{"id":7847,"date":"2023-08-30T08:54:15","date_gmt":"2023-08-30T07:54:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7847"},"modified":"2023-08-30T08:54:15","modified_gmt":"2023-08-30T07:54:15","slug":"alice-neel-et-ses-contemporains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/alice-neel-et-ses-contemporains\/","title":{"rendered":"Alice Neel et ses contemporains"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Ta vie tes femmes devant la banque, (\u2026) avec des dents qui manquent, fatigu\u00e9es en mauvaise forme, avec des petits bras noirs autour de leur cou accroch\u00e9s \u00e0 leurs jupes toute l\u2019usure et l\u2019inqui\u00e9tude des luttes sur leur visage (\u2026) et pour la veine riche et profonde de sentiments humains enfouis sous tes camions de pompiers ta pauvret\u00e9 et ton amour \u00bb<\/em><br \/>\nAlice Neel<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019effet des d\u00e9couvertes tardives : vous ne connaissiez rien ou presque au travail d\u2019un ou une artiste, vous aviez un nom, anticipant un peu ce qu\u2019il pouvait recouvrir par ce que vous saviez d\u00e9j\u00e0 des personnes qui le pronon\u00e7aient avec un int\u00e9r\u00eat entendu, une \u00e9poque grossi\u00e8rement balis\u00e9e, une zone g\u00e9ographique pas tellement plus pr\u00e9cise. Quelque fois une ou deux images en t\u00eate, qui semblaient peu vous concerner. Puis vous d\u00e9couvrez une \u0153uvre, une vie et derri\u00e8re les deux images ici et l\u00e0 r\u00e9it\u00e9r\u00e9es une avalanche d\u2019autres \u0153uvres, comme si dix, quinze, vingt personnes se mettraient soudain \u00e0 s\u2019adresser \u00e0 vous en m\u00eame temps. Il faut voir la somme de portraits que peut produire une artiste, par ailleurs discr\u00e8te, dans l\u2019engagement qui est le sien tout le long de sa vie. Et ce n\u2019est plus plus ou moins une poign\u00e9e de portrait plut\u00f4t bien sentis et quelque part anecdotiques qu\u2019il s\u2019agit de juger, mais bien une \u0153uvre dans sa pers\u00e9v\u00e9rance obstin\u00e9e, dans ce qui la travaille, dans ce qu\u2019elle travaille, dans ce qu\u2019elle tire avec elle de l\u2019oubli ou de l\u2019invisible pour le faire entrer dans une forme de r\u00e9cit qui participe \u00e0 la mati\u00e8re de l\u2019histoire. On se dit que l\u2019art est fait de ces obstinations intempestives qui inqui\u00e8tent l\u2019\u00e9criture des choses, les obligent \u00e0 la prudence \u00e0 l\u2019amendement. De ces gestes qui passent outre le bloc dont on voudrait faire des moments, troublent la figure qu\u2019on dessine toujours un peu trop h\u00e2tivement d\u2019apr\u00e8s quelques faits saillants qui \u00e9crasent le reste. Se figure-t-on ce que c\u2019est de se tenir face \u00e0 un regard, un corps, ce qui le meut et ce qui l\u2019emp\u00eache, ce qu\u2019il ignore de lui-m\u00eame, d\u2019en scruter chaque volume, chaque ligne dans leurs multiples prolongements sans perdre ni la coh\u00e9rence globale de l\u2019apparence courante ni sa propre stabilit\u00e9 ? Pour le dire autrement : en 1967 Andy Warhol r\u00e9alise des autoportraits, plusieurs versions de Marilyn Monroe, Claes Oldenbourg des sculptures moles, Jacques Villegl\u00e9 des affiches lac\u00e9r\u00e9es. Robert Ryman des tableaux blancs, Sol Lewitt ou Donald Judd, des sculptures cubiques \u00e9pur\u00e9es, Carl Andre assemble au sol 144 carr\u00e9s d\u2019\u00e9tain. Rauschenberg pr\u00e9sente d\u2019\u00e9tonnant montages m\u00ealant s\u00e9rigraphie, collage, sch\u00e9mas, radiographies m\u00e9dicales. Joan Miro peint <em>l\u2019Or de l\u2019azur<\/em>, composition onirique de 2m par 173cm de haut. Dan Flavin prend pour mat\u00e9riau la lumi\u00e8re de tubes fluo. Eva Hesse r\u00e9alise d\u2019\u00e9tranges installations en latex et r\u00e9sine. En 1967, Alice Neel peint <em>M\u00e8re et enfant (Nancy et Olivia)<\/em>, huile sur toile de 99x91cm. Et quelque chose dans cette aventure \u00e9voque le pas de c\u00f4t\u00e9 que fit Giacometti dans les ann\u00e9es 30 en se consacrant \u00e0 la figure. Un affranchissement. Un anachronisme. Le Picasso des p\u00e9riodes bleu et rose, de la boh\u00e8me, Toulouse-Lautrec dessinant et peignant d\u2019un m\u00eame geste la vie populaire des caf\u00e9s et des bordels. C\u2019est loin, formellement, de ce qu\u2019entendait promouvoir l\u2019\u00e9poque.