beau. Ou que cela je l\u2019avais pens\u00e9 un temps, adolescent, avant de m\u2019y accoutumer et d\u2019admirer ses audaces, sa virtuosit\u00e9, son insatiable inventivit\u00e9. D\u2019en \u00eatre devenu un amateur sinc\u00e8re. Comme j\u2019avais fini par aimer d\u2019autres artistes par ce par quoi ils m\u2019avaient au d\u00e9but rebut\u00e9 ou heurt\u00e9.<br \/>\nNon plus que je criais avec les avant-gardistes qu\u2019apr\u00e8s cubisme, surr\u00e9alisme, abstractions, mouvements divers et hauts en couleur, l\u2019art actuel \u00e9tait \u00e0 l\u2019image d\u2019une \u00e9poque morne et sans imagination, ti\u00e8de.<\/p>\n<p>Pour autant, la jeune sc\u00e8ne fran\u00e7aise et son int\u00e9r\u00eat actuel pour la peinture et m\u00eame la peinture dans ce qu\u2019elle a de plus traditionnel, figurative, sur toile, narrative, r\u00e9aliste, surr\u00e9aliste, de chevalet\u2026 dit quelque chose de l\u2019\u00e9poque. Elle t\u00e9moigne d\u2019une affirmation d\u2019ind\u00e9pendance, de d\u00e9complexion. De quelque chose d\u2019intempestif, de d\u00e9hi\u00e9rarchis\u00e9, dans le sens qu\u2019il est entendu pour certains qu\u2019il est possible de peindre sans trembler un bouquet de fleurs ou son ami.e qui lit allong\u00e9.e sur le tapis. Si on en a envie, si on y trouve du plaisir. Qu\u2019il est nul besoin de l\u00e9gitimer son geste par une pertinence historique, par une d\u00e9marche \u00e9labor\u00e9e, un propos subversif ou politique. On peut si on le veut, cultiver le raffinement minutieux de la peinture de la Renaissance, le m\u00e9tier de Velasquez ou de G\u00e9ricault. Voire aimer ce que l\u2019on qualifiait \u00e0 une \u00e9poque de pompier ou de mani\u00e9riste. Brasser le go\u00fbt de l\u2019ancien et la culture pop, non plus avec des \u00e9lans iconoclastes ou punk, mais avec une sinc\u00e8re na\u00efvet\u00e9. On oublie Basquiat ou Warhol, Buren et Yoko Ono pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 Bernard Buffet, Marie Laurencin, David, Nara, Will Cotton et Dali. Tout renouveau se fait par un changement de l\u2019appareil critique, des r\u00e9f\u00e9rences, du jugement de go\u00fbt. On en reste parfois d\u00e9sempar\u00e9, regardant ce qui a lieu, sans plus trop savoir comment en juger.<br \/>\nLes artistes dans les ann\u00e9es 20 connurent ce mouvement de d\u00e9gagement et de retournement des valeurs traditionnelles. Aujourd\u2019hui, il semble parfois que les jeunes peintres s\u2019occupent innocemment \u00e0 retourner sur eux-m\u00eames les r\u00e9cits de l\u2019art moderne et contemporain \u2013 anti-modernes peut-\u00eatre, comme l\u2019\u00e9crit Antoine Compagnon, ou lass\u00e9s des id\u00e9ologies, baign\u00e9s dans les post-v\u00e9rit\u00e9s, tutoyant la solastagie et les \u00ab ann\u00e9es folles \u00bb \u00e0 l\u2019heure de l\u2019entre-deux. Se fait quelque chose de parall\u00e8le aux revendications d\u2019un genre fluide et de la non binarit\u00e9.<br \/>\nMais pointer pr\u00e9cis\u00e9ment ces aspects sont la marque d\u2019un regard forg\u00e9 par un \u00e2ge r\u00e9volu, tenter d\u2019ordonner ou de lire une p\u00e9riode complexe, composite, contradictoire, tumultueuse r\u00e9tive par certains aspects \u00e0 faire histoire ou \u00e0 se donner \u00e0 lire. Donner peut-\u00eatre trop de place \u00e0 l\u2019anecdote.