{"id":7940,"date":"2024-01-16T10:36:26","date_gmt":"2024-01-16T09:36:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=7940"},"modified":"2024-01-16T22:04:25","modified_gmt":"2024-01-16T21:04:25","slug":"sebastien-berlendis-lungomare","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/sebastien-berlendis-lungomare\/","title":{"rendered":"S\u00e9bastien Berlendis, Lungomare"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Je voudrais lui avouer tant de choses, belles, folles, d\u00e9licates, d\u00e9mesur\u00e9es, enchant\u00e9es, lui parler de la lumi\u00e8re, de l&rsquo;\u00e9motion que suscite sa peau, son teint, son parfum, ses boucles d&rsquo;oreilles, son petit sourire espi\u00e8gle et amus\u00e9, lui dire que la vie serait belle si elle acceptait.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nClaude Nori, <em>La g\u00e9om\u00e9trie du flirt.<\/em><\/p>\n<p><em>Au bord de la nuit<\/em>, l\u2019unique roman de Friedo Lampe, para\u00eet en d\u00e9cembre 1933. Il est aussit\u00f4t saisi, retir\u00e9 des biblioth\u00e8ques et librairies, jug\u00e9 suspect par l\u2019autorit\u00e9 qui vient de prendre le pays. C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a de place dans l\u2019imaginaire promu que pour certaines valeurs : la terre, le sang, la race et la virilit\u00e9, la puissance du sentiment Allemand. On comprend que des yeux si comprim\u00e9s se soient irrit\u00e9s d\u2019un r\u00e9cit d\u00e9roul\u00e9 comme on d\u00e9rive le long du soir \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une r\u00eaverie indolente et moelleuse. Que leurs n\u00e9vroses se soient \u00e9trangl\u00e9es de la libert\u00e9 subversive de cet objet litt\u00e9raire soutenant une sorte de traveling cin\u00e9matographique d\u00e9pourvu de tout id\u00e9alisme, donnant sur le th\u00e9\u00e2tre de vies ordinaires. Les mots durent leur manquer, comme ils manqu\u00e8rent aux premiers observateurs du tableau que Caspar David Friedrich venait d\u2019achever en juin 1809 et qui donnait \u00e0 voir une silhouette immobile m\u00e9ditant sur un rivage devant un horizon vide. Il n\u2019y avait rien \u00e0 voir de path\u00e9tique ou h\u00e9ro\u00efque, d\u2019\u00e9difiant \u00ab nulle temp\u00eate, nul soleil, nulle lune, nul orage\u2026 aucun bateau, aucun navire, pas m\u00eame un monstre marin \u00bb.<br \/>\nJ\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Lampe \u00e0 la lecture de <em>Lungomare<\/em>, le dernier r\u00e9cit de S\u00e9bastien Berlendis, en m\u2019arr\u00eatant sur une phrase qui pourrait r\u00e9sumer son objet : \u00ab filmer le roman de la plage \u00bb.<br \/>\nA l\u2019inverse de romans architectur\u00e9s autour d\u2019une intrigue, tendus par le suspens, \u00e9lectris\u00e9s par un drame, ceux de Berlendis (comme celui de F. Lampe) \u00e9panouissent le sentiment d\u2019une d\u00e9rive souple, passive, contemplative, dite comme on tient sobrement un journal, note des impressions. Seuls quelques frissons, des souvenirs, des d\u00e9sirs retiennent bri\u00e8vement l\u2019attention qui va glissant sur le rivage auquel se superpose la parenth\u00e8se d\u2019un \u00e9t\u00e9, la <em>dolce vita<\/em>. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 aller et venir le long de ce paisible th\u00e9\u00e2tre, fr\u00f4lant des existences engourdies, qu\u00eater le t\u00e9nu. \u00ab Des heures encore \u00e0 balayer au ralenti le lungomare \u00bb. Dilater un moment.<br \/>\nOn est chez Monet, chez Renoir saisissant de petits riens : lumi\u00e8re qui tombe sur une robe, jeunes gens qui s\u2019oublient sur la rive ou dans un petit bal, parties de campagne, libertinage, baignades et canotage. L\u2019\u00e9v\u00e9nement simple d\u2019un coucher de soleil, d\u2019une jeune femme tenant l\u2019ombrelle en contrejour sur un champ de coquelicots. Une parenth\u00e8se \u00e9tir\u00e9e. Chaque livre poursuit, prolonge le pr\u00e9c\u00e9dent comme on choisit tant\u00f4t d\u2019emprunter un sentier pour entrer dans la pin\u00e8de, tant\u00f4t pour gagner la mer, suivre la silhouette \u00e9vanescente d\u2019une