<br \/>\nPour ce qui est de l\u2019histoire, n\u00e9e presque 20 ans apr\u00e8s Picasso, en 1900, et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1984, 11 ans apr\u00e8s lui, elle couvre \u00e0 peu pr\u00e8s le si\u00e8cle. Si\u00e8cle auquel elle s\u2019assimilera. Et ce qui \u00e9tonne dans cette p\u00e9riode de tumulte politique, de d\u00e9couvertes et de progr\u00e8s techniques, de prolif\u00e9ration de mouvements, d\u2019\u00e9coles, d\u2019avant-gardes diverses qui reconfigurent le paysage et l\u2019esth\u00e9tique, la sensibilit\u00e9 m\u00eame, \u00e0 travers les Cubisme et le Surr\u00e9alisme, les abstractions, le pop art et la naissance de l\u2019art dit contemporain, c\u2019est cette forme d\u2019indiff\u00e9rence ou d\u2019ind\u00e9pendance qui m\u00e8ne l\u2019art d\u2019Alice Neel pendant cinquante ans dans cette pratique presque exclusive du portrait et dans cette esth\u00e9tique relativement homog\u00e8ne. Comme si elle avait su tr\u00e8s t\u00f4t ce qui l\u2019int\u00e9ressait et de quels moyens elle entendait user, peu important les convulsions de la modernit\u00e9, les ruptures et les retournements. Y baignant pourtant, mais n\u2019en laissant rien paraitre. Postmoderne dirait-on. Jugeant peut-\u00eatre que ce que certains envisageaient comme un conservatisme r\u00e9trograde ou un aveuglement, une ignorance na\u00efve du mouvement de l\u2019histoire, n\u2019\u00e9tait en rien incompatible avec un engagement artistique et humain dans l\u2019\u00e9poque contemporaine. Bref, qu\u2019il existait une voie alternative aux grandes abstractions am\u00e9ricaines de l\u2019expressionnisme ou du colorfield, au pop art, \u00e0 fluxus, au minimalisme et \u00e0 ces mouvements qui entendaient d\u00e9passer les traditions de la figuration et m\u00eame du tableau sous des formes plus ou moins conceptuelles, plus proche peut-\u00eatre des arts populaires, et qui avait prise sur le pr\u00e9sent, sinon pouvaient s\u2019en faire une sorte de miroir.<br \/>\nBien sur cette singularit\u00e9 est relative quand on pense aux figures de Morandi dans ce qu\u2019il peut incarner de n\u00e9o-classique, ou de Lucian Freud, n\u00e9 une vingtaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s elle et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2011 qui a lui aussi vou\u00e9 son art \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 du portrait et \u00e0 une forme de r\u00e9alisme caricatural dont Van Gogh, Soutine et Kokoschka, Schiele, pourraient \u00eatre les premiers repr\u00e9sentants. Bien s\u00fbr le portrait de <em>Carlos Henriquez<\/em> de 1926 a encore quelque chose de la Boh\u00e8me qui caract\u00e9rise la premi\u00e8re \u00e9cole de Paris, et celui d\u2019<em>Alice Childress<\/em> de 1950 \u00e9voque assez ceux de Suzanne Valadon, les Matisses les plus sages, mais d\u00e9j\u00e0 quelque chose s\u2019affirme de cette mani\u00e8re qui caract\u00e9rise les ann\u00e9es 60 et 70 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aisance prodigieuse des tableaux des ann\u00e9es 80 qui pourraient \u00eatre ceux d\u2019un jeune artiste officiant trente ou quarante ans plus tard. Si dans les ann\u00e9es 70, ses portraits pouvaient passer pour nostalgiques d\u2019une premi\u00e8re modernit\u00e9 qu\u2019ils poursuivaient au-del\u00e0 de ses bornes, dans les ann\u00e9es 2020, ils semblent \u00e0 l\u2019inverse prendre la t\u00eate d\u2019un renouveau de la peinture. Fac\u00e9ties des histoires des sensibilit\u00e9s qui tordent le cou au serpent de la t\u00e9l\u00e9ologie.