{"id":7840,"date":"2023-07-18T10:04:13","date_gmt":"2023-07-18T09:04:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7840"},"modified":"2023-08-12T13:36:45","modified_gmt":"2023-08-12T12:36:45","slug":"neo-rauch-dispositif-peristaltique-de-filtration-dans-le-flot-du-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/neo-rauch-dispositif-peristaltique-de-filtration-dans-le-flot-du-temps\/","title":{"rendered":"Neo Rauch, dispositif p\u00e9ristaltique de filtration dans le flot du temps."},"content":{"rendered":"<p><em><br \/>\n\u00ab Je me sens comme un enfant de la modernit\u00e9 qui a quitt\u00e9 la maison de ses parents. \u00bb<\/em><br \/>\nNeo Rauch<\/p>\n<p><em>\u00ab J\u2019ouvre en tremblant les chambres de contamination les plus vari\u00e9es et j\u2019y prends divers mat\u00e9riaux pour les d\u00e9poser provisoirement dans mes territoires de peinture. Je fais sortir des personnages apeur\u00e9s de leurs baraques de quarantaine et je leur offre des possibilit\u00e9s de s\u2019\u00e9tablir dans mes chambres de brouillard. \u00bb<\/em><br \/>\nNeo Rauch<\/p>\n<p><em>\u00ab Sur le trottoir, juste devant lui, beaucoup de gens marchaient \u00e0 des rythmes divers. Parfois l\u2019un d\u2019eux se d\u00e9tachait et traversait la chauss\u00e9e. Une fillette tenait dans ses mains tendues un petit chien fatigu\u00e9. Deux messieurs \u00e9changeaient des informations. L\u2019un d\u2019eux avait les mains tourn\u00e9es la paume en l\u2019air et les faisait gouger r\u00e9guli\u00e8rement comme s\u2019il tenait un poids en \u00e9quilibre. Et voil\u00e0 qu\u2019on apercevait une dame dont le chapeau \u00e9tait surcharg\u00e9 de fleurs, de rubans et de boucles. \u00bb <\/em><br \/>\nFranz Kafka<\/p>\n<p>Le peintre Neo Rauch, \u00e0 consid\u00e9rer un \u00e0 un ses \u00e9tranges tableaux sans rien savoir de lui, fait l\u2019effet d\u2019un \u00e9tranger, voire d\u2019un extra-terrestre qui tente de s\u2019int\u00e9grer \u00e0 un groupe dont il ne comprend ni la langue ni les gestes, ni encore les coutumes, et qui essaie par un mim\u00e9tisme consciencieux et maladroit de s\u2019assimiler. Il a les yeux grands ouverts et saisi des postures, des attitudes, des objets sans en identifier les fins ni la logique, l\u2019usage. Confond le prospectus publicitaire, le manuel scolaire, l\u2019illustr\u00e9 le plus d\u00e9suet, le tableau d\u2019histoire et le tableau d\u2019\u00e9glise, le fanzine de science-fiction, les contes pour enfants et souvenirs d\u2019explorateurs dans des compositions de son cru qu\u2019il joint innocemment \u00e0 celles des autres sans voir qu\u2019elles jurent, malgr\u00e9 le m\u00e9tier, les morceaux qui, pris isol\u00e9ment, r\u00e9pondent aux exigences classiques. <em>\u00ab Je m\u2019abstiens aussi bien d\u2019une hi\u00e9rarchisation que d\u2019une \u00e9valuation consciente de mon inventaire de motifs picturaux. <\/em>, confesse-t-il. <em>Balthus, Vermeer, Tintin et Milou, Donald Judd, Donald Duck, l\u2019agit-prop et tout le fatras publicitaire \u00e0 deux sous et en gros caract\u00e8res se m\u00ealent les uns aux autres dans un sillon du paysage de mon enfance \u00bb<\/em>. On s\u2019imagine qu\u2019on aurait pris pour fou et dangereux moralement quiconque eu l\u2019id\u00e9e il y a un si\u00e8cle ou deux de partager des propositions si contraires au bon sens.<br \/>\nDe toutes ses cueillettes, en autodidacte, il fait des phrases m\u00e9lang\u00e9es, parodiques sans le vouloir, bricole des sc\u00e8nes monstrueuses, absurdes qui pourraient faire rire si le s\u00e9rieux qui en \u00e9mane n\u2019ouvrait sur des perspectives inqui\u00e9tantes. On le regarde de travers alors, mettre soigneusement et inlassablement les pieds dans le plat, discr\u00e9ditant le bon sens en le retournant comme un gant, affadissant les audaces des autochtones en les d\u00e9passant sans fr\u00e9mir, spontan\u00e9ment. On pense \u00e0 Candide, aux Lettres persanes. C\u2019est comme Otto von Guericke, ce savant allemand du XVIIIe si\u00e8cle qui constitua \u00e0 