belle. Car il s&rsquo;agit d&rsquo;un territoire \u00e9largi, d&rsquo;un moment qui superposent les cartes et les dates (les promenades alternent avec les souvenirs et anecdotes que murmurent quelques photographies tir\u00e9es de l&rsquo;album familial). Aux perspectives Haussmanniennes l\u2019\u00e9crivain fl\u00e2neur, un peu baudelairien, un peu nervalien, pr\u00e9f\u00e8re l\u2019\u00e9panchement presque hallucin\u00e9 de celui qui d\u00e9rive et circule sans but, s\u2019est d\u00e9fait de toute amarre, t\u00e2te ses d\u00e9sirs. Cette fa\u00e7on de d\u00e9serter que filme Alain Tanner dans <em>Dans la ville Blanche<\/em>. Le m\u00e9canicien d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Lisbonne et jou\u00e9 par Bruno Ganz est comme un axolotl : il essaie d\u2019abolir l\u2019espace et le temps. Ici temps et espaces bouclent ou se superposent en de multiples lignes d&rsquo;erre, ses explorations semblant rejouer celles de ses propres parents dans leur jeunesse. Des photographies t\u00e9moignent. Si c&rsquo;est le p\u00e8re qui plonge sur la couverture, \u00e7&rsquo;aurait pu \u00eatre lui. On est toujours \u00e0 se demander d&rsquo;o\u00f9 on vient, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on poursuit ou prolonge.<br \/>\nLe narrateur des romans de S\u00e9bastien Berlendis ressemble alors \u00e0 l\u2019arch\u00e9ologue de la nouvelle de Wilhelm Jensen qui r\u00eave sur un bas-relief du mus\u00e9e Chiaramonti et que la figure marchante, qu\u2019il surnomme <em>Gradiva<\/em>, finit par hanter, peut-\u00eatre par faire d\u00e9lirer (on se souvient de l&rsquo;\u00e9tymologie : s&rsquo;\u00e9loigner du sillon). Le <em>lungomare<\/em> est peut-\u00eatre un r\u00eave, une image \u00e9d\u00e9nique ; et celle que suit l\u2019auteur, indolente \u00e0 la cheville l\u00e9g\u00e8re et \u00e0 la fesse blanche, se nomme <em>Annabella<\/em>. C\u2019est le lapin blanc d\u2019Alice. Une fa\u00e7on de s&rsquo;aimer sans rien se promettre ou d&rsquo;affoler les perspectives.<br \/>\nLes moments insignifiants, les images que l\u2019on prend, celles qui persistent en vous sous la forme de sensation, les mots rares que l\u2019on confie au cahier sont autant de reliques sur lesquelles la m\u00e9moire s\u2019\u00e9panche, avec une vague m\u00e9lancolie. \u00ab Je d\u00e9couvre sur le bureau de la chambre des bouts de papier crayonn\u00e9s, dessin\u00e9s de sa main, un bouton de nacre, un brin de lavande s\u00e9ch\u00e9e. \u00bb Ainsi se fait le r\u00e9cit, comme va le regard en caressant le monde. Il y a peu et c&rsquo;est immense, infini. Michelet en a une belle formulation dans son livre sur <em>La Mer<\/em>. Le rivage semble immobile et d\u00e9sert, mais si vous vous immobilisez vous-m\u00eame, vous penchez un instant, il se met \u00e0 grouiller de mille vies industrieuses insoup\u00e7onn\u00e9es.<br \/>\nBerlendis est un de ces photographes qui traversent les films de Wim Wenders, rejouant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de l\u2019objet cin\u00e9matographique une forme int\u00e9rioris\u00e9e de <em>road movie<\/em>. Il noue \u00e0 l\u2019image les r\u00e9cits, les fictions, les songes qui se laissent esquisser dans les arr\u00eats du regard. \u00ab Les lettres jaune citron du nom de l\u2019h\u00f4tel explosent dans la lumi\u00e8re du matin, un gar\u00e7on et une fille, sa main gliss\u00e9e dans l\u2019\u00e9chancrure du t-shirt, les corps noirs de h\u00e2le mais le cou blanc sous les cheveux relev\u00e9s \u00bb\u2026 Autant d\u2019instantan\u00e9s. Le photographe est une sorte de d\u00e9tective qui enqu\u00eate sur la nature du r\u00e9el.<br \/>\nIl y a aussi <em>Claudia<\/em>, la jeune m\u00e8re tatou\u00e9e, quelque part dans le champ du regard. Il y a la moue des jeunes filles, les bracelets br\u00e9siliens aux poignets et aux chevilles. L\u2019\u00e9quivoque du flirt photographique. On pense au mot de Proust : \u00ab Les jeunes filles n\u2019existent que pour \u00eatre regard\u00e9es. \u00bb Aux photographies de Lartigue.