{"id":8297,"date":"2025-11-28T14:23:08","date_gmt":"2025-11-28T13:23:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/?p=8297"},"modified":"2025-11-28T14:26:40","modified_gmt":"2025-11-28T13:26:40","slug":"par-les-astres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/par-les-astres\/","title":{"rendered":"Par les astres"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab Bifurcations. R\u00e9alit\u00e9s alternatives. Mondes parall\u00e8les o\u00f9 nous aurions pu vivre et peut-\u00eatre vivons, sans le savoir, d\u2019autres vies. \u00bb<\/em><br \/>\nEmmanuel Carr\u00e8re<\/p>\n<p>Il y a des livres dont le titre seul suffit. <em>Les mots et les choses, L\u2019esprit et le temps, Les fleurs du mal, La promesse de l\u2019aube, Crime et ch\u00e2timent, Les hauts de Hurlevent, Baleine<\/em>, m\u00eame\u2026 programmes vertigineux qui laissent \u00e0 m\u00e9diter longtemps sans qu\u2019une issue vous en fasse sortir.  <em>Baleine<\/em>, tiens, puisque c\u2019est le titre d\u2019un petit livre de Bertrand Gadenne : un mot \u00e9norme, une pi\u00e8ce de boucher, un monde en soi, imm\u00e9morial, silencieux, mythologique, de grande patience, qui semble d\u00e9river dans les larges espaces comme d\u00e9rivent les astres. Mais colosse fragile, avec de la tendresse dans l\u2019\u0153il, une gr\u00e2ce, une forme de sagesse triste. Posez dans l\u2019espace le mot baleine comme vous d\u00e9poseriez l\u2019animal sur un rivage. Il est difficile de dire comme il p\u00e8se et l\u00e9vite, semble \u00e0 la fois tout proche et vertigineusement lointain.<br \/>\nUn livre encore dont j\u2019ai r\u00eav\u00e9 sur le titre, tournant autour de le lire : <em>L\u2019\u00e9ternit\u00e9 par les astres<\/em>, de Louis-Auguste Blanqui. \u00c9trange programme, comme on dirait \u00ab la preuve par neuf \u00bb. Une trajectoire qui, depuis notre pr\u00e9sent, passant par les corps c\u00e9lestes, mettrait l\u2019\u00e9ternit\u00e9 en perspective. Je savais Blanqui r\u00e9volutionnaire, socialiste, plusieurs fois enferm\u00e9 au long de ce XIXe si\u00e8cle tumultueux. Il me semblait aussi savoir que ledit texte devait sa l\u00e9gende d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un texte de prison, m\u00e9dit\u00e9 depuis l\u2019exil et l\u2019isolement. Me demandais s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas une sorte de m\u00e9taphore critique de l\u2019\u00e9poque. Alors, \u00e0 force d\u2019orbes et de tangentes, il avait fini par me passer \u00e0 port\u00e9e de main, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2016 par Fran\u00e7ois Bon. Je m\u2019\u00e9tais \u00e9tonn\u00e9 d\u2019y lire toute une r\u00e9flexion sur l\u2019astronomie, ces choses \u00e9th\u00e9r\u00e9es et lointains contrastant avec le bourbier politique et les luttes sociales, les r\u00e9volutions de 1830, 1848, empire, restauration, monarchie de juillet\u2026 N\u00e9gligemment, je suivais ses d\u00e9veloppements et les d\u00e9bats de 1872, forc\u00e9ment un peu d\u00e9pass\u00e9s aujourd\u2019hui.<br \/>\nMais bient\u00f4t, s\u2019en suivaient des remarques plus philosophiques d\u00e9roulant \u00e0 l\u2019imaginaire un tapis excitant. Je me souvenais du tableau p\u00e9riodique des \u00e9l\u00e9ments, lequel posait une grille sur les r\u00e9alit\u00e9s physiques du monde, se proposant de les contenir toutes. \u00ab L\u2019univers entier est compos\u00e9 de syst\u00e8mes stellaires. Pour les cr\u00e9er, la nature n\u2019a que cent corps simples \u00e0 sa disposition. Malgr\u00e9 le parti prodigieux qu\u2019elle sait tirer de ces ressources et le chiffre incalculable de combinaisons qu\u2019elles permettent \u00e0 sa f\u00e9condit\u00e9, le r\u00e9sultat est n\u00e9cessairement un nombre fini. \u00bb Et c\u2019est cette observation simple qui