<br \/>\nPeintre de la vie quotidienne comme peut l\u2019\u00eatre souvent David Hockney, attentive \u00e0 la proximit\u00e9, aux vies humbles, regardant avec la m\u00eame objectivit\u00e9 le cin\u00e9aste underground, la star comme pouvait l\u2019\u00eatre Andy Warhol, que ses belles filles et les enfants, les voisines, les amis, <em>Carmen Gordon<\/em> Ha\u00eftienne qui travaillait chez elle dont elle fait le touchant portrait en train d\u2019allaiter son enfant malade, elle \u00e9vite la posture sociologique et son surplomb par une empathie singuli\u00e8re qui lui permet d\u2019atteindre une v\u00e9rit\u00e9 plus subtile que celle des discours. Elle ne regarde ni ne peint depuis un lieu ext\u00e9rieur, th\u00e9orique, une aristocratie artistique. Elle habite ces quartiers pauvres, connait des difficult\u00e9s \u00e9conomiques et affectives semblables. Elle fait confiance aux visages et aux corps, \u00e0 ce qu\u2019il en \u00e9mane et qui la touche, la concerne et nous concerne ; et on lui est gr\u00e9 de nous \u00e9pargner les pancartes et leur fa\u00e7on de recouvrement.<br \/>\nSi l\u2019on compare aux photographies de Diane Arbus, Richard Avedon, Dorothea Lange, Paul Strand, la peinture d\u2019Alice Neel saisit sans produire d\u2019effet d\u2019icone, sans tout \u00e0 fait figer. Et la na\u00efvet\u00e9, les d\u00e9formations, l\u2019aspect inachev\u00e9 des tableaux qui les fait voisiner de croquis pris sur le vif comme en fit Delacroix au Maroc, participent d\u2019une forme d\u2019humilit\u00e9 qui traverse la mati\u00e8re autant que les personnes. Chris Maker rappelle la proximit\u00e9 entre la photographie et la chasse. \u00ab C\u2019est instinct de la chasse sans la mort \u00bb, dit-il. On vise, on appuie sur le bouton et \u00ab au lieu d\u2019un mort, on fait un immortel \u00bb. La peinture engage une autre relation qui passe par le temps, une forme de tricot, les caresses m\u00eal\u00e9es du regard et du pinceau. Et la m\u00e9canique et la bri\u00e8vet\u00e9 de l\u2019op\u00e9ration sont remplac\u00e9s par un compagnonnage entre l\u2019artiste et le mod\u00e8le, la recherche de quelque chose qui d\u00e9passe la surface et l\u2019apparence et qui prend corps dans la mati\u00e8re m\u00eame, dessin, model\u00e9, couleur, touche\u2026 L\u2019artiste qui se disait \u00ab collectionneuse d\u2019\u00e2mes \u00bb et se reconnaissait travaillant \u00e0 saisir quelque chose de \u00ab l\u2019esprit du temps \u00bb, sa travers\u00e9e du si\u00e8cle, cherchait en chacun, derri\u00e8re l\u2019effet de pose, l\u2019inconscient \u00e0 l\u2019\u0153uvre, \u00ab ce que le monde lui a fait et sa mani\u00e8re de riposter \u00bb, \u00ab les in\u00e9galit\u00e9s et les pressions qui apparaissent dans la psychologie \u00bb de ceux et celles qui se tenaient devant elle, \u00ab la lutte, la trag\u00e9die et la joie de la vie \u00bb qui se nouaient dans chaque posture, chaque geste, chaque regard en un motif \u00e0 la fois semblable et sp\u00e9cifique. Il s\u2019agit \u00e0 la fois d\u2019un portrait de famille, au sens \u00e9largi du terme, d\u2019une chronique, et de ce qui affleure dans l\u2019insignifiant de cette aventure qu\u2019est la vie dans ses aspects sociaux et intimes, ses joies et son tragique. Son propre parcours la rendant peut-\u00eatre plus sensible que d\u2019autres \u00e0 ces brisures que chacun prenait sur soi avec plus ou moins de succ\u00e8s. \u00ab En politique comme dans la vie, j\u2019ai toujours aim\u00e9 les perdants, les outsiders. \u00bb dira-t-elle.<br \/>\nAinsi s\u2019expliquent peut-\u00eatre de voir cohabiter dans l\u2019\u0153uvre ce portrait de <em>Rita et Hubert<\/em>, couple mixte dans l\u2019Am\u00e9rique raciste des ann\u00e9es 50, comme une affirmation des petites machines d\u00e9sirantes contre la grande machine sociale, pour le dire \u00e0 la mani\u00e8re de Deleuze et Guattari. D\u2019<em>Isabetta<\/em>, la seconde fille qu\u2019elle a eu avec Carlos apr\u00e8s que Santillana succombe tr\u00e8s t\u00f4t de la dipht\u00e9rie, et que celui-ci lui enleva pour la donner \u00e0 \u00e9lever par ses s\u0153urs \u00e0 Cuba et qu\u2019elle ne devait ensuite revoir que bri\u00e8vement et de loin en loin. Portrait qu\u2019elle repeignit ensuite \u00e0 l\u2019identique apr\u00e8s que Kenneth Doolittle par jalousie l\u2019ait d\u00e9truit avec des dizaines d\u2019autres tableaux. Celui d\u2019Andy Warhol, torse nu portant les cicatrices de la tentative d\u2019assassinat, deux ans avant, de Val\u00e9rie Solanas. Mondain inquiet, fragile, comme une mani\u00e8re de clown triste. Celui qui me touche tant de la <em>Famille espagnole<\/em> o\u00f9 l\u2019on voit, adoss\u00e9e \u00e0 une grille Margarita et ses trois enfants.