partir d\u2019ossements fossiles et d\u2019une dent de narval une authentique et approximative licorne. D\u00e9couvreur de ce qu\u2019il inventait. Sauf qu\u2019\u00e0 lui, aventurier t\u00e9m\u00e9raire et chevronn\u00e9 de l\u2019inconscient, les chim\u00e8res lui poussent chaque jour au bout des mains, dans une fantaisie et une libert\u00e9 in\u00e9puisables. Il ramasse quelques figures, la silhouette tortueuse d\u2019un arbre, une planche entomologique et les dispose dans un paysage composite, accordant les couleurs, les lumi\u00e8res, ne pensant les interactions semble-t-il qu\u2019en thermes plastiques, dans un r\u00e9alisme lacunaire qui malm\u00e8ne la perspective lin\u00e9aire et le principe d\u2019\u00e9chelle.<br \/>\nNous connaissions les aberrations fantaisistes qui se font dans l\u2019accouplement d\u2019animaux et d\u2019hommes \u00e0 la mani\u00e8re des centaures, des sir\u00e8nes, des griffons. Neo Rauch cr\u00e9e des chim\u00e8res d\u2019espaces, des chim\u00e8res narratives, ignorant les conventionnelles unit\u00e9s d\u2019espace et de temps, comme la loi des causalit\u00e9s. Dans ses tableaux, les choses s\u2019accolent par d\u2019autres logiques et semblent assembler des images, des sc\u00e8nes rencontr\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion de longs d\u00e9tours, successivement, mais qu\u2019un capricieux froissement, un gliss\u00e9 comme on en fait dans les r\u00eaves mettent en relation au milieu de leurs gestes dans des dynamiques contradictoires, asynchrones, artificielles. S\u2019y d\u00e9ploie une agitation anarchique, un m\u00e9lancolique chaos au charme surr\u00e9aliste semblable \u00e0 celui que d\u00e9finit Lautr\u00e9amont par <em>\u00ab la rencontre fortuite sur une table de dissection d\u2019un parapluie et d\u2019une machine \u00e0 coudre \u00bb<\/em>. Une p\u00e2tisserie \u00e9quivoque rencontre une carte postale, une enseigne, des nu\u00e9es romantiques, une sc\u00e8ne domestique d\u00e9tourn\u00e9e, le montage d\u2019une page de roman photo, un geste de peinture\u2026 et surgit de l\u2019improbable une beaut\u00e9 nouvelle, suspendue au milieu d\u2019un n\u0153ud de possibles. La peinture r\u00e9aliste du XIXe si\u00e8cle rencontre l\u2019illustr\u00e9, le collage dada, les cryptiques tableaux narratifs de Marcel Duchamp, l\u2019ironie de Martin Kippenberger ou G\u00e9rard Gasiorowski, les cauchemars de G\u00e9r\u00f4me Bosch et on tente d\u2019imaginer de quelles puissances \u00e9mancipatrices aurait pu le cr\u00e9diter Andr\u00e9 Breton. Si ce dernier aurait pu envisager la pratique d\u2019une sorte de cadavre exquis solitaire hybridant l\u2019imaginaire d\u2019un Max Ernst et la \u00ab parano\u00efa critique \u00bb d\u2019un Salvador Dali.<br \/>\nAlors chaque toile semble \u00eatre une fen\u00eatre ouverte sur un monde bizarre o\u00f9 se d\u00e9m\u00e8nent des personnes qui ressemblent un peu \u00e0 un vieil oncle, \u00e0 un employ\u00e9 d\u2019assurances, un trappeur ou un philosophe converti \u00e0 la r\u00e9clame, \u00e0 un ange de l\u2019Annonciation, Gabriel, faisant irruption dans l\u2019atelier d\u2019un souffleur de verre, d\u2019un d\u00e9monstrateur en a\u00e9ronautique, d\u2019un homme de foire. Elles d\u00e9filent sous nos yeux avec le charme d\u00e9suet des images de lanternes magiques, des vieilles planches de la documentation scolaire, d\u2019affiches de propagande. On s&rsquo;y \u00e9merveille de ne rien comprendre aux spectacles qu&rsquo;elles offrent, tentant, comme pour une c\u00e9r\u00e9monie exotique, d&rsquo;identifier un personnage r\u00e9curent, quelques noeuds ou motifs \u00e0 cette musique bizarre. Multifocales, le regard s\u2019y perd, errant dans les d\u00e9cors d\u2019un diorama comme dans la mati\u00e8re d\u2019un film avec ses fondus enchain\u00e9s, ses transitions et son subconscient en libert\u00e9.