induit des consid\u00e9rations vertigineuses : \u00ab le nombre de nos sosies est infini dans le temps et l\u2019espace. Ce ne sont point des fant\u00f4mes, c\u2019est de l\u2019actualit\u00e9 \u00e9ternis\u00e9e. (\u2026) Tels les exemplaires des mondes pass\u00e9s, tels ceux des mondes futurs. Seul, le chapitre des bifurcations reste ouvert \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance. N\u2019oublions pas que tout ce qu\u2019on aurait pu \u00eatre ici-bas, on l\u2019est quelque part ailleurs. \u00bb Le nombre de combinaisons possibles \u00e9tant fini et son d\u00e9ploiement infini, par multiplications, statistiquement, chaque situation existe d\u00e9doubl\u00e9e, d\u00e9multipli\u00e9e dans ses variantes. \u00ab A l\u2019heure pr\u00e9sente, la vie enti\u00e8re de notre plan\u00e8te, depuis la naissance jusqu\u2019\u00e0 la mort, se d\u00e9taille, jour par jour, sur des myriades d\u2019astres-fr\u00e8res, avec tous ses crimes et ses malheurs. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je d\u00e9fie la nature de ne pas fabriquer \u00e0 la journ\u00e9e, depuis que le monde est monde, des milliards de syst\u00e8mes solaires, calques du n\u00f4tre, mat\u00e9riel et personnel. Je lui permets d\u2019\u00e9puiser le calcul des probabilit\u00e9s, sans en manquer une. D\u00e8s qu\u2019elle sera au bout de son rouleau, je la rabats sur l\u2019infini, et je la somme de s\u2019ex\u00e9cuter, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019ex\u00e9cuter sans fin des duplicatas. (\u2026) Observations inutiles, d\u2019ailleurs. La nature ne connait ni ne pratique la morale en action. Ce qu\u2019elle fait, elle ne le fait pas expr\u00e8s. Elle travaille \u00e0 colin-maillard, d\u00e9truit, cr\u00e9e, transforme. Le reste ne la regarde pas. Les yeux ferm\u00e9s, elle applique le calcul des probabilit\u00e9s mieux que tous les math\u00e9maticiens ne l\u2019expliquent, les yeux tr\u00e8s ouverts. Pas une variante ne l\u2019esquive, pas une chance ne demeure au fond de l\u2019urne. Elle tire tous les num\u00e9ros. Quand il ne reste rien au fond du sac, elle ouvre la boite aux r\u00e9p\u00e9titions, tonneau sans fond celui-l\u00e0 aussi, qui ne se vide jamais, \u00e0 l\u2019inverse du tonneau des Dana\u00efdes qui ne pouvait se remplir. \u00bb<br \/>\nIl est ais\u00e9 de conclure : \u00ab tout astre a toujours exist\u00e9, non pas dans sa personnalisation actuelle, temporaire et p\u00e9rissable, mais dans une s\u00e9rie infinie de personnalit\u00e9s semblables, qui se reproduisent \u00e0 travers les si\u00e8cles. Il appartient \u00e0 une des combinaisons originales permises par les arrangements divers de cent corps simples. \u00bb<br \/>\nAinsi s\u2019immisce quelque chose de semblable \u00e0 ces uchronies qui excitent l\u2019imagination : \u00ab Notre terre, ainsi que les autres corps c\u00e9lestes, est la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une combinaison primordiale, qui se reproduit toujours la m\u00eame, et qui existe simultan\u00e9ment en milliards d\u2019exemplaires identiques. (\u2026) Sur chacun d\u2019eux se succ\u00e8dent toutes les choses mat\u00e9rielles, tous les \u00eatres organis\u00e9s, dans le m\u00eame ordre, au m\u00eame lieu, \u00e0 la m\u00eame minute o\u00f9 ils se succ\u00e8dent sur les autres terres, ses sosies. Par cons\u00e9quent, tous les faits accomplis ou \u00e0 accomplir sur notre globe, avant sa mort, s\u2019accomplissent exactement les m\u00eames dans les milliards de ses pareils. \u00bb<br \/>\nTout ce qui peut \u00eatre en somme, statistiquement, tous les possibles induits par les mat\u00e9riaux initiaux et leur combinaison finie, n\u2019ont d\u2019autre issue que de se r\u00e9aliser ici ou l\u00e0 dans un temps ou un autre. C\u2019est fatal. La nature ne rate