<br \/>\nOn pourrait juger la pratique du portrait comme complaisante, anecdotique et de peu d\u2019ampleur par sa dimension familiale, intime, quotidienne, loin de la charge manifeste que porte un <em>Guernica<\/em>, loin des r\u00e9flexions sur l\u2019art que poursuivent les abstractions, les d\u00e9constructions diverses, il touche pourtant pr\u00e9cis\u00e9ment aux r\u00e9alit\u00e9s sociales, sexuelles, raciales &#8211; politiques &#8211; qui suscitent et animent les luttes du XXe si\u00e8cle. Sous un autre mode.<br \/>\nIl est des artistes qui projettent leurs tourments, leurs ambitions sur tout ce qu\u2019ils regardent, choses et \u00eatres, auteurs autoritaires en quelque sorte, pr\u00e9dateurs ou vampires, ventriloques. D\u2019autres qui se laissent \u00e9mouvoir, vaciller et savent s\u2019oublier pour mieux \u00e9couter. Et peut-\u00eatre que pour fondre l\u2019art et la vie en un seul geste comme l\u2019ambitionn\u00e8rent les artistes de Fluxus \u00e0 la suite de John Cage ou Allan Kaprow, il n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment n\u00e9cessaire d\u2019abolir l\u2019objet d\u2019art lui-m\u00eame, de d\u00e9savouer toute tradition. Il fallait d\u00e9tourner cet organe de pouvoir qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 le portrait \u00e0 travers les figures de chefs, de rois et de dieux, puis d\u2019aristocrates, de nobles marchands, de m\u00e9c\u00e8nes et travailler \u00e0 hauteur d\u2019homme, poursuivant mais sans mis\u00e9rabilisme et pittoresque la sente ouverte par les r\u00e9alistes, la chronique encore trop bourgeoise des impressionnistes. Peindre les gens, comme Balzac projetait d\u2019embrasser par ses livres \u00ab la com\u00e9die humaine \u00bb, mais sans que le type ou le caract\u00e8re gagne sur la v\u00e9rit\u00e9 simple de vies pour bonne part insaisissables.<br \/>\nSoutine fit de superbes portraits d\u2019apprentis, gar\u00e7ons de courses, cuisiniers, gar\u00e7ons de caf\u00e9 ou portiers. Avec Van Gogh, Alice Neel partage cette attention aux gens, cette fraternit\u00e9 ou sororit\u00e9, cet \u00e9lan qui chez lui avait pris un tour mystique. Et on l\u2019imagine souscrire au jugement de celui qui refusait autant les compromis ou les compromissions que l\u2019inauthenticit\u00e9, le manque de franchise per\u00e7u comme un manque de v\u00e9rit\u00e9, et la ti\u00e9deur : \u00ab il n\u2019y a rien de plus r\u00e9ellement artistique que d\u2019aimer les gens \u00bb et sceller la relation par ce moment et cette \u00e9ternit\u00e9, l\u2019individu particulier et la situation que fondait ensemble un portrait.<\/p>\n<p>Image : <em>Marxist girl (Irene Peslikis)<\/em>, 1972. (d\u00e9tail)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Ta vie tes femmes devant la banque, (\u2026) avec des dents qui manquent, fatigu\u00e9es en mauvaise forme, avec des petits bras noirs autour de leur cou accroch\u00e9s \u00e0 leurs jupes toute l\u2019usure et l\u2019inqui\u00e9tude des luttes sur leur visage (\u2026) et pour la veine riche et profonde de sentiments humains enfouis sous tes camions [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":7848,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7847","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7847"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7849,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847\/revisions\/7849"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7848"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}