Il y avait dans ces tableaux de Friedrich (le moine au bord de mer, surtout), mis en image enfin cette intrigante situation de celui qui contemple et s’abîme face à l’immensité du monde, c’est à dire face au vide, à sa propre cécité. Le regard qui recule jusqu’à inclure celui qui regarde dans ce mélange d’impression et de conception. (ne s’inclue-t-on pas dans les souvenirs de nos enfances comme par un regard omniscient ?) Devant le paysage, la vaste et insondable étendue, bien sûr ce qui passe à la contemplation est incompréhensible. Semblablement alors à négocier des images qui nous diraient un peu de notre existence antérieure, on récapitule la situation, celle qu’a magistralement fixé Schopenhauer dans son livre « le monde comme volonté et comme représentation », au moyen d’un souvenir composé. Il y a l’étendue et dessus les objets du monde dans leur relation d’espace et de temps; et pour chacun à la fois objet et sujet, ce curieux rapport qui s’induit. A y regarder de près, pas un homme devant la mer dans ce tableau, tout au plus une silhouette devant l’image qu’on peut se faire du rivage. Comme une présence au monde qui se pense.

jeremy
je profite de ce texte pour te proposer que l’on se voit notamment pour l’expo de loris graéaud si ça te dit…
FEEDBACK SANS LIPSTICK
La présence au monde
Quand elle se pense
N’est plus qu’absence
Festival de confettis
Overdose de marées
Soudures d’alambic
La présence au monde
C’est le regard silencieux
Qu’échange une amoureuse
Avec un banc public
Qui lui retourne
Le frisson de son baiser
je dois arriver le 12 au soir sur paris pour décharger l’expo, après, le 13 montage, pour vernissage le 14 en espérant pas d’embrouille. je pense rester jusqu’à lundi après-midi. je sais sans doute le week-end le palais accueillera du monde. et dans l’intervalle j’essaierais de voir un max d’expos en cours. enfin, voilà le créneau