pas une combinaison. A l\u2019image de ces copies avec erreurs qui dans l\u2019ordre g\u00e9n\u00e9tique cr\u00e9ent des mutations, s\u2019engendrent des variations ramifiant et enrichissant formidablement le mod\u00e8le. \u00ab Outre son existence enti\u00e8re, de la naissance \u00e0 la mort, que l\u2019on vit sur une foule de terres, on en vit sur d\u2019autres dix milles \u00e9ditions diff\u00e9rentes. \u00bb<br \/>\nEt c\u2019est l\u00e0 que l\u2019uchronie cesse d\u2019\u00eatre un caprice, un d\u00e9lire, un amusement de l\u2019esprit. Blanqui pousse la logique : \u00ab Les Anglais ont perdu peut-\u00eatre bien des fois la bataille de Waterloo sur les globes o\u00f9 leur adversaire n\u2019a pas commis la b\u00e9vue de Grouchy. Elle a tenu \u00e0 peu. En revanche, Bonaparte ne remporte pas toujours ailleurs la victoire de Marengo qui a \u00e9t\u00e9 ici un raccroc. \u00bb \u00ab Tous les carrefours du ciel sont encombr\u00e9s de nos doublures ! \u00bb<br \/>\nEt je repense alors \u00e0 un roman de Marcel Thiry paru en 1938 titr\u00e9 <em>\u00c9chec au temps<\/em> qui narre une histoire alternative \u00e0 celle qui \u00e0 cours en la faisant bifurquer pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Waterloo. Je reprends tel quel le r\u00e9sum\u00e9 qu\u2019en fait Emmanuel Carr\u00e8re dans le livre qu\u2019il d\u00e9die \u00e0 l\u2019uchonie : Le jeune anglais descend de l\u2019officier tenu pour responsable de la d\u00e9faite de Waterloo et voudrait r\u00e9habiliter la m\u00e9moire de son anc\u00eatre. Il construit alors une machine \u00e0 regarder dans le temps. L\u2019inventeur, fid\u00e8le \u00e0 son obsession, s\u2019acharne \u00e0 faire le point sur son a\u00efeul, et d\u00e9couvre que c\u2019est bien de lui que tout d\u00e9pendait, de sa mission de reconnaissance et du renseignement. \u00ab Le sort de l\u2019Europe s\u2019est jou\u00e9 \u00e0 Waterloo ; mais \u00e0 Waterloo, le sort de la bataille a tenu, vers 6h45, au jugement, au coup d\u2019\u0153il, \u00e0 la chance aussi d\u2019un cavalier de 24 ans, arr\u00eat\u00e9 sur un mamelon au nord de Papelotte. \u00bb En effet, la mauvaise interpr\u00e9tation, la n\u00e9gligence du cavalier Hervey induisent Wellington en erreur : il ordonne la retraite, et l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale l\u2019emporte. L\u2019inventeur d\u00e9sesp\u00e8re. Il r\u00eave, non seulement de voir, mais de modifier le pass\u00e9, pour cela d\u2019accorder quelques minutes de patience \u00e0 son a\u00efeul, afin qu\u2019il puisse mieux estimer la situation et inverser par la suite l\u2019issue de la bataille.<br \/>\nChangement du cours des choses pour l\u2019uchronie, mise en parall\u00e8le des possibles se r\u00e9alisant pour Blanqui. Chez Marcel Thiry c\u2019est plus retors encore, car, alors que l\u2019on assiste \u00e0 la bataille de 1813 depuis le XXe si\u00e8cle, on pousse un cri. Cri qui atteint le champ de bataille l\u00e0-bas cent ans plus t\u00f4t. \u00ab Ce cri pouss\u00e9 \u00e0 Ostende au XXe si\u00e8cle, l\u2019officier anglais Hervey l\u2019entend \u00e0 Waterloo en 1813. Et Waterloo devient une victoire anglaise.<br \/>\nUn paradoxe n\u00e9anmoins puisqu\u2019on ne peut innocemment retourner dans le pass\u00e9 et changer le cours des choses sans perturber sa propre vie en son pr\u00e9sent. Le narrateur ainsi se souvient des deux histoires. Et celui qui avait initi\u00e9 cette bifurcation alternative disparait. Car, \u00ab dans le monde o\u00f9 Napol\u00e9on l\u2019emportait \u00e0 Waterloo, Hervey l\u2019a\u00een\u00e9 faisait sagement retraite, se mariait en Angleterre, avait beaucoup d\u2019enfants et de descendants, dont l\u2019inventeur. Mais dans le monde soudainement promu par son arri\u00e8re-petit-fils, dans le monde o\u00f9 il assure la victoire de sa patrie, il le paie de sa vie. Tu\u00e9 dans la bataille avant d\u2019avoir procr\u00e9\u00e9, il n\u2019a donc pas de descendance et Hervey le cadet, apr\u00e8s avoir promu cette nouvelle version, se volatilise avec sa machine. \u00bb Comme le note l\u2019auteur : \u00ab Le principe de cause prenait sur son destructeur une revanche p\u00e9remptoire. