laure tiberghien

Laure Tiberghien, impressions


Il était inscrit dans le programme de la photographie qu’elle devait se situer à proximité de l’écriture et de l’imprimerie parmi les arts de la mémoire. Hélio-graphie ou photo-graphie (que l’on considère en grec le soleil ou la lumière en général), elle consistait littéralement en l’inscription par la lumière, considérée alors avec Talbot comme « le crayon de la nature », d’une réalité visible à laquelle l’œil photographique faisait face et dont la plaque, comme la rétine, était garante. Lire la suite →

richard long

Cedric Lerible, de ce pas.


La République En Marche, Le Rassemblement National, Les Républicains, Le Mouvement Démocrate, Le Mouvement Radical, Agir, La France Insoumise…
A chaque fois j’entends la Marseillaise. Je veux dire, cet élan, cette fierté. De l’orgueil même. Une propension à l’héroïsme. Les torses se bombent, les voies respiratoires s’oxygènent, les têtes s’embustent de marbre, à la romaine. C’est plein de majuscules. L’hémicycle est en bois vernis, lustré, on s’apostrophe, le doigt comme le St-Jean-Baptiste de De Vinci. Il y a toute une pantomime des majuscules. Lire la suite →

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Notes sur Cézanne


Je me laissais intriguer positivement lorsque je les découvrais avec les œuvres de Van Gogh, de Monet et quelques autres, par les portraits de Cézanne ; leur caractère à la fois massif et bancal, extrêmement soignés, maniaques par certains aspects, tout en même temps que sommaires, bruts, approximatifs ou gauches. Lire la suite →

Capri

L’immobilité dans le mouvement, lettre à Blandine.


Tu regardes depuis ton balcon « un arbre aux verts tendres s’agiter dans la cour. » « Ce mouvement de l’arbre dans le vent, dis-tu, sous cette légère pluie d’avril, rejoint celui des vagues, celui du sang, l’idée que l’on s’en fait.» Lire la suite →

Pierre Bergounioux L'empreinte

L’empreinte, géologies, lundi, enfantillages, métamorphoses et autres récits


« Je savais, obscurément »
P. Bergounioux

Dans un même mouvement, l’écriture adresse à qui lira un récit qui instaure un partage, travaille à communiquer une expérience à qui ne l’a pas faite et alors l’imagine, et simultanément s’apparente à une voix intérieure qui tente de verbaliser et d’ordonner pour soi-même ce qu’il nous a semblé vivre et dont cette forme de recul rétrospectif pourrait éclairer, objectiver la réalité. Expliquant pour les autres on se fait récit, s’explicite à soi-même. Lire la suite →

laurent_proux

Laurent Proux, Soft Grass


Je m’imagine quelques fois dans mes errances — je ne pense pas être le seul— un peu collectionneur et détaché de tout soucis d’argent, me glissant sans façon sous le bras ou les disposant sur des murs aux dimensions élastiques les œuvres qui me retiennent pour composer une sorte de musée idéal ou un portrait subjectif et sélectif de l’art de mon époque. Lire la suite →

Buraglio

Armand Dupuy – Van Gogh, Buraglio, mon père et les autres.


L’aurais-je donc inventé, le pinceau du couchant
sur la toile rugueuse de la terre,
l’huile dorée du soir sur les prairies et sur le bois?

C’était pourtant comme la lampe sur la table avec le pain.
Philippe Jaccottet

Dans chacune des choses dont nous nous représentons le développé, la séquence, logent tout à la fois des mots, des histoires racontées, des bribes d’images. Et de ces associations, comme à les convoquer depuis notre présent, des perspectives qu’on leur imprime, des fantasmes qui les drapent, leur donne corps presque, de tout le travail inconscient de polissage qui se fait à chaque fois qu’on les appelle ou les rencontre se font ce que l’on nomme hâtivement souvenirs et qui sont déjà des fictions, c’est-à-dire des tentatives de cartographies subjectives, des arrangements, dans les deux sens du terme. Lire la suite →

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25 photographies de Chris Marker – Jacques Sicard


Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d’Alfaroubeira
Courut le monde et l’admira.
Il fit ce que je voudrais faire
si j’avais quatre dromadaires…
Guillaume Apollinaire

25 photographies. 25 proses brèves qui égrainent ou ponctuent la nuit pour la clore sur elle-même ou la sceller. C’est aussi bien un film qu’un livre : la traversée d’une unité de temps et comment celle-ci lève au paysage de ce temps des images. Lire la suite →

selfie

Selfie lent


« Quant aux choses, elles fuient dans un éloignement que nulle pensée ne franchit »
Maurice Merleau-Ponty

« Il faudrait faire la consigne de chaque chose et l’affoler »
Armand Dupuy

Sans doute quelque chose en nous aime la pureté comme on place haut l’évidence du cristal, la façon dans la géométrie qu’à le nom de répondre à la chose. Lire la suite →

bon

Où finit la ville


François Bon écrit. Et il fait aussi des livres. Même si ces derniers temps on l’écoute les parler, mettre en scène sa parole avec gestes et mimiques et filmer aussi ce qui la fait se mettre en marche, sinuer, ricocher.
Il fait des livres-sites et puis des livres-films, comme toujours entrouverts et de plus en plus portés par le déséquilibre qui les sollicite. Lire la suite →