<br \/>\nLa signature de Claudio N au bas d\u2019une photographie n\u2019est-elle pas \u00e9voqu\u00e9e pour inviter dans les souvenirs du lecteur la gait\u00e9 m\u00eal\u00e9e de sensualit\u00e9 et de m\u00e9lancolie des adolescentes mutines, les \u00ab madones gracieuses et canailles \u00bb de Rimini, d\u2019Amalfi ou de Portofino qu\u2019a saisi Claude Nori ? \u00ab Comme tous les gar\u00e7ons sentimentaux, tandis qu\u2019il promettait un amour \u00e9ternel \u00e0 une fianc\u00e9e de passage, il r\u00eavait d\u2019embrasser toutes les filles de la plage, les plus ing\u00e9nues comme les plus d\u00e9lur\u00e9es qui l\u00e9chaient sous ses yeux de provocants <em>gelati<\/em>. \u00bb, \u00e9crit Fr\u00e9d\u00e9ric Schiffter. Berlendis est le peintre impressionniste des amours de vacances, des frissons adolescents, des fins d\u2019\u00e9t\u00e9, des h\u00f4tels de cit\u00e9 baln\u00e9aires un peu d\u00e9laiss\u00e9es, des fr\u00f4lements et des h\u00e9sitations. Il cultive le charme d\u00e9suet des histoires qu\u2019on \u00e9coute par la voix d\u2019un vieil oncle, en tournant les pages d\u2019un album jauni. Le temps du grain des photographies aux teintes s\u00e9pia ou kodachrome, des diapositives, des films tremblants en Super 8. <em>Longomare<\/em> : le mot est une incantation. Les photographies comme les r\u00e9cits qui le convoquent ont la capacit\u00e9 d\u2019en d\u00e9velopper le r\u00eave ou le fantasme. Le journal sans cesse glisse vers ces images \u00e9quivoques, comme la lecture souvent provoque des r\u00eaveries, r\u00e9flexions, souvenirs que l&rsquo;on m\u00eale alors au livre, lisant et \u00e9crivant en quelque sorte d&rsquo;un m\u00eame geste.<br \/>\n\u00c9crire est pour lui comme d\u00e9plier une image, \u00e9tirer le temps et y glaner les menus d\u00e9tails qui composent sa mati\u00e8re. Ce qui, quand on voyage, vous d\u00e9place un peu : les intonations, les attitudes, les proportions des choses, la lumi\u00e8re et l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019espace ; les l\u00e9g\u00e8res diff\u00e9rences des panneaux de circulation, les noms des rues\u2026 C\u2019est peu de choses encore, mais cela forme un monde, ou ce que Foucault nommait une h\u00e9t\u00e9rotopie : \u00ab C\u2019est le fond du jardin, bien s\u00fbr, c\u2019est le grenier, ou mieux encore la tente d\u2019Indiens dress\u00e9e au milieu du grenier, ou encore, c\u2019est \u2013 le jeudi apr\u00e8s-midi \u2013 le grand lit des parents. C\u2019est sur ce grand lit qu\u2019on d\u00e9couvre l\u2019oc\u00e9an, puisqu\u2019on peut y nager entre les ouvertures ; et puis ce grand lit, c\u2019est aussi le ciel, puisqu\u2019on peut bondit sur les ressorts ; c\u2019est la for\u00eat puisqu\u2019on s\u2019y cache ; c\u2019est la nuit puisqu\u2019on devient fant\u00f4me entre les draps \u00bb.<br \/>\nSans doute le r\u00e9cit, les photographies, les images pour tout dire sont-ils la manifestation, l\u2019\u00e9tablissement fragile de ces territoires. \u00ab Les branches des arbres, la fin du jour tamisent les rayons du soleil, soleil qui brunit les fleurs roses des touffes de bruy\u00e8res. Le rouge et le vert du sol se r\u00e9p\u00e8tent sur la peau claire d\u2019Annabella, nous marchons au bord de l\u2019abrupt, attentifs \u00e0 nos pas, silencieux, en contrebas les masses d\u2019eau se chevauchent, tourbillonnent, rongent les assises des falaises, forment par endroits des \u00e9boulis de sable, de roches, de cailloux. \u00bb On voudrait se couler dans l\u2019instant, se blottir dans cette image, l\u00e0 o\u00f9 le regard se m\u00eale aux songes. Dans cet \u00e9tat second duquel ne sort plus le journaliste du film de Wenders, <em>Alice dans les villes<\/em>. Je l\u2019ai revu \u00e0 nouveau derni\u00e8rement. Son r\u00e9cit se retourne plusieurs fois sur lui-m\u00eame comme on fait dans un demi-sommeil et qu\u2019on ne sait plus ce qu\u2019il y a de vrai. Vivre est une fiction. Je me souviens de ce curieux livre que publia le marquis d\u2019Hervey-Saint-Denys en 1867 sous le titre : \u00ab Les r\u00eaves et les moyens de les diriger \u00bb. Il y d\u00e9crit par d\u2019ing\u00e9nieuses