<br \/>\nLes couleurs, les textures, les rapports de tons et de traitement, tout en \u00e9tant d\u2019une incroyable richesse, servent une singuli\u00e8re harmonie qui att\u00e9nue l\u2019effet de collage et de ruptures. De m\u00eame que la profusion d\u2019\u00e9l\u00e9ments n\u2019affecte pas la lisibilit\u00e9 globale. Et malgr\u00e9 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 narrative, tout se tient rigoureusement, dans une forme de baroque nouveau, plus raide que lyrique, d\u2019\u00e9laboration complexe, que l\u2019on pourrait quelques fois rapprocher de l\u2019univers de G\u00e9rard Garouste, de Leonardo Cremonini, d\u2019Alfred Courmes, de Raoul Haussman, de Michael Borremans et de Matthias Weischer, sinon d\u2019Henry Darger. Au Balthus de <em>La rue<\/em> (1933).<br \/>\nOn en re\u00e7oit l\u2019\u00e9nergie jubilatoire, la vitalit\u00e9 jouissive les indices de virtuosit\u00e9, tant dans le dessin que dans la couleur, la distribution que la peinture. La bizarre. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 hypnotique, inqui\u00e9tante parfois, le pouvoir de d\u00e9collement ou de sustentation psychique qui en \u00e9mane. Une curieuse facult\u00e9 de subversion qui \u00e9chappe \u00e0 la simple provocation, comme la mesure domine l\u2019inclinaison dionysiaque.<br \/>\nL\u2019exposition <em>Cher peintre\u2026 <\/em>par laquelle \u00e9taient montr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en France des tableaux de Rauch engageait \u00e0 consid\u00e9rer au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 (2002 \u00e0 Paris) un renouveau de la peinture prise dans le sillage de celle de Martin Kippenberger et dans l\u2019h\u00e9ritage de celle de Picabia. Le litre \u00e9tait d\u2019ailleurs emprunt\u00e9 \u00e0 Kippenberger (<em>liber Maler, male mir\u2026<\/em>) dont il \u00e9tait rappel\u00e9 le go\u00fbt pour la provocation, l\u2019ironie, le sarcasme. Et c\u2019\u00e9tait le filtre de lecture qui avan\u00e7ait <em>\u00ab une peinture figurative consid\u00e9r\u00e9e comme provocatrice et sinc\u00e8re, critique et sentimentale \u00bb<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire insaisissable en ses nombreuses contradictions, presque n\u00e9vrotique, jouant de <em>double bind<\/em> et autres logiques paradoxales. Le parrainage moral de Picabia enfon\u00e7ait le clou : <em>\u00ab la peinture est d\u00e9corative, arbitraire, et m\u00eame une relation sceptique avec elle serait d\u00e9j\u00e0 trop lui accorder \u00bb<\/em>. Avec ses nus d\u2019apr\u00e8s images de magazines et son ironique <em>Portrait d\u2019un couple<\/em> (1942-43) qui anticipe l\u2019esth\u00e9tique d\u2019Ida Tursic &#038; Wilfried Mille ou de Karen Kilimnik, la peinture s\u2019affirme par le kitch.<br \/>\nY associer le cas Bernard Buffet qui passa du statut d\u2019ic\u00f4ne populaire adul\u00e9 par Warhol, \u00e0 celui de ringard honteux superficiel insistait sur une crise du go\u00fbt rattrap\u00e9e par ses ambigu\u00eft\u00e9s. Les tableaux de Sigmar Polke des ann\u00e9es 60 ent\u00e9rinaient cet humour grin\u00e7ant, aux c\u00f4t\u00e9s de ceux de John Currin, Glenn Brown, Sophie von Hellermann ou Kurt Kauper.<br \/>\nEt le romantisme des portraits d\u2019Elizabeth Peyton, des paysages d\u2019hiver de Peter Doig et des images sourdes de Luc Tuymans que l\u2019on d\u00e9couvraient par la m\u00eame occasion ne parvenaient pas vraiment \u00e0 engager une lecture alternative. Rauch se trouvait entre deux rives. N\u2019y avait-il pas chez lui quelques aberrations qui relevaient de la caricature ou de l\u2019absurde, de l\u2019incoh\u00e9rence jubilatoire ? N\u2019y croisait-on pas r\u00e9guli\u00e8rement quelques r\u00e9miniscences pop et cartoonesques ? Quelques clowneries proches de celles que mettait en sc\u00e8ne quelqu\u2019un comme Glen Baxter ?<br \/>\nFallait-il y d\u00e9crypter une critique politique et esth\u00e9tique, y lire l\u2019expression d\u2019un r\u00e9gionalisme ? Ou une simple succession de flashs comme imprim\u00e9s \u00e0 la m\u00eame trame ? Le t\u00e9moignage d\u2019une perception hallucin\u00e9e ?