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le r\u00eave, ou ce qui devient le r\u00eave, s\u00e9cr\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 qui l\u2019annule en le rempla\u00e7ant, mais n\u2019aurait pu triompher sans lui.\u00a0\u00bb<br \/>\nPar ces digressions j\u2019en viens \u00e0 me demander si L\u2019\u00e9ternit\u00e9 par les astres \u00e9crit du fond d\u2019une cellule, les yeux pench\u00e9s sur le papier mais l\u2019esprit bascul\u00e9 sur le vaste ciel n\u2019est pas une pi\u00e8ce de philosophie touchant \u00e0 l\u2019id\u00e9e de libert\u00e9 et \u00e0 la fatalit\u00e9. Blanqui ici enferm\u00e9 est ailleurs libre et des r\u00e9gimes autoritaires font pendant au r\u00eave socialiste r\u00e9alis\u00e9. Cela pourrait accabler comme une fatalit\u00e9, mais ici et l\u00e0 l\u2019histoire s\u2019\u00e9crit sans cesse, diverge pour explorer les possibles. Il y a, comme on dit en m\u00e9canique, du jeu. Le monde \u00e9crivait Montaigne est une branloire p\u00e9renne. \u00ab Toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d\u2019\u00c9gypte, et du branle public et du leur. La constance m\u00eame n\u2019est autre chose qu\u2019un branle plus languissant. \u00bb<br \/>\nEt comme il en est de m\u00eame de mon esprit me vienne deux livres, deux titres encore \u00e0 mettre sur ma liste. De Giono, <em>La travers\u00e9e sensuelle de l\u2019astronomie<\/em>. Et d\u2019Archim\u00e8de ce petit ouvrage que je n\u2019ai fait que feuilleter et dont le titre m\u2019avait intrigu\u00e9 quand je l\u2019avais entendu pour la premi\u00e8re fois : <em>L\u2019ar\u00e9naire<\/em>.<br \/>\nL\u2019ar\u00e8ne, on l\u2019a appris \u00e0 l\u2019\u00e9cole, c\u2019est le sable, qui par synecdoque, d\u00e9signe tout \u00e0 la fois la piste sur laquelle ont lieu les jeux et m\u00eame dans un certain langage l\u2019architecture elle-m\u00eame qui l\u2019enferme. Et c\u2019est bien par le grain de sable qu\u2019Archim\u00e8de entend aborder l\u2019infini.<br \/>\n\u00ab IL est des personnes, \u00f4 roi G\u00e9lon, qui pensent que le nombre des grains de sable est infini. Je ne parle point du sable qui est autour de Syracuse et qui est r\u00e9pandu dans le reste de la Sicile, mais bien de celui qui se trouve non seulement dans les r\u00e9gions habit\u00e9es, mais encore dans les r\u00e9gions inhabit\u00e9es. Quelques-uns croient que le nombre des grains de sable n&rsquo;est pas infini, mais qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;assigner un nombre plus grand. Si ceux qui pensent ainsi se repr\u00e9sentaient un volume de sable qui f\u00fbt \u00e9gal \u00e0 celui de la terre, qui rempl\u00eet toutes ses cavit\u00e9s, et les ab\u00eemes del\u00e0 mer, et qui s&rsquo;\u00e9lev\u00e2t jusqu&rsquo;aux sommets des plus hautes montagnes, il est \u00e9vident qu&rsquo;ils seraient bien moins persuad\u00e9s qu&rsquo;il p\u00fbt exister un nombre qui surpass\u00e2t celui des grains de sable. Quant \u00e0 moi, je vais faire voir par des d\u00e9monstrations g\u00e9om\u00e9triques auxquelles tu ne pourras refuser ton assentiment, que parmi les nombres d\u00e9nomm\u00e9s par nous dans les livres adress\u00e9s \u00e0 Zeuxippe, il en est qui exc\u00e8dent le nombre des grains d&rsquo;un volume de sable \u00e9gal non seulement \u00e0 la grandeur de la terre, mais encore \u00e0 celui de l&rsquo;univers entier. Tu sais que le monde est appel\u00e9 par la