man\u0153uvres, comment confondre le r\u00eave et la r\u00e9alit\u00e9, comment influer sur le sc\u00e9nario que tisse l\u2019inconscient dans le sommeil. Les \u0153uvres d\u2019art ont la m\u00eame fa\u00e7on de fa\u00e7onner notre appr\u00e9hension du monde, de \u00ab faire des mondes \u00bb, pour le dire comme Nelson Goodman. Proust l\u2019a d\u00e9crit merveilleusement : \u00ab Et voici que le monde (qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 une fois, mais aussi souvent qu&rsquo;un artiste original est survenu) nous appara\u00eet enti\u00e8rement diff\u00e9rent de l&rsquo;ancien, mais parfaitement clair. Des femmes passent dans la rue, diff\u00e9rentes de celles d&rsquo;autrefois, puisque ce sont des Renoir, ces Renoir o\u00f9 nous nous refusions jadis \u00e0 voir des femmes. Les voitures aussi sont des Renoir, et l&rsquo;eau, et le ciel : nous avons envie de nous promener dans la for\u00eat pareille \u00e0 celle qui le premier jour nous semblait tout except\u00e9 une for\u00eat, et par exemple une tapisserie aux nuances nombreuses mais o\u00f9 manquaient justement les nuances propres aux for\u00eats. Tel est l&rsquo;univers nouveau et p\u00e9rissable qui vient d&rsquo;\u00eatre cr\u00e9\u00e9. \u00bb<br \/>\nS\u00e9bastien Berlendis contribue \u00e0 fa\u00e7onner l\u2019imaginaire des vacances, sur les chemins des Maures, comme sur le <em>longomare<\/em> des rivages italiens, les saisons adolescentes. On d\u00e9rive avec lui, avides d\u2019images, pleins de sensations comme on prend la route avec Wenders, Fassbinder ou Kerouac.<br \/>\nCette jeune femme dans le film, vers laquelle l&rsquo;homme revient et chez qui il ne passera pas la nuit : \u00ab On est dans cet \u00e9tat quand on a perdu le sentiment de soi-m\u00eame. Et \u00e7a fait longtemps que tu l\u2019as perdu. C\u2019est pour cela qu\u2019il te faut continuellement des preuves de ton existence. Tes histoires et tes aventures, tu les traites comme si tu \u00e9tais le seul \u00e0 les vivre. Voil\u00e0 pourquoi tu prends toutes ces photos. Une preuve de plus que c\u2019est toi qui as vu quelque-chose. C\u2019est pour cela que tu es venu ici : pour que quelqu\u2019un \u00e9coute tes histoires, que tu ne te racontes en fait qu\u2019\u00e0 toi-m\u00eame. \u00bb<br \/>\nLui \u00e9coute \u00e0 peine : \u00ab C\u2019est vrai. L\u2019action de photographier a un rapport avec les preuves. \u00bb<br \/>\nUne preuve paradoxale, puisqu\u2019elle t\u00e9moigne du r\u00eave qu\u2019on a projet\u00e9 \u00e0 travers elle.<br \/>\nJe pense \u00e0 un film encore. Le camion, de Duras. \u00ab \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 une route au bord de la mer. \u00bb Et cette bascule : \u00ab -C\u2019est un film ? -C\u2019aurait \u00e9t\u00e9 un film. (temps) C\u2019est un film, oui. \u00bb Godard dira : une image et des mots c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 du cin\u00e9ma.<br \/>\nDans le livre : Annabella : \u00ab tu pourrais filmer me dit-elle \u00bb. \u00ab Oui, le travelling enregistrerait les jardins de l\u2019h\u00f4pital militaire, en travaux, les grilles et les tribunes du stade Alberto Picco qui accueille des matchs de football de Serie B, la deuxi\u00e8me division italienne. Le travelling se transformerait en plan-s\u00e9quence pour capturer jusqu\u2019\u00e0 Portovenere la beaut\u00e9 de la longue route en corniche br\u00fbl\u00e9e par le soleil de midi. \u00bb<br \/>\nCe serait un film, c&rsquo;est un film.<\/p>\n<p>Image : Claude Nori. \/ Lungomare, de S\u00e9bastien Berlendis, \u00e9ditions Acte Sud, 2024.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je voudrais lui avouer tant de choses, belles, folles, d\u00e9licates, d\u00e9mesur\u00e9es, enchant\u00e9es, lui parler de la lumi\u00e8re, de l&rsquo;\u00e9motion que suscite sa peau, son teint, son parfum, ses boucles d&rsquo;oreilles, son petit sourire espi\u00e8gle et amus\u00e9, lui dire que la vie serait belle si elle acceptait.\u00a0\u00bb Claude Nori, La g\u00e9om\u00e9trie du flirt. 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