<br \/>\nSurement on n\u2019avait rien vu de tel avant que nous parviennent les \u00e9chos derri\u00e8re la fronti\u00e8re d\u2019une \u00e9cole de Leipzig qui enjambe l\u2019art moderne en produisant une sorte de nouvelle objectivit\u00e9 onirique nourrie de pop art autant que de romantisme.<br \/>\nDaniel Richter semblait accoupler dans ses toiles l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 nordiste d\u2019Edvard Munch (danois) et les r\u00e9miniscences de Peter Doig (\u00e9cossais). Lui-m\u00eame r\u00e9f\u00e9rence incontournable au m\u00eame titre que Neo Rauch. S\u2019y ajoutais le travail de Matthias Weischer (allemand), Val\u00e9rie Favre (suisse), puis d\u2019Adrian Ghenie (roumain), les belges Luc Thuymans puis Michael Borremans.<br \/>\nIl paraissait que le pr\u00e9alable d\u2019une d\u00e9marche, sinon d\u2019une th\u00e9orie, d\u2019une justification pertinente n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour s\u2019engager en peinture en justifiant de renoncer aux modalit\u00e9s plus contemporaines de l\u2019installation, de la performance ou de la vid\u00e9o.<br \/>\nL\u2019\u00e9tau semblait moins ferme l\u00e0-bas qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait chez nous, nous intimant \u00e0 penser la peinture depuis les ready-made de Duchamp quand l\u2019influence qui avait \u00e9t\u00e9 la sienne ailleurs devaient davantage \u00e0 son <em>Grand verre<\/em>, \u00e0 <em>La mari\u00e9e mise \u00e0 nu<\/em>\u2026<br \/>\nPourtant en Allemagne aussi semble-il, les peintres des ann\u00e9es 90 \u2013 2000 avaient d\u00fb renforcer leurs convictions dans l\u2019ombre. Neo Rauch en t\u00e9moigne : <em>\u00ab C\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs un \u00e9tat d\u2019esprit particulier qui pourrait tout \u00e0 fait avoir quelque chose \u00e0 voir avec une maladie psychique, cette obstination avec laquelle on tentait de pi\u00e9tiner et d\u2019\u00e9craser comme un cafard ce m\u00e9dia vieux de 30 000 ans, \u00e7a avait un c\u00f4t\u00e9 n\u00e9vrotique, et \u00e0 un moment les gens ont peut-\u00eatre eu la nostalgie de ces \u00ab enfantillages \u00bb sur les murs. \u00bb<\/em><br \/>\nDans un cas comme dans l\u2019autre, les artistes les plus impressionnants sont ceux qui ont su faire preuve d\u2019un v\u00e9ritable d\u00e9tachement, aventuriers de leur propre d\u00e9rive hors des sentiers balis\u00e9s, comme il arrive parfois que l\u2019on suive ses propres ruminations, ses propres illuminations, courant la campagne selon les lignes de d\u00e9sir que font nos chemins buissonniers.<br \/>\n<em>\u00ab Je consid\u00e8re donc pas mon atelier comme \u00e9l\u00e9ment du flux temporel, mais plut\u00f4t comme une gare de passage se trouvant en connexion avec le mur du temps et dont les volumineux contours provoquent la formation de tourbillons et de d\u00e9p\u00f4ts singuliers. (\u2026) l\u2019afflux massif dirig\u00e9 de particules de perception et de souvenirs peut aboutir \u00e0 des compressions picturales d\u2019une intensit\u00e9 expressive surprenante et donc impr\u00e9visible. De fait, je crois pouvoir consid\u00e9rer la peinture comme la continuation du r\u00eave par d\u2019autres moyens. \u00bb<\/em><br \/>\nN&rsquo;est-ce pas s&rsquo;en remettre au d\u00e9r\u00e8glement de tous les sens que pr\u00f4ne Rimbaud, \u00e0 l&rsquo;accueil des images les plus hallucinatoires ? :<em> \u00ab\u00a0Je voyais tr\u00e8s franchement une mosqu\u00e9e \u00e0 la place d&rsquo;une usine, une \u00e9cole de tambours faite par des anges, des cal\u00e8ches sur les routes du ciel, un salon au fond d&rsquo;un lac ; les monstres, les myst\u00e8res ; un titre de vaudeville dressait des \u00e9pouvantes devant moi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Je me sens comme un enfant de la modernit\u00e9 qui a quitt\u00e9 la maison de ses parents. \u00bb Neo Rauch \u00ab J\u2019ouvre en tremblant les chambres de contamination les plus vari\u00e9es et j\u2019y prends divers mat\u00e9riaux pour les d\u00e9poser provisoirement dans mes territoires de peinture. 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