plupart des astronomes une sph\u00e8re dont le centre est le m\u00eame que celui de la terre et dont le rayon est \u00e9gal \u00e0 la droite plac\u00e9e entre le centre de la terre et celui du soleil. Aristarque de Samos rapporte ces choses en les r\u00e9futant, dans les propositions qu&rsquo;il a publi\u00e9es contre les astronomes. D&rsquo;apr\u00e8s ce qui est dit par Aristarque de Samos, le monde serait beaucoup plus grand que nous venons de le dire ; car il suppose que les \u00e9toiles et le soleil sont immobiles ; que la terre tourne autour du soleil comme centre ; et que la grandeur de la sph\u00e8re des \u00e9toiles fixes dont le centre est celui du soleil, est telle que la circonf\u00e9rence du cercle qu&rsquo;il suppose d\u00e9crite par la terre est \u00e0 la distance des \u00e9toiles fixes comme le centre de la sph\u00e8re est \u00e0 la surface. Mais il est \u00e9vident que cela ne saurait \u00eatre, parce que le centre de la sph\u00e8re n&rsquo;ayant aucune grandeur, il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;il ne peut avoir aucun rapport avec la surface de la sph\u00e8re. Mais \u00e0 cause que l&rsquo;on con\u00e7oit la terre comme \u00e9tant le centre du monde, il faut penser qu&rsquo;Aristarque a voulu dire que la terre est \u00e0 la sph\u00e8re que nous appelons le monde, comme la sph\u00e8re dans laquelle est le cercle qu&rsquo;il suppose d\u00e9crit par la terre est \u00e0 la sph\u00e8re des \u00e9toiles fixes; car il \u00e9tablit ses d\u00e9monstrations, en supposant que les ph\u00e9nom\u00e8nes se passent ainsi ; et il para\u00eet qu&rsquo;il suppose que la grandeur de la sph\u00e8re dans laquelle il veut que la terre se meuve est \u00e9gale \u00e0 la sph\u00e8re que nous appelons le monde (\u03b1). Nous disons donc que si l&rsquo;on avait une sph\u00e8re de sable aussi grande que la sph\u00e8re des \u00e9toiles fixes suppos\u00e9e par Aristarque, on pourrait d\u00e9montrer que parmi les nombres d\u00e9nomm\u00e9s dans le Livre des Principes, il y en aurait qui surpasseraient le nombre de grains de sable contenus dans cette sph\u00e8re. \u00bb<br \/>\nDe grains de sable dans l\u2019univers il y en aurait des myriades de myriades. Ce qui ferait encore un beau titre pour nous laisser r\u00eaver depuis notre \u00e9troite condition, notre d\u00e9tail, \u00e0 l\u2019immensit\u00e9 des possibles, de l\u2019espace et du temps, de tout ce que la mati\u00e8re au gr\u00e8s des forces, fait advenir. <\/p>\n<p>Image : Astr\u00e9os ou \u00c9ther combattant un G\u00e9ant \u00e0 t\u00eate de lion sur la frise sud de la Gigantomachie du Grand autel de Pergame (wiki).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Bifurcations. R\u00e9alit\u00e9s alternatives. Mondes parall\u00e8les o\u00f9 nous aurions pu vivre et peut-\u00eatre vivons, sans le savoir, d\u2019autres vies. \u00bb Emmanuel Carr\u00e8re Il y a des livres dont le titre seul suffit. Les mots et les choses, L\u2019esprit et le temps, Les fleurs du mal, La promesse de l\u2019aube, Crime et ch\u00e2timent, Les hauts de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":8298,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8297","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8297","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8297"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8297\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8300,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8297\/revisions\/8300"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8297"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8297"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lironjeremy.com\/lespasperdus\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8297"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}