hobbema

les lignes de désir


La formule, ou même l’adage de Robert Filliou proclamant que « l’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », il était trop tôt d’un siècle pour qu’elle circule. Pourtant c’est en substance ce que prônaient quelques-uns qui, aux constructions improbables qui faisait de l’art des salons un ressassement de formules, préféraient le réel, la nature, l’air vrai, en commençant par mettre la tête dehors, et non plus seulement dans l’histoire et la mythologie antique, et bientôt tout le corps, pour gagner le motif et battre la campagne, de Fontainebleau aux bords de Seine et de Marne et jusqu’à l’Océan ou dans le grand atelier du midi. Lire la suite →

paul-cezanne-montagne-sainte-victoire-1882-85

Au début on ne voit rien


Au début on ne voit rien ou presque. Ou plutôt. On voit tout sans distinction. Et c’est de cette saturation que l’on s’aveugle. Lire la suite →

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A chaque fois, la photographie


A chaque fois. Et pourtant ce n’est pas de cette réalité seule dont l’image serait comme l’écho retenu dans son désormais immobile rebond, qui pourtant entre en compte puisque ce que l’on voit d’abord ou ce que l’on se dit voir, qui est, on s’en rend compte déjà une perte, une simplification abusive, puisque ce que l’on identifie alors compte dans la perception que l’on en a et dans les sensations que la mémoire diffuse dans le corps, par lesquelles toute un paysage sensible et affectif remonte, informe et fait bifurquer le présent, cette image m’est perceptible, immédiatement, de figurer une portion d’étendue, un lieu, un paysage comme mon corps peut se les remémorer, comme je peux les décrire ou les lier à d’autres avec lesquels il entretient une certaine familiarité, engendrant une nouvelle association à la manière d’une plante qui essaime en stolons ou se déploie par rhizomes, et je me couperais d’une partie de la réalité de l’image si je m’engageais trop avant dans cette direction où des sacs ne demandent qu’à verser dans ce plaisir vicieux et rassurant de brasser toujours les mêmes choses, des territoires connus et reconnus déjà longuement arpentés. Lire la suite →

Eugène_Delacroix_-_The_Sea_from_the_Heights_of_Dieppe_-_WGA06218

un monde peint, souvenirs


J’avais dû regarder longuement aux reproductions que je recevais alors par abonnement pour garder au fond de l’œil la sensation des couches et des gestes mis en évidence par les détails agrandis. Lire la suite →

Joaquín_Sorolla

l’ombre de l’ombre (avec Sorolla)


Sorolla nait 20 ans après Monet, sous des latitudes plus méditerranéennes, et ce sont les plages de Valence et Biarritz dont il signe la légende. Si sa naissance espagnole incite un peu facilement à le dire hériter de Goya et de Velasquez, la liberté et la virtuosité de sa touche témoignent de la filiation et le rapprochent d’Édouard Manet et de Berthe Morisot dont il semble poursuivre l’embardée, de John Singer Sargent dont il est contemporain. Lire la suite →

atelier-mars

lettre à François – la question commerce


Pour la question commerce, j’aurais pu/dû dire musée, lieu d’art. Mais effectivement l’image là c’est galerie. Faut dire que jusqu’ici le coup des résidences d’artiste avec allocation ou bourse mensuelle, les interventions scolaires ici et là, ateliers créatifs ou autre c’est loin d’être suffisant pour faire bouillir la marmite. Lire la suite →

WomenofAlgiers

femmes d’Alger, souvenirs


Et combien de fois tu passes devant. Il y a des choses que l’on apprend à ne pas voir. D’ailleurs voir n’est souvent que ça : un tamis. Un travail de dégagement. On se désembourbe l’œil. Si on prenait tout on n’y verrait plus rien. L’œil s’ouvre d’abord sur un merdier total qu’il faut accorder à des sons, des odeurs, des déplacements pour en discriminer les objets et les localiser. Certains seront renvoyés à une idée de fond pour que d’autres s’informent et se silhouettent. La peinture, elle, est silencieuse. Lire la suite →

Claude Monet Trouville

On n’entend rien à cette magie


« On n’entend rien à cette magie. Ce sont des couches épaisses appliquées les unes sur les autres et dont les couleurs transpirent de dessus en dessous » Diderot

Ainsi procède la peinture quand elle se dissocie du dessin, du tracé et des contours auxquels elle est asservie parfois : l’image s’ébauche par des traces, des indications, les grandes masses. Lire la suite →

monet

le temps du regard


On a beau être là, les yeux ouverts face au paysage, regarder un mur de pierre dressé comme en travers du temps, tenir dans l’espace de la vue un large pan d’horizon, et du ciel, l’image que l’on s’en fait au-dedans n’a rien d’immédiat, d’instantané. Lire la suite →

cristof yvore

Yvoré, fleurs, pots, murs


« Rien ici parle dérision ou alors traduire par: mépris absolu des conventions ».
Gérard Gasiorowski

« faire quelque chose avec ça »
Cristof Yvoré

Ce fut très incidemment et par un chemin dont je ne me souviens ni des sinuosités ni de la pente. C’est si souvent maintenant que les choses vous parviennent au hasard d’une publication sur les réseaux sociaux, d’une image qui pointe dans le champ des images qui défilent et sur lesquelles le regard ne fait que glisser. A l’écran, dans la structure verticale des pages qui en fait le décor d’une chute infinie, tout acquière cette texture lisse qui fait que l’œil coure comme on le fait sur un tapis électrique d’une salle de sport, avalant virtuellement les distances, immobile, sans véritable accroche, sans trop savoir comment s’arrêter, sans trop savoir comment en sortir. Lire la suite →