<br \/>\nBien s\u00fbr, chaque \u00e9poque a eu des peintres et des mani\u00e8res de peindre, des esth\u00e9tiques vari\u00e9es, d\u00e9passant de loin celles qu\u2019on a voulu en retenir pour \u00e9crire une histoire. Il en est de m\u00eame aujourd\u2019hui. Il ne faudrait pas imaginer un engouement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il est seulement question de visibilit\u00e9 plus ou moins ponctuelle et locale. La France, \u00e7a reste un d\u00e9tail du monde, et les ann\u00e9es 2020 un trait sur la frise chronologique.<br \/>\nIl y a quinze ans, la plupart des prix, des appels \u00e0 candidature que je regardais passer s\u2019adressaient \u00e0 des photographes. La plupart des r\u00e9sidences d\u2019artiste favorisaient l\u2019installation et la vid\u00e9o, formes jug\u00e9es contemporaines. Les Frac jugeaient de m\u00eame. Ainsi, nous avons \u00e9t\u00e9 un certain nombre \u00e0 passer par la r\u00e9sidence Shakers \u00e0 Montlu\u00e7on ou Chamalot en Corr\u00e8ze. Et il ne nous semblait pouvoir lorgner que sur les collections du Frac Auvergne. Nous regardions du c\u00f4t\u00e9 de Leipzig, en Allemagne. On s\u2019\u00e9changeait les noms de Cremonini, de Desgrandchamps, de Peter Doig, de David Hockney, de Rebeyrolle ou d\u2019Alberola sous le manteau. On regardait Cy Twombly, Martin Barr\u00e9, Brice Marden, Anselm Kieffer, Barcelo, Daniel Richter, Viallat, Buren, Philip Guston, Sigmar Polke avec app\u00e9tit. Je v\u00e9n\u00e9rais Sean Scully et Per Kirkeby.<br \/>\nIl y avait bien eu cette exposition propos\u00e9e par Hector Obalk et Didier Semin aux Beaux-Arts de Paris en 2000 qui nous avait laiss\u00e9 un catalogue. Mais les \u0153uvres de Pomi\u00e9, Goldstain, Boisrond, Lacroix ou Ivernel m\u2019enthousiasmaient aussi peu que la d\u00e9monstration et le ton d\u2019Obalk. L\u2019exposition Cher peintre\u2026 pr\u00e9sent\u00e9e deux ans plus tard, devenu mythique pour les pr\u00e9tendants \u00e0 la peinture de ma g\u00e9n\u00e9ration, au centre Pompidou, m\u2019apparaissait plus tonique quoique l\u2019h\u00e9ritage de Picabia laissait envisager qu\u2019il n\u2019y avait plus de place que pour le second degr\u00e9 incarn\u00e9 par John Currin, Martin Kippenberger, Brian Calvin, le kitch de Kurt Kauper ou de Sophie von Hellerman. R\u00e9v\u00e9lations pourtant : Peter Doig, Neo Rauch, Elisabeth Peyton, Luc Tuymans. En 2002, Urgent painting, qui semble n\u2019avoir pas eu beaucoup d\u2019\u00e9cho. En 2003, Eric Corne proposa Voir en peinture au Plateau \u00e0 Paris. En 2006 Peinture\/Malerei devait exporter les repr\u00e9sentant du m\u00e9dium en Allemagne. Puis en 2010, l\u2019exposition orchestr\u00e9e par la galerie Eva Hober : La belle peinture est derri\u00e8re nous. Ronan Barrot, Romain Bernini, Katia Bourdarel, Damien Cadio, Damien Deroubaix, Cristine Guinamand, Marl\u00e8ne Mocquet, St\u00e9phane Pencr\u00e9ac\u2019h, Axel Pahlavi, Lionel Sabatt\u00e9, J\u00e9r\u00f4me Zonder, Youcef Korichi\u2026 Ma g\u00e9n\u00e9ration plus ou moins. J\u2019aurais secr\u00e8tement voulu en \u00eatre, mais je constatais comme mes paysages auraient jur\u00e9 peut-\u00eatre au milieu de ces peintures qui travaillaient le romantisme par la figure. Autour de moi, Claire Tabouret, Martin Bruneau, Maude Maris, Aurore Pallet, Nazanin Pouyandeh, Thomas L\u00e9vy-Lasne, Katarina Ziemke, Iris Levasseur, Julien  Beneyton, puis Marion Bataillard, Eva Nielsen, Julien Des Monstiers, Mireille Blanc, Guillaume Bresson, Orsten Groom, Marion Charlet, Mathieu Cherkit, Coraline de Chiara, Daniel Mato&#8230; Jean Claraq, Nathanaelle Herbelin\u2026  Et pour les ain\u00e9s, G\u00e9rard Garoust, Philippe Cogn\u00e9e, Marc Desgrandchamps, Djamel Tatah, Nina Childress, Yan Pei-Ming, Fran\u00e7oise Petrovitch. Je regardais Jonathan Meese, Jean-Michel Alberola, galerie Templon. Albert Ohelen, Shirley Jaffe galerie Obadia. Baselitz et Leroy galerie de France. Cremonini, Rebeyrolle, Denis Laget galerie Christian Bernard.<br \/>\nEn 2021, Thomas L\u00e9vy-Lasne pr\u00e9senta 50 artistes peintres contemporains de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise \u00e0 Perpignan, g\u00e9n\u00e9reux panorama qu\u2019il prolongea par une s\u00e9rie d\u2019entretiens qui t\u00e9moignent, par le filtre subjectif, d\u2019une v\u00e9ritable vitalit\u00e9, d\u2019une diversit\u00e9 de pratiques qui confortent l\u2019id\u00e9e qu\u2019une contrainte comme celle d\u2019un m\u00e9dium et d\u2019un support peut s\u2019av\u00e9rer fertile. Il est dommage qu\u2019aucun \u00e9diteur, qu\u2019aucune critique se soit saisit de l\u2019occasion pour produire un compl\u00e9ment aux anthologies qu\u2019\u00e9dita Taschen comme Art Now ou Art at the turn of the millenium, \u00e0 celles de Phaidon comme Vitamine P.<br \/>\nDans ce sillage, en 2023, le MASC aux Sables d\u2019Olonne proposa Voir en peinture, la jeune figuration en France. Exposition qui devait voyager \u00e0 Saint R\u00e9my de Provence puis \u00e0 Dole. Et la m\u00eame ann\u00e9e, le MO.CO \u00e0 Montpellier propose l\u2019ambitieuse Immortelle, exposition pr\u00e9sentant plus d\u2019une centaine d\u2019artistes peintres contemporains con\u00e7ue par ses commissaires Numa Hamboursin et Am\u00e9lie Adamo comme une \u00ab exposition de combat \u00bb.<br \/>\nUne fa\u00e7on d\u2019insister \u00e0 grandes brass\u00e9es par le filtre un peu \u00e9troit de la peinture figurative, de la peinture narrative, peut-\u00eatre justement parce qu\u2019elle est la plus suspecte : \u00ab non, la peinture figurative n\u2019est pas r\u00e9actionnaire et pass\u00e9iste. Non, Pierre Soulages n\u2019est pas le dernier grand peintre fran\u00e7ais. \u00bb<br \/>\nVient l&rsquo;envie de poursuivre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Avec une pomme je veux \u00e9tonner Paris. \u00bb Paul C\u00e9zanne \u00ab As-tu vu ces lumi\u00e8res, ces pourvoyeuses d&rsquo;\u00e9t\u00e9 Ces leveuses de barri\u00e8res, toutes ces larmes \u00e9puis\u00e9es Les baisers re\u00e7us, savais-tu qu&rsquo;ils duraient? Qu&rsquo;en se mordant la bouche, le go\u00fbt on revenait Mortels, mortels, nous sommes immortels Je ne t&rsquo;ai jamais dit mais nous sommes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7727,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7726","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7726"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7726\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7730,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7726\/